Chapitre 1 | Terminale technologique (enseignement commun) | Mathématiques
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026, 09:30
Une suite \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\) lorsque, pour tout entier \(n\), on passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours le même nombre \(r\) :
\[u_{n+1} = u_n + r.\]C'est le modèle d'une croissance linéaire : le même écart est ajouté à chaque étape.
Avec \(u_0 = 5\) et \(r = 3\) : \(u_0 = 5,\ u_1 = 8,\ u_2 = 11,\ u_3 = 14,\dots\)
La moyenne arithmétique de deux nombres \(a\) et \(b\) est \(\;m = \dfrac{a+b}{2}.\)
Trois nombres \(a\), \(b\), \(c\) (dans cet ordre) sont des termes consécutifs d'une suite arithmétique si et seulement si \(b\) est la moyenne arithmétique de \(a\) et \(c\) :
\[b = \frac{a+c}{2} \quad\Longleftrightarrow\quad 2b = a + c.\]Idée : la première différence \(b - a\) doit être égale à la deuxième différence \(c - b\) ; ces deux différences valent alors la raison.
Si \((u_n)\) est arithmétique de raison \(r\) et de premier terme \(u_0\), alors pour tout entier \(n\) :
\[\boxed{u_n = u_0 + n\,r.}\]Plus généralement, à partir d'un rang \(p\) : \(u_n = u_p + (n-p)\,r\).
Démonstration. On ajoute \(r\) à chaque étape depuis \(u_0\) : après \(n\) étapes, on a ajouté \(n\) fois la raison \(r\), donc \(u_n = u_0 + n\,r\). \(\quad\blacksquare\)
\(u_0 = 5\), \(r = 3\) : \(u_n = 5 + 3n\), donc \(u_{10} = 5 + 30 = 35\).
\(u_n = 20 - 4n\). Donc \(u_6 = 20 - 24 = -4\).
On note la somme à l'aide du symbole \(\displaystyle\sum\) (sigma) : \(\;S = u_0 + u_1 + \dots + u_{n} = \displaystyle\sum_{k=0}^{n} u_k.\)
La somme de termes consécutifs d'une suite arithmétique vaut :
\[\text{somme} = \frac{(\text{nombre de termes})\times(\text{premier terme} + \text{dernier terme})}{2}.\]En particulier, pour les \(n\) premiers entiers naturels :
\[\boxed{\ 1 + 2 + 3 + \dots + n = \frac{n(n+1)}{2}.\ }\]Démonstration (méthode de Gauss). On pose \(S = 1 + 2 + \dots + n\) et on réécrit la somme à l'envers : \(S = n + (n-1) + \dots + 1\). En additionnant colonne par colonne, chaque paire vaut \(n+1\), et il y a \(n\) paires : \(2S = n(n+1)\), d'où \(S = \dfrac{n(n+1)}{2}\). \(\quad\blacksquare\)
\(1 + 2 + \dots + 100 = \dfrac{100 \times 101}{2} = 5050\).
Premier terme \(4\), dernier \(61\). Nombre de termes : \(4 + 3k = 61 \Rightarrow k = 19\), soit \(20\) termes. \(S = \dfrac{20 \times (4 + 61)}{2} = \dfrac{20 \times 65}{2} = 650\).
Une suite \((u_n)\) à termes strictement positifs est géométrique de raison \(q\gt 0\) lorsque, pour tout entier \(n\), on passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par le même nombre \(q\) :
\[u_{n+1} = q\,u_n.\]C'est le modèle d'une croissance exponentielle : le terme est multiplié par le même facteur à chaque étape.
Une évolution au taux \(t\) à chaque étape se modélise par une suite géométrique de raison \(q = 1 + t\). Une hausse de \(4\,\%\) donne \(q = 1{,}04\) ; une baisse de \(4\,\%\) donne \(q = 0{,}96\).
