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Chapitre 2 – Statistiques à une variable

2nde Bac Pro  |  Statistique – Probabilités  |  Mathématiques

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Avant de commencer, tu dois savoir…

Objectifs du chapitre

Les codes sont ceux du cours PDF du chapitre ; ce ne sont pas des codes officiels.

Pour aller plus loin (hors programme de Seconde) : l’histogramme, présenté au §5.4.

Les indicateurs statistiques (moyenne, médiane, quartiles, boîte à moustaches) sont traités dans le Chapitre 3.

Situation professionnelle

Un atelier produit des liteaux de bois. Un contrôleur mesure la longueur de 20 liteaux et note les résultats arrondis au centimètre :

48 ; 50 ; 49 ; 51 ; 50 ; 48 ; 52 ; 50 ; 49 ; 51 ; 50 ; 48 ; 53 ; 51 ; 50 ; 49 ; 52 ; 50 ; 51 ; 48

Comment analyser cette série de mesures pour contrôler la qualité de la production ?

1. Introduction – Pourquoi les statistiques ?

Les statistiques permettent d'analyser un grand nombre de données pour en dégager des informations utiles à la prise de décision.

Dans tous les métiers (bois, énergie, bâtiment…), on utilise les statistiques pour :

Exemples concrets :
— Un menuisier mesure les 50 planches d'un lot pour vérifier qu'elles font bien 200 cm ± 2 mm.
— Un chef d'atelier compare le temps de fabrication de deux opérateurs sur 30 pièces chacun.
— Un gestionnaire suit le coût mensuel des consommables sur une année.

2. Vocabulaire et organisation des données

2.1 Vocabulaire de base

Capacité C1

Population : l'ensemble de tous les éléments étudiés.
Exemple : les 20 liteaux contrôlés.
Individu : chaque élément de la population.
Exemple : un liteau du lot contrôlé.
Caractère : la propriété mesurée ou observée sur chaque individu.
Exemple : la longueur d'un liteau.

La toute première question à se poser devant une série est : de quelle nature est ce caractère ? C'est elle qui décidera plus loin du tableau à construire, du graphique à choisir (§5) et des calculs possibles.

Caractère qualitatif : il décrit des catégories, désignées par des mots ou des codes. On ne peut ni l'additionner ni en faire une moyenne.
Exemples : l'essence d'un bois (chêne, hêtre, pin), l'énergie de chauffage d'un logement (gaz, électricité, bois), la couleur d'un câble, « conforme / non conforme ».
Caractère quantitatif : il s'exprime par un nombre issu d'un comptage ou d'une mesure. On distingue deux cas :
Méthode — reconnaître la nature du caractère : Attention aux arrondis : une longueur notée 50 cm peut avoir été mesurée à 50,2 cm, puis arrondie. La longueur reste un caractère continu.
Attention — un nombre n'est pas toujours un caractère quantitatif. Un numéro de chantier, un code postal ou un numéro de série sont écrits avec des chiffres, mais ce sont des étiquettes : calculer leur moyenne n'aurait aucun sens. Le caractère est alors qualitatif.
Effectif (\(n_i\)) : le nombre d'individus ayant la même valeur du caractère.
Exemple : 4 liteaux mesurent 48 cm → effectif de 48 cm est 4.
Effectif total (\(N\)) : le nombre total d'individus dans la série.
Exemple : \(N = 20\) liteaux au total.
Application — Reconnaître le vocabulaire

Dans un club, on mesure la taille (en cm) des 22 joueurs inscrits à un tournoi de basket. Parmi eux, 5 mesurent exactement 190 cm.

