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Chapitre 5 – Fonctions polynômes de degré 2

1ère Bac Pro | Algèbre – Analyse | Mathématiques

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026, 15:00

Objectifs du chapitre

Les codes sont ceux du cours PDF et des interrogations du chapitre.

Le calcul des racines par le discriminant n'est pas au programme. Le sommet s'obtient au milieu des racines : la formule \(x_S = -\dfrac{b}{2a}\) est seulement signalée « pour aller plus loin » au §4.

1. Introduction — Situation professionnelle

Situation professionnelle — Menuisier agenceur

Contexte : Un menuisier agenceur fabrique des panneaux rectangulaires pour habiller un mur. Chaque panneau a une largeur de \((x + 2)\) mètres et une hauteur de \((x - 1)\) mètres, où \(x\) est un paramètre de conception (en mètres).

L'aire de chaque panneau est : \[A(x) = (x + 2)(x - 1) = x^2 + x - 2 \quad \text{(en m²)}\]

Le menuisier doit résoudre plusieurs questions :

Ces questions nous amènent à étudier les fonctions polynômes de degré 2, appelées aussi fonctions du second degré.

2. Fonction polynôme de degré 2 — Définition et forme générale

Définition Fonction polynôme de degré 2 :
Une fonction polynôme de degré 2 est une fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par : \[f(x) = ax^2 + bx + c\] où \(a\), \(b\), \(c\) sont des nombres réels avec \(a \neq 0\).

On dit aussi que \(f(x) = ax^2 + bx + c\) est un polynôme de degré 2 (ou du second degré).
Propriété Identification des coefficients :
Dans \(f(x) = ax^2 + bx + c\) :
Exemples — Identifier les coefficients
Expression \(a\) \(b\) \(c\)
\(f(x) = 3x^2 - 5x + 2\) 3 −5 2
\(g(x) = -2x^2 + 4\) −2 0 4
\(h(x) = x^2 + x - 6\) 1 1 −6
\(p(x) = -x^2\) −1 0 0
Attention Ce qui n'est PAS un polynôme de degré 2 :
Application

L'aire d'un panneau rectangulaire est modélisée par \(A(x) = 2x^2 - 3x + 1\) (en m²).

1. Identifier les coefficients \(a\), \(b\), \(c\). 2. Calculer \(A(0)\), \(A(2)\) et \(A(5)\).

3. Représentation graphique — La parabole (C2)

Propriété Courbe représentative (admise) :
La courbe représentative d'une fonction polynôme de degré 2 est une parabole.

Cette parabole possède :
x y O S (minimum) axe de symétrie a > 0 : parabole tournée vers le haut ↘ ↗ x y O S (maximum) axe de symétrie a < 0 : parabole tournée vers le bas ↗ ↘

Quand \(a > 0\) la parabole s'ouvre vers le haut (minimum) ; quand \(a < 0\) elle s'ouvre vers le bas (maximum).

À retenir — Sens d'ouverture de la parabole

4. Axe de symétrie et sommet (C2)

Propriété L'axe de symétrie passe au milieu des racines (admise) :
Pour \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\) : Si la racine est double, le milieu est la racine elle-même : le sommet est alors sur l'axe des abscisses.
Sommet d'une forme factorisée
\(\displaystyle x_S = \frac{x_1 + x_2}{2}\)    et    \(y_S = f(x_S)\)
Méthode Calculer les coordonnées du sommet :
1
Lire les racines \(x_1\) et \(x_2\) sur la forme factorisée.
2
Calculer leur milieu : \(x_S = \dfrac{x_1 + x_2}{2}\).
3
Calculer \(y_S = f(x_S)\) en remplaçant \(x\) par \(x_S\) dans l'expression de \(f\).
4
En déduire si le sommet est le point le plus bas (\(a > 0\)) ou le plus haut (\(a < 0\)). Écrire le sommet comme un couple \((x_S\,;\,y_S)\).
Exemple 1 — Axe de symétrie et sommet

Soit \(f(x) = 2(x - 1)(x - 3)\). Les racines sont \(x_1 = 1\) et \(x_2 = 3\), et \(a = 2\).

