Chapitre 8 | Première technologique — série STD2A | Mathématiques
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026, 09:43
La classification des types de frises (les 7 groupes) ou des pavages (les 17 groupes) n'est pas au programme. On cherche à analyser une frise ou un pavage et à y reconnaître un motif élémentaire et les transformations qui l'engendrent, sans nommer ni dénombrer les catégories théoriques.
On observe un carrelage octogonal, une rosace de cathédrale, un napperon brodé : ces motifs reposent tous sur des figures très régulières, toutes leurs « parts » étant identiques.
Un polygone régulier est un polygone dont tous les côtés ont la même longueur et dont tous les angles ont la même mesure. On note \(n\) son nombre de côtés (et de sommets).
Exemples : triangle équilatéral (\(n=3\)), carré (\(n=4\)), pentagone (\(n=5\)), hexagone (\(n=6\)), octogone (\(n=8\)).
Tout polygone régulier à \(n\) côtés est inscriptible dans un cercle : il existe un point \(O\), le centre, équidistant de tous les sommets. Le rayon \(R\) de ce cercle circonscrit est la distance du centre à un sommet. Le rayon du cercle inscrit, tangent à chaque côté, est l'apothème \(r\) (distance du centre au milieu d'un côté).
Hexagone régulier de centre \(O\) inscrit dans son cercle circonscrit (rayon \(R\)). Les six rayons le découpent en six triangles isocèles identiques ; l'apothème \(r\) (rouge) joint \(O\) au milieu d'un côté. Pour l'hexagone, \(R=a\) : les triangles sont même équilatéraux.
Dans un polygone régulier à \(n\) côtés, les rayons vers deux sommets consécutifs forment l'angle au centre :
\[\widehat{\alpha} = \frac{360^\circ}{n}.\]Les \(n\) triangles isocèles « part de gâteau » se partagent équitablement l'angle plein \(360^\circ\) autour de \(O\).
Chaque angle intérieur (angle en un sommet, entre deux côtés) mesure :
\[\widehat{\beta} = 180^\circ - \frac{360^\circ}{n} = \frac{(n-2)\times 180^\circ}{n}.\]| Polygone | \(n\) | Angle au centre \(\frac{360^\circ}{n}\) | Angle intérieur |
|---|---|---|---|
| triangle équilatéral | 3 | \(120^\circ\) | \(60^\circ\) |
| carré | 4 | \(90^\circ\) | \(90^\circ\) |
| pentagone | 5 | \(72^\circ\) | \(108^\circ\) |
| hexagone | 6 | \(60^\circ\) | \(120^\circ\) |
| octogone | 8 | \(45^\circ\) | \(135^\circ\) |
Un polygone régulier à \(n\) côtés de longueur \(a\) a pour périmètre :
\[P = n \times a.\]Une frise composée d'octogones de côté \(a = 3{,}5\ \text{cm}\) : chaque octogone a pour périmètre \(P = 8 \times 3{,}5 = 28\ \text{cm}\).
Le principe est toujours le même : découper le polygone en ses \(n\) triangles isocèles identiques, calculer l'aire de l'un d'eux, puis multiplier par \(n\).
Chaque triangle « part de gâteau » a pour base un côté \(a\) et pour hauteur l'apothème \(r\), donc son aire est \(\dfrac{a\times r}{2}\). En sommant les \(n\) triangles :
\[\mathcal{A} = n \times \frac{a \times r}{2} = \frac{P \times r}{2}.\]L'aire d'un polygone régulier vaut la moitié du produit de son périmètre par son apothème.
Carreau de côté \(a=4\ \text{cm}\) :
Angle au centre : \(\dfrac{360^\circ}{5}=72^\circ\) ; angle intérieur : \(180^\circ-72^\circ=108^\circ\) ; périmètre : \(P=5\times6=30\ \text{cm}\).
L'idée directrice du chapitre : une figure riche naît de la répétition d'un petit motif par des transformations. Pour un polygone régulier, le motif élémentaire naturel est le triangle isocèle « part de gâteau ».
On engendre un polygone régulier à \(n\) côtés en appliquant à un côté (ou au triangle « part de gâteau ») des rotations successives de centre \(O\) et d'angle
\[\theta = \frac{360^\circ}{n}\]répétées \(n\) fois. Après un tour complet, le motif revient à sa position de départ.
| Transformation | Effet | Usage en design |
|---|---|---|
| translation | glisse le motif sans le tourner ni le retourner | ruban répété, frise |
| rotation (angle \(\frac{360^\circ}{n}\)) | fait tourner le motif autour d'un centre | rosace, étoile, roue |
| symétrie axiale | retourne le motif (image miroir) | papillon, blason |
| symétrie centrale | demi-tour (\(180^\circ\)) autour d'un point | motif tête-bêche |
On crée une figure décorative en choisissant un motif élémentaire et en le répétant par une transformation, ou par la composition de deux transformations simples (par exemple : symétrie axiale puis translation pour un ruban à réflexion glissée ; rotation puis translation pour un motif tournant décalé).
