Chapitre 11 | Terminale STI2D — spécialité Physique-chimie et mathématiques | Mathématiques
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026
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La fonction exponentielle est l'outil mathématique central du cycle terminal STI2D : elle modélise tout ce qui croît ou décroît proportionnellement à sa valeur — charge d'un condensateur, refroidissement d'un corps, décroissance radioactive \(N(t)=N_0\,e^{-\lambda t}\), régime transitoire d'un circuit \(RC\). Sa propriété fondamentale, \((e^x)'=e^x\), est unique : c'est la seule fonction (à un coefficient près) égale à sa propre dérivée. Prérequis : dérivation, dérivée de \(x\mapsto f(ax+b)\), sens de variation, fonctions \(x\mapsto a^x\) (enseignement commun).
Parmi toutes les fonctions \(x\mapsto a^x\) (avec \(a\gt 0\)), il en existe une seule dont la courbe a, au point d'abscisse \(0\), une tangente de pente exactement égale à \(1\). La valeur du paramètre \(a\) correspondante est notée \(e\) :
\[\boxed{\,e \approx 2{,}718\,281\ldots\,}\]Ce nombre \(e\), appelé nombre d'Euler, est irrationnel (existence et unicité admises).
La fonction exponentielle est la fonction \(x\mapsto e^x\), définie pour tout réel \(x\). On la note aussi \(\exp(x)\). On a en particulier :
\[e^0 = 1,\qquad e^1 = e \approx 2{,}718.\]En cherchant la pente de la tangente en \(0\) de \(x\mapsto a^x\) pour différentes valeurs de \(a\), on encadre \(e\) : pour \(a=2\) la pente vaut \(\approx 0{,}69\) (trop petite), pour \(a=3\) elle vaut \(\approx 1{,}10\) (trop grande). Par balayage entre \(2\) et \(3\), on approche \(e\approx 2{,}718\).
\(e^2 \approx 7{,}389\) et \(e^{-1} = \dfrac1e \approx 0{,}368.\)
La fonction \(x\mapsto e^x\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et égale à sa propre dérivée :
\[\boxed{\,(e^x)' = e^x.\,}\]Le taux de variation de \(x\mapsto e^x\) en \(x_0\) se factorise :
\[\dfrac{e^{x_0+\Delta x} - e^{x_0}}{\Delta x} = e^{x_0}\times \dfrac{e^{\Delta x} - 1}{\Delta x}.\]Or, par le choix même du nombre \(e\) (tangente de pente \(1\) en \(0\)), le facteur \(\dfrac{e^{\Delta x}-1}{\Delta x}\) tend vers \(1\) quand \(\Delta x\to 0\). Donc le taux tend vers \(e^{x_0}\), c'est-à-dire \((e^x)'=e^x\). \(\qquad\blacksquare\)
Pour tout réel \(x\), \(e^x \gt 0\). Comme \((e^x)'=e^x \gt 0\), la fonction exponentielle est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).
\(f(x)=e^x\), \(f(0)=e^0=1\), \(f'(0)=e^0=1\). Tangente : \(y = f(0)+f'(0)(x-0) = 1 + x\), soit \(y = x+1\). (C'est bien une pente de \(1\) : cohérent avec la définition de \(e\).)
En \(-\infty\), la courbe se rapproche de l'axe des abscisses : la droite \(y=0\) est une asymptote horizontale.
Courbe de \(x\mapsto e^x\) : strictement croissante et convexe (« creusée vers le haut »), passant par \((0\,;1)\), au-dessus de l'axe des abscisses, avec l'asymptote \(y=0\) en \(-\infty\).
Fais varier l'abscisse et observe : la valeur \(e^x\) et la pente de la tangente sont toujours égales — c'est la signature de l'exponentielle.
Pour tous réels \(a\) et \(b\), et tout entier \(n\) :
\[\boxed{e^{a+b} = e^a\, e^b}\qquad e^{-a} = \dfrac{1}{e^a}\qquad e^{a-b} = \dfrac{e^a}{e^b}\qquad \big(e^a\big)^n = e^{na}.\]Ces règles sont celles des puissances : l'exponentielle transforme les sommes en produits.
Simplifier \(A = \dfrac{e^{3x}\times e^{-x}}{e^{x}}\).
\[A = \dfrac{e^{3x + (-x)}}{e^x} = \dfrac{e^{2x}}{e^x} = e^{2x - x} = e^{x}.\](a) \(e^{5x-2x}=e^{3x}\). (b) \(e^{4x-x}=e^{3x}\). (c) \(e^{2x\times 3}=e^{6x}\).
Comme \(x\mapsto e^x\) est strictement croissante, elle prend chaque valeur au plus une fois. Donc :
\[e^{A} = e^{B} \iff A = B.\]Exemple : \(e^{2x} = e^{6} \iff 2x = 6 \iff x = 3\).
Pour tout réel \(k\), la fonction \(x\mapsto e^{kx}\) est dérivable sur \(\mathbb{R}\) et
\[\boxed{\,\big(e^{kx}\big)' = k\,e^{kx}.\,}\]C'est une fonction du type \(f(ax+b)\) avec \(f=\exp\), \(a=k\), \(b=0\). La règle \(\big(f(ax+b)\big)'=a\,f'(ax+b)\) donne \(\big(e^{kx}\big)' = k\,e^{kx}\) puisque \(f'=\exp\). \(\qquad\blacksquare\)
Comme \(e^{kx}\gt 0\), le signe de la dérivée \(k\,e^{kx}\) est celui de \(k\) :
Décroissance exponentielle \(t\mapsto N_0\,e^{-kt}\) (\(k\gt 0\)) : elle part de \(N_0\) en \(t=0\) et décroît vers \(0\). Modèle du refroidissement, de la charge/décharge \(RC\) ou de la décroissance radioactive.
