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Chapitre 1 – Vocabulaire ensembliste et logique

Chapitre 1 | Seconde générale et technologique | Mathématiques

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Objectifs du chapitre

I. Le langage des ensembles

1. Ensembles et éléments

Définition

Un ensemble est une collection d'objets, appelés ses éléments. On décrit un ensemble :

Si \(x\) est un élément de \(E\), on écrit \(x \in E\) (« \(x\) appartient à \(E\) »). Sinon, on écrit \(x \notin E\).

Définition — Ensemble vide

L'ensemble vide, noté \(\varnothing\), est l'ensemble qui ne contient aucun élément.

Exemple

Avec \(E = \{1,\,3,\,5,\,7\}\) : on a \(3 \in E\), mais \(4 \notin E\).

L'ensemble des réels \(x\) tels que \(x^2 = -1\) est l'ensemble vide \(\varnothing\).

Attention

Un ensemble est entièrement déterminé par ses éléments : l'ordre et les répétitions ne comptent pas.

Ainsi \(\{1,\,2\} = \{2,\,1\} = \{1,\,1,\,2\}\).

2. Cardinal d'un ensemble fini

Définition — Cardinal

Un ensemble est fini s'il possède un nombre fini d'éléments. Ce nombre est appelé le cardinal de l'ensemble, noté \(\text{Card}(A)\).

Exemple

Si \(A = \{a,\,e,\,i,\,o,\,u,\,y\}\), alors \(\text{Card}(A) = 6\).

Par convention, \(\text{Card}(\varnothing) = 0\).

Exercice d'application 1. On pose \(E = \{2,\,4,\,6,\,8,\,10\}\). Compléter par \(\in\) ou \(\notin\), puis donner \(\text{Card}(E)\) : \(6 \;\square\; E\) ; \(5 \;\square\; E\) ; \(10 \;\square\; E\).

\(6 \in E\) ; \(5 \notin E\) ; \(10 \in E\). Enfin \(\text{Card}(E) = 5\).

3. Les ensembles de nombres

On dispose d'une chaîne d'ensembles de nombres emboîtés :

\[\mathbb{N} \subset \mathbb{Z} \subset \mathbb{D} \subset \mathbb{Q} \subset \mathbb{R}.\]
NotationNomExemples
\(\mathbb{N}\)entiers naturels\(0,\,1,\,2,\,3,\dots\)
\(\mathbb{Z}\)entiers relatifs\(\dots,-2,-1,0,1,2,\dots\)
\(\mathbb{D}\)nombres décimaux\(1{,}5\ ;\ -3{,}72\ ;\ 4\)
\(\mathbb{Q}\)nombres rationnels\(\tfrac{2}{3}\ ;\ -\tfrac{7}{5}\ ;\ 0{,}25\)
\(\mathbb{R}\)nombres réelstous les précédents, plus \(\sqrt{2},\,\pi,\dots\)

Ces ensembles seront étudiés en détail dans le chapitre « Nombres réels et intervalles ».

II. Inclusion, réunion, intersection, complémentaire

1. Inclusion et sous-ensembles

Définition — Inclusion

On dit que \(A\) est inclus dans \(B\), et on note \(A \subset B\), lorsque tout élément de \(A\) est aussi un élément de \(B\). On dit alors que \(A\) est un sous-ensemble (ou une partie) de \(B\).

Propriété
Exemple

\(\{1,\,3\} \subset \{1,\,2,\,3\}\). De plus, l'ensemble des multiples de \(4\) est inclus dans l'ensemble des multiples de \(2\).

Attention — Ne pas confondre \(\in\) et \(\subset\)

Le symbole \(\in\) relie un élément à un ensemble ; le symbole \(\subset\) relie deux ensembles.

Ainsi \(3 \in \{1,\,3\}\) (élément), mais \(\{3\} \subset \{1,\,3\}\) (ensemble à un élément).

2. Réunion, intersection, complémentaire

Soit \(A\) et \(B\) deux sous-ensembles d'un ensemble de référence \(E\).

