Terminale Bac Pro • Classes ERA • TMA • ICCER (Grpt 1)
Dernière mise à jour : 29 avril 2026
Programme complémentaire — poursuite d'études
Ce module fait partie du programme complémentaire de Terminale Bac Pro : il prépare la poursuite d'études (BTS et au-delà) et se traite dans le cadre de l'accompagnement au choix d'orientation.
Il ne fait pas partie du programme évalué en CCF.
Objectifs du chapitre :
Connaître la définition de \(i\) et la forme algébrique d'un nombre complexe.
Effectuer des opérations (addition, multiplication) sur les complexes.
Calculer le module et le conjugué d'un nombre complexe.
Représenter un complexe dans le plan complexe.
Passer de la forme algébrique à la forme trigonométrique (et inversement).
Résoudre une équation du second degré à discriminant négatif.
ICCER Utiliser les complexes pour les impédances en courant alternatif.
Situation professionnelle — Impédances en courant alternatif
Un technicien CVC dimensionne un circuit électrique comportant résistances et bobines. L'impédance du circuit est un nombre complexe \(Z = R + jX\). Calculer sa valeur absolue (le module) permet de déterminer la résistance effective du circuit au courant alternatif.
1. L'unité imaginaire et les nombres complexes
Définition
On définit le nombre \(i\) tel que :
\[\boxed{i^2 = -1}\]
Un nombre complexe est un nombre de la forme :
\[\boxed{z = a + ib}\]
où \(a\) et \(b\) sont des réels.
• \(a = \text{Re}(z)\) est la partie réelle de \(z\).
• \(b = \text{Im}(z)\) est la partie imaginaire de \(z\).
Attention
\(i\) n'est pas un nombre réel : on ne peut pas situer \(i\) sur la droite des réels. C'est une extension des réels.
Si \(b = 0\), alors \(z = a\) est un réel ordinaire.
Si \(a = 0\), on dit que \(z = ib\) est un imaginaire pur.
Exemples
Nombre complexe
Partie réelle \(a\)
Partie imaginaire \(b\)
Nature
\(z = 3 + 2i\)
\(3\)
\(2\)
Complexe
\(z = -1 + i\)
\(-1\)
\(1\)
Complexe
\(z = 5\)
\(5\)
\(0\)
Réel
\(z = -3i\)
\(0\)
\(-3\)
Imaginaire pur
\(z = 2 - 3i\)
\(2\)
\(-3\)
Complexe
Application
Calcule \(i^2\), \(i^3\), \(i^4\). Que remarques-tu ?
\(i^2 = -1\) (par définition)
\(i^3 = i^2 \times i = -1 \times i = -i\)
\(i^4 = (i^2)^2 = (-1)^2 = 1\)
Les puissances de \(i\) sont cycliques : \(i, -1, -i, 1, i, -1, \ldots\)
2. Opérations en forme algébrique
Propriétés
Soient \(z_1 = a + ib\) et \(z_2 = c + id\). Alors :
Addition : \(z_1 + z_2 = (a+c) + i(b+d)\) Soustraction : \(z_1 - z_2 = (a-c) + i(b-d)\) Multiplication : \(z_1 \times z_2 = (ac - bd) + i(ad + bc)\) (On développe comme un produit ordinaire en remplaçant \(i^2\) par \(-1\).)
Exemple détaillé — Addition et Soustraction
Soient \(z_1 = 3 + 2i\) et \(z_2 = 1 - 5i\).
Le module représente l'impédance effective du circuit au courant alternatif.
4. Plan complexe — Représentation géométrique
Définition
Dans le plan complexe, on place le nombre \(z = a + ib\) par le point \(M(a\,;\,b)\) :
• L'axe des abscisses est l'axe réel (noté Re).
• L'axe des ordonnées est l'axe imaginaire (noté Im).
Le module \(|z|\) représente la distance de \(M\) à l'origine \(O\).
Plan complexe interactif
Cliquez sur un bouton pour afficher un nombre complexe dans le plan.
Interprétation géométrique du module
Le module \(|z|\) est la longueur du segment \(OM\) où \(M\) est le point représentatif de \(z\).
Par le théorème de Pythagore : \(OM = \sqrt{a^2 + b^2} = |z|\).
5. Forme trigonométrique
Définition
Un nombre complexe \(z \neq 0\) peut s'écrire sous forme trigonométrique :
\[\boxed{z = r(\cos\theta + i\sin\theta)}\]
où :
• \(r = |z| = \sqrt{a^2+b^2}\) est le module.
• \(\theta\) est l'argument de \(z\), c'est l'angle orienté que fait \(\overrightarrow{OM}\) avec l'axe réel positif.
Méthode — Forme algébrique vers forme trigonométrique
Soit \(z = a + ib\). Étape 1 : Calculer \(r = \sqrt{a^2+b^2}\). Étape 2 : Identifier \(\cos\theta = \dfrac{a}{r}\) et \(\sin\theta = \dfrac{b}{r}\). Étape 3 : Déduire \(\theta\) (en radians ou en degrés, dans \(]-\pi\,;\,\pi]\)).
