Terminale Bac Pro | Mathématiques | Statistique et probabilités
Dernière mise à jour : 26 juin 2026
ICCER Un technicien en génie climatique réalise le suivi énergétique d'un bâtiment de bureaux équipé d'une pompe à chaleur air/eau. Il relève chaque semaine la température extérieure moyenne et la consommation de chauffage.
ERA-MA En électrotechnique ou en agencement, ce type d'analyse permet de relier deux grandeurs mesurées (courant/tension, quantité de matière/coût) pour établir un modèle prédictif.
Problème : Comment estimer la consommation d'une semaine future à partir de la météo prévue ? La réponse passe par les statistiques à deux variables.
En statistiques, on étudie souvent deux grandeurs liées entre elles : par exemple, la consommation de chauffage d'un bâtiment dépend de la température extérieure. En traçant les données dans un repère, on obtient un nuage de points qui révèle si une relation existe entre les deux grandeurs.
Un technicien chauffagiste relève, pour 8 semaines, la température extérieure moyenne (en °C) et la consommation de chauffage d'un immeuble de bureaux (en kWh) :
| Semaine | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Temp. \(x\) (°C) | 2 | 5 | 8 | 10 | 14 | 17 | 19 | 22 |
| Conso. \(y\) (kWh) | 980 | 840 | 720 | 640 | 480 | 350 | 260 | 140 |
On observe que quand la température monte, la consommation baisse. Il y a une relation entre \(x\) et \(y\). On va la modéliser.
Un artisan menuisier relève 4 chantiers : surfaces \(x\) = 10, 20, 30, 40 m² et coûts \(y\) = 1 500, 2 800, 4 200, 5 600 €. Calcule les coordonnées du point moyen \(G(\bar{x}\,;\,\bar{y})\).
Nuage de points — Données de l'exemple chauffage
Quand le nuage de points a une forme allongée (linéaire), on peut l'ajuster par une droite \(y = ax + b\). Cette droite est calculée pour minimiser les écarts entre les points et la droite.
Formules (pour comprendre, pas à mémoriser) :
\[a = \frac{\sum(x_i - \bar{x})(y_i - \bar{y})}{\sum(x_i - \bar{x})^2} \qquad b = \bar{y} - a\bar{x}\]Pour les données de chauffage :
\(\bar{x} = \frac{2+5+8+10+14+17+19+22}{8} = \frac{97}{8} \approx 12{,}1\,°C\)
\(\bar{y} = \frac{980+840+720+640+480+350+260+140}{8} = \frac{4410}{8} \approx 551\,\text{kWh}\)
La calculatrice donne : \(a \approx -41{,}7\) et \(b \approx 1057\)
Droite de régression : \(\boxed{y = -41{,}7\,x + 1057}\)
Interprétation : quand la température augmente de 1°C, la consommation diminue d'environ 42 kWh.
La droite de régression d'un artisan menuisier est \(y = 85x + 500\) (coût en € en fonction du nombre de mètres linéaires de corniche \(x\)). Que représentent 85 et 500 dans ce contexte ?
Un métreur obtient un coefficient de corrélation \(r = -0{,}92\) entre le nombre de fenêtres posées et la durée de la pose. Que peut-on dire de cette liaison ? L'ajustement affine est-il acceptable ?
| Valeur de \(|r|\) | Qualité de la liaison | L'ajustement affine est… |
|---|---|---|
| \(|r| > 0{,}95\) | Très forte | Excellent |
| \(0{,}85 < |r| \leq 0{,}95\) | Forte | Acceptable |
| \(|r| \leq 0{,}85\) | Faible ou nulle | À rejeter ou changer de modèle |
Utilisez le curseur ci-dessous pour entrer une température et voir la consommation prévue par la droite de régression.
Données chauffage — Nuage + droite de régression (\(r \approx -0{,}999\))
Zone de données réelles : 2°C à 22°C. Au-delà → extrapolation (moins fiable).