Axe de symétrie : \(x_S = \dfrac{1 + 3}{2} = 2\).

Ordonnée du sommet : \(f(2) = 2 \times (2 - 1) \times (2 - 3) = 2 \times 1 \times (-1) = -2\).

Le sommet est donc \(S(2\,;\,-2)\) et l'axe de symétrie a pour équation \(x = 2\).

Comme \(a = 2 > 0\), la parabole est tournée vers le haut et \(S\) est le point le plus bas : \(f\) admet un minimum égal à \(-2\).

Exemple 2 — Contexte sport : trajectoire d'un ballon

Un ballon est frappé depuis le sol. Sa hauteur (en mètres) est modélisée par : \[h(x) = -0{,}02x(x - 40)\] où \(x\) est la distance horizontale parcourue (en mètres).

Racines : \(h(x) = -0{,}02(x - 0)(x - 40)\), donc \(x_1 = 0\) (départ) et \(x_2 = 40\) (retour au sol).

Sommet : \(x_S = \dfrac{0 + 40}{2} = 20\) m, puis \(h(20) = -0{,}02 \times 20 \times (20 - 40) = -0{,}02 \times 20 \times (-20) = 8\) m.

Le sommet est \(S(20\,;\,8)\). Comme \(a = -0{,}02 < 0\), le sommet est un maximum.

Interprétation : le ballon atteint sa hauteur maximale de 8 m à 20 m du point de frappe, à mi-chemin entre le départ et le retour au sol.

Pour aller plus loin (hors programme) : quand on ne connaît pas la forme factorisée, l'abscisse du sommet de \(f(x) = ax^2 + bx + c\) peut se calculer par \(x_S = -\dfrac{b}{2a}\). Cette formule n'est pas au programme de Bac Pro : elle n'est jamais exigée. Au programme, on lit le sommet sur la courbe ou on passe par le milieu des racines.

Propriété Ordonnée à l'origine (admise) :
La courbe coupe l'axe des ordonnées au point de coordonnées \((0\,;\,c)\).
En effet, \(f(0) = a \times 0^2 + b \times 0 + c = c\).
Application

Un fabricant de mobilier modélise le bénéfice mensuel par \(f(x) = -(x - 1)(x - 5)\) (en centaines d'euros), où \(x\) est le nombre de meubles produits.

1. Déterminer l'axe de symétrie et les coordonnées du sommet. 2. Le sommet est-il un maximum ou un minimum ? Justifier.

5. Donner l'allure et associer une parabole à une expression (C2, C3)

Méthode Tracer l'allure en quatre points (C2) : à partir de \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\),
1
placer les racines \(x_1\) et \(x_2\) sur l'axe des abscisses ;
2
placer l'ordonnée à l'origine \(f(0)\) sur l'axe des ordonnées ;
3
placer le sommet, au milieu des racines (§4) ;
4
relier par une courbe arrondie, tournée vers le haut si \(a > 0\), vers le bas si \(a < 0\). Une parabole n'a pas de pointe.

Exemple

Pour \(f(x)=(x-1)(x-5)\), les racines sont 1 et 5. L'axe est en \(x=(1+5)/2=3\). Le sommet est \((3\,;\,-4)\), car \(f(3)=2\times(-2)=-4\). L'ordonnée à l'origine vaut \(f(0)=(-1)\times(-5)=5\). Comme \(a = 1 > 0\), la parabole est tournée vers le haut.

Application

Pour \(g(x)=-(x-2)(x-6)\), déterminer l'axe de symétrie, les coordonnées du sommet et l'ordonnée à l'origine, puis tracer l'allure de la parabole.

Associer une parabole à une expression (C3)

Propriété Trois éléments caractéristiques (admis) : pour \(f(x) = ax^2 + bx + c\),
Exemple — Apparier trois courbes et trois expressions

On donne \(f(x) = x^2 - 4\), \(g(x) = -x^2 + 4\) et \(h(x) = x^2 + 1\).

\(g\) est la seule dont le coefficient \(a = -1\) est négatif : c'est la courbe 2, la seule tournée vers le bas.

