Chapitre 13 | Première STI2D — spécialité Physique-chimie et mathématiques | Mathématiques
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Les nombres complexes prolongent l'ensemble des réels : ils permettent de donner un sens à \(\sqrt{-1}\) et de résoudre des équations comme \(x^2+1=0\). En physique et en électricité, ils servent notamment à représenter les grandeurs sinusoïdales (tensions, courants). Dans ce chapitre, on reste en forme algébrique et trigonométrique : la notation exponentielle est étudiée en terminale.
Il existe un ensemble de nombres, noté \(\mathbb{C}\), qui contient \(\mathbb{R}\) et un nombre particulier \(i\) vérifiant :
\[i^2=-1.\]Tout nombre complexe \(z\) s'écrit de manière unique sous la forme algébrique
\[z=a+ib,\qquad a\in\mathbb{R},\ b\in\mathbb{R}.\]Le réel \(a\) est la partie réelle de \(z\), notée \(\operatorname{Re}(z)\) ; le réel \(b\) est la partie imaginaire de \(z\), notée \(\operatorname{Im}(z)\). Attention : la partie imaginaire \(b\) est un nombre réel.
Deux nombres complexes sont égaux si et seulement s'ils ont la même partie réelle et la même partie imaginaire :
\[a+ib=a'+ib' \iff (a=a' \ \text{et}\ b=b').\]En particulier, \(z=0 \iff (\operatorname{Re}(z)=0 \ \text{et}\ \operatorname{Im}(z)=0)\).
La partie imaginaire de \(z=3-5i\) est \(\operatorname{Im}(z)=-5\) (le réel devant \(i\)), et non \(-5i\). De même \(\operatorname{Re}(3-5i)=3\).
Pour \(z=4+3i\) : \(\operatorname{Re}(z)=4\) et \(\operatorname{Im}(z)=3\). Pour \(z'=-2i\) : \(\operatorname{Re}(z')=0\), \(\operatorname{Im}(z')=-2\), c'est un imaginaire pur. Pour \(z''=7\) : \(\operatorname{Im}(z'')=0\), c'est un réel.
\(\operatorname{Re}(z_1)=-1,\ \operatorname{Im}(z_1)=6\) ; \(\operatorname{Re}(z_2)=5,\ \operatorname{Im}(z_2)=0\) ; \(\operatorname{Re}(z_3)=0,\ \operatorname{Im}(z_3)=-4\).
\(z_2=5\) est réel ; \(z_3=-4i\) est imaginaire pur.
Le plan est muni d'un repère orthonormé direct \((O\,;\vec u,\vec v)\). À tout nombre complexe \(z=a+ib\) on associe le point \(M\) de coordonnées \((a\,;b)\) : \(M\) est l'image de \(z\), et \(z\) est l'affixe de \(M\), notée \(z_M\).
L'axe des abscisses porte les réels : c'est l'axe réel. L'axe des ordonnées porte les imaginaires purs : c'est l'axe imaginaire.
Le point \(M\) d'affixe \(z=a+ib\) : abscisse \(a=\operatorname{Re}(z)\), ordonnée \(b=\operatorname{Im}(z)\). La longueur \(OM\) est le module \(|z|=r\) ; l'angle \(\theta\) est un argument.
Un vecteur \(\vec w\) de coordonnées \((a\,;b)\) dans le repère \((O\,;\vec u,\vec v)\) a pour affixe le complexe \(z_{\vec w}=a+ib\). En particulier, l'affixe du vecteur \(\overrightarrow{OM}\) est égale à l'affixe du point \(M\).
Si \(A\) a pour affixe \(z_A\) et \(B\) pour affixe \(z_B\), alors :
\[z_{\overrightarrow{AB}}=z_B-z_A.\]L'affixe du milieu \(I\) de \([AB]\) est \(z_I=\dfrac{z_A+z_B}{2}\).
\(z_{\overrightarrow{AB}}=z_B-z_A=(-1+3i)-(2+i)=-3+2i\).
\(z_I=\dfrac{(2+i)+(-1+3i)}{2}=\dfrac{1+4i}{2}=\dfrac{1}{2}+2i\).
Le conjugué du complexe \(z=a+ib\) est le complexe :
\[\bar z=a-ib.\]Géométriquement, l'image de \(\bar z\) est le symétrique de l'image de \(z\) par rapport à l'axe réel.
\(\bar z\) est le symétrique de \(z\) par rapport à l'axe réel.
Pour tout complexe \(z\) :
\[z+\bar z=2\operatorname{Re}(z),\qquad z-\bar z=2i\operatorname{Im}(z),\qquad \overline{\bar z}=z.\]De plus \(z\) est réel \(\iff \bar z=z\) ; \(z\) est imaginaire pur \(\iff \bar z=-z\).