Exemple 1 — z = 1 + i
Module : \(r = \sqrt{1^2+1^2} = \sqrt{2}\)
\(\cos\theta = \dfrac{1}{\sqrt{2}}\) et \(\sin\theta = \dfrac{1}{\sqrt{2}}\)
On reconnaît \(\theta = \dfrac{\pi}{4}\) (soit 45°).
Méthode — Forme trigonométrique vers forme algébrique
Si \(z = r(\cos\theta + i\sin\theta)\), calculer \(\cos\theta\) et \(\sin\theta\) :
\(a = r\cos\theta\) et \(b = r\sin\theta\), puis \(z = a + ib\).
Exemple
\(z = 4\!\left(\cos\dfrac{\pi}{6} + i\sin\dfrac{\pi}{6}\right)\)
\(\cos\dfrac{\pi}{6} = \dfrac{\sqrt{3}}{2}\) et \(\sin\dfrac{\pi}{6} = \dfrac{1}{2}\)
6. Formule d'Euler (au-delà du programme complémentaire)
Pour aller plus loin
Le programme complémentaire de Terminale couvre les formes algébrique et trigonométrique. La forme exponentielle \(z = r\,e^{i\theta}\) est présentée ici en ouverture : elle est au programme de BTS.
Formule d'Euler
Pour tout réel \(\theta\) :
\[\boxed{e^{i\theta} = \cos\theta + i\sin\theta}\]
On peut donc écrire la forme exponentielle d'un complexe :
\[z = r\,e^{i\theta}\]
Remarque
Cette formule est admise (non démontrée au niveau Bac Pro). Elle est très utilisée en physique et en électricité sous la forme \(e^{j\omega t}\) où \(j\) désigne l'unité imaginaire en convention électrique.
7. Application professionnelle — Impédances en courant alternatif ICCER
Contexte professionnel
En électricité courant alternatif (CA), les résistances, bobines et condensateurs s'opposent différemment au courant selon la fréquence. On regroupe ces effets dans l'impédance complexe \(Z\), notée avec \(j\) (pour éviter la confusion avec l'intensité \(i\)).
\[Z = R + jX\]
où \(R\) est la résistance (partie réelle) et \(X\) la réactance (partie imaginaire).
L'impédance totale est \(|Z| = \sqrt{R^2 + X^2}\) (en ohms, Ω).
Problème résolu — Circuit RL série
Données
Circuit RL série avec : \(R = 100\,\Omega\), \(L = 0{,}1\,\text{H}\), \(\omega = 100\,\text{rad/s}\).
Tension efficace \(U = 230\,\text{V}\).
Résolution étape par étape
Étape 1 — Réactance de la bobine :
\(X_L = L\omega = 0{,}1 \times 100 = 10\,\Omega\)
Étape 2 — Impédance complexe du circuit :
\(Z = R + jX_L = 100 + 10j\)
Exercice 4 — Applications géométriques et professionnelles ICCER Partie A (géométrie) : Dans le plan complexe, \(A\) a pour affixe \(z_A = -2 + 4i\) et \(B\) a pour affixe \(z_B = 4 + 2i\).
(1) Calculer la distance \(AB\). (2) Donner l'affixe du milieu \(I\) de \([AB]\).
Partie B (impédance) : Un circuit RLC série a : \(R = 50\,\Omega\), \(L = 0{,}2\,\text{H}\), \(C = 100\,\mu\text{F}\), \(\omega = 200\,\text{rad/s}\).
(3) Calculer \(X_L = L\omega\). (4) Calculer \(X_C = \dfrac{1}{C\omega}\). (5) Écrire l'impédance complexe \(Z\). (6) Calculer \(|Z|\).
Voir la correction
Oublier que \(i^2 = -1\) lors d'une multiplication
\((2+i)(3+i) = 6 + 2i + 3i + i^2 = 6 + 5i + (-1) = 5 + 5i\), pas \(6 + 5i\). Conseil : toujours remplacer \(i^2\) par \(-1\) lors du développement.
❌
Confondre module et partie réelle
Le module \(|z| = \sqrt{a^2 + b^2}\), pas seulement \(a\). Conseil : le module est toujours positif et se calcule comme une distance (Pythagore).
❌
Confondre conjugué et opposé
Le conjugué de \(a+bi\) est \(a-bi\) (signe de la partie imaginaire changé), pas \(-a-bi\). Conseil : conjugué = même partie réelle, partie imaginaire opposée.
❌
Inverser argument et module dans la forme trigonométrique
\(z = r(\cos\theta + i\sin\theta)\) : \(r\) est le module, \(\theta\) est l'argument. Conseil : \(r = |z|\) (toujours positif), et \(\theta = \text{arg}(z)\).