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Chapitre 3 – Exercices

Indicateurs statistiques  |  2nde Bac Pro

Dernière mise à jour : 30 juillet 2026, 22:15

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Au programme : calculer la moyenne, la médiane, les quartiles, l'étendue, l'écart interquartile et l'écart-type ; interpréter ces indicateurs dans des contextes professionnels.
Les exercices sont progressifs : commence par le niveau 1, puis avance à ton rythme.
Min Q1 Méd Q3 Max

Rappels essentiels

Min Q1 Méd Q3 Max

Exercices guidés pas à pas

Exercice 1-1 Calculer la moyenne d'une série Maintenance — Interventions Socle

Un technicien de maintenance a relevé les durées de ses interventions sur une journée (en minutes) :

25   30   18   42   15   28   35   22
1. Combien d'interventions le technicien a-t-il réalisées ?
2. Calculer la somme de toutes les durées.
3. En déduire la durée moyenne d'une intervention. Arrondir à la minute près.
4. Ce technicien est-il dans les temps si le service attend une durée moyenne inférieure à 30 min ?
1. Nombre d'interventions :

\(n = 8\) interventions.

2. Somme des durées :

\(25 + 30 + 18 + 42 + 15 + 28 + 35 + 22 = \mathbf{215}\) minutes.

3. Moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{215}{8} = 26{,}875 \approx \mathbf{27 \text{ min}}\)

4. Interprétation :

27 min < 30 min, donc le technicien est dans les temps. Sa durée moyenne respecte l'objectif du service.

Exercice 1-2 Trouver la médiane et l'étendue Génie climatique — Température Socle

Un technicien en génie climatique relève les températures (en °C) d'un circuit de chauffage pendant 9 jours :

62   58   71   65   60   68   72   55   67
1. Trier cette série par ordre croissant.
2. Identifier la valeur minimale et la valeur maximale. Calculer l'étendue.
3. Trouver la médiane. Justifier votre choix.
4. La plage de fonctionnement normale est 58–70 °C. Y a-t-il des températures anormales ?
1. Série triée :

55   58   60   62   65   67   68   71   72

2. Étendue :

Min = 55 °C  |  Max = 72 °C
Étendue = 72 − 55 = 17 °C

3. Médiane :

La série comporte \(n = 9\) valeurs (nombre impair). La médiane est la valeur de rang \(\dfrac{9+1}{2} = 5\).
La 5e valeur est 65 °C → Me = 65 °C.

4. Températures hors norme :

55 °C est inférieur à 58 °C (minimum normal) → anormalement basse.
71 °C et 72 °C dépassent 70 °C → anormalement élevées.
Le technicien doit vérifier ces 3 jours.


Exercice 1-3 Quartiles et écart interquartile — méthode guidée Maintenance industrielle Socle

Voici les temps de réparation (en minutes) relevés par un technicien sur 12 interventions, déjà triés :

Rang123456789101112
Durée (min)121518202325283035384250
Méthode pas à pas :
Étape 1 : La série a \(n = 12\) valeurs (nombre pair).
→ Médiane = moyenne des valeurs de rang 6 et 7 : Me = \(\dfrac{25 + 28}{2}\) = ……

Étape 2 : Rang de Q1 = \(\lceil 12/4 \rceil = 3\).
→ Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = ……

Étape 3 : Rang de Q3 = \(\lceil 3 \times 12 / 4 \rceil = 9\).
→ Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = ……

Étape 4 : IQR = Q3 − Q1 = …… − …… = ……
1. Compléter les calculs ci-dessus pour trouver Me, Q1, Q3 et l'IQR.
2. Compléter : « 50 % des interventions durent entre …… min et …… min. »
1. Calculs :

Me = \(\dfrac{25 + 28}{2} = \mathbf{26{,}5}\) min

Q1 = 3e valeur = 18 min (rang \(\lceil 12/4 \rceil = 3\))

Q3 = 9e valeur = 35 min (rang \(\lceil 36/4 \rceil = 9\))

IQR = 35 − 18 = 17 min

2. Interprétation :

50 % des interventions durent entre 18 min et 35 min.

La boîte contient les 50 % centraux de la série. La médiane (rouge) sépare les 50 % inférieurs des 50 % supérieurs.