Le module du complexe \(z=a+ib\) est le réel positif :
\[|z|=\sqrt{a^2+b^2}.\]Géométriquement, \(|z|=OM\) est la distance de l'origine au point \(M\) d'affixe \(z\). Plus généralement, \(|z_B-z_A|=AB\).
Pour tout complexe \(z=a+ib\) :
\[z\times\bar z=a^2+b^2=|z|^2,\qquad |\bar z|=|z|,\qquad |z|\ge 0.\]De plus \(|z|=0 \iff z=0\).
Pour \(z=3+4i\) : \(\bar z=3-4i\) et \(|z|=\sqrt{3^2+4^2}=\sqrt{9+16}=\sqrt{25}=5\).
Vérification : \(z\bar z=(3+4i)(3-4i)=9-12i+12i-16i^2=9+16=25=|z|^2\). ✓
\(\bar z=-5-12i\) ; \(|z|=\sqrt{(-5)^2+12^2}=\sqrt{25+144}=\sqrt{169}=13\).
\(\bar{z'}=1+i\) ; \(|z'|=\sqrt{1^2+(-1)^2}=\sqrt{2}\).
On calcule comme avec des réels, en remplaçant \(i^2\) par \(-1\). Pour \(z=a+ib\) et \(z'=a'+ib'\) :
\[z+z'=(a+a')+i(b+b'),\] \[z\times z'=(aa'-bb')+i(ab'+a'b).\]Soit \(z=2+3i\) et \(z'=1-4i\).
\[z z'=(2+3i)(1-4i)=2-8i+3i-12i^2=2-8i+3i+12=14-5i.\](On a utilisé \(-12i^2=-12\times(-1)=+12\).)
Pour tous complexes \(z\) et \(z'\) :
\[\overline{z+z'}=\bar z+\bar{z'},\qquad \overline{z\, z'}=\bar z\times\bar{z'},\qquad |z\, z'|=|z|\times|z'|.\]Pour mettre \(\dfrac{z}{z'}\) (avec \(z'\ne 0\)) sous forme \(a+ib\), on multiplie le haut et le bas par le conjugué du dénominateur : le dénominateur devient réel, car \(z'\bar{z'}=|z'|^2\).
Exemple résolu. Calculons \(\dfrac{2+i}{3-i}\).
\[\frac{2+i}{3-i}=\frac{(2+i)(3+i)}{(3-i)(3+i)}=\frac{6+2i+3i+i^2}{9-i^2}=\frac{6+5i-1}{9+1}=\frac{5+5i}{10}=\frac{1}{2}+\frac{1}{2}i.\]Pour tous complexes \(z\) et \(z'\) avec \(z'\ne 0\) :
\[\overline{\left(\frac{z}{z'}\right)}=\frac{\bar z}{\bar{z'}},\qquad \left|\frac{z}{z'}\right|=\frac{|z|}{|z'|}.\]En particulier \(\left|\dfrac{1}{z'}\right|=\dfrac{1}{|z'|}\).
\(z+z'=(1+2)+(2-1)i=3+i\).
\(zz'=(1+2i)(2-i)=2-i+4i-2i^2=2+3i+2=4+3i\).
\(\dfrac{z}{z'}=\dfrac{(1+2i)(2+i)}{(2-i)(2+i)}=\dfrac{2+i+4i+2i^2}{4+1}=\dfrac{2+5i-2}{5}=\dfrac{5i}{5}=i\).
\(|zz'|=|4+3i|=\sqrt{16+9}=5\) ; \(|z|=\sqrt{5}\), \(|z'|=\sqrt{5}\), donc \(|z||z'|=5\). ✓
Soit \(z\) un complexe non nul, d'image \(M\). Un argument de \(z\), noté \(\arg(z)\), est une mesure (en radians) de l'angle orienté \((\vec u\,;\overrightarrow{OM})\). Il est défini à \(2\pi\) près.
Module \(r=|z|=OM\) et argument \(\theta=\arg(z)\). Les projections donnent \(a=r\cos\theta\) et \(b=r\sin\theta\).
Le nombre \(0\) n'a pas d'argument (le point est confondu avec \(O\), aucun angle n'est défini). Le module et l'argument ne se définissent ensemble que pour \(z\ne 0\).
Tout complexe non nul \(z\) de module \(r=|z|\) et d'argument \(\theta\) s'écrit sous la forme trigonométrique :
\[z=r\big(\cos\theta+i\sin\theta\big),\qquad r=|z|\gt 0.\]Si \(z=a+ib=r(\cos\theta+i\sin\theta)\), alors, en identifiant partie réelle et partie imaginaire :
\[a=r\cos\theta,\qquad b=r\sin\theta,\] \[r=\sqrt{a^2+b^2},\qquad \cos\theta=\frac{a}{r},\qquad \sin\theta=\frac{b}{r}.\]Exemple résolu. Écrivons \(z=1+i\sqrt{3}\) sous forme trigonométrique.