\(f\) et \(h\) sont tournées vers le haut. \(f(0) = -4\) : c'est la courbe 1. \(h(0) = 1\) : c'est la courbe 3, qui ne rencontre jamais l'axe des abscisses, puisque \(x^2 + 1\) est toujours au moins égal à 1.

Attention Le signe de \(a\) n'est pas le signe de la courbe. \(a > 0\) ne veut pas dire « la courbe est au-dessus de l'axe ». La parabole de \(f(x) = x^2 - 4\) est tournée vers le haut, et pourtant négative entre \(-2\) et \(2\).
Application

La courbe ci-dessous représente l'une des fonctions \(p(x) = x^2 + 2x + 3\), \(q(x) = -x^2 + 2x + 3\) ou \(r(x) = -x^2 + 2x - 3\). Laquelle ? Justifier.

6. Racines d'un polynôme de degré 2 (C4, C1)

Définition Racine d'un polynôme de degré 2 :
Un nombre réel \(x_0\) est une racine (ou zéro) du polynôme \(f(x) = ax^2 + bx + c\) si : \[f(x_0) = 0\] Graphiquement, les racines sont les abscisses des points d'intersection de la parabole avec l'axe des abscisses.
Méthode Tester si un nombre est racine :
1
Remplacer \(x\) par la valeur à tester dans l'expression \(f(x)\), entre parenthèses si elle est négative : \((-2)^2 = 4\), alors que \(-2^2 = -4\).
2
Calculer le résultat, en respectant les priorités : le carré d'abord.
3
Si le résultat est égal à 0, le nombre est une racine. Sinon, il ne l'est pas.
Exemple — Tester si un nombre est racine

Soit \(f(x) = x^2 - x - 6\). Tester si \(x = 3\), \(x = -2\) et \(x = 1\) sont des racines.

Test de \(x = 3\) :

\(f(3) = 3^2 - 3 - 6 = 9 - 3 - 6 = 0\)

Comme \(f(3) = 0\), \(x = 3\) est bien une racine de \(f\).

Test de \(x = -2\) :

\(f(-2) = (-2)^2 - (-2) - 6 = 4 + 2 - 6 = 0\)

Comme \(f(-2) = 0\), \(x = -2\) est aussi une racine de \(f\).

Test de \(x = 1\) :

\(f(1) = 1^2 - 1 - 6 = 1 - 1 - 6 = -6 \neq 0\)

Comme \(f(1) \neq 0\), \(x = 1\) n'est pas une racine.

Application — Tester une racine

Une entreprise modélise son résultat mensuel (en milliers d'euros) par \(f(x) = x^2 - 5x + 6\), où \(x\) est le nombre de centaines d'articles vendus. Le résultat est nul pour les valeurs de \(x\) qui annulent \(f\).

Tester si \(x = 2\) puis \(x = 4\) sont des racines de \(f\).

Nombre de racines réelles — Visualisation graphique (C1)

Propriété Nombre de racines (admise, observée graphiquement) :
Un polynôme de degré 2 peut avoir :
x₁ x₂ 2 racines distinctes x₀ 1 racine double Aucune racine réelle (la parabole ne coupe pas l'axe Ox)

Les trois situations possibles pour le nombre de racines réelles d'un polynôme de degré 2

Méthode — trouver les racines Plusieurs méthodes existent :
Sur la NumWorks Lire les racines et le sommet sur le graphique :
1
Ouvrir l'application Fonctions et saisir l'expression, par exemple x^2-5x+6. La touche x,n,t donne la variable \(x\).
2
Choisir l'onglet Graphique en haut de l'écran. Si la parabole sort de l'écran, utiliser les options situées sous l'onglet : Auto ajuste la fenêtre toute seule, Axes permet de la régler à la main.
3
Ouvrir le menu Calcul, puis Rechercher. L'option Zéros place le curseur sur une racine ; les flèches passent à la suivante. L'option Minimum (ou Maximum si \(a < 0\)) donne le sommet.
4
Pour résoudre \(f(x) = k\), l'option Antécédent du même menu donne les valeurs de \(x\) cherchées.