Exercice 1-4 Comparer deux séries — calculs amorcés Comparaison de techniciens Socle

Deux techniciens ont réalisé chacun 8 interventions. Voici leurs durées (en minutes) :

TechnicienInt. 1Int. 2Int. 3Int. 4Int. 5Int. 6Int. 7Int. 8
Technicien A4530603540555038
Technicien B2570208030652872
Calculs amorcés :
Technicien A : Somme = 45 + 30 + 60 + 35 + 40 + 55 + 50 + 38 = ……
→ Moyenne = \(\dfrac{……}{8}\) = ……
→ Série triée : 30, 35, 38, 40, 45, 50, 55, 60
→ Médiane (entre rang 4 et 5) = \(\dfrac{40 + 45}{2}\) = ……
→ Étendue = 60 − 30 = ……

Technicien B : Somme = 25 + 70 + 20 + 80 + 30 + 65 + 28 + 72 = ……
→ Moyenne = \(\dfrac{……}{8}\) = ……
→ Série triée : 20, 25, 28, 30, 65, 70, 72, 80
→ Étendue = 80 − 20 = ……
1. Compléter les calculs amorcés ci-dessus.
2. Quel technicien a la plus petite étendue ? Qu'est-ce que cela signifie ?
3. Compléter : « Le technicien …… est plus régulier car son étendue est de …… min contre …… min pour l'autre. »
1. Calculs :

Technicien A : Somme = 353 → Moyenne = \(\dfrac{353}{8} \approx \mathbf{44{,}1}\) min. Médiane = \(\dfrac{40+45}{2} = \mathbf{42{,}5}\) min. Étendue = 30 min.

Technicien B : Somme = 390 → Moyenne = \(\dfrac{390}{8} \approx \mathbf{48{,}8}\) min. Étendue = 60 min.

2-3. Interprétation :

Le technicien A est plus régulier car son étendue est de 30 min contre 60 min pour B. Les durées de A sont bien groupées, alors que B alterne entre interventions très courtes et très longues.

Comparaison des durées d'intervention (min) durée (min) 20 30 40 50 60 70 80 90 Technicien A — étendue = 30 min (groupé) 30 min Technicien B — étendue = 60 min (dispersé) 60 min

Plus l'étendue est petite (technicien A en vert), plus la série est régulière. L'étendue traduit visuellement la dispersion.

Exercice 1-5 Moyenne pondérée — tableau pré-rempli Suivi qualité — Équipements Socle

Un responsable de maintenance suit le nombre de pannes par équipement sur 30 jours :

Nombre de pannes (xi)012345Total
Nombre de jours (ni)68753130
ni × xi0814……………………
Aide : Les trois premiers produits sont déjà calculés.
→ \(n_3 \times x_3 = 5 \times 3 = \)……
→ \(n_4 \times x_4 = 3 \times 4 = \)……
→ \(n_5 \times x_5 = 1 \times 5 = \)……
→ Total = 0 + 8 + 14 + …… + …… + …… = ……
→ Moyenne = \(\dfrac{……}{30}\) = ……
1. Compléter le tableau et les calculs amorcés.
2. L'objectif est de rester sous 2 pannes/jour en moyenne. L'objectif est-il atteint ?
1. Tableau complété :

\(5 \times 3 = 15\), \(3 \times 4 = 12\), \(1 \times 5 = 5\)

Total = 0 + 8 + 14 + 15 + 12 + 5 = 54

Moyenne = \(\dfrac{54}{30} = \mathbf{1{,}8}\) panne/jour.

2. Interprétation :

1,8 < 2 → l'objectif est atteint.

Exercice 1-6 Écart-type — tableau de calcul pré-rempli Énergie — Climatisation Socle

Consommation mensuelle d'un climatiseur (en kWh) sur 6 mois :

120   145   132   158   128   139
On te donne : la moyenne est \(\bar{x} = 137\) kWh. Complète le tableau :

xixi − x̄(xi − x̄)²
120120 − 137 = −17(−17)² = 289
145145 − 137 = ……(……)² = ……
132…………
158…………
128…………
139…………
Somme……

→ Variance = \(\dfrac{……}{6}\) = ……
→ Écart-type = \(\sqrt{……}\) ≈ …… kWh
1. Compléter le tableau (la première ligne est faite pour toi).
2. Calculer la variance puis l'écart-type.
3. La consommation est-elle régulière ? (L'écart-type est-il petit ou grand par rapport à la moyenne ?)
1. Tableau complété :
xixi − x̄(xi − x̄)²
120−17289
145+864
132−525
158+21441
128−981
139+24
Somme0904
2. Variance et écart-type :

Variance = \(\dfrac{904}{6} \approx 150{,}7\) kWh²

Écart-type = \(\sqrt{150{,}7} \approx \mathbf{12{,}3}\) kWh

3. Interprétation :

12,3 kWh représente environ 9 % de la moyenne (137 kWh). La dispersion est modérée : la consommation varie légèrement selon les mois.