  1. Quelle est la population étudiée ? Qu'est-ce qu'un individu ?
  2. Quel est le caractère étudié ? Préciser sa nature (qualitatif, quantitatif discret ou quantitatif continu).
  3. Donne l'effectif total \(N\), puis l'effectif de la valeur « 190 cm ».
  4. On note maintenant, pour chaque joueur, son poste (meneur, ailier, pivot) et son nombre de paniers marqués dans le tournoi. Donner la nature de chacun de ces deux caractères.
1. La population est l'ensemble des 22 joueurs inscrits au tournoi ; un individu est un joueur.
2. Le caractère étudié est la taille. C'est une mesure chiffrée, donc un caractère quantitatif ; et comme entre 189 cm et 190 cm il existe 189,4 cm, il est continu.
3. Effectif total : \(N = \mathbf{22}\). Effectif de la valeur « 190 cm » : 5 joueurs.
4. Le poste s'exprime par des mots (meneur, ailier, pivot) : caractère qualitatif.
Le nombre de paniers est un comptage : on peut marquer 7 paniers ou 8, jamais 7,5 → caractère quantitatif discret.
Fréquence (\(f_i\)) : proportion d'individus ayant une valeur donnée. \[f_i = \frac{n_i}{N}\] Pour calculer une fréquence, on divise l’effectif qui nous intéresse par l’effectif total.
Exemple : 4 liteaux sur 20 mesurent 48 cm. Leur fréquence est \(\dfrac{4}{20} = 0{,}20 = 20\,\%\). Cela signifie 20 liteaux sur 100 si l’on garde la même proportion.
Une fréquence est comprise entre 0 et 1, ou entre 0 % et 100 %. On peut arrondir son écriture décimale si nécessaire.
À quoi sert la fréquence ? À comparer deux séries de tailles différentes.
Deux ateliers contrôlent leurs pièces : l'atelier A trouve 12 pièces non conformes, l'atelier B en trouve 18. Pour comparer la part de pièces non conformes, il faut aussi connaître le nombre de pièces contrôlées :
AtelierNon conf. \(n_i\)Contrôlées \(N\)Fréquence \(f_i\)
A1240\(\frac{12}{40} = 0{,}30\) → 30 %
B1890\(\frac{18}{90} = 0{,}20\) → 20 %
Dans les lots contrôlés, l'atelier B a plus de pièces non conformes, mais une proportion plus faible : 20 % contre 30 %. Cela ne suffit pas, à lui seul, à conclure qu'il travaille mieux : les pièces et les conditions de contrôle doivent aussi être comparables. Pour comparer la proportion de pièces non conformes dans des lots de tailles différentes, on utilise les fréquences. Les effectifs restent utiles pour connaître le nombre de pièces à remplacer.

2.2 Tableau des effectifs et fréquences

Capacités C1 et C2

On organise les données dans un tableau statistique. Voici le tableau pour les liteaux de la situation professionnelle :

Méthode — dépouiller une série brute : les données arrivent « en vrac », dans l'ordre où elles ont été relevées. Les organiser s'appelle dépouiller la série.
1
Repérer toutes les valeurs différentes et les ranger dans l'ordre croissant : les écrire dans la première colonne du tableau, une valeur par ligne.
2
Parcourir la série une seule fois, dans l'ordre du relevé, en faisant un trait de comptage à côté de la valeur correspondante. On barre la donnée dès qu'elle est comptée : c'est ce qui évite d'en oublier ou d'en compter deux fois.
3
Compter les traits de chaque ligne : ce sont les effectifs \(n_i\).
4
Contrôler : la somme des effectifs doit redonner \(N\), le nombre de données relevées. Si ce n'est pas le cas, recommencer le comptage — inutile d'aller plus loin.
Longueur \(x_i\) (cm) Effectif \(n_i\) Fréquence \(f_i\) Fréquence (en %)
4844/20 = 0,2020 %
4933/20 = 0,1515 %
5066/20 = 0,3030 %
5144/20 = 0,2020 %
5222/20 = 0,1010 %
5311/20 = 0,055 %
Total201,00100 %
Vérification : La somme des effectifs doit être égale à \(N\) et la somme des fréquences exactes à 1 (ou 100 %). Des fréquences arrondies peuvent donner un total légèrement différent de 100 %.
Application

Un atelier produit 40 pièces en une journée. Parmi elles, 34 sont conformes aux normes. Quelle est la fréquence des pièces conformes ? Exprime le résultat en écriture décimale et en pourcentage.

\(f = \dfrac{n_i}{N} = \dfrac{34}{40} = 0{,}85\)
En pourcentage : \(0{,}85 \times 100 = 85\,\%\)
La fréquence des pièces conformes est 0,85, soit 85 %.

3. Valeurs cumulées croissantes

Capacité C2

Beaucoup de questions professionnelles ne portent pas sur une valeur, mais sur toutes les valeurs jusqu'à un seuil : « combien de pièces mesurent au plus 50 cm ? », « quelle part du chantier respecte la tolérance ? ». Pour y répondre, on cumule — c'est-à-dire qu'on additionne au fur et à mesure.