À retenir : la calculatrice montre les racines, elle ne les démontre pas. Le calcul reste à écrire : factorisation ou racine évidente. Quand aucune racine n'est exacte, la valeur lue est une valeur approchée — l'écrire avec le signe \(\approx\).

7. Forme factorisée \(a(x - x_1)(x - x_2)\) (C6, C5)

Définition Forme factorisée :
Si \(x_1\) et \(x_2\) sont les deux racines réelles de \(f(x) = ax^2 + bx + c\), alors on peut écrire : \[f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\] Cette écriture s'appelle la forme factorisée du polynôme.
Propriété Vérification de la forme factorisée (admise) :
Si \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\), alors : Un produit est nul si l'un de ses facteurs est nul : les racines se lisent donc dans l'écriture, sans calcul (C6).
Attention Un signe + dans le facteur donne une racine négative : \((x + 1)\) s'annule pour \(x = -1\), pas pour \(x = 1\). Par exemple, \(f(x) = 2(x - 3)(x + 1)\) a pour racines 3 et \(-1\).

Factoriser un polynôme dont les racines sont connues (C5)

Méthode Passer à la forme factorisée :
1
Identifier le coefficient \(a\) (coefficient de \(x^2\)).
2
Identifier les deux racines \(x_1\) et \(x_2\) (données ou trouvées par test).
3
Écrire : \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\).
4
Vérification (facultative mais conseillée) : développer pour retrouver la forme \(ax^2 + bx + c\).
Exemple 1 — Factoriser un polynôme

Soit \(f(x) = 2x^2 - 10x + 12\). On nous dit que \(x_1 = 2\) et \(x_2 = 3\) sont ses racines.

Ici \(a = 2\).

Forme factorisée : \(f(x) = 2(x - 2)(x - 3)\)

Vérification par développement :

\(2(x-2)(x-3) = 2(x^2 - 5x + 6) = 2x^2 - 10x + 12\) ✓

Vérification des racines :

\(f(2) = 2(2-2)(2-3) = 2 \times 0 \times (-1) = 0\) ✓

\(f(3) = 2(3-2)(3-3) = 2 \times 1 \times 0 = 0\) ✓

Exemple 2 — Contexte menuiserie : surface de découpe

Un métreur modélise la surface perdue lors de la découpe d'un panneau par la fonction \(S(x) = x^2 - 7x + 10\) (en dm²), où \(x\) est la largeur de découpe en décimètres.

On lui indique que les racines sont \(x_1 = 2\) et \(x_2 = 5\). Ici \(a = 1\).

Forme factorisée : \(S(x) = (x - 2)(x - 5)\)

Interprétation : la surface perdue est nulle quand \(x = 2\) dm ou \(x = 5\) dm. Ce sont les largeurs de découpe qui ne produisent aucune chute.
⚠️ Entre 2 dm et 5 dm, le modèle donne une valeur négative : une surface perdue ne peut pas l'être. Le modèle n'est donc valide que pour \(x \leq 2\) ou \(x \geq 5\).

Application — Factoriser un polynôme

Un carreleur modélise la surface de chute (en dm²) lors d'une pose par \(S(x) = x^2 - 9x + 20\). On lui indique que ses racines sont \(x_1 = 4\) et \(x_2 = 5\) (ici \(a = 1\)).

Écrire la forme factorisée de \(S\) et vérifier par développement.

Attention Cas particulier : racine double :
Si la parabole est tangente à l'axe des abscisses, les deux racines sont égales : \(x_1 = x_2 = x_0\).
La forme factorisée est alors : \(f(x) = a(x - x_0)^2\).

8. Trouver la seconde racine quand on en connaît une (C7)

Méthode

Par l'écriture factorisée : quand une racine est connue, on cherche une factorisation contenant le facteur correspondant. On vérifie la factorisation en développant, puis on résout le facteur restant. Le terme constant du développement vaut \(a \times x_1 \times x_2\) : il ne faut pas oublier le coefficient \(a\).