Consommation mensuelle (kWh) — moyenne et écart-type x̄ ± σ : zone "régulière" [124,7 ; 149,3] kWh 100 110 120 130 140 150 160 x̄ = 137 120 128 132 139 145 158 σ ≈ 12,3

L'écart-type quantifie la dispersion. 4/6 valeurs sont dans le fuseau jaune [x̄−σ ; x̄+σ] ; 2 valeurs (120 et 158) sont les plus excentrées.

Exercice 1-7 Trouver la médiane — effectif pair, pas à pas Sport — Course à pied Socle

Voici les temps (en secondes) de 10 élèves au sprint de 100 m, déjà triés :

12,8   13,1   13,5   13,9   14,2   14,6   15,0   15,3   15,8   16,4
Méthode pas à pas :
Étape 1 : On a \(n = 10\) valeurs (nombre pair).
→ La médiane est la moyenne des valeurs de rang \(\dfrac{10}{2} = 5\) et \(\dfrac{10}{2}+1 = 6\).

Étape 2 : La 5e valeur est …… et la 6e valeur est ……
→ Me = \(\dfrac{…… + ……}{2}\) = ……
1. Compléter les calculs ci-dessus pour trouver la médiane.
2. Que signifie cette médiane pour le groupe d'élèves ?
3. Un élève fait 16,4 s. Est-il au-dessus ou en dessous de la médiane ? Que peut-on lui dire ?
1. Médiane :

La 5e valeur est 14,2 et la 6e valeur est 14,6.

Me = \(\dfrac{14{,}2 + 14{,}6}{2} = \mathbf{14{,}4 \text{ s}}\)

2. Interprétation :

La médiane partage le groupe en deux : 5 élèves sur 10 courent en 14,4 s au plus, les 5 autres en plus de 14,4 s. (Ici aucun élève ne fait exactement 14,4 s, puisque la médiane tombe entre deux temps.)

3. Comparaison :

16,4 s > 14,4 s → cet élève est au-dessus de la médiane : il fait partie de la moitié la plus lente. Il peut viser un temps sous 14,4 s pour rejoindre la première moitié.

Min Q1 Méd Q3 Max
Diagramme en boîte à moustaches
Exercice 1-8 Lire une boîte à moustaches — lecture guidée Santé — Fréquence cardiaque Socle

Voici la boîte à moustaches des fréquences cardiaques au repos (en bpm) mesurées chez 30 élèves :

Aide pour lire la boîte à moustaches :
→ Le trait le plus à gauche est le minimum : ……
→ Le bord gauche de la boîte est Q1 : ……
→ Le trait vertical au milieu de la boîte est la médiane : ……
→ Le bord droit de la boîte est Q3 : ……
→ Le trait le plus à droite est le maximum : ……
1. Compléter l'aide ci-dessus en relevant les 5 indicateurs.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile.
3. Compléter : « 50 % des élèves ont une fréquence cardiaque entre …… et …… bpm. »
4. Un élève a un rythme cardiaque de 90 bpm. Se situe-t-il dans la boîte, dans les moustaches, ou en dehors ?
1. Les 5 indicateurs :

Min = 55 bpm, Q1 = 65 bpm, Me = 70 bpm, Q3 = 80 bpm, Max = 95 bpm.

2. Étendue et IQR :

Étendue = 95 − 55 = 40 bpm

IQR = Q3 − Q1 = 80 − 65 = 15 bpm

3. Interprétation :

50 % des élèves ont une fréquence cardiaque entre 65 bpm et 80 bpm.

4. Positionnement :

90 bpm est supérieur à Q3 (80 bpm) mais inférieur au Max (95 bpm). Cet élève se situe dans la moustache droite : il fait partie des 25 % ayant le rythme le plus élevé.