Définition — Réunion

La réunion de \(A\) et \(B\), notée \(A \cup B\), est l'ensemble des éléments qui appartiennent à \(A\) ou à \(B\) (au moins l'un des deux) :

\[x \in A \cup B \quad\text{signifie}\quad x \in A \ \text{ou}\ x \in B.\]
Définition — Intersection

L'intersection de \(A\) et \(B\), notée \(A \cap B\), est l'ensemble des éléments qui appartiennent à \(A\) et à \(B\) (aux deux à la fois) :

\[x \in A \cap B \quad\text{signifie}\quad x \in A \ \text{et}\ x \in B.\]

Lorsque \(A \cap B = \varnothing\), on dit que \(A\) et \(B\) sont disjoints.

Définition — Complémentaire

Le complémentaire de \(A\) dans \(E\) est l'ensemble des éléments de \(E\) qui n'appartiennent pas à \(A\). On le note \(\overline{A}\) (notation des probabilités) ou \(E \setminus A\) :

\[x \in \overline{A} \quad\text{signifie}\quad x \in E \ \text{et}\ x \notin A.\]
Exemple

Dans \(E = \{1,2,3,4,5,6\}\), avec \(A = \{1,2,3\}\) et \(B = \{2,4,6\}\) :

\[A \cup B = \{1,2,3,4,6\}, \qquad A \cap B = \{2\}, \qquad \overline{A} = \{4,5,6\}.\]
Propriété — Cardinal d'une réunion

Pour deux ensembles finis \(A\) et \(B\) :

\[\text{Card}(A \cup B) = \text{Card}(A) + \text{Card}(B) - \text{Card}(A \cap B).\]

En particulier, si \(A\) et \(B\) sont disjoints : \(\text{Card}(A \cup B) = \text{Card}(A) + \text{Card}(B)\).

Méthode — Déterminer réunion, intersection et complémentaire
  1. Identifier l'ensemble de référence \(E\).
  2. Pour \(A \cap B\) : garder les éléments présents dans les deux listes.
  3. Pour \(A \cup B\) : réunir toutes les listes, sans répéter.
  4. Pour \(\overline{A}\) : garder les éléments de \(E\) absents de \(A\).

Exemple résolu. \(E = \{0,1,2,\dots,9\}\), \(A = \{0,2,4,6,8\}\), \(B = \{0,3,6,9\}\) :

\[A \cap B = \{0,6\}, \quad A \cup B = \{0,2,3,4,6,8,9\}, \quad \overline{B} = \{1,2,4,5,7,8\}.\]
Exercice d'application 2. On pose \(E = \{1,2,3,4,5,6,7,8\}\), \(A = \{1,2,4,8\}\), \(B = \{2,3,5,7\}\). Déterminer \(A\cap B\), \(A\cup B\), \(\overline{A}\), puis \(\text{Card}(A\cup B)\).

\(A\cap B=\{2\}\) ; \(A\cup B=\{1,2,3,4,5,7,8\}\) ; \(\overline{A}=\{3,5,6,7\}\).

\(\text{Card}(A\cup B)=7\) (vérification : \(4+4-1=7\)).

3. Couple et produit cartésien

Définition — Couple

Un couple est la donnée de deux objets \(a\) et \(b\) dans un ordre précis ; on le note \((a,\,b)\).

Contrairement à un ensemble, l'ordre compte : en général \((a,\,b) \neq (b,\,a)\), et \((1,\,1)\) est un couple valide.

Définition — Produit cartésien

Le produit cartésien de deux ensembles \(A\) et \(B\), noté \(A \times B\), est l'ensemble de tous les couples \((a,\,b)\) où \(a \in A\) et \(b \in B\) :

\[A \times B = \{(a,\,b) \mid a \in A \ \text{et}\ b \in B\}.\]
Exemple

Si \(A = \{1,\,2\}\) et \(B = \{x,\,y\}\), alors \(A \times B = \{(1,x),\,(1,y),\,(2,x),\,(2,y)\}\).

On a \(\text{Card}(A \times B) = \text{Card}(A) \times \text{Card}(B) = 2 \times 2 = 4\).

Attention

Ne pas oublier que l'ordre compte dans un couple : \((1,2) \neq (2,1)\), alors que \(\{1,2\} = \{2,1\}\).

L'ensemble \(\mathbb{R} \times \mathbb{R}\), noté \(\mathbb{R}^2\), est l'ensemble des couples de réels : ce sont les coordonnées des points du plan repéré.

III. Propositions, connecteurs et négation

1. Propositions mathématiques

Définition — Proposition

Une proposition (ou assertion) est un énoncé mathématique qui est soit vrai, soit faux (jamais les deux).

