Les codes sont ceux du cours PDF et des interrogations du chapitre.
C1 — Visualiser sur la courbe le nombre de solutions de f(x) = 0
C2 — Donner l’allure de la parabole d’une forme factorisée
C3 — Associer une parabole à une expression de degré 2
C4 — Tester si un nombre réel est racine d’un polynôme de degré 2
C5 — Factoriser un polynôme dont les racines sont connues
C6 — Déterminer les racines et le signe d’un polynôme sous forme factorisée
C7 — Déterminer la deuxième solution lorsqu’une solution est connue
Le calcul des racines par le discriminant n'est pas au programme. Le sommet s'obtient au milieu des racines : la formule \(x_S = -\dfrac{b}{2a}\) est seulement signalée « pour aller plus loin » au §4.
1. Introduction — Situation professionnelle
Situation professionnelle — Menuisier agenceur
Contexte : Un menuisier agenceur fabrique des panneaux rectangulaires pour habiller un mur.
Chaque panneau a une largeur de \((x + 2)\) mètres et une hauteur de \((x - 1)\) mètres, où \(x\) est un paramètre de conception (en mètres).
L'aire de chaque panneau est :
\[A(x) = (x + 2)(x - 1) = x^2 + x - 2 \quad \text{(en m²)}\]
Le menuisier doit résoudre plusieurs questions :
Pour quelle(s) valeur(s) de \(x\) l'aire est-elle nulle ? (les racines du polynôme)
Pour quelle(s) valeur(s) l'aire est-elle positive ? (étude du signe)
Quelle est l'allure de la courbe de \(A\) ? (la parabole, son sommet et son axe de symétrie)
Comment encadrer une solution par calcul pas à pas ? (balayage)
Ces questions nous amènent à étudier les fonctions polynômes de degré 2, appelées aussi fonctions du second degré.
2. Fonction polynôme de degré 2 — Définition et forme générale
DéfinitionFonction polynôme de degré 2 :
Une fonction polynôme de degré 2 est une fonction \(f\) définie sur \(\mathbb{R}\) par :
\[f(x) = ax^2 + bx + c\]
où \(a\), \(b\), \(c\) sont des nombres réels avec \(a \neq 0\).
On dit aussi que \(f(x) = ax^2 + bx + c\) est un polynôme de degré 2 (ou du second degré).
PropriétéIdentification des coefficients :
Dans \(f(x) = ax^2 + bx + c\) :
\(a\) est le coefficient dominant (coefficient de \(x^2\)) — il ne peut pas être nul
\(b\) est le coefficient de \(x\) — il peut être nul
\(c\) est le terme constant — c'est la valeur \(f(0)\) (ordonnée à l'origine)
Exemples — Identifier les coefficients
Expression
\(a\)
\(b\)
\(c\)
\(f(x) = 3x^2 - 5x + 2\)
3
−5
2
\(g(x) = -2x^2 + 4\)
−2
0
4
\(h(x) = x^2 + x - 6\)
1
1
−6
\(p(x) = -x^2\)
−1
0
0
AttentionCe qui n'est PAS un polynôme de degré 2 :
\(f(x) = 2x + 3\) : c'est un polynôme de degré 1 (pas de terme en \(x^2\))
\(f(x) = 0 \cdot x^2 + 3x - 1\) : si \(a = 0\), ce n'est plus de degré 2
\(f(x) = \dfrac{1}{x^2}\) : ce n'est pas un polynôme (puissance négative)
\(f(x) = x^3 - 2x\) : c'est un polynôme de degré 3, pas 2
Application
L'aire d'un panneau rectangulaire est modélisée par \(A(x) = 2x^2 - 3x + 1\) (en m²).
1. Identifier les coefficients \(a\), \(b\), \(c\). 2. Calculer \(A(0)\), \(A(2)\) et \(A(5)\).
Le sommet est donc \(S(2\,;\,-2)\) et l'axe de symétrie a pour équation \(x = 2\).
Comme \(a = 2 > 0\), la parabole est tournée vers le haut et \(S\) est le point le plus bas : \(f\) admet un minimum égal à \(-2\).
Exemple 2 — Contexte sport : trajectoire d'un ballon
Un ballon est frappé depuis le sol. Sa hauteur (en mètres) est modélisée par :
\[h(x) = -0{,}02x(x - 40)\]
où \(x\) est la distance horizontale parcourue (en mètres).