Motif élémentaire : un pétale décoré. Transformation : rotation de centre \(O\) et d'angle \(\dfrac{360^\circ}{12}=30^\circ\), répétée 12 fois. On obtient une rosace complète.
Rosace à 12 branches. Un seul motif élémentaire (le pétale vert) est répété par une rotation de centre \(O\) et d'angle \(\dfrac{360^\circ}{12}=30^\circ\), appliquée 12 fois.
Angle \(\dfrac{360^\circ}{8}=45^\circ\), appliqué 8 fois (un tour complet ramène le motif au départ).
Une frise est un motif qui se répète le long d'une bande, principalement par translation dans une direction. D'autres transformations peuvent s'y combiner (symétrie axiale d'axe la médiane, symétrie centrale, réflexion glissée).
Un pavage du plan est un recouvrement sans trou ni chevauchement par des figures (les pavés), obtenu en répétant un motif élémentaire par des translations dans deux directions (et éventuellement d'autres transformations).
Le motif élémentaire d'une frise ou d'un pavage est la plus petite « brique » qui, répétée par les transformations en jeu, reconstitue tout le dessin. Il peut être un triangle rectangle ou isocèle, un parallélogramme ou un rectangle.
On ne cherche pas à ranger la frise ou le pavage dans une catégorie théorique nommée.
Frise : un motif (triangle rectangle décoré) est reproduit de proche en proche par une translation horizontale de vecteur \(\vec u\). La longueur de \(\vec u\) est la période de la frise.
Pavage du plan par un parallélogramme (motif élémentaire, en vert). On le translate selon deux directions \(\vec u\) et \(\vec v\) non colinéaires : les copies recouvrent le plan sans trou ni chevauchement.
Trois polygones réguliers pavent le plan à eux seuls : le triangle équilatéral, le carré et l'hexagone régulier. La raison : autour d'un sommet, la somme des angles doit valoir exactement \(360^\circ\).
C'est une translation de période \(5\ \text{cm}\). Sur \(100\ \text{cm}\) : \(100\div5=20\) motifs.
En design, on raccorde souvent un segment droit à un arc de cercle « sans cassure » (contour d'un logo, d'un meuble, d'une lettre). La condition de continuité douce s'exprime avec la tangente.
La tangente à un cercle de centre \(O\) en un point \(T\) du cercle est la droite passant par \(T\) perpendiculaire au rayon \([OT]\). Elle « touche » le cercle en \(T\) sans le traverser.
Un segment de droite se raccorde à un arc de cercle de façon lisse (sans angle visible) au point \(T\) si et seulement si ce segment est porté par la tangente au cercle en \(T\), c'est-à-dire perpendiculaire au rayon \([OT]\).
Pour raccorder deux droites par un arc « en congé » : on trace le cercle de rayon \(\rho\) dont le centre \(O\) est équidistant des deux droites (sur la bissectrice de l'angle) ; les points de tangence \(T_1,T_2\) sont les pieds des perpendiculaires abaissées de \(O\) sur chaque droite. L'arc \(\overset{\frown}{T_1T_2}\) raccorde alors les deux droites sans cassure.
Congé : le centre \(O\) est sur la bissectrice, à distance \(\rho\) de chaque droite. L'arc rouge est tangent aux deux droites en \(T_1\) et \(T_2\) (rayons perpendiculaires aux droites), donc le raccordement est lisse.
Pour décrire une maquette ou un objet à modéliser en 3D, on repère chaque point par trois coordonnées.
Un repère orthonormal de l'espace est constitué d'une origine \(O\) et de trois axes deux à deux perpendiculaires \((Ox)\), \((Oy)\), \((Oz)\), munis de la même unité. Tout point \(M\) est repéré par un triplet \(M(x\,;y\,;z)\) : \(x\) l'abscisse, \(y\) l'ordonnée, \(z\) la cote (hauteur).
Dans un repère orthonormal, la distance entre \(A(x_A\,;y_A\,;z_A)\) et \(B(x_B\,;y_B\,;z_B)\) est :
\[d = AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}.\]C'est le théorème de Pythagore appliqué deux fois (d'abord dans un plan horizontal, puis en montant en hauteur).
Une pièce d'assemblage relie \(A(1\,;2\,;0)\) et \(B(4\,;6\,;12)\) (en cm).
\[AB = \sqrt{(4-1)^2 + (6-2)^2 + (12-0)^2} = \sqrt{9 + 16 + 144} = \sqrt{169} = 13\ \text{cm}.\]Pour placer \(M(x\,;y\,;z)\) : on avance de \(x\) sur \((Ox)\), de \(y\) sur \((Oy)\) (oblique, fuyante), puis on monte de \(z\) parallèlement à \((Oz)\).
\(AB=\sqrt{2^2+3^2+6^2}=\sqrt{4+9+36}=\sqrt{49}=7\).
Pour dessiner un objet de l'espace sur une feuille, on utilise une projection. La perspective cavalière est une projection parallèle simple et très employée en dessin technique et en design.