Effectif cumulé croissant : somme de tous les effectifs jusqu'à la valeur \(x_i\) (incluse). Il répond à la question « combien d'individus ont une valeur inférieure ou égale à \(x_i\) ? »
Fréquence cumulée croissante (\(F_i\)) : somme de toutes les fréquences jusqu'à la valeur \(x_i\) (incluse). \[F_i = f_1 + f_2 + \cdots + f_i\] Elle répond à la question « quelle proportion d'individus a une valeur inférieure ou égale à \(x_i\) ? »
Les deux se calculent de la même façon — on additionne en descendant le tableau. L'un compte des individus, l'autre des proportions : \[\text{fréquence cumulée} = \frac{\text{effectif cumulé}}{N}\]

On complète le tableau des liteaux avec les deux colonnes cumulées :

Longueur \(x_i\) (cm) Effectif \(n_i\) Effectif cumulé Fréquence \(f_i\) (%) Fréquence cumulée \(F_i\) (%)
484420 %20 %
4934 + 3 = 715 %35 %
5067 + 6 = 1330 %65 %
51413 + 4 = 1720 %85 %
52217 + 2 = 1910 %95 %
53119 + 1 = 205 %100 %
Lecture du tableau :
— Effectif cumulé de 50 cm \(= 13\) : 13 liteaux mesurent 50 cm ou moins.
— \(F_{50} = 65\,\%\) : cela représente 65 % des liteaux — et l'on retrouve bien \(\dfrac{13}{20} = 0{,}65\).
— \(F_{51} = 85\,\%\) : 85 % des liteaux mesurent 51 cm ou moins.
— Le dernier effectif cumulé vaut toujours \(N\) (ici 20), et la dernière fréquence cumulée vaut toujours 100 %.
Propriétés des fréquences cumulées :
Application

Un fabricant d'aggloméré contrôle l'épaisseur (en mm) de 30 panneaux. Il obtient le tableau suivant :

Épaisseur \(x_i\) (mm)Effectif \(n_i\)Effectif cumuléFréquence \(f_i\) (%)Fréquence cumulée \(F_i\) (%)
166?20 %?
179?30 %?
1810???
195???
  1. Complète les colonnes effectif cumulé, fréquence et fréquence cumulée.
  2. Quel pourcentage de panneaux mesurent 17 mm ou moins ?
ÉpaisseurEffectifEffectif cumuléFréquenceFréquence cumulée
16 mm6620 %20 %
17 mm91530 %50 %
18 mm102533,3 %83,3 %
19 mm53016,7 %100 %
2. \(F_{17} = 50\,\%\) : 50 % des panneaux mesurent 17 mm ou moins.

4. Tableau à double entrée

Capacité C1

Tableau à double entrée : tableau qui classe les mêmes individus selon deux critères. Ici, on classe les radiateurs selon leur matériau et selon leur état.

Ce type de tableau permet de lire rapidement les effectifs correspondant à deux critères combinés.

Exemple : Une entreprise de chauffage recense 60 radiateurs réceptionnés, en fonction du matériau et de leur état (conforme ou non conforme) :

ConformeNon conformeTotal
Acier18220
Fonte21930
Aluminium8210
Total471360
Comment lire un tableau à double entrée :

Avant de calculer une fréquence, demande-toi : « Parmi quel groupe ? » Le nombre placé sous la barre de fraction est l’effectif de ce groupe.

Parmi tous les radiateurs : il y a 9 radiateurs en fonte non conformes sur les 60 radiateurs livrés.
\(\dfrac{9}{60} = 0{,}15 = 15\,\%\) de toute la livraison.
On parle de fréquence globale.
Parmi les radiateurs en fonte : il y en a 9 non conformes sur les 30 radiateurs en fonte.
\(\dfrac{9}{30} = 0{,}30 = 30\,\%\) des radiateurs en fonte.
On parle de fréquence conditionnelle : on se limite à un groupe précis.
Pourquoi obtient-on deux résultats ? On compte les mêmes 9 radiateurs, mais on les compare à deux groupes différents : 60 radiateurs au total ou 30 radiateurs en fonte. Lis bien les mots « parmi les… » avant de choisir le total.
Application

D'après le tableau ci-dessus :

  1. Combien y a-t-il de radiateurs en aluminium non conformes ?
  2. Quelle est la fréquence des radiateurs conformes parmi tous les radiateurs en acier ?
  3. Quelle est la fréquence globale des radiateurs non conformes dans la livraison ?
1. Il y a 2 radiateurs en aluminium non conformes (lecture directe dans le tableau).
2. Parmi les 20 radiateurs en acier, 18 sont conformes : \(f = \dfrac{18}{20} = 0{,}90\) soit 90 %.
3. Sur 60 radiateurs au total, 13 sont non conformes : \(f = \dfrac{13}{60} \approx 0{,}217\) soit environ 21,7 %.