Exercice 1-9 Moyenne par classes — centres de classes guidés Menuiserie — Découpes Socle

Un menuisier mesure la longueur (en cm) de 25 planches découpées. Les résultats sont regroupés par classes :

Classe (cm)[95 ; 100[[100 ; 105[[105 ; 110[[110 ; 115[Total
Effectif \(n_i\)4108325
Centre \(c_i\)……………………
\(n_i \times c_i\)…………………………
Aide : Le centre de la classe [95 ; 100[ est \(\dfrac{95 + 100}{2} = 97{,}5\).
Fais de même pour chaque classe, puis calcule les produits \(n_i \times c_i\).
1. Compléter la ligne des centres de classes.
2. Compléter la ligne des produits \(n_i \times c_i\).
3. Calculer la moyenne des longueurs. Arrondir au dixième.
4. La longueur cible est 105 cm. Les planches sont-elles en moyenne conformes ?
1. Centres de classes :

\(c_1 = \dfrac{95+100}{2} = 97{,}5\) ; \(c_2 = \dfrac{100+105}{2} = 102{,}5\) ; \(c_3 = \dfrac{105+110}{2} = 107{,}5\) ; \(c_4 = \dfrac{110+115}{2} = 112{,}5\)

2. Produits :

\(4 \times 97{,}5 = 390\) ; \(10 \times 102{,}5 = 1\,025\) ; \(8 \times 107{,}5 = 860\) ; \(3 \times 112{,}5 = 337{,}5\)

Total = 390 + 1 025 + 860 + 337,5 = 2 612,5

3. Moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{2\,612{,}5}{25} = \mathbf{104{,}5 \text{ cm}}\)

4. Interprétation :

104,5 cm < 105 cm : les planches sont en moyenne légèrement plus courtes que la cible. Le réglage de la scie doit être vérifié.

Exercice 1-10 Médiane et quartiles — effectif impair, pas à pas Science — Masses Socle

On pèse 11 échantillons de bois (en grammes). Voici les masses déjà triées :

42   45   48   50   53   55   58   61   64   70   78
Méthode pas à pas :
Étape 1 : On a \(n = 11\) valeurs (nombre impair).
→ La médiane est la valeur de rang \(\dfrac{11+1}{2} = 6\). La 6e valeur est ……

Étape 2 : Rang de Q1 = \(\lceil 11/4 \rceil = 3\).
→ Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = ……

Étape 3 : Rang de Q3 = \(\lceil 33/4 \rceil = 9\).
→ Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = ……

Étape 4 : IQR = Q3 − Q1 = …… − …… = ……
1. Compléter les calculs pour trouver Me, Q1, Q3 et l'IQR.
2. L'échantillon de 78 g est-il au-dessus de Q3 ? Fait-il partie des 25 % les plus lourds ?
Pour aller plus loin (au-delà du programme) : il existe un critère, non exigible au lycée professionnel, qui considère une valeur comme « aberrante » si elle dépasse \(Q3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\). On l'utilise seulement comme repère dans la question bonus ci-dessous.
3. Calculer \(Q3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\). La valeur 78 g dépasse-t-elle ce seuil ?
1. Calculs :

Me = 6e valeur = 55 g

Q1 = valeur au rang \(\lceil 11/4 \rceil = 3\) = 48 g

Q3 = valeur au rang \(\lceil 33/4 \rceil = 9\) = 64 g

IQR = 64 − 48 = 16 g

2. Position de la valeur 78 g :

78 g > Q3 = 64 g → la valeur est au-dessus de Q3, donc l'échantillon fait partie des 25 % les plus lourds.

3. Prolongement (au-delà du programme) :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 64 + 1,5 × 16 = 64 + 24 = 88 g.
78 g < 88 g → selon ce critère hors-programme, la valeur ne serait pas considérée comme aberrante. Elle reste simplement parmi les plus lourdes.