Une population de \(u_0 = 2000\) habitants augmente de \(4\,\%\) par an : \(q = 1{,}04\), donc \(u_1 = 2080\), \(u_2 = 2163{,}2\dots\)
La moyenne géométrique de deux nombres positifs \(a\) et \(b\) est \(\;m = \sqrt{a\,b}.\)
Trois nombres strictement positifs \(a\), \(b\), \(c\) (dans cet ordre) sont des termes consécutifs d'une suite géométrique si et seulement si \(b\) est la moyenne géométrique de \(a\) et \(c\) :
\[b = \sqrt{a\,c} \quad\Longleftrightarrow\quad b^2 = a\,c.\]Idée : le rapport \(\dfrac{b}{a}\) doit être égal au rapport \(\dfrac{c}{b}\) ; ce rapport commun est la raison.
Les deux propriétés « trois termes consécutifs » sont des équivalences logiques : « si et seulement si » (symbole \(\iff\)) signifie qu'une proposition et sa réciproque sont vraies en même temps. Détaillons pour le cas arithmétique :
Les deux étant vraies, \(2b = a+c\) est une condition nécessaire et suffisante : on peut l'utiliser dans les deux sens. Il en va de même de \(b^2 = ac\) pour trois nombres strictement positifs et une suite géométrique.
Si \((u_n)\) est géométrique de raison \(q\) et de premier terme \(u_0\), alors pour tout entier \(n\) :
\[\boxed{u_n = u_0 \times q^{\,n}.}\]Plus généralement : \(u_n = u_p \times q^{\,n-p}\).
Démonstration. On multiplie par \(q\) à chaque étape depuis \(u_0\) : après \(n\) étapes, on a multiplié \(n\) fois par \(q\), donc \(u_n = u_0 \times q^{\,n}\). \(\quad\blacksquare\)
Population : \(u_n = 2000 \times 1{,}04^{\,n}\). Au bout de \(10\) ans, \(u_{10} = 2000 \times 1{,}04^{10} \approx 2960\) habitants.
En représentant les points \((n\,;u_n)\), une suite arithmétique donne des points alignés (croissance linéaire, écart constant), tandis qu'une suite géométrique de raison \(\gt 1\) donne des points sur une courbe qui « s'envole » (croissance exponentielle, écart de plus en plus grand).
Points verts : suite arithmétique (\(u_n=2+2n\), alignés). Points indigo : suite géométrique de raison \(\gt 1\) (\(u_n=2\times 1{,}45^{\,n}\)) : la croissance s'accélère et « décolle ».
\(x^2 = 2 \times 18 = 36\), et \(x \gt 0\), donc \(x = 6\).
Plus généralement, pour une suite de premier terme \(u_0\) :
\[u_0 + u_1 + \dots + u_n = u_0 \times \frac{1 - q^{\,n+1}}{1-q}.\]Souvent retenue sous la forme : \(\;\text{somme} = (\text{premier terme}) \times \dfrac{1 - q^{\,\text{nb termes}}}{1-q}.\)
Démonstration. On pose \(S = 1 + q + q^2 + \dots + q^{n}\) et on multiplie par \(q\) : \(qS = q + q^2 + \dots + q^{n+1}\). Par différence, presque tous les termes se simplifient : \(S - qS = 1 - q^{n+1}\), donc \(S(1-q) = 1 - q^{n+1}\), d'où \(S = \dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\). \(\quad\blacksquare\)
\(1 + 2 + 4 + 8 + \dots + 2^{9}\) (dix termes, \(q = 2\), premier terme \(1\)) :
\[S = 1 \times \frac{1 - 2^{10}}{1 - 2} = \frac{1 - 1024}{-1} = 1023.\]Géométrique, \(q = 2\), premier terme \(3\). Dernier terme \(3072 = 3 \times 2^{10}\), donc \(11\) termes. \(S = 3 \times \dfrac{1 - 2^{11}}{1 - 2} = 3 \times (2^{11} - 1) = 3 \times 2047 = 6141\).
Application directe des suites géométriques et de leurs sommes. Deux situations à bien distinguer.
Un capital \(C_0\) placé au taux annuel \(t\) (intérêts composés) devient \(\;C_n = C_0 (1+t)^n\;\) au bout de \(n\) ans : c'est une suite géométrique de raison \(q = 1+t\).