5. Représentations graphiques

Capacité C5 — choisir le graphique

Le choix du graphique dépend de la façon dont les données sont présentées et de ce qu'on veut montrer.

Règle de choix du graphique : repère d’abord les données, puis ce que tu veux montrer.
Nature du caractère / des donnéesGraphique adapté
Quantitatif discret (valeurs isolées, peu nombreuses)Diagramme en bâtons ou en colonnes
Qualitatif — catégories à comparerDiagramme en colonnes
Qualitatif — répartition en parts d'un toutDiagramme en secteurs (camembert)
Quantitatif continu, groupé en classesTableau de classes ; histogramme (pour aller plus loin)
Évolution dans le temps (données chronologiques)Diagramme à lignes brisées
Application — Choisir le bon graphique

Pour chaque situation, indique le type de graphique le plus adapté et justifie en une phrase :

  1. La répartition en pourcentages du prix d’un chantier (matériaux, main-d’œuvre, transport, marge).
  2. L'évolution de la température d'un atelier relevée chaque heure de 8 h à 17 h.
  3. Le nombre de logements vendus selon leur nombre de pièces (2, 3, 4 ou 5 pièces).
1. Ce sont des parts d'un tout exprimées en pourcentages → diagramme en secteurs (camembert).
2. C'est une évolution dans le temps (données chronologiques) → diagramme à lignes brisées.
3. Ce sont des valeurs discrètes et séparées (2, 3, 4, 5 pièces) → diagramme en bâtons (ou en colonnes).

5.1 Diagramme en bâtons

Capacité C3

Quand l'utiliser : pour des données discrètes (valeurs séparées, sans continuité). Chaque valeur est représentée par un trait vertical dont la hauteur est proportionnelle à l'effectif.
Exemple : nombre de liteaux par longueur (48, 49, 50, 51, 52, 53 cm). Les mesures sont arrondies au centimètre. On représente donc ici chaque longueur relevée par un bâton. La longueur reste une grandeur continue.
Bâtons ou colonnes ? C'est l'épaisseur du tracé qui les distingue : le bâton est un simple trait (la valeur est un point précis), la colonne est un rectangle large (§5.2). Dans les deux cas les tracés sont séparés — contrairement à l'histogramme (pour aller plus loin, §5.4) dont les barres sont accolées.

5.2 Diagramme en colonnes (barres)

Capacité C3

Quand l'utiliser : pour comparer des catégories ou des valeurs discrètes. Les barres ont une largeur et sont espacées (contrairement à l'histogramme).
0 1 2 3 4 5 6 4 48 3 49 6 50 4 51 2 52 1 53 Longueur (cm) Effectif
Diagramme en colonnes – Longueurs des 20 liteaux
Application

D'après le diagramme en colonnes des liteaux ci-dessus :

  1. Quelle est la longueur la plus fréquente ? Quel est son effectif ?
  2. Quelle est la longueur la moins fréquente ?
  3. Combien de liteaux mesurent strictement plus de 50 cm ?
1. La longueur la plus fréquente est 50 cm : c'est la colonne la plus haute, avec un effectif de 6.
2. La longueur la moins fréquente est 53 cm, avec un effectif de 1.
3. Les liteaux de longueur strictement supérieure à 50 cm sont ceux de 51, 52 et 53 cm : \(4 + 2 + 1 = \mathbf{7}\) liteaux.
Méthode — construire le diagramme en colonnes au tableur

On reprend le tableau des liteaux et le diagramme ci-dessus comme modèle.