Exercice 1-11 Construire une boîte à moustaches — étape par étape Sport — Lancer de poids Socle

Voici les distances (en mètres) de 12 lancers de poids, déjà triées :

5,2   5,8   6,1   6,5   6,9   7,2   7,5   7,8   8,3   8,7   9,1   9,6
Méthode pas à pas :
Étape 1 : Min = …… m  |  Max = …… m
Étape 2 : \(n = 12\) (pair) → Me = moyenne des rangs 6 et 7 = \(\dfrac{…… + ……}{2}\) = …… m
Étape 3 : Rang de Q1 = \(\lceil 12/4 \rceil = 3\) → Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = …… m
Étape 4 : Rang de Q3 = \(\lceil 36/4 \rceil = 9\) → Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = …… m
Étape 5 : Placer Min, Q1, Me, Q3, Max sur un axe gradué de 5 à 10.
1. Compléter les étapes pour trouver les 5 indicateurs.
2. Dessiner la boîte à moustaches sur un axe gradué.
3. Calculer l'écart interquartile. Que représente-t-il pour les lancers ?
1. Les 5 indicateurs :

Min = 5,2 m  |  Max = 9,6 m

Me = \(\dfrac{7{,}2 + 7{,}5}{2} = \mathbf{7{,}35}\) m

Q1 = valeur au rang 3 = 6,1 m

Q3 = valeur au rang 9 = 8,3 m

2. Boîte à moustaches :
3. Écart interquartile :

IQR = Q3 − Q1 = 8,3 − 6,1 = 2,2 m

50 % des lancers se situent entre 6,1 m et 8,3 m. L'IQR montre que la moitié centrale des lancers couvre une plage de 2,2 m.

Exercice 1-12 Classe modale et moyenne — tableau pré-rempli Rénovation — Isolation des combles Socle

Lors d'un diagnostic énergétique, un technicien du bâtiment relève l'épaisseur d'isolant (en cm) présente dans les combles de 30 maisons. Les résultats sont regroupés par classes :

Classe (cm)[4 ; 6[[6 ; 8[[8 ; 10[[10 ; 12[[12 ; 14[Total
Effectif \(n_i\)37125330
Centre \(c_i\)5……………………
\(n_i \times c_i\)15…………………………
Aide : le centre de la classe [4 ; 6[ est \(\dfrac{4+6}{2} = 5\), donc \(n_1 \times c_1 = 3 \times 5 = 15\).
Fais de même pour les quatre autres classes, puis additionne la dernière ligne.
→ Moyenne = \(\dfrac{\text{total de la dernière ligne}}{30}\) = …… cm
Attention — mode ou classe modale ? Le mode est une valeur. Ici les données sont regroupées par classes : on ne connaît plus les épaisseurs exactes, on ne peut donc donner que la classe modale, c'est-à-dire l'intervalle qui a le plus grand effectif.
1. Compléter la ligne des centres de classes.
2. Compléter la ligne des produits \(n_i \times c_i\), puis le total.
3. Calculer l'épaisseur moyenne d'isolant. Arrondir au dixième.
4. Quelle est la classe modale ? Que signifie-t-elle concrètement ?
5. Pour être aidés financièrement, ces combles doivent être réisolés jusqu'à une résistance thermique \(R \geqslant 7\) m²·K/W, ce qui représente environ 30 cm de laine minérale. L'épaisseur moyenne relevée atteint-elle cette valeur ? Combien de centimètres manque-t-il en moyenne ?
1. Centres de classes :

\(c_1 = 5\) ; \(c_2 = \dfrac{6+8}{2} = 7\) ; \(c_3 = \dfrac{8+10}{2} = 9\) ; \(c_4 = \dfrac{10+12}{2} = 11\) ; \(c_5 = \dfrac{12+14}{2} = 13\)

2. Produits et total :

\(3 \times 5 = 15\) ; \(7 \times 7 = 49\) ; \(12 \times 9 = 108\) ; \(5 \times 11 = 55\) ; \(3 \times 13 = 39\)

Total = 15 + 49 + 108 + 55 + 39 = 266

3. Moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{266}{30} \approx \mathbf{8{,}9}\) cm

4. Classe modale :

La classe [8 ; 10[ a le plus grand effectif (12 maisons sur 30). C'est la classe modale : l'épaisseur d'isolant la plus courante se situe entre 8 cm et 10 cm.

5. Comparaison avec l'objectif de 30 cm :

8,9 cm < 30 cm : l'objectif n'est pas atteint, et de loin. Il manque en moyenne 30 − 8,9 = 21,1 cm d'isolant.

Aucune des 30 maisons n'atteint 30 cm (la classe la plus épaisse s'arrête à 14 cm) : tous ces combles doivent être réisolés.