Par la courbe : si l'axe de symétrie \(x = x_S\) est connu, la seconde racine est le symétrique de la première par rapport à cet axe : \(x_2 = 2x_S - x_1\).

Exemple

Pour \(f(x)=x^2-5x+4\), on sait que 1 est racine. On cherche \(f(x)=(x-1)(x+k)\).

En développant : \((x-1)(x+k)=x^2+(k-1)x-k\). Le terme constant impose \(-k=4\), soit \(k=-4\). Le coefficient de \(x\) vaut bien \(-4-1=-5\).

Ainsi \(f(x)=(x-1)(x-4)\). La seconde racine est 4 ; on vérifie \(f(4)=0\).

Application

On sait que 2 est racine de \(f(x)=x^2-7x+10\). Compléter \(f(x)=(x-2)(x+k)\), vérifier en développant et trouver la seconde racine.

9. Signe d'un polynôme de degré 2 sous forme factorisée (C6)

Propriété Signe sous forme factorisée (admise) :
Soit \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\) avec \(x_1 < x_2\).

Le signe de \(f(x)\) dépend du signe de \(a\) :

À retenir — Règle du signe

Le signe de \(f(x)\) est le même que le signe de \(a\) en dehors des racines.

Entre les racines, le signe est opposé à celui de \(a\).

Tableau de signes — Méthode

Méthode Construire un tableau de signes :
1
Identifier \(a\), \(x_1\) et \(x_2\) (avec \(x_1 < x_2\)).
2
Placer \(x_1\) et \(x_2\) dans la première ligne du tableau.
3
Écrire le signe de chaque facteur \(a\), \((x - x_1)\) et \((x - x_2)\) dans chaque intervalle.
4
Multiplier les signes ligne par ligne (règle des signes : \(+ \times + = +\), \(+ \times - = -\), \(- \times - = +\)).
Exemple 1 — Tableau de signes avec \(a > 0\)

Soit \(f(x) = 2(x - 1)(x - 4)\). On a \(a = 2 > 0\), \(x_1 = 1\), \(x_2 = 4\).

Conclusion :

Exemple 2 — Tableau de signes avec \(a < 0\)

Soit \(g(x) = -3(x + 2)(x - 5)\). On a \(a = -3 < 0\), \(x_1 = -2\), \(x_2 = 5\).

Quand \(a < 0\), le polynôme est positif entre les racines et négatif en dehors (c'est l'inverse du cas \(a > 0\)).

Application — Signe sous forme factorisée

Un installateur thermique modélise le gain énergétique (en kWh) d'un réglage par \(G(x) = -(x - 1)(x - 5)\), où \(x\) est un paramètre de réglage.

Déterminer le signe de \(G(x)\), puis l'intervalle sur lequel le gain est positif.

10. Algorithme de balayage — Encadrer une racine (algorithme du module)

Définition Algorithme de balayage :
L'algorithme de balayage est une méthode numérique qui permet d'encadrer une racine d'un polynôme avec la précision souhaitée.

On teste des valeurs successives de \(x\) et on repère un changement de signe de \(f(x)\) : quand \(f\) change de signe entre deux valeurs consécutives, il y a une racine entre ces deux valeurs.
Propriété Changement de signe (admise) :
Si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes contraires (l'un positif, l'autre négatif), alors il existe au moins une racine de \(f\) dans l'intervalle \(]a\,;\,b[\).

Sur la NumWorks : le balayage se lit dans l'onglet Tableau de l'application Fonctions. Le bouton Régler l'intervalle permet de choisir la valeur de départ et le pas, par exemple un pas de \(0{,}1\), puis on cherche la ligne où \(f(x)\) change de signe.

Méthode Balayage pour encadrer une racine :
1
Choisir un intervalle \([a\,;\,b]\) où on pense qu'il y a une racine (vérifier que \(f(a)\) et \(f(b)\) ont des signes opposés).
2
Choisir un pas \(p\) (par exemple \(p = 0{,}1\) pour une précision au dixième).
3
Calculer \(f(a)\), \(f(a+p)\), \(f(a+2p)\), … jusqu'à trouver un changement de signe.
4
La racine est encadrée entre les deux valeurs où le changement de signe se produit.
5
Pour plus de précision, recommencer avec un pas plus petit sur le nouvel intervalle.
Exemple — Balayage sur \(f(x) = x^2 - 3\)

On cherche la racine positive de \(f(x) = x^2 - 3\), c'est-à-dire une valeur approchée de \(\sqrt{3}\).