Quand le nuage de points n'est pas rectiligne, on peut effectuer un changement de variable pour "linéariser" la relation, puis appliquer un ajustement affine sur les nouvelles variables.
| Type de relation | Changement de variable | Nouvelle relation linéaire |
|---|---|---|
| Affine \(y = ax + b\) | Aucun | \(y = ax + b\) |
| Exponentielle \(y = A \cdot q^x\) | \(z = \log(y)\) | \(z = x\log(q) + \log(A)\) |
| Puissance \(y = A \cdot x^k\) | \(z = \log(y)\), \(u = \log(x)\) | \(z = ku + \log(A)\) |
| Inverse \(y = \frac{a}{x} + b\) | \(z = \frac{1}{x}\) | \(y = az + b\) |
On observe la population d'une colonie de bactéries (en milliers) toutes les heures :
| Heure \(t\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Population \(N\) | 2 | 4,1 | 8,3 | 16,2 | 33,1 | 65 |
Étape 1 : Le nuage de \((t, N)\) n'est pas rectiligne → on pose \(z = \log(N)\).
| Heure \(t\) | 0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| \(z = \log(N)\) | 0,301 | 0,613 | 0,919 | 1,210 | 1,520 | 1,813 |
Étape 2 : Le nuage de \((t, z)\) est rectiligne → droite de régression : \(z \approx 0{,}302\,t + 0{,}300\)
Étape 3 : Retour à \(N\) : \(\log(N) = 0{,}302\,t + 0{,}300 \Rightarrow N = 10^{0{,}302t+0{,}300} \approx 2 \times 2^t\)
Modèle : \(\boxed{N \approx 2 \times 2^t}\)
Avec la droite \(y = -41{,}7\,x + 1057\) :
• Interpolation : pour \(x = 12\,°C\) (dans l'intervalle [2 ; 22]) → \(y = -41{,}7 \times 12 + 1057 \approx 557\,\text{kWh}\)
• Extrapolation : pour \(x = 25\,°C\) (hors intervalle) → \(y = -41{,}7 \times 25 + 1057 = 14{,}5\,\text{kWh}\)
Un fabricant de mobilier modélise ses coûts : \(y = 120x + 300\) (€ en fonction du nombre de plateaux \(x\)). Estimez le coût pour 8 plateaux (interpolation) et pour 50 plateaux (extrapolation). Laquelle des deux estimations est plus fiable ?
ICCER Un technicien mesure le COP (Coefficient de Performance) d'une pompe à chaleur air/eau pour différentes températures extérieures. Plus il fait froid, moins la PAC est efficace.
| Temp. ext. \(x\) (°C) | −5 | 0 | 5 | 7 | 10 | 15 | 20 |
|---|---|---|---|---|---|---|---|
| COP \(y\) | 2,1 | 2,6 | 3,1 | 3,4 | 3,8 | 4,4 | 4,9 |
Calcul du point moyen :
\(\bar{x} = \frac{-5+0+5+7+10+15+20}{7} = \frac{52}{7} \approx 7{,}4\,°C\)
\(\bar{y} = \frac{2{,}1+2{,}6+3{,}1+3{,}4+3{,}8+4{,}4+4{,}9}{7} = \frac{24{,}3}{7} \approx 3{,}47\)
Régression linéaire (calculatrice) : \(r \approx 0{,}999\) → liaison très forte
Droite : \(\boxed{y = 0{,}115\,x + 2{,}618}\)
Applications :
Conclusion professionnelle : si la PAC a un COP < 1, il devient plus économique de passer sur résistance électrique. Ce seuil de bascule peut être calculé par extrapolation.
