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Chapitre 8 – Activités géométriques : coniques et perspective centrale

Chapitre 8 | Terminale technologique — série STD2A | Mathématiques

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Objectifs du chapitre

Ce chapitre, propre à la série STD2A (arts appliqués et design), étudie des figures et des modes de représentation usuels en art et en design, en reliant géométrie plane et géométrie dans l'espace.

Partie A — Coniques (géométrie plane)

1. Sections planes d'un cône de révolution

Définition — Cône de révolution

Un cône de révolution est la surface engendrée par une droite (la génératrice) qui tourne autour d'un axe qu'elle coupe en un point (le sommet), en formant toujours le même angle avec l'axe. Un cône complet comporte deux nappes (au-dessus et en dessous du sommet).

Idée-support (« l'éclairement d'un mur ») : une lampe munie d'un abat-jour conique éclaire un mur. Le contour de la tache lumineuse est la section du cône de lumière par le plan du mur. En inclinant la lampe, on obtient différentes courbes.

Propriété — Sections d'un cône de révolution

Selon la position du plan qui coupe le cône, l'intersection est l'une des coniques :

Position du plan sécantCourbe obtenue
Perpendiculaire à l'axeun cercle
Oblique, coupant une seule nappe de part en partune ellipse
Parallèle à une génératriceune parabole
« Assez incliné », coupant les deux nappesune hyperbole (deux branches)

Ces quatre courbes — cercle, ellipse, parabole, hyperbole — sont regroupées sous la dénomination de coniques. On les visualise avec un logiciel de géométrie dynamique en faisant pivoter le plan sécant.

Exercice d'application 1. Pour chaque plan sécant, nommer la conique obtenue : a) plan horizontal coupant un cône d'axe vertical ; b) plan parallèle à une génératrice ; c) plan coupant les deux nappes.

a) cercle (plan perpendiculaire à l'axe) ; b) parabole ; c) hyperbole (deux branches).

2. Tangente à une conique

Définition — Tangente à une conique

La tangente à une conique en un point \(M\) est la position limite des sécantes \((MM')\) lorsque le point \(M'\) de la conique se rapproche indéfiniment de \(M\). C'est la même idée que la tangente à la courbe d'une fonction rencontrée en première.

Aucune connaissance sur les équations cartésiennes de tangentes n'est attendue. Dans les situations analytiques de raccordement, l'équation de la tangente est donnée.

3. Raccordement d'arcs

En design, on assemble des arcs de courbes en veillant à ce que la jonction soit « lisse ». On distingue deux niveaux de raccordement.

Définition — Deux niveaux de raccordement
Méthode — Raccordement tangentiel

Deux arcs se raccordent de façon lisse en un point \(P\) si :

  1. ils passent tous deux par \(P\) (même point) ;
  2. ils ont la même tangente en \(P\) (même direction, donc même coefficient directeur pour des courbes de fonctions).

Pour raccorder de façon lisse en \(x = a\) un arc de la courbe de \(f\) à un arc de la courbe de \(g\) :

\[f(a) = g(a)\ \text{(même point)}\qquad\text{et}\qquad f'(a) = g'(a)\ \text{(même tangente)}.\]

Cas usuels : pour un raccordement cercle–droite, la droite passe par le point de contact et est perpendiculaire au rayon en ce point (la tangente à un cercle est perpendiculaire au rayon). Pour un raccordement cercle–cercle, les centres et le point de contact sont alignés.

Exemple — raccorder une droite à une parabole

On veut raccorder en \(x = 2\) la droite \(d : y = 3x + b\) à la parabole \(p : y = x^2\).

Le raccordement est continu mais non lisse (angle). Pour un raccordement lisse il faudrait une droite de pente \(4\).

Exercice d'application 2. On veut raccorder au point d'abscisse \(x = 1\) la courbe de \(f(x) = x^2\) à une droite \(d\) de façon lisse. Déterminer l'équation de \(d\).

Point : \(f(1) = 1\), la droite passe par \((1\,;1)\). Tangente : \(f'(x) = 2x\), \(f'(1) = 2\) → pente \(2\). Donc \(d : y = 2(x-1) + 1 = 2x - 1\).

Partie B — Perspective centrale (géométrie dans l'espace)

4. Projection centrale

Définition — Projection centrale

La perspective centrale (ou perspective conique) est le mode de représentation qui imite la vision humaine ou la photographie : les objets lointains paraissent plus petits, et les lignes parallèles semblent converger.

Étant donné un point \(O\) (l'œil, ou centre de projection) et un plan \(\pi\) (le tableau), la projection centrale de centre \(O\) sur \(\pi\) associe à un point \(M\) de l'espace le point \(M'\) intersection de la droite \((OM)\) avec le tableau \(\pi\).

Idée-support (« l'ombre au flambeau ») : une source ponctuelle (le flambeau, en \(O\)) projette l'ombre d'un objet sur un mur : cette ombre est la projection centrale de l'objet.

5. Propriétés de conservation (et de non-conservation)

Propriété — Ce que la projection centrale conserve

La projection centrale conserve :

Elle ne conserve pas en général : les longueurs, les milieux, les rapports de longueurs, les angles et le parallélisme (des droites parallèles peuvent avoir des images sécantes).