Racines : \(h(x) = -0{,}02(x - 0)(x - 40)\), donc \(x_1 = 0\) (départ) et \(x_2 = 40\) (retour au sol).
Sommet : \(x_S = \dfrac{0 + 40}{2} = 20\) m, puis \(h(20) = -0{,}02 \times 20 \times (20 - 40) = -0{,}02 \times 20 \times (-20) = 8\) m.
Le sommet est \(S(20\,;\,8)\). Comme \(a = -0{,}02 < 0\), le sommet est un maximum.
Interprétation : le ballon atteint sa hauteur maximale de 8 m à 20 m du point de frappe, à mi-chemin entre le départ et le retour au sol.
Pour aller plus loin (hors programme) : quand on ne connaît pas la forme factorisée, l'abscisse du sommet de \(f(x) = ax^2 + bx + c\) peut se calculer par \(x_S = -\dfrac{b}{2a}\). Cette formule n'est pas au programme de Bac Pro : elle n'est jamais exigée. Au programme, on lit le sommet sur la courbe ou on passe par le milieu des racines.
PropriétéOrdonnée à l'origine (admise) :
La courbe coupe l'axe des ordonnées au point de coordonnées \((0\,;\,c)\).
En effet, \(f(0) = a \times 0^2 + b \times 0 + c = c\).
Application
Un fabricant de mobilier modélise le bénéfice mensuel par \(f(x) = -(x - 1)(x - 5)\) (en centaines d'euros), où \(x\) est le nombre de meubles produits.
1. Déterminer l'axe de symétrie et les coordonnées du sommet. 2. Le sommet est-il un maximum ou un minimum ? Justifier.
1. Les racines sont 1 et 5. Axe de symétrie : \(x_S = \dfrac{1 + 5}{2} = 3\). \(f(3) = -(3 - 1)(3 - 5) = -2 \times (-2) = 4\). Sommet : \(S(3\,;\,4)\).
2. Comme \(a = -1 < 0\), la parabole est ouverte vers le bas : le sommet est un maximum. Le bénéfice maximal est de 4 centaines d'euros = 400 €, atteint pour 3 meubles produits.
5. Donner l'allure et associer une parabole à une expression (C2, C3)
MéthodeTracer l'allure en quatre points (C2) : à partir de \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\),
1
placer les racines \(x_1\) et \(x_2\) sur l'axe des abscisses ;
2
placer l'ordonnée à l'origine \(f(0)\) sur l'axe des ordonnées ;
3
placer le sommet, au milieu des racines (§4) ;
4
relier par une courbe arrondie, tournée vers le haut si \(a > 0\), vers le bas si \(a < 0\). Une parabole n'a pas de pointe.
Exemple
Pour \(f(x)=(x-1)(x-5)\), les racines sont 1 et 5. L'axe est en \(x=(1+5)/2=3\). Le sommet est \((3\,;\,-4)\), car \(f(3)=2\times(-2)=-4\). L'ordonnée à l'origine vaut \(f(0)=(-1)\times(-5)=5\). Comme \(a = 1 > 0\), la parabole est tournée vers le haut.
Application
Pour \(g(x)=-(x-2)(x-6)\), déterminer l'axe de symétrie, les coordonnées du sommet et l'ordonnée à l'origine, puis tracer l'allure de la parabole.
Les racines sont 2 et 6 : l'axe est \(x=4\). \(g(4) = -(4-2)(4-6) = -2 \times (-2) = 4\) : le sommet est \((4\,;\,4)\). L'ordonnée à l'origine vaut \(g(0)=-(-2)\times(-6)=-12\). Comme \(a = -1 < 0\), la parabole est tournée vers le bas et passe par \((2\,;\,0)\), \((4\,;\,4)\), \((6\,;\,0)\) et \((0\,;\,-12)\).
le signe de \(a\) donne le sens de la courbure : vers le haut si \(a > 0\), vers le bas si \(a < 0\) ;
l'ordonnée à l'origine vaut \(f(0) = c\) : c'est la hauteur où la courbe coupe l'axe des ordonnées ;
les racines, quand elles existent, sont les abscisses des points de rencontre avec l'axe des abscisses.