Exercice 1-13 Médiane et quartiles à partir d'un tableau d'effectifs Énergie — Maintenance de chauffage Socle

Un technicien de maintenance énergétique compte le nombre de radiateurs de chaque logement dans une résidence de 20 logements. Le tableau ci-dessous est entièrement rempli : la dernière ligne indique quels rangs de la série triée correspondent à chaque valeur.

Nombre de radiateurs \(x_i\)12345Total
Nombre de logements \(n_i\)2564320
Effectif cumulé27131720
Rangs occupés1 à 23 à 78 à 1314 à 1718 à 20
Méthode pas à pas : on lit tout dans la ligne « rangs occupés ».
Étape 1 : \(n = 20\) (pair) → Me = moyenne des valeurs de rang 10 et 11.
→ Les rangs 10 et 11 sont occupés par la valeur …… → Me = …… radiateurs

Étape 2 : Rang de Q1 = \(\lceil 20/4 \rceil = 5\) → le rang 5 est occupé par la valeur …… → Q1 = ……

Étape 3 : Rang de Q3 = \(\lceil 60/4 \rceil = 15\) → le rang 15 est occupé par la valeur …… → Q3 = ……

Étape 4 : IQR = Q3 − Q1 = …… − …… = ……
1. Compléter les quatre étapes ci-dessus.
2. Quel est le mode de cette série ? Justifier avec la ligne des effectifs.
3. Compléter : « 50 % des logements possèdent entre …… et …… radiateurs. »
4. Le technicien doit poser un robinet thermostatique sur chaque radiateur de la résidence. Combien doit-il en commander ?
1. Les quatre étapes :

Les rangs 10 et 11 sont dans la plage « 8 à 13 », qui correspond à la valeur 3 → Me = \(\dfrac{3+3}{2} = \mathbf{3}\) radiateurs.

Le rang 5 est dans la plage « 3 à 7 » → Q1 = 2 radiateurs.

Le rang 15 est dans la plage « 14 à 17 » → Q3 = 4 radiateurs.

IQR = 4 − 2 = 2 radiateurs.

2. Mode :

Le plus grand effectif est 6 (pour la valeur 3). Le mode est 3 radiateurs : c'est le nombre de radiateurs le plus fréquent.

3. Interprétation :

50 % des logements possèdent entre 2 et 4 radiateurs.

4. Nombre de robinets :

Total de radiateurs = \(1 \times 2 + 2 \times 5 + 3 \times 6 + 4 \times 4 + 5 \times 3 = 2 + 10 + 18 + 16 + 15 = \mathbf{61}\) radiateurs.

Il faut commander 61 robinets thermostatiques (soit en moyenne \(\dfrac{61}{20} = 3{,}05\) radiateurs par logement).

Exercice 1-14 Lire et comparer deux boîtes à moustaches Énergie — Pose de radiateurs Socle

Deux installateurs thermiques, notés A et B, posent des radiateurs. On a représenté la durée de pose (en minutes) de leurs chantiers par deux boîtes à moustaches tracées sur le même axe gradué :

Aide pour lire une boîte à moustaches :
→ le trait le plus à gauche = le minimum ;
→ le bord gauche de la boîte = Q1 ;
→ le trait vertical à l'intérieur de la boîte = la médiane ;
→ le bord droit de la boîte = Q3 ;
→ le trait le plus à droite = le maximum.
Chaque graduation vaut 5 minutes.
1. Relever les 5 indicateurs de l'installateur A, puis ceux de l'installateur B.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de chaque installateur.
3. Lequel des deux est le plus rapide « au milieu » ? Justifier avec la médiane.
4. Lequel est le plus régulier ? Justifier avec l'IQR et l'étendue.
5. Compléter : « 50 % des poses de l'installateur B durent entre …… min et …… min. »
1. Les 5 indicateurs :
MinQ1MeQ3Max
Installateur A2030354560
Installateur B2535404550
2. Étendue et IQR :

Installateur A : Étendue = 60 − 20 = 40 min  |  IQR = 45 − 30 = 15 min

Installateur B : Étendue = 50 − 25 = 25 min  |  IQR = 45 − 35 = 10 min

3. Le plus rapide :

La médiane de l'installateur A est 35 min, celle de l'installateur B est 40 min. L'installateur A est plus rapide : la moitié de ses poses dure 35 min au plus, contre 40 min pour l'installateur B.

4. Le plus régulier :

L'installateur B a un IQR de 10 min (contre 15) et une étendue de 25 min (contre 40). L'installateur B est plus régulier : ses durées sont beaucoup plus resserrées.