On sait que \(f(1) = 1 - 3 = -2 < 0\) et \(f(2) = 4 - 3 = 1 > 0\), donc la racine est dans \([1\,;\,2]\).

Balayage avec un pas de 0,1 :

\(x\) 1,01,11,21,31,41,71,8
\(f(x) = x^2 - 3\) −2 −1,79 −1,56 −1,31 −1,04 −0,11 +0,24

\(f(1{,}7) < 0\) et \(f(1{,}8) > 0\) : changement de signe ! La racine est dans \([1{,}7\,;\,1{,}8]\).

Soit \(\sqrt{3} \approx 1{,}7\) à \(0{,}1\) près.

Balayage avec un pas de 0,01 (sur \([1{,}7\,;\,1{,}8]\)) :

\(x\) 1,701,711,721,731,74
\(f(x)\) −0,11 −0,076 −0,042 −0,007 +0,028

La racine est dans \([1{,}73\,;\,1{,}74]\), soit \(\sqrt{3} \approx 1{,}73\) à \(0{,}01\) près.

11. Exemples résolus complets

Exemple 1 — Contexte professionnel : aire d'un cadre

Situation : Un artisan menuisier réalise un cadre rectangulaire dont les dimensions sont \((x + 1)\) cm et \((x - 3)\) cm. Il veut savoir pour quelle valeur de \(x\) l'aire vaut 40 cm².

L'aire est : \(A(x) = (x+1)(x-3) = x^2 - 2x - 3\).

On résout \(x^2 - 2x - 3 = 40\), soit \(f(x) = x^2 - 2x - 43 = 0\).

Recherche d'une racine positive par balayage :

\(f(7) = 49 - 14 - 43 = -8 < 0\) et \(f(8) = 64 - 16 - 43 = 5 > 0\).

La racine positive est dans \([7\,;\,8]\).

\(x\) 7,57,67,77,8
\(f(x)\) −1,75 −0,44 +0,89 +2,24

La racine est entre 7,6 et 7,7, soit \(x \approx 7{,}6\) cm à 0,1 près.

Conclusion : le cadre a des dimensions d'environ \(8{,}6\) cm et \(4{,}6\) cm pour une aire d'environ 40 cm² (\(8{,}6 \times 4{,}6 \approx 39{,}56\) cm²).

Exemple 2 — Étude complète d'un polynôme de degré 2

Situation : Un technicien d'agencement modélise le coût de découpe (en euros) d'une bande de bois de longueur \(x\) mètres par la fonction \(C(x) = x^2 - 6x + 8\).

Étape 1 — Coefficients : \(a = 1\), \(b = -6\), \(c = 8\).

Étape 2 — Tester si \(x_1 = 2\) est une racine :

\(C(2) = 4 - 12 + 8 = 0\) ✓ — donc \(x_1 = 2\) est bien une racine.

Étape 3 — Trouver la seconde racine :

On développe \((x-2)(x-4)=x^2-6x+8\) : cette factorisation convient.

Le facteur \(x-4\) donne la seconde racine : \(x_2=4\).

Vérification : \(C(4) = 16 - 24 + 8 = 0\) ✓

Étape 4 — Forme factorisée : \(C(x) = (x - 2)(x - 4)\)

Étape 5 — Axe de symétrie et sommet :

\(x_S = \dfrac{2 + 4}{2} = 3\), au milieu des racines.

\(C(3) = 9 - 18 + 8 = -1\)

Le sommet est \(S(3\,;\,-1)\). Comme \(a = 1 > 0\), c'est un minimum.