Exemple — Apparier trois courbes et trois expressions
On donne \(f(x) = x^2 - 4\), \(g(x) = -x^2 + 4\) et \(h(x) = x^2 + 1\).
Les trois courbes de l’exemple
\(g\) est la seule dont le coefficient \(a = -1\) est négatif : c'est la courbe 2, la seule tournée vers le bas.
\(f\) et \(h\) sont tournées vers le haut. \(f(0) = -4\) : c'est la courbe 1. \(h(0) = 1\) : c'est la courbe 3, qui ne rencontre jamais l'axe des abscisses, puisque \(x^2 + 1\) est toujours au moins égal à 1.
AttentionLe signe de \(a\) n'est pas le signe de la courbe. \(a > 0\) ne veut pas dire « la courbe est au-dessus de l'axe ». La parabole de \(f(x) = x^2 - 4\) est tournée vers le haut, et pourtant négative entre \(-2\) et \(2\).
Application
La courbe ci-dessous représente l'une des fonctions \(p(x) = x^2 + 2x + 3\), \(q(x) = -x^2 + 2x + 3\) ou \(r(x) = -x^2 + 2x - 3\). Laquelle ? Justifier.
La courbe de l’application
La courbe est tournée vers le bas : \(a < 0\), ce qui écarte \(p\). Elle coupe l'axe des ordonnées en 3 : \(q(0) = 3\) et \(r(0) = -3\). C'est donc \(q\). Contrôle : la courbe coupe l'axe des abscisses en \(-1\) et en 3, et \(q(-1) = -1 - 2 + 3 = 0\), \(q(3) = -9 + 6 + 3 = 0\).
6. Racines d'un polynôme de degré 2 (C4, C1)
DéfinitionRacine d'un polynôme de degré 2 :
Un nombre réel \(x_0\) est une racine (ou zéro) du polynôme \(f(x) = ax^2 + bx + c\) si :
\[f(x_0) = 0\]
Graphiquement, les racines sont les abscisses des points d'intersection de la parabole avec l'axe des abscisses.
MéthodeTester si un nombre est racine :
1
Remplacer \(x\) par la valeur à tester dans l'expression \(f(x)\), entre parenthèses si elle est négative : \((-2)^2 = 4\), alors que \(-2^2 = -4\).
2
Calculer le résultat, en respectant les priorités : le carré d'abord.
3
Si le résultat est égal à 0, le nombre est une racine. Sinon, il ne l'est pas.
Exemple — Tester si un nombre est racine
Soit \(f(x) = x^2 - x - 6\). Tester si \(x = 3\), \(x = -2\) et \(x = 1\) sont des racines.
Test de \(x = 3\) :
\(f(3) = 3^2 - 3 - 6 = 9 - 3 - 6 = 0\)
Comme \(f(3) = 0\), \(x = 3\) est bien une racine de \(f\).
Test de \(x = -2\) :
\(f(-2) = (-2)^2 - (-2) - 6 = 4 + 2 - 6 = 0\)
Comme \(f(-2) = 0\), \(x = -2\) est aussi une racine de \(f\).
Test de \(x = 1\) :
\(f(1) = 1^2 - 1 - 6 = 1 - 1 - 6 = -6 \neq 0\)
Comme \(f(1) \neq 0\), \(x = 1\) n'est pas une racine.
Application — Tester une racine
Une entreprise modélise son résultat mensuel (en milliers d'euros) par \(f(x) = x^2 - 5x + 6\), où \(x\) est le nombre de centaines d'articles vendus. Le résultat est nul pour les valeurs de \(x\) qui annulent \(f\).
Tester si \(x = 2\) puis \(x = 4\) sont des racines de \(f\).
\(f(2) = 2^2 - 5 \times 2 + 6 = 4 - 10 + 6 = 0\) : comme \(f(2) = 0\), \(x = 2\) est une racine.
\(f(4) = 4^2 - 5 \times 4 + 6 = 16 - 20 + 6 = 2 \neq 0\) : comme \(f(4) \neq 0\), \(x = 4\) n'est pas une racine.