5. Interprétation :

50 % des poses de l'installateur B durent entre 35 min et 45 min.

Exercice 1-15 Écart-type d'un contrôle d'épaisseur — tableau amorcé Bâtiment — Coulage de dalle Socle

Un chef de chantier contrôle l'épaisseur (en mm) de 5 dalles de béton coulées dans la journée. Les mesures sont déjà triées :

196   198   199   202   205
On te donne : la somme des 5 épaisseurs vaut 1 000 mm, donc \(\bar{x} = \dfrac{1\,000}{5} = 200\) mm.
Complète maintenant le tableau (la première ligne est faite) :

xixi − x̄(xi − x̄)²
196196 − 200 = −4(−4)² = 16
198198 − 200 = ……(……)² = ……
199…………
202…………
205…………
Somme……

→ Variance = \(\dfrac{……}{5}\) = ……
→ Écart-type = \(\sqrt{……}\) ≈ …… mm
1. Compléter le tableau ci-dessus.
2. Calculer la variance, puis l'écart-type. Arrondir au dixième.
3. L'épaisseur visée est 200 mm avec une tolérance de ± 5 mm. Toutes les dalles sont-elles conformes ?
4. L'écart-type est-il petit ou grand par rapport à la moyenne ? Que peut-on en conclure sur le coulage ?
1. Tableau complété :
xixi − x̄(xi − x̄)²
196−416
198−24
199−11
202+24
205+525
Somme050
2. Variance et écart-type :

Variance = \(\dfrac{50}{5} = 10\) mm²

Écart-type = \(\sqrt{10} \approx \mathbf{3{,}2}\) mm

3. Conformité :

La tolérance donne l'intervalle [195 ; 205]. Les 5 épaisseurs (196 ; 198 ; 199 ; 202 ; 205) sont toutes dans cet intervalle : les dalles sont conformes. La dalle de 205 mm est toutefois à la limite haute.

4. Interprétation :

3,2 mm représente environ 1,6 % de la moyenne (200 mm) : l'écart-type est petit. Le coulage est donc régulier, les épaisseurs se ressemblent beaucoup d'une dalle à l'autre.

Exercice 1-16 Une saison de handball — Mode, moyenne et médiane pas à pas Sport — Handball Socle

Une joueuse de handball a disputé 20 matchs cette saison. On a compté le nombre de buts qu'elle a marqués à chaque match. Le tableau ci-dessous est entièrement rempli sauf la ligne des produits : la dernière ligne indique quels rangs de la série triée correspondent à chaque valeur.

Buts marqués \(x_i\)234567Total
Nombre de matchs \(n_i\)24643120
\(n_i \times x_i\)41224……………………
Rangs occupés1 à 23 à 67 à 1213 à 1617 à 1920
Méthode pas à pas :
Étape 1 : les trois premiers produits sont calculés pour toi.
→ \(n_4 \times x_4 = 4 \times 5 = \) ……  |  \(n_5 \times x_5 = 3 \times 6 = \) ……  |  \(n_6 \times x_6 = 1 \times 7 = \) ……
→ Nombre total de buts \(= 4 + 12 + 24 + \) …… \( + \) …… \( + \) …… \( = \) ……
→ Moyenne \(= \dfrac{……}{20} = \) …… buts par match

Étape 2 : \(n = 20\) (nombre pair) → la médiane est la moyenne des valeurs de rang 10 et de rang 11.
→ On lit ces deux rangs dans la ligne « rangs occupés » : ils sont occupés par la valeur …… → Me = …… buts
1. Vérifier que la joueuse a bien disputé 20 matchs.
2. Compléter la ligne \(n_i \times x_i\) et le total, puis calculer la moyenne de buts par match.
3. Quel est le mode de cette série ? Que signifie-t-il concrètement ?
4. Calculer l'étendue de la série. Que mesure-t-elle ici ?
5. Déterminer la médiane en complétant l'étape 2.
6. La joueuse déclare : « en général, je marque 4 buts par match ». Quel indicateur emploie-t-elle ? Est-ce cohérent avec les calculs ?
1. Effectif total :

\(2 + 4 + 6 + 4 + 3 + 1 = \mathbf{20}\) matchs ✓ — le total du tableau est correct.