Exemples

2. Les connecteurs « et », « ou »

Soit \(P\) et \(Q\) deux propositions.

Définition
\(P\)\(Q\)\(P\) et \(Q\)\(P\) ou \(Q\)
VVVV
VFFV
FVFV
FFFF

Tables de vérité des connecteurs « et » et « ou » (V = vrai, F = faux).

Exemple

« \(2\) est pair et \(2\) est premier » est vraie. « \(9\) est pair ou \(9\) est un multiple de \(3\) » est vraie (grâce au second membre).

3. Négation d'une proposition

Définition — Négation

La négation d'une proposition \(P\), notée « non \(P\) », est la proposition qui est vraie exactement quand \(P\) est fausse.

Propriété — Négations usuelles
Proposition \(P\)Négation « non \(P\) »
\(x = a\)\(x \neq a\)
\(x \gt a\)\(x \leqslant a\)
\(x \geqslant a\)\(x \lt a\)
\(x \in A\)\(x \notin A\)
\(P\) et \(Q\)(non \(P\)) ou (non \(Q\))
\(P\) ou \(Q\)(non \(P\)) et (non \(Q\))

Les deux dernières lignes sont les lois de De Morgan. À retenir : la négation échange « et » et « ou ».

Exemple

La négation de « \(x \geqslant 0\) et \(x \leqslant 5\) » est « \(x \lt 0\) ou \(x \gt 5\) ».

Attention

En Seconde, on se limite à la négation de propositions simples, sans implication ni quantificateurs.

Exercice d'application 3. Écrire la négation de : (a) « \(x \gt 3\) » ; (b) « \(-2 \leqslant x \leqslant 5\) » (c'est-à-dire « \(x\geqslant -2\) et \(x\leqslant 5\) »).

(a) « \(x \leqslant 3\) ».

(b) « \(x \lt -2\) ou \(x \gt 5\) » (De Morgan : on échange « et » et « ou », et on nie chaque inégalité).

4. Le contre-exemple

Principe

Pour montrer qu'une proposition de la forme « pour tout … , la propriété \(P\) est vraie » est fausse, il suffit d'exhiber un seul cas où elle est en défaut : c'est un contre-exemple.

Exemple

La proposition « tout nombre premier est impair » est fausse : \(2\) est premier et pair. Le nombre \(2\) est un contre-exemple.

Attention

Un contre-exemple prouve qu'une proposition est fausse. Il ne peut jamais prouver qu'une proposition est vraie : un ou plusieurs exemples favorables ne suffisent pas à démontrer un énoncé général.

Exercice d'application 4. Donner un contre-exemple pour réfuter : « Pour tout réel \(x\), \(x^2 \gt x\) ».

Prendre \(x = 0{,}5\) : \(x^2 = 0{,}25 \lt 0{,}5 = x\). (On peut aussi prendre \(x=0\) ou \(x=1\).) L'énoncé est donc faux.

IV. Implication, équivalence et raisonnements

1. Implication, réciproque, contraposée

Définition — Implication

L'implication « \(P \Rightarrow Q\) » (« si \(P\) alors \(Q\) ») signifie : chaque fois que \(P\) est vraie, \(Q\) est vraie aussi.

On dit que \(P\) est une condition suffisante pour \(Q\), et que \(Q\) est une condition nécessaire pour \(P\).

Exemple

« Si un entier est un multiple de \(4\), alors il est pair » : \(n\) multiple de \(4\) \(\Rightarrow\) \(n\) pair.

Définition — Réciproque

La réciproque de « \(P \Rightarrow Q\) » est l'implication « \(Q \Rightarrow P\) ».

Attention

Une implication peut être vraie sans que sa réciproque le soit. Dans l'exemple précédent, la réciproque « si \(n\) est pair, alors \(n\) est multiple de \(4\) » est fausse (\(6\) est pair mais pas multiple de \(4\)).

Définition — Contraposée

La contraposée de « \(P \Rightarrow Q\) » est l'implication « (non \(Q\)) \(\Rightarrow\) (non \(P\)) ».

Propriété

Une implication et sa contraposée sont toujours vraies en même temps (elles sont équivalentes). Cela fournit une méthode de démonstration : pour prouver \(P \Rightarrow Q\), on peut prouver sa contraposée.