Étape 6 — Tableau de signes :

Interprétation : le coût modélisé est négatif pour \(x \in ]2\,;\,4[\), ce qui n'a pas de sens physique (un coût ne peut pas être négatif). Cela signifie que le modèle \(C(x)\) n'est valide qu'en dehors de \([2\,;\,4]\) mètres.

Exemple 3 — Contexte physique : hauteur d'un projectile

Situation : En physique, la hauteur \(h\) (en mètres) d'un objet lancé verticalement depuis le sol est modélisée par : \[h(t) = -5t^2 + 20t\] où \(t\) est le temps en secondes.

1. Forme factorisée : \(t\) se met en facteur : \(h(t) = -5t(t - 4)\). Les racines sont \(t = 0\) (le lancer) et \(t = 4\) (le retour au sol).

2. Sommet : \(t_S = \dfrac{0 + 4}{2} = 2\) s, puis \(h(2) = -5 \times 2 \times (2 - 4) = -5 \times 2 \times (-2) = 20\) m.

Comme \(a = -5 < 0\), le sommet \(S(2\,;\,20)\) est un maximum.

Interprétation : l'objet atteint sa hauteur maximale de 20 m au bout de 2 secondes, et retombe au sol au bout de 4 secondes.

12. Synthèse

À retenir — Les formules essentielles

Forme générale
\(f(x) = ax^2 + bx + c\)
\(a \neq 0\), courbe = parabole
Forme factorisée
\(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\)
si \(x_1\) et \(x_2\) sont les racines
Axe de symétrie / Sommet
\(x_S = \dfrac{x_1 + x_2}{2}\)
Sommet : \(\bigl(x_S\,;\,f(x_S)\bigr)\)
Racine connue
Factoriser, vérifier par développement,
puis résoudre le facteur restant.
Notion Ce qu'on fait Ce qu'on obtient
Nombre de solutions (C1) Compter les points de rencontre de la courbe avec l'axe des abscisses 0, 1 ou 2 solutions
Trouver le sommet (C2) Milieu des racines \(x_S = \dfrac{x_1 + x_2}{2}\), puis \(f(x_S)\) Coordonnées du sommet, min ou max
Associer courbe et expression (C3) Comparer le signe de \(a\), puis \(f(0) = c\), puis les racines La courbe qui correspond à l'expression
Tester une racine (C4) Calculer \(f(x_0)\) Si \(f(x_0) = 0\) : oui, sinon non
Trouver la 2e racine (C7) Factoriser à partir de la racine connue et résoudre le facteur restant La seconde racine
Factoriser (C5) Écrire \(a(x - x_1)(x - x_2)\) Forme factorisée
Racines et signe (C6) Lire les racines dans les facteurs, puis tableau de signes Intervalles positifs/négatifs
Encadrer une racine Balayage (repérer un changement de signe) Encadrement à la précision voulue

13. Erreurs fréquentes

❌
Oublier que \(a \neq 0\)
Si \(a = 0\), la fonction n'est plus du second degré mais du premier (affine). Le terme en \(x^2\) est indispensable.
Conseil : toujours vérifier que le coefficient devant \(x^2\) est non nul.
❌
Se tromper de signe en lisant une racine
Le facteur \((x + 3)\) s'annule pour \(x = -3\), pas pour \(x = 3\). Recopier le nombre qu'on voit dans le facteur est une erreur très fréquente.
Conseil : chercher la valeur qui annule le facteur, puis la vérifier en calculant \(f\) en cette valeur.
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Confondre racine et sommet
L'abscisse du sommet \(x_S\) n'est pas une racine du polynôme (sauf racine double). Le sommet est un point : on l'écrit avec ses deux coordonnées, \((x_S\,;\,f(x_S))\).
Conseil : répondre « le sommet est 1 » ne suffit pas ; écrire par exemple \(S(1\,;\,-8)\).
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Inverser le sens de la parabole
Si \(a > 0\) la parabole s'ouvre vers le haut (sommet en bas = minimum). Si \(a < 0\) elle s'ouvre vers le bas (sommet en haut = maximum).
Conseil : penser à la lettre U pour \(a > 0\) (U s'ouvre vers le haut) et à ∩ pour \(a < 0\).

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