Nombre de racines réelles — Visualisation graphique (C1)
PropriétéNombre de racines (admise, observée graphiquement) :
Un polynôme de degré 2 peut avoir :
Deux racines réelles distinctes \(x_1\) et \(x_2\) : la parabole coupe l'axe des abscisses en deux points
Une racine réelle double \(x_0\) : la parabole est tangente à l'axe des abscisses (le touche en un seul point)
Aucune racine réelle : la parabole ne coupe pas l'axe des abscisses
Les trois situations possibles pour le nombre de racines réelles d'un polynôme de degré 2
Méthode — trouver les racinesPlusieurs méthodes existent :
Forme factorisée : les racines se lisent dans les facteurs (§7).
Une racine connue : la seconde s'en déduit (§8).
Racine évidente : sans terme constant, \(x\) se met en facteur, par exemple \(x^2 - 5x = x(x - 5)\) : les racines sont 0 et 5.
Outil numérique : si aucune racine n’est connue ou évidente, chercher une valeur approchée au solveur ou par balayage (§10). Le calcul par le discriminant n'est pas au programme.
Sur la NumWorksLire les racines et le sommet sur le graphique :
1
Ouvrir l'application Fonctions et saisir l'expression, par exemple x^2-5x+6. La touche x,n,t donne la variable \(x\).
2
Choisir l'onglet Graphique en haut de l'écran. Si la parabole sort de l'écran, utiliser les options situées sous l'onglet : Auto ajuste la fenêtre toute seule, Axes permet de la régler à la main.
3
Ouvrir le menu Calcul, puis Rechercher. L'option Zéros place le curseur sur une racine ; les flèches passent à la suivante. L'option Minimum (ou Maximum si \(a < 0\)) donne le sommet.
4
Pour résoudre \(f(x) = k\), l'option Antécédent du même menu donne les valeurs de \(x\) cherchées.
À retenir : la calculatrice montre les racines, elle ne les démontre pas. Le calcul reste à écrire : factorisation ou racine évidente. Quand aucune racine n'est exacte, la valeur lue est une valeur approchée — l'écrire avec le signe \(\approx\).
7. Forme factorisée \(a(x - x_1)(x - x_2)\) (C6, C5)
DéfinitionForme factorisée :
Si \(x_1\) et \(x_2\) sont les deux racines réelles de \(f(x) = ax^2 + bx + c\), alors on peut écrire :
\[f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\]
Cette écriture s'appelle la forme factorisée du polynôme.
PropriétéVérification de la forme factorisée (admise) :
Si \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\), alors :
\(f(x_1) = a \times \underbrace{(x_1 - x_1)}_{= 0} \times (x_1 - x_2) = 0\) — c'est bien une racine
\(f(x_2) = a \times (x_2 - x_1) \times \underbrace{(x_2 - x_2)}_{= 0} = 0\) — c'est bien une racine
Un produit est nul si l'un de ses facteurs est nul : les racines se lisent donc dans l'écriture, sans calcul (C6).
AttentionUn signe + dans le facteur donne une racine négative : \((x + 1)\) s'annule pour \(x = -1\), pas pour \(x = 1\). Par exemple, \(f(x) = 2(x - 3)(x + 1)\) a pour racines 3 et \(-1\).
Factoriser un polynôme dont les racines sont connues (C5)
MéthodePasser à la forme factorisée :
1
Identifier le coefficient \(a\) (coefficient de \(x^2\)).
2
Identifier les deux racines \(x_1\) et \(x_2\) (données ou trouvées par test).
3
Écrire : \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\).
4
Vérification (facultative mais conseillée) : développer pour retrouver la forme \(ax^2 + bx + c\).
Exemple 1 — Factoriser un polynôme
Soit \(f(x) = 2x^2 - 10x + 12\). On nous dit que \(x_1 = 2\) et \(x_2 = 3\) sont ses racines.
Exemple 2 — Contexte menuiserie : surface de découpe
Un métreur modélise la surface perdue lors de la découpe d'un panneau par la fonction
\(S(x) = x^2 - 7x + 10\) (en dm²), où \(x\) est la largeur de découpe en décimètres.
On lui indique que les racines sont \(x_1 = 2\) et \(x_2 = 5\). Ici \(a = 1\).
Forme factorisée : \(S(x) = (x - 2)(x - 5)\)
Interprétation : la surface perdue est nulle quand \(x = 2\) dm ou \(x = 5\) dm.