\(r=\sqrt{1^2+(\sqrt3)^2}=\sqrt{1+3}=2\). Puis \(\cos\theta=\dfrac{1}{2}\) et \(\sin\theta=\dfrac{\sqrt3}{2}\), donc \(\theta=\dfrac{\pi}{3}\). Ainsi \(z=2\left(\cos\dfrac{\pi}{3}+i\sin\dfrac{\pi}{3}\right)\).
On calcule directement \(a=r\cos\theta\) et \(b=r\sin\theta\), puis on écrit \(z=a+ib\).
Exemple résolu. Soit \(z=4\left(\cos\dfrac{\pi}{6}+i\sin\dfrac{\pi}{6}\right)\). Alors \(a=4\cos\dfrac{\pi}{6}=4\times\dfrac{\sqrt3}{2}=2\sqrt3\) et \(b=4\sin\dfrac{\pi}{6}=4\times\dfrac{1}{2}=2\). Donc \(z=2\sqrt3+2i\).
| \(\theta\) | \(0\) | \(\frac{\pi}{6}\) | \(\frac{\pi}{4}\) | \(\frac{\pi}{3}\) | \(\frac{\pi}{2}\) |
|---|---|---|---|---|---|
| \(\cos\theta\) | \(1\) | \(\frac{\sqrt3}{2}\) | \(\frac{\sqrt2}{2}\) | \(\frac{1}{2}\) | \(0\) |
| \(\sin\theta\) | \(0\) | \(\frac{1}{2}\) | \(\frac{\sqrt2}{2}\) | \(\frac{\sqrt3}{2}\) | \(1\) |
Soit \(z=-2+2i\). Le module vaut \(|z|=\sqrt{(-2)^2+2^2}=\sqrt8=2\sqrt2\) : c'est la distance \(OM\). Puis \(\cos\theta=\dfrac{-2}{2\sqrt2}=-\dfrac{\sqrt2}{2}\) et \(\sin\theta=\dfrac{2}{2\sqrt2}=\dfrac{\sqrt2}{2}\) : le point est dans le 2ᵉ quadrant, \(\theta=\dfrac{3\pi}{4}\). D'où \(z=2\sqrt2\left(\cos\dfrac{3\pi}{4}+i\sin\dfrac{3\pi}{4}\right)\).
\(z=3i\) : \(r=|3i|=3\), \(\cos\theta=0\), \(\sin\theta=1\), donc \(\theta=\dfrac{\pi}{2}\) et \(z=3\left(\cos\dfrac{\pi}{2}+i\sin\dfrac{\pi}{2}\right)\).
\(z'=-2\) : \(r=2\), \(\cos\theta=-1\), \(\sin\theta=0\), donc \(\theta=\pi\) et \(z'=2\left(\cos\pi+i\sin\pi\right)\).
\(a=6\cos\dfrac{\pi}{3}=6\times\dfrac12=3\) et \(b=6\sin\dfrac{\pi}{3}=6\times\dfrac{\sqrt3}{2}=3\sqrt3\). Donc \(z=3+3\sqrt3\,i\).
Fais varier \(a\) (partie réelle) et \(b\) (partie imaginaire) et observe le point \(M\) d'affixe \(z=a+ib\), son module \(r=|z|=\sqrt{a^2+b^2}\) et son argument \(\theta=\arg(z)\).
En électricité, une tension sinusoïdale \(u(t)=U_m\cos(\omega t+\varphi)\) se représente par un complexe de module \(U_m\) (l'amplitude) et d'argument \(\varphi\) (la phase à l'origine). La forme trigonométrique traduit alors directement l'amplitude et le déphasage d'une grandeur : c'est un outil central en régime sinusoïdal, approfondi en terminale.
❌ Écrire \(i^2=1\) ou oublier le signe.
✅ \(i^2=-1\) : par exemple \(-3i^2=+3\).
❌ Dire que la partie imaginaire de \(a+ib\) est \(ib\).
✅ \(\operatorname{Im}(a+ib)=b\), un réel.
❌ Écrire un quotient sans multiplier par le conjugué.
✅ On multiplie haut et bas par \(\bar{z'}\) : le dénominateur devient \(|z'|^2\).
❌ Confondre module et argument, ou chercher l'argument de \(0\).
✅ \(|z|=\sqrt{a^2+b^2}\ge0\) ; l'argument (angle) n'existe que si \(z\ne0\).
❌ Oublier de vérifier le quadrant en cherchant \(\theta\).
✅ Les signes de \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\) fixent le bon angle.