\(u'(t) = 6\times(-0{,}2)\,e^{-0{,}2t} = -1{,}2\,e^{-0{,}2t}\). Comme \(e^{-0{,}2t}\gt 0\), on a \(u'(t)\lt 0\) : la tension est décroissante (la décharge diminue la tension). \(u(0)=6\) V.
On combine la dérivée \(\big(e^{kx}\big)'=k\,e^{kx}\) avec les opérations de dérivation (somme, produit, quotient) vues en Première.
Étudier les variations de \(f(x) = x\,e^{x}\) sur \(\mathbb{R}\). On pose \(u=x\) (\(u'=1\)) et \(v=e^x\) (\(v'=e^x\)) :
\[f'(x) = u'v + uv' = 1\cdot e^x + x\cdot e^x = (1+x)\,e^x.\]Comme \(e^x\gt 0\), le signe de \(f'(x)\) est celui de \(1+x\). Ainsi \(f'(x)\lt 0\) pour \(x\lt -1\), \(f'(x)\gt 0\) pour \(x\gt -1\). Donc \(f\) décroît sur \(]{-}\infty\,;-1]\), croît sur \([-1\,;{+}\infty[\), avec un minimum en \(x=-1\) : \(f(-1) = -e^{-1} \approx -0{,}37\).
Tableau de variations de \(f(x)=x\,e^x\) : minimum \(-e^{-1}\) atteint en \(x=-1\).
Dériver \(g(x) = \dfrac{e^{x}}{x}\) sur \(]0\,;{+}\infty[\). On pose \(u=e^x\), \(v=x\) :
\[g'(x) = \dfrac{u'v-uv'}{v^2} = \dfrac{e^x\cdot x - e^x\cdot 1}{x^2} = \dfrac{(x-1)\,e^x}{x^2}.\]Sur \(]0\,;{+}\infty[\), \(e^x\gt 0\) et \(x^2\gt 0\) : le signe de \(g'\) est celui de \(x-1\). Donc \(g\) décroît sur \(]0\,;1]\), croît sur \([1\,;{+}\infty[\), minimum en \(x=1\) où \(g(1)=e\).
\(u=2-x\) (\(u'=-1\)), \(v=e^x\) (\(v'=e^x\)). \(f'(x) = -e^x + (2-x)e^x = (1-x)\,e^x\). Comme \(e^x\gt 0\), le signe de \(f'\) est celui de \(1-x\) : \(f'\gt 0\) pour \(x\lt 1\), \(f'\lt 0\) pour \(x\gt 1\). Donc \(f\) croît sur \(]{-}\infty\,;1]\), décroît sur \([1\,;{+}\infty[\), maximum en \(x=1\) : \(f(1)=(2-1)e^1=e\).
Pour tout entier naturel \(n\geqslant 1\) :
\[\boxed{\lim_{x\to +\infty}\dfrac{e^x}{x^n} = +\infty}\qquad\qquad\boxed{\lim_{x\to +\infty}x^n\,e^{-x} = 0.}\]Autrement dit : en \(+\infty\), l'exponentielle « l'emporte » sur toute puissance de \(x\). Elle croît plus vite que n'importe quel polynôme, et \(e^{-x}\) écrase toute puissance de \(x\).
Dans une forme indéterminée \(\dfrac{\infty}{\infty}\) ou \(\infty\times 0\) mêlant \(e^x\) et un polynôme, c'est l'exponentielle qui impose la limite. On étend sans formalisme ces résultats à \(\dfrac{e^{kx}}{x^n}\) et \(x^n e^{-kx}\) pour \(k\gt 0\).
Déterminer \(\displaystyle\lim_{x\to +\infty}\big(e^x - x^3\big)\).
On factorise par \(e^x\) : \(e^x - x^3 = e^x\left(1 - \dfrac{x^3}{e^x}\right)\). Par croissance comparée, \(\dfrac{x^3}{e^x}\to 0\), donc la parenthèse tend vers \(1\) et \(e^x\to +\infty\). Ainsi \(\displaystyle\lim_{x\to +\infty}\big(e^x - x^3\big) = +\infty\).
\(\displaystyle\lim_{t\to +\infty} 100\,t\,e^{-t}\). D'après \(\lim_{t\to+\infty}t\,e^{-t}=0\) (croissance comparée, \(n=1\)), on obtient \(\displaystyle\lim_{t\to +\infty}100\,t\,e^{-t} = 0\).
(a) \(+\infty\) (croissance comparée, \(n=2\)). (b) \(0\) (limite de l'exponentielle en \(-\infty\)). (c) \(0\) (croissance comparée \(x^n e^{-x}\to 0\)).
Exemple. \(e^{2x}=e^{6}\iff 2x=6\iff x=3\).
❌ Écrire \(e^{a+b} = e^a + e^b\).
✅ \(e^{a+b} = e^a\times e^b\) : l'exponentielle change les sommes en produits.
❌ Oublier le facteur \(k\) : \(\big(e^{kx}\big)' = e^{kx}\).
✅ \(\big(e^{kx}\big)' = k\,e^{kx}\) — le \(k\) descend devant.
❌ Penser que \(e^x\) peut être négatif ou nul.
✅ \(e^x \gt 0\) pour tout réel \(x\) (la courbe est toujours au-dessus de l'axe).
❌ Croire qu'un polynôme peut « rattraper » l'exponentielle en \(+\infty\).
✅ \(\dfrac{e^x}{x^n}\to +\infty\) : l'exponentielle l'emporte toujours.
❌ Confondre les limites : \(\lim_{x\to -\infty} e^x = -\infty\).
✅ \(\lim_{x\to -\infty} e^x = 0\) et \(\lim_{x\to +\infty} e^x = +\infty\).