Cas essentiel — les plans frontaux

Un plan frontal est un plan parallèle au tableau \(\pi\). Pour une figure située dans un plan frontal :

C'est pourquoi, dans un dessin en perspective, une façade vue « de face » (frontale) se dessine sans déformation.

Exercice d'application 3. Vrai ou faux, en perspective centrale : a) l'image d'une droite est une droite ; b) le milieu d'un segment se projette au milieu de l'image ; c) deux droites parallèles frontales ont des images parallèles ; d) les angles sont toujours conservés.

a) Vrai (alignement conservé). b) Faux (milieux non conservés). c) Vrai (cas frontal). d) Faux (sauf dans un plan frontal).

6. Vocabulaire : points de fuite et ligne d'horizon

Définition — Point de fuite

Point de fuite d'une droite. Deux droites parallèles non frontales ont des images qui se coupent en un même point appelé point de fuite. Autrement dit : toutes les droites d'une même direction (non frontale) fuient vers un même point.

Point de fuite principal. C'est le point de fuite des droites perpendiculaires au tableau (les « fuyantes » qui s'enfoncent droit devant le spectateur). Il se situe juste en face de l'œil.

Définition — Ligne de fuite et ligne d'horizon

Ligne de fuite d'un plan. Pour un plan non frontal, l'ensemble des points de fuite de toutes ses droites forme une droite appelée ligne de fuite de ce plan.

Ligne d'horizon. C'est la ligne de fuite du plan horizontal (le sol) : la droite horizontale, à hauteur de l'œil, sur laquelle se trouvent les points de fuite de toutes les droites horizontales. Dans un paysage, elle correspond à l'horizon.

Règles pratiques

7. Image de deux droites parallèles

Propriété — Position relative des images
Deux droites parallèles…Images en perspective centrale
frontales (parallèles au tableau)parallèles entre elles
non frontalesconcourantes en un point de fuite
Exercice d'application 4. Sur une photographie d'une voie ferrée droite, les deux rails semblent se rejoindre à l'horizon, alors qu'ils sont parallèles dans la réalité. Expliquer pourquoi.

La photographie est une projection centrale (l'objectif joue le rôle de l'œil \(O\)). Les rails sont des droites parallèles non frontales (elles s'enfoncent en profondeur) ; leurs images convergent donc vers un point de fuite situé sur la ligne d'horizon. Le parallélisme n'est pas conservé par la projection centrale.

8. Image d'un quadrillage et de solides simples

Méthode — Image d'un dallage horizontal

On construit les images des deux familles de droites :

Les diagonales du dallage permettent de placer correctement les profondeurs successives.

Propriété — Image d'un parallélépipède rectangle

On dessine d'abord une face frontale en vraie grandeur (non déformée), puis les arêtes fuyantes (perpendiculaires au tableau) qui convergent vers le point de fuite principal ; on referme le volume à la profondeur voulue.

Esquisses du cylindre et du cône : on les inscrit dans un solide simple (un pavé pour le cylindre, une pyramide pour le cône) et on prend appui sur les points de contact pour tracer les courbes (les cercles de base deviennent des ellipses en perspective).

Méthode — Construire un cube (un point de fuite)
  1. Tracer la ligne d'horizon et placer le point de fuite principal \(F\) dessus.
  2. Dessiner la face avant (carré) en vraie grandeur.
  3. Relier chaque sommet du carré à \(F\) (arêtes fuyantes).
  4. Placer la face arrière (plus petite) sur ces fuyantes, arêtes parallèles à la face avant.
Exercice d'application 5. Dans un tableau, les deux bords d'une rue (horizontaux, s'enfonçant devant le spectateur) se rejoignent en un point du dessin. a) Comment s'appelle ce point ? b) Sur quelle ligne se trouve-t-il ? c) Que dire des fenêtres dessinées sur une façade vue de face ?

a) Un point de fuite (ici le point de fuite principal, car les bords sont perpendiculaires au tableau). b) Sur la ligne d'horizon (hauteur de l'œil). c) Façade frontale → forme conservée : les fenêtres sont dessinées sans déformation, en vraie proportion.

Outils numériques

Le programme STD2A ne comporte pas d'algorithmique : on privilégie les logiciels de géométrie dynamique (type GeoGebra) et les logiciels de dessin artistiques.

Pistes d'exploration

Erreurs fréquentes / points de vigilance

Les pièges du chapitre

❌ Confondre les coniques.

✅ L'ellipse provient d'un plan coupant une seule nappe ; l'hyperbole d'un plan coupant les deux nappes.

❌ Croire que la perspective conserve le parallélisme.

✅ Faux en général : seules les droites frontales gardent des images parallèles ; les autres fuient vers un point de fuite.

❌ Confondre perspective centrale et cavalière.

✅ En perspective cavalière, les parallèles restent parallèles (pas de point de fuite) ; en perspective centrale, elles convergent.

❌ Croire qu'un contact suffit à rendre un raccordement lisse.

✅ Se toucher (même point) ne suffit pas : il faut aussi la même tangente (contact d'ordre 1).

❌ Faire dépendre la ligne d'horizon de l'objet.

✅ La ligne d'horizon = hauteur de l'œil : elle ne dépend que de la position du regard.

L'essentiel à retenir

À retenir :