Une projection parallèle projette chaque point sur un plan (le plan du dessin) parallèlement à une droite fixée. La perspective cavalière dessine :
Le coefficient de fuite ne s'applique qu'aux fuyantes : une longueur du plan frontal est en vraie grandeur.
Cube en perspective cavalière : la face avant \(ABCD\) est en vraie grandeur ; les fuyantes partent en oblique (\(45^\circ\)) et sont réduites du coefficient \(k\). Le parallélisme des arêtes est conservé.
Un cylindre de révolution est engendré par la rotation d'un rectangle autour d'un de ses côtés. Il est délimité par deux disques de même rayon \(R\) (les bases) et une surface latérale. La distance entre les bases est la hauteur \(h\).
Cylindre en cavalière : les bases (disques vus en oblique) deviennent des ellipses ; l'arrière de la base inférieure est en pointillés (caché).
Sectionner un solide par un plan, c'est le « couper » : la section est la figure plane commune au solide et au plan.
Le plan de coupe rencontre les faces du cube selon des segments. Deux faces parallèles du cube sont coupées selon deux segments parallèles. Cette règle, jointe au repérage des points où le plan traverse les arêtes, permet de tracer toute la section.
Selon l'orientation du plan, la section peut être : un segment ou un point, un triangle, un quadrilatère (carré, rectangle, parallélogramme), un pentagone ou un hexagone (hexagone régulier si le plan est médiateur d'une grande diagonale).
Section d'un cube par un plan perpendiculaire à une grande diagonale, passant par son milieu : elle coupe les six faces aux milieux des arêtes et donne un hexagone régulier (rouge). Deux côtés opposés sont parallèles.
Sur le dessin en perspective, la section apparaît déformée (angles et longueurs non conservés). Pour la fabriquer ou la coter, on la représente en vraie grandeur : on dessine, à plat, la figure exacte avec ses dimensions réelles.
Exemple résolu. Un cube d'arête \(6\ \text{cm}\) est coupé par le plan passant par deux arêtes opposées (l'arête du bas à l'avant et l'arête du haut à l'arrière). La section est un rectangle : deux côtés sont les arêtes (longueur \(6\ \text{cm}\)), les deux autres sont des diagonales de faces, de longueur (théorème de Pythagore) :
\[d=\sqrt{6^2+6^2}=\sqrt{72}=6\sqrt2\approx 8{,}5\ \text{cm}.\]En perspective cavalière, cette section apparaît comme un parallélogramme quelconque ; en vraie grandeur, on trace à la règle un rectangle de \(6\ \text{cm}\) sur \(6\sqrt2\approx 8{,}5\ \text{cm}\) — c'est ce dessin qui permet de découper la plaque au bon format.
Une ellipse est une courbe ovale à deux axes de symétrie perpendiculaires : le grand axe (longueur \(2A\)) et le petit axe (longueur \(2B\)), se coupant au centre. Le cercle est le cas particulier \(A=B\).
Quand on coupe une bougie cylindrique en biais, la tranche est une ellipse : son petit axe vaut le diamètre \(2R\), son grand axe s'allonge d'autant plus que la coupe est inclinée.
Un plan oblique traversant toute la paroi coupe le cylindre selon une ellipse (rouge).
Comment dessiner un cercle en perspective cavalière ? Directement, c'est délicat ; on passe par le carré circonscrit, plus simple à mettre en perspective.
L'image d'un cercle par une projection parallèle est en général une ellipse. Comme les contacts et les milieux sont conservés, l'image du carré circonscrit est un parallélogramme circonscrit à l'ellipse, et l'ellipse touche chaque côté en son milieu — là où le cercle touchait le carré.
Image d'un cercle en cavalière. À gauche : cercle et son carré circonscrit (contacts aux milieux, en vert). À droite : le carré devient un parallélogramme, le cercle une ellipse tangente aux côtés en leurs milieux.
Seules les fuyantes sont réduites : \(6\times0{,}5=3\ \text{cm}\) (les arêtes frontales restent à \(6\ \text{cm}\)).
Non : une face frontale (parallèle au plan du dessin) est en vraie grandeur, le disque y reste un cercle. Ce n'est que sur une face vue en oblique qu'il deviendrait une ellipse.
❌ Confondre angle au centre et angle intérieur.
✅ Angle au centre \(=\frac{360^\circ}{n}\) (vu de \(O\)) ; angle intérieur \(=180^\circ-\frac{360^\circ}{n}\) (au sommet).
❌ Croire que \(R=a\) pour tout polygone.
✅ L'égalité rayon = côté est spécifique à l'hexagone régulier.
❌ Appliquer le coefficient de fuite partout.
✅ En cavalière, seules les fuyantes sont réduites ; le plan frontal est en vraie grandeur.
❌ Croire que la perspective conserve les angles.
✅ Elle conserve parallélisme, milieux, contacts et rapports sur une même direction, pas les angles ni les longueurs.
❌ Dessiner un cercle vu en oblique comme un cercle.
✅ Il devient une ellipse ; passer par le carré circonscrit.
❌ Chercher à classer une frise ou un pavage.
✅ On cherche le motif élémentaire et les transformations, pas un nom de catégorie.