Ce sont les largeurs de découpe qui ne produisent aucune chute. ⚠️ Entre 2 dm et 5 dm, le modèle donne une valeur négative : une surface perdue ne peut pas l'être. Le modèle n'est donc valide que pour \(x \leq 2\) ou \(x \geq 5\).
Application — Factoriser un polynôme
Un carreleur modélise la surface de chute (en dm²) lors d'une pose par \(S(x) = x^2 - 9x + 20\). On lui indique que ses racines sont \(x_1 = 4\) et \(x_2 = 5\) (ici \(a = 1\)).
Écrire la forme factorisée de \(S\) et vérifier par développement.
Comme \(a = 1\), la forme factorisée est : \(S(x) = (x - 4)(x - 5)\).
AttentionCas particulier : racine double :
Si la parabole est tangente à l'axe des abscisses, les deux racines sont égales : \(x_1 = x_2 = x_0\).
La forme factorisée est alors : \(f(x) = a(x - x_0)^2\).
8. Trouver la seconde racine quand on en connaît une (C7)
Méthode
Par l'écriture factorisée : quand une racine est connue, on cherche une factorisation contenant le facteur correspondant.
On vérifie la factorisation en développant, puis on résout le facteur restant. Le terme constant du développement vaut \(a \times x_1 \times x_2\) : il ne faut pas oublier le coefficient \(a\).
Par la courbe : si l'axe de symétrie \(x = x_S\) est connu, la seconde racine est le symétrique de la première par rapport à cet axe : \(x_2 = 2x_S - x_1\).
Exemple
Pour \(f(x)=x^2-5x+4\), on sait que 1 est racine. On cherche \(f(x)=(x-1)(x+k)\).
En développant : \((x-1)(x+k)=x^2+(k-1)x-k\).
Le terme constant impose \(-k=4\), soit \(k=-4\). Le coefficient de \(x\) vaut bien \(-4-1=-5\).
Ainsi \(f(x)=(x-1)(x-4)\). La seconde racine est 4 ; on vérifie \(f(4)=0\).
Application
On sait que 2 est racine de \(f(x)=x^2-7x+10\). Compléter \(f(x)=(x-2)(x+k)\), vérifier en développant et trouver la seconde racine.
Le terme constant vaut \(-2k=10\), donc \(k=-5\).
\((x-2)(x-5)=x^2-7x+10\) : la factorisation est vérifiée. La seconde racine est 5.
9. Signe d'un polynôme de degré 2 sous forme factorisée (C6)
PropriétéSigne sous forme factorisée (admise) :
Soit \(f(x) = a(x - x_1)(x - x_2)\) avec \(x_1 < x_2\).
Le signe de \(f(x)\) dépend du signe de \(a\) :
Si \(a > 0\) : \(f(x)\) est positif en dehors des racines et négatif entre les racines
Si \(a < 0\) : \(f(x)\) est négatif en dehors des racines et positif entre les racines
À retenir — Règle du signe
Le signe de \(f(x)\) est le même que le signe de \(a\) en dehors des racines.
Entre les racines, le signe est opposé à celui de \(a\).
Tableau de signes — Méthode
MéthodeConstruire un tableau de signes :
1
Identifier \(a\), \(x_1\) et \(x_2\) (avec \(x_1 < x_2\)).
2
Placer \(x_1\) et \(x_2\) dans la première ligne du tableau.
3
Écrire le signe de chaque facteur \(a\), \((x - x_1)\) et \((x - x_2)\) dans chaque intervalle.
4
Multiplier les signes ligne par ligne (règle des signes : \(+ \times + = +\), \(+ \times - = -\), \(- \times - = +\)).
Exemple 1 — Tableau de signes avec \(a > 0\)
Soit \(f(x) = 2(x - 1)(x - 4)\). On a \(a = 2 > 0\), \(x_1 = 1\), \(x_2 = 4\).
Conclusion :
\(f(x) > 0\) pour \(x \in ]-\infty\,;\,1[\) et pour \(x \in ]4\,;\,+\infty[\) (en dehors des racines : signe de \(a\), c'est-à-dire \(+\))
\(f(x) = 0\) pour \(x = 1\) et \(x = 4\)
\(f(x) < 0\) pour \(x \in ]1\,;\,4[\) (entre les racines)
Exemple 2 — Tableau de signes avec \(a < 0\)
Soit \(g(x) = -3(x + 2)(x - 5)\). On a \(a = -3 < 0\), \(x_1 = -2\), \(x_2 = 5\).