  1. Dans A1, saisir « Longueur (cm) » ; dans B1, « Effectif ». Recopier ensuite le tableau des liteaux : les longueurs dans A2 à A7 et les effectifs dans B2 à B7.
  2. Sélectionner A1:B7, sans ajouter de ligne « Total », puis insérer un graphique de type colonnes.
  3. Vérifier que les longueurs (48, 49…) sont écrites sous les colonnes. La hauteur de chaque colonne doit représenter son effectif (4, 3…).
  4. Donner le titre « Longueurs des 20 liteaux ». Écrire « Longueur (cm) » sous l’axe horizontal et « Effectif » le long de l’axe vertical. Faire commencer l'axe vertical à 0, avec des graduations entières régulières.
  5. Contrôler le résultat : six colonnes séparées ; celle de 50 cm atteint 6 et celle de 53 cm atteint 1. Comparer au diagramme du cours.

Pour calculer aussi les fréquences, saisir « Fréquence » en C1 et =B2/20 en C2, recopier jusqu'en C7, puis appliquer le format pourcentage. On obtient 20 %, 15 %, 30 %, 20 %, 10 % et 5 %.

5.3 Diagramme en secteurs (camembert)

Capacité C4

Quand l'utiliser : pour montrer la répartition en proportions (parts d'un tout). Adapté quand le nombre de catégories est limité (6 ou moins).
Exemple : répartition de la consommation d'énergie d'un logement (chauffage, eau chaude, électroménager, éclairage). Chaque secteur représente un usage de l’énergie.
Calculer l'angle d'un secteur : l'angle du secteur est proportionnel à la fréquence. \[\text{angle} = f_i \times 360°\] Exemple : si le chauffage représente 55 % de la consommation → angle = \(0{,}55 \times 360 = 198°\)
Chauffage — 55 % (198°) Eau chaude — 20 % (72°) Électroménager — 15 % (54°) Éclairage — 10 % (36°)
Diagramme en secteurs – Consommation d'énergie d'un logement
Application

Un atelier fabrique quatre types de panneaux : contreplaqué (40 %), OSB (25 %), MDF (20 %), aggloméré (15 %).

  1. Quel type de diagramme est le plus adapté pour représenter cette répartition ? Justifie.
  2. Calcule l'angle correspondant à chaque type de panneau.
1. Le diagramme en secteurs (camembert) est le plus adapté : on cherche à représenter des parts d'un tout (les 100 % de la production), avec un nombre limité de catégories (4).

2. Calcul des angles :
— Contreplaqué : \(0{,}40 \times 360 = 144°\)
— OSB : \(0{,}25 \times 360 = 90°\)
— MDF : \(0{,}20 \times 360 = 72°\)
— Aggloméré : \(0{,}15 \times 360 = 54°\)
Vérification : \(144 + 90 + 72 + 54 = 360°\). Correct.

5.4 Regrouper des données en classes

Capacité C6

Classe, amplitude, centre : une classe est un intervalle \([a\,;\,b[\) — la borne de gauche est incluse, celle de droite est exclue, pour qu'une valeur ne puisse pas tomber dans deux classes à la fois. Exemple : la classe \([16\,;\,18[\) a pour amplitude \(18 - 16 = 2\) mm et pour centre \(\dfrac{16+18}{2} = 17\) mm. Une épaisseur de 18 mm n'y est pas : elle appartient à \([18\,;\,20[\).
Méthode — choisir ses classes :
1
Repérer la plus petite et la plus grande valeur de la série : l'ensemble des classes doit couvrir toutes les données, y compris la plus grande valeur.
2
Pour une petite série, 4 à 8 classes peuvent servir de point de départ, à adapter aux données. Trop peu de classes masquent des différences ; trop de classes peuvent rendre la répartition difficile à lire.
3
Leur donner toutes la même amplitude, et choisir une amplitude « ronde » (1, 2, 5, 10…). C'est ce qui rend les effectifs des classes directement comparables entre eux.
4
Dépouiller (§2.2) classe par classe, puis contrôler que la somme des effectifs vaut bien \(N\).
Application — Regrouper par classes

Un installateur relève la puissance (en kW) de 12 pompes à chaleur d'un lotissement :