Comparer visuellement les ajustements selon la forme du nuage
| Notion | Description |
|---|---|
| Nuage de points | Représentation des couples \((x_i, y_i)\) |
| Point moyen \(G\) | \((\bar{x}, \bar{y})\) — centre de gravité |
| Droite de régression | \(y = ax + b\) — ajustement affine |
| Coefficient \(r\) | Qualité de la liaison (\(-1 \leq r \leq 1\)) |
| Notion | Description |
|---|---|
| Changement de variable | Linéariser une relation non affine |
| Interpolation | Estimer \(y\) dans l'intervalle connu |
| Extrapolation | Estimer \(y\) hors de l'intervalle (prudence !) |
| Interprétation | Toujours contextualiser le résultat |
On relève pour 6 ouvriers leur expérience \(x\) (en années) et leur productivité \(y\) (pièces/heure) :
| \(x\) | 1 | 2 | 4 | 5 | 7 | 9 |
|---|---|---|---|---|---|---|
| \(y\) | 12 | 15 | 19 | 22 | 26 | 31 |
1. Calculer les coordonnées du point moyen \(G\).
2. La calculatrice donne \(y = 2{,}33x + 9{,}96\). Vérifier que \(G\) appartient à cette droite.
3. Estimer la productivité d'un ouvrier ayant 6 ans d'expérience.
1. \(\bar{x} = \frac{1+2+4+5+7+9}{6} = \frac{28}{6} \approx 4{,}67\) ; \(\bar{y} = \frac{12+15+19+22+26+31}{6} = \frac{125}{6} \approx 20{,}8\)
2. \(2{,}33 \times 4{,}67 + 9{,}96 \approx 10{,}9 + 9{,}96 \approx 20{,}8\) ✓
3. \(y = 2{,}33 \times 6 + 9{,}96 = 13{,}98 + 9{,}96 \approx \mathbf{23{,}9}\) pièces/heure
La calculatrice donne \(r = 0{,}72\) pour un ajustement affine.
1. La liaison linéaire est-elle forte ?
2. Faut-il conserver cet ajustement affine ou chercher un autre modèle ?
1. \(|r| = 0{,}72 < 0{,}85\) → la liaison est faible.
2. Il faut chercher un autre modèle (tester un ajustement exponentiel ou puissance via un changement de variable).
Pour la PAC de l'exemple professionnel, la droite d'ajustement est \(y = 0{,}115\,x + 2{,}618\).
1. Calculer le COP prévu pour une température extérieure de \(x = 8\,°C\). Est-ce une interpolation ou une extrapolation ?
2. Pour quelle température extérieure le COP atteindrait-il 1 ? Interpréter.
1. \(y = 0{,}115 \times 8 + 2{,}618 = 0{,}92 + 2{,}618 = \mathbf{3{,}54}\). C'est une interpolation (8°C est dans l'intervalle [−5 ; 20]).
2. \(1 = 0{,}115x + 2{,}618\) → \(0{,}115x = 1 - 2{,}618 = -1{,}618\) → \(x = \frac{-1{,}618}{0{,}115} \approx -14{,}1\,°C\).
Interprétation : en dessous de −14,1°C, le COP deviendrait inférieur à 1 (la PAC consomme plus qu'elle ne produit). À cette température il faut basculer sur un autre mode de chauffage.
En physique, on mesure la tension \(U\) (V) aux bornes d'un résistor pour différentes valeurs du courant \(I\) (mA) :
| \(I\) (mA) | 10 | 20 | 30 | 40 | 50 |
|---|---|---|---|---|---|
| \(U\) (V) | 0,47 | 0,98 | 1,45 | 1,96 | 2,51 |
La droite de régression donne \(r = 0{,}9998\) et \(U = 0{,}0506\,I - 0{,}044\). Quelle est la résistance de ce résistor (en Ω) ?
La loi d'Ohm donne \(U = R \times I\). Le coefficient directeur \(a = 0{,}0506\,\text{V/mA} = 0{,}0506 \times 1000\,\text{V/A} = \mathbf{50{,}6\,\Omega}\).
(\(r \approx 1\) confirme que la relation est bien linéaire, ce qui est cohérent avec la loi d'Ohm.)