Quand \(a < 0\), le polynôme est positif entre les racines et négatif en dehors (c'est l'inverse du cas \(a > 0\)).
Application — Signe sous forme factorisée
Un installateur thermique modélise le gain énergétique (en kWh) d'un réglage par \(G(x) = -(x - 1)(x - 5)\), où \(x\) est un paramètre de réglage.
Déterminer le signe de \(G(x)\), puis l'intervalle sur lequel le gain est positif.
Ici \(a = -1 < 0\), et les racines sont \(x_1 = 1\) et \(x_2 = 5\).
Comme \(a < 0\), \(G(x)\) est positif entre les racines et négatif en dehors :
\(G(x) > 0\) pour \(x \in \,]1\,;\,5[\)
\(G(x) < 0\) pour \(x \in \,]-\infty\,;\,1[\) et \(x \in \,]5\,;\,+\infty[\)
Le gain est donc positif pour \(x\) compris entre 1 et 5.
10. Algorithme de balayage — Encadrer une racine (algorithme du module)
DéfinitionAlgorithme de balayage :
L'algorithme de balayage est une méthode numérique qui permet d'encadrer une racine d'un polynôme avec la précision souhaitée.
On teste des valeurs successives de \(x\) et on repère un changement de signe de \(f(x)\) : quand \(f\) change de signe entre deux valeurs consécutives, il y a une racine entre ces deux valeurs.
PropriétéChangement de signe (admise) :
Si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes contraires (l'un positif, l'autre négatif), alors il existe au moins une racine de \(f\) dans l'intervalle \(]a\,;\,b[\).
Sur la NumWorks : le balayage se lit dans l'onglet Tableau de l'application Fonctions. Le bouton Régler l'intervalle permet de choisir la valeur de départ et le pas, par exemple un pas de \(0{,}1\), puis on cherche la ligne où \(f(x)\) change de signe.
MéthodeBalayage pour encadrer une racine :
1
Choisir un intervalle \([a\,;\,b]\) où on pense qu'il y a une racine (vérifier que \(f(a)\) et \(f(b)\) ont des signes opposés).
2
Choisir un pas \(p\) (par exemple \(p = 0{,}1\) pour une précision au dixième).
3
Calculer \(f(a)\), \(f(a+p)\), \(f(a+2p)\), … jusqu'à trouver un changement de signe.
4
La racine est encadrée entre les deux valeurs où le changement de signe se produit.
5
Pour plus de précision, recommencer avec un pas plus petit sur le nouvel intervalle.
Exemple — Balayage sur \(f(x) = x^2 - 3\)
On cherche la racine positive de \(f(x) = x^2 - 3\), c'est-à-dire une valeur approchée de \(\sqrt{3}\).
On sait que \(f(1) = 1 - 3 = -2 < 0\) et \(f(2) = 4 - 3 = 1 > 0\), donc la racine est dans \([1\,;\,2]\).
Balayage avec un pas de 0,1 :
\(x\)
1,0
1,1
1,2
1,3
1,4
1,7
1,8
\(f(x) = x^2 - 3\)
−2
−1,79
−1,56
−1,31
−1,04
−0,11
+0,24
\(f(1{,}7) < 0\) et \(f(1{,}8) > 0\) : changement de signe ! La racine est dans \([1{,}7\,;\,1{,}8]\).
Soit \(\sqrt{3} \approx 1{,}7\) à \(0{,}1\) près.
Balayage avec un pas de 0,01 (sur \([1{,}7\,;\,1{,}8]\)) :
\(x\)
1,70
1,71
1,72
1,73
1,74
\(f(x)\)
−0,11
−0,076
−0,042
−0,007
+0,028
La racine est dans \([1{,}73\,;\,1{,}74]\), soit \(\sqrt{3} \approx 1{,}73\) à \(0{,}01\) près.
11. Exemples résolus complets
Exemple 1 — Contexte professionnel : aire d'un cadre
Situation : Un artisan menuisier réalise un cadre rectangulaire dont les dimensions sont
\((x + 1)\) cm et \((x - 3)\) cm. Il veut savoir pour quelle valeur de \(x\) l'aire vaut 40 cm².