Enrichissement (non exigible au programme). Pour une suite définie par récurrence \(u_{n+1} = f(u_n)\), on représente les termes en traçant la courbe \(y = f(x)\) et la droite \(y = x\) : partant de \(u_0\) sur l'axe des abscisses, on « rebondit » verticalement sur la courbe puis horizontalement sur la droite pour lire les termes successifs. Cette construction n'est pas une capacité attendue, mais elle aide à visualiser la croissance d'un capital.
Construction « en escalier » d'une suite géométrique croissante (\(q = 1{,}3\)) : les marches montent en s'élargissant, ce qui traduit la croissance exponentielle. (Pour aller plus loin — non exigible.)
On verse la même somme \(V\) en début de chaque année au taux \(t\). Chaque versement fructifie pendant un nombre d'années différent : la valeur acquise au bout de \(n\) années est une somme de termes d'une suite géométrique :
\[V_{\text{acquise}} = V\,(1+t) + V\,(1+t)^2 + \dots + V\,(1+t)^n = V(1+t)\,\frac{(1+t)^n - 1}{t}.\]\(V_{\text{acquise}} = 500 \times 1{,}03 \times \dfrac{1{,}03^{10} - 1}{0{,}03} \approx 500 \times 1{,}03 \times 11{,}464 \approx 5904\) €.
La situation algorithmique du programme fait le lien entre le symbole \(\sum\) et les composantes d'un algorithme : initialisation, boucle, accumulateur, compteur.
def somme_carres(n):
"""Renvoie 1^2 + 2^2 + ... + n^2."""
S = 0 # initialisation de l'accumulateur
for k in range(1, n + 1): # k est le compteur
S = S + k**2 # accumulation
return S
print(somme_carres(5)) # 55 (= 1+4+9+16+25)
def termes_geometrique(u0, q, n):
"""Liste [u0, u1, ..., un]."""
liste = [u0]
for _ in range(n):
liste.append(liste[-1] * q)
return liste
print(termes_geometrique(2000, 1.04, 5))
En A1 le premier terme ; en A2 la formule =A1+3 (arithmétique) ou =A1*1,04 (géométrique) ; recopier vers le bas. Somme : =SOMME(A1:A20).
mystere(4) ?
def mystere(n):
S = 0
for k in range(1, n + 1):
S = S + 1/k
return S
\(S = 1 + \frac{1}{2} + \frac{1}{3} + \frac{1}{4} = \frac{25}{12} \approx 2{,}083\). C'est la somme des \(4\) premiers inverses.
❌ Confondre raison et taux.
✅ Pour une hausse de \(4\,\%\), la raison géométrique est \(q = 1{,}04\), pas \(0{,}04\).
❌ Se tromper dans le nombre de termes.
✅ De \(u_0\) à \(u_n\) il y a \(n+1\) termes, pas \(n\). Erreur très fréquente dans les sommes.
❌ Décaler l'exposant du terme général.
✅ \(u_n = u_0\,q^{\,n}\) si le premier terme est \(u_0\), mais \(u_n = u_1\,q^{\,n-1}\) si le premier terme est \(u_1\).
❌ Utiliser la formule de la somme géométrique quand \(q = 1\).
✅ \(\dfrac{1-q^{n+1}}{1-q}\) n'est pas valable si \(q=1\) (division par zéro) ; la suite est alors constante, la somme vaut (nb termes) \(\times u_0\).
| Arithmétique | Géométrique (\(\gt 0\)) | |
|---|---|---|
| Relation | \(u_{n+1} = u_n + r\) | \(u_{n+1} = q\,u_n\) |
| Terme général | \(u_n = u_0 + nr\) | \(u_n = u_0\,q^{\,n}\) |
| Trois termes consécutifs | \(2b = a+c\) | \(b^2 = ac\) |
| Moyenne | \(\dfrac{a+b}{2}\) | \(\sqrt{ab}\) |
| Somme | \(\dfrac{(\text{nb})(\text{prem.}+\text{dern.})}{2}\) | \((\text{prem.})\dfrac{1-q^{\,\text{nb}}}{1-q}\) |
| Langage courant | croissance linéaire | croissance exponentielle |