8 ; 11 ; 9 ; 14 ; 12 ; 10 ; 13 ; 9 ; 15 ; 11 ; 12 ; 10

  1. Regroupe ces valeurs dans les classes [8 ; 10[, [10 ; 12[, [12 ; 14[ et [14 ; 16[, puis donne l'effectif de chaque classe.
  2. Quelle est l'amplitude de ces classes ? Donne le centre de chacune d'elles.
  3. Dans quelle classe ranger une pompe de 12 kW ? Combien de pompes ont une puissance strictement inférieure à 12 kW ?
1. On range chaque valeur dans sa classe (borne de gauche incluse, borne de droite exclue) :
Classe (kW)ValeursEffectif
[8 ; 10[8 ; 9 ; 93
[10 ; 12[10 ; 10 ; 11 ; 114
[12 ; 14[12 ; 12 ; 133
[14 ; 16[14 ; 152
Vérification : \(3 + 4 + 3 + 2 = 12\) pompes. Total correct.
2. Amplitude : \(10 - 8 = \mathbf{2}\) kW, la même pour les quatre classes.
Centres : \(\dfrac{8+10}{2} = 9\) ; \(\dfrac{10+12}{2} = 11\) ; \(\dfrac{12+14}{2} = 13\) ; \(\dfrac{14+16}{2} = 15\) kW.
3. 12 kW va dans \([12\,;\,14[\) : la borne de gauche est incluse. Strictement moins de 12 kW : classes \([8\,;\,10[\) et \([10\,;\,12[\), soit \(3 + 4 = \mathbf{7}\) pompes.

L’histogramme n’est pas au programme de Seconde. Il est présenté ici en complément.

Quand l'utiliser : pour des données continues groupées en classes (intervalles). Contrairement au diagramme en colonnes, les barres sont accolées (sans espace) car les valeurs sont continues.
Exemple : un plombier chauffagiste mesure les diamètres extérieurs (en mm) de 30 tubes de cuivre livrés. Les données sont regroupées en classes : [14 ; 16[, [16 ; 18[, [18 ; 20[, [20 ; 22[.
Les valeurs sont continues (le diamètre peut prendre n'importe quelle valeur dans l'intervalle) → histogramme adapté.
0 2 4 6 8 10 4 [14 ; 16[ 10 [16 ; 18[ 9 [18 ; 20[ 7 [20 ; 22[ Diamètre extérieur (mm) Effectif
Histogramme – Diamètres extérieurs de 30 tubes de cuivre
Histogramme ≠ diagramme en colonnes : dans un histogramme, les barres sont accolées (sans espace) car les intervalles sont contigus. On ne laisse pas d'espacement décoratif entre deux classes contiguës. Une classe d'effectif nul a une hauteur nulle : elle peut donc créer un espace vide dans le graphique.

5.5 Diagramme à lignes brisées (évolution)

Capacité C7

Quand l'utiliser : pour représenter l'évolution d'une grandeur dans le temps (données chronologiques). Un point représente la valeur à une date. Relier les points dans l'ordre chronologique fait apparaître les hausses et les baisses. Les segments guident la lecture ; ils ne donnent pas de mesure supplémentaire entre deux dates.
Variation entre deux dates = valeur finale − valeur initiale. Un résultat positif indique une hausse ; un résultat négatif, une baisse.
Exemple : évolution du nombre de m² de cloisons posées chaque semaine sur un chantier, ou de la consommation de chauffage mois par mois.
0 100 200 S1 S2 S3 S4 S5 S6 m² posés Semaine
Diagramme à lignes brisées – Cloisons posées par semaine (chantier)
Application — Lire une évolution

Un technicien relève la consommation de gaz d'un bâtiment (en kWh) sur six mois :

MoisOct.Nov.Déc.Janv.Févr.Mars
Consommation (kWh)80012001600180015001000
  1. Entre quels deux mois consécutifs la hausse est-elle la plus forte ? Donne la variation en kWh.
  2. Calcule la consommation totale de la période.
  3. Pourquoi une ligne brisée convient-elle mieux ici qu'un diagramme en secteurs ?
1. Hausses successives : \(+400\) ; \(+400\) ; \(+200\). Baisses ensuite : \(-300\) ; \(-500\). La plus forte hausse vaut +400 kWh, et elle se produit deux fois : d'octobre à novembre et de novembre à décembre.
2. \(800+1200+1600+1800+1500+1000 = \mathbf{7900}\) kWh.
3. Les six valeurs sont ordonnées dans le temps : la ligne brisée montre la montée en hiver puis la redescente. Un diagramme en secteurs représenterait des parts d'un tout et ferait disparaître cette chronologie.