Méthode — Prouver une implication par la contraposée
  1. Écrire l'implication à démontrer sous la forme \(P \Rightarrow Q\).
  2. Écrire sa contraposée : (non \(Q\)) \(\Rightarrow\) (non \(P\)).
  3. Démontrer cette contraposée.
  4. Conclure que l'implication initiale est vraie.

Exemple résolu. Montrer : si \(n^2\) est impair, alors \(n\) est impair.

2. Équivalence logique

Définition — Équivalence

L'équivalence « \(P \Leftrightarrow Q\) » (« \(P\) si et seulement si \(Q\) ») signifie que \(P\) et \(Q\) sont vraies exactement dans les mêmes cas. Cela revient à avoir à la fois \(P \Rightarrow Q\) et \(Q \Rightarrow P\).

Exemple

Pour un entier \(n\) : « \(n\) est pair \(\Leftrightarrow\) \(n^2\) est pair ». On dit que « \(n\) pair » est une condition nécessaire et suffisante pour « \(n^2\) pair ».

Exercice d'application 5. On considère l'implication : « si un quadrilatère est un carré, alors c'est un rectangle ». Énoncer sa réciproque et sa contraposée, et dire si chacune est vraie.

Réciproque : « si un quadrilatère est un rectangle, alors c'est un carré » — fausse (un rectangle non carré est un contre-exemple).

Contraposée : « si un quadrilatère n'est pas un rectangle, alors ce n'est pas un carré » — vraie (équivalente à l'implication de départ, elle-même vraie).

3. Quantifications universelle et existentielle

En français mathématique, on emploie souvent :

Exemples
Attention

En Seconde, les symboles \(\forall\) (« pour tout ») et \(\exists\) (« il existe ») sont hors programme : on les écrit en toutes lettres en français. La négation de propositions contenant ces quantifications n'est pas exigible.

4. Deux types de raisonnement

Méthode — Raisonnement par disjonction des cas

Pour démontrer une propriété, on partage la situation en plusieurs cas qui couvrent toutes les possibilités, puis on prouve la propriété dans chacun.

Exemple. Montrons que, pour tout entier \(n\), le produit \(n(n+1)\) est pair.

Dans tous les cas, \(n(n+1)\) est pair.

Méthode — Raisonnement par l'absurde

Pour démontrer une proposition \(P\), on suppose que \(P\) est fausse (on suppose « non \(P\) ») et on aboutit à une contradiction ; on en conclut que \(P\) est vraie.

Exemple. Montrons qu'il n'existe pas de plus grand entier naturel. Supposons le contraire : il existerait un plus grand entier naturel \(N\). Alors \(N+1\) est aussi un entier naturel, et \(N+1 \gt N\) : c'est absurde, car \(N\) était censé être le plus grand. Donc un tel \(N\) n'existe pas.

Exercice d'application 6. Démontrer par disjonction des cas que, pour tout entier \(n\), le nombre \(n^2 + n\) est pair.

On factorise : \(n^2+n=n(n+1)\).

Si \(n\) est pair, \(n(n+1)\) est un multiple de \(2\). Si \(n\) est impair, \(n+1\) est pair donc \(n(n+1)\) est un multiple de \(2\).

Dans tous les cas, \(n^2+n\) est pair.

Erreurs fréquentes / points de vigilance

Les pièges du chapitre

❌ Confondre \(\in\) et \(\subset\).

✅ \(2 \in \{2,3\}\) (élément) ; \(\{2\} \subset \{2,3\}\) (ensemble).

❌ Croire que le « ou » mathématique est exclusif.

✅ Le « ou » est inclusif : « \(x \in A\) ou \(x \in B\) » n'exclut pas d'être dans les deux.

❌ Oublier d'échanger les connecteurs dans une négation.

✅ De Morgan : la négation de « et » est « ou », et réciproquement.

❌ Confondre une implication et sa réciproque.

✅ \(P \Rightarrow Q\) ne donne pas \(Q \Rightarrow P\).

❌ Croire qu'un exemple prouve un énoncé général.

✅ Seul un contre-exemple peut réfuter ; prouver « pour tout » demande une démonstration.

❌ Oublier l'ordre dans un couple.

✅ \((1,2) \neq (2,1)\), alors que \(\{1,2\} = \{2,1\}\).

L'essentiel à retenir

À retenir :