La racine est entre 7,6 et 7,7, soit \(x \approx 7{,}6\) cm à 0,1 près.
Conclusion : le cadre a des dimensions d'environ \(8{,}6\) cm et \(4{,}6\) cm pour une aire d'environ 40 cm² (\(8{,}6 \times 4{,}6 \approx 39{,}56\) cm²).
Exemple 2 — Étude complète d'un polynôme de degré 2
Situation : Un technicien d'agencement modélise le coût de découpe (en euros) d'une bande de bois
de longueur \(x\) mètres par la fonction \(C(x) = x^2 - 6x + 8\).
\(x_S = \dfrac{2 + 4}{2} = 3\), au milieu des racines.
\(C(3) = 9 - 18 + 8 = -1\)
Le sommet est \(S(3\,;\,-1)\). Comme \(a = 1 > 0\), c'est un minimum.
Étape 6 — Tableau de signes :
Interprétation : le coût modélisé est négatif pour \(x \in ]2\,;\,4[\), ce qui n'a pas de sens physique (un coût ne peut pas être négatif). Cela signifie que le modèle \(C(x)\) n'est valide qu'en dehors de \([2\,;\,4]\) mètres.
Exemple 3 — Contexte physique : hauteur d'un projectile
Situation : En physique, la hauteur \(h\) (en mètres) d'un objet lancé verticalement depuis le sol est modélisée par :
\[h(t) = -5t^2 + 20t\]
où \(t\) est le temps en secondes.
1. Forme factorisée : \(t\) se met en facteur : \(h(t) = -5t(t - 4)\). Les racines sont \(t = 0\) (le lancer) et \(t = 4\) (le retour au sol).
Factoriser, vérifier par développement, puis résoudre le facteur restant.
Notion
Ce qu'on fait
Ce qu'on obtient
Nombre de solutions (C1)
Compter les points de rencontre de la courbe avec l'axe des abscisses
0, 1 ou 2 solutions
Trouver le sommet (C2)
Milieu des racines \(x_S = \dfrac{x_1 + x_2}{2}\), puis \(f(x_S)\)
Coordonnées du sommet, min ou max
Associer courbe et expression (C3)
Comparer le signe de \(a\), puis \(f(0) = c\), puis les racines
La courbe qui correspond à l'expression
Tester une racine (C4)
Calculer \(f(x_0)\)
Si \(f(x_0) = 0\) : oui, sinon non
Trouver la 2e racine (C7)
Factoriser à partir de la racine connue et résoudre le facteur restant
La seconde racine
Factoriser (C5)
Écrire \(a(x - x_1)(x - x_2)\)
Forme factorisée
Racines et signe (C6)
Lire les racines dans les facteurs, puis tableau de signes
Intervalles positifs/négatifs
Encadrer une racine
Balayage (repérer un changement de signe)
Encadrement à la précision voulue
13. Erreurs fréquentes
❌
Oublier que \(a \neq 0\)
Si \(a = 0\), la fonction n'est plus du second degré mais du premier (affine). Le terme en \(x^2\) est indispensable. Conseil : toujours vérifier que le coefficient devant \(x^2\) est non nul.
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Se tromper de signe en lisant une racine
Le facteur \((x + 3)\) s'annule pour \(x = -3\), pas pour \(x = 3\). Recopier le nombre qu'on voit dans le facteur est une erreur très fréquente. Conseil : chercher la valeur qui annule le facteur, puis la vérifier en calculant \(f\) en cette valeur.
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Confondre racine et sommet
L'abscisse du sommet \(x_S\) n'est pas une racine du polynôme (sauf racine double). Le sommet est un point : on l'écrit avec ses deux coordonnées, \((x_S\,;\,f(x_S))\). Conseil : répondre « le sommet est 1 » ne suffit pas ; écrire par exemple \(S(1\,;\,-8)\).
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Inverser le sens de la parabole
Si \(a > 0\) la parabole s'ouvre vers le haut (sommet en bas = minimum). Si \(a < 0\) elle s'ouvre vers le bas (sommet en haut = maximum). Conseil : penser à la lettre U pour \(a > 0\) (U s'ouvre vers le haut) et à ∩ pour \(a < 0\).