6. Visualisation – Effectifs et fréquences cumulées des liteaux

Le graphique ci-dessous reprend les données de la situation professionnelle : longueurs des 20 liteaux. Les barres montrent les effectifs ; la courbe montre les fréquences cumulées croissantes (axe de droite).

Graphique des effectifs et des fréquences cumulées croissantes des 20 liteaux.

Les barres montrent les effectifs (axe gauche) ; la courbe verte montre les fréquences cumulées croissantes (axe droit).

7. Erreurs fréquentes

❌
Confondre effectif et fréquence
L'effectif est un nombre d'individus (un entier : 6 liteaux). La fréquence est une proportion (0,30 ou 30 %). Écrire « la fréquence est 6 » n'a pas de sens.
Conseil : contrôle l'ordre de grandeur. Une fréquence est toujours comprise entre 0 et 1 (ou entre 0 % et 100 %) ; si tu trouves 6 ou 150 %, c'est qu'il y a une erreur.
❌
Se tromper de dénominateur dans un tableau à double entrée
Pour les 9 radiateurs en fonte non conformes : diviser par 60 donne 15 % (part dans toute la livraison), diviser par 30 donne 30 % (taux de défaut de la fonte). Les deux sont justes, mais ne répondent pas à la même question.
Conseil : avant de calculer, pose-toi la question « parmi qui ? ». La réponse te donne le dénominateur.
❌
Oublier que le cumul se fait dans l'ordre du tableau
Après avoir rangé les valeurs par ordre croissant, on ajoute l'effectif (ou la fréquence) de la ligne au cumul précédent. Et elle ne peut jamais diminuer : une suite cumulée est toujours croissante.
Conseil : vérifie la dernière ligne. L'effectif cumulé final doit valoir \(N\), et la fréquence cumulée finale 100 %. Si ce n'est pas le cas, l'erreur est plus haut.
❌
Accoler les barres d'un diagramme en bâtons ou en colonnes
Les bâtons et les colonnes représentent des valeurs ou des catégories isolées : ils sont séparés. Seul l'histogramme (pour aller plus loin) a des barres accolées, car ses classes se suivent sans trou.
Conseil : regarde comment les données sont organisées. Des valeurs relevées une par une se représentent par des bâtons ou des colonnes séparés.
❌
Comparer deux séries sur leurs effectifs alors qu'elles n'ont pas le même total
« Le groupe B a trouvé 18 défauts contre 12 pour le groupe A, donc B travaille moins bien » : faux si B a contrôlé 90 pièces et A seulement 40 (20 % contre 30 %). L'effectif dépend de la taille de l'échantillon, pas seulement du phénomène observé.
Conseil : pour comparer des proportions dans des groupes de tailles différentes, calcule les fréquences en précisant le groupe de référence.
❌
Choisir un camembert pour représenter une évolution
Le diagramme en secteurs montre les parts d'un tout. On peut additionner les consommations mensuelles et représenter la part de chaque mois dans le total annuel. En revanche, pour montrer leur évolution au fil des mois, une ligne brisée est plus adaptée.
Conseil : s'il y a un axe du temps, c'est une ligne brisée. S'il s'agit de répartir un total en parts, c'est un camembert.
Application — Lire le graphique combiné
  1. Sur les colonnes : quelle longueur a le plus grand effectif ? Combien de liteaux ?
  2. Sur la courbe : quelle est la fréquence cumulée à 51 cm ? Que signifie-t-elle concrètement ?
  3. Pourquoi la courbe des fréquences cumulées ne redescend-elle jamais ?
1. La colonne la plus haute est celle de 50 cm : 6 liteaux.
2. À 51 cm, la courbe atteint 85 % : 85 % des liteaux mesurent 51 cm ou moins (soit 17 liteaux sur 20).
3. Parce qu'on ajoute à chaque étape une fréquence, qui est toujours positive ou nulle : le cumul ne peut donc qu'augmenter (ou rester stable), jamais diminuer.
Suite dans le Chapitre 3
Les indicateurs de position (mode, moyenne, médiane, quartiles), les indicateurs de dispersion (étendue, écart type, écart interquartile) et le diagramme en boîte à moustaches sont entièrement traités dans le Chapitre 3 → Indicateurs statistiques.

À retenir

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