2. Produits et moyenne :

\(4 \times 5 = \mathbf{20}\)  |  \(3 \times 6 = \mathbf{18}\)  |  \(1 \times 7 = \mathbf{7}\)

Nombre total de buts : \(4 + 12 + 24 + 20 + 18 + 7 = \mathbf{85}\) buts.

\(\bar{x} = \dfrac{\sum n_i \times x_i}{N} = \dfrac{85}{20} = \mathbf{4{,}25}\) buts par match.

3. Mode :

Le mode est la valeur dont l'effectif est le plus élevé. Le plus grand effectif est 6 (ligne \(n_i\)), il correspond à la valeur 4.

Le mode est \(\mathbf{4}\) buts : 4 buts est le score le plus fréquent, réalisé lors de 6 matchs sur 20.

4. Étendue :

Étendue \(= x_{\max} - x_{\min} = 7 - 2 = \mathbf{5}\) buts.

C'est l'écart entre son meilleur et son moins bon match : ses totaux vont de 2 à 7 buts, soit une plage de 5 buts. L'étendue ne regarde que les deux valeurs extrêmes : elle ne dit rien de la façon dont les 20 matchs se répartissent à l'intérieur de cette plage.

5. Médiane :

\(N = 20\) est pair : Me est la moyenne des valeurs de rang 10 et de rang 11.

D'après la ligne « rangs occupés », les rangs 7 à 12 correspondent à la valeur 4 : les rangs 10 et 11 valent donc tous les deux 4.

\(Me = \dfrac{4 + 4}{2} = \mathbf{4}\) buts. La moitié de ses matchs se termine à 4 buts ou moins.

6. « En général, je marque 4 buts » :

Elle emploie le mode (le score le plus fréquent), qui vaut ici 4 buts — et qui coïncide avec la médiane, également égale à 4.

C'est cohérent. La moyenne, elle, vaut 4,25 buts : elle est légèrement plus élevée parce que ses gros matchs (6 et 7 buts) tirent la moyenne vers le haut. Les trois indicateurs de position restent très proches (4 ; 4 ; 4,25) : la série est assez symétrique autour de 4 buts, avec une légère traîne du côté des gros scores. ✓

Exercice 1-17 Nivellement — contrôler une dénivelée mesurée six fois Bâtiment — Nivellement Socle

Sur un chantier, un technicien géomètre doit connaître la dénivelée entre la borne A et le repère B, c'est-à-dire de combien B est plus haut que A. Il réalise un nivellement au niveau de chantier et à la mire.

Pour contrôler son travail, il ne se contente pas d'une seule détermination : il fait un cheminement aller-retour. Il détermine la dénivelée 3 fois à l'aller (de A vers B), puis 3 fois au retour (de B vers A), en réinstallant le niveau et la mire à chaque fois. Les trois valeurs du retour ont déjà été changées de signe pour être comparables à celles de l'aller.

Détermination1 (aller)2 (aller)3 (aller)4 (retour)5 (retour)6 (retour)
Dénivelée A→B (m)2,3462,3492,3492,3452,3482,345

Deux contrôles sont prévus au cahier des charges : un contrôle de la dispersion des six déterminations, et un contrôle de la fermeture, c'est-à-dire de l'écart entre ce que donne l'aller et ce que donne le retour.

On te donne : la somme des 6 déterminations vaut 14,082 m, donc \(\bar{x} = \dfrac{14{,}082}{6} = 2{,}347\) m.
Astuce : les nombres se ressemblent beaucoup. On travaille donc les écarts en millimètres (1 mm = 0,001 m). Par exemple : 2,346 − 2,347 = −0,001 m = −1 mm.

Complète le tableau (les deux premières lignes sont faites) :

Détermination (m)Écart à la moyenne (mm)(écart)² (mm²)
2,346−1(−1)² = 1
2,349+2(+2)² = 4
2,349…………
2,345…………
2,348…………
2,345…………
Somme…………

→ Variance = \(\dfrac{……}{6}\) = …… mm²    → Écart-type = \(\sqrt{……}\) ≈ …… mm
1. Compléter le tableau ci-dessus.
2. Calculer l'étendue de la série, en millimètres.
3. Calculer la variance, puis l'écart-type de la série. Arrondir l'écart-type au dixième de millimètre.
4. Contrôle de dispersion. Le cahier des charges du chantier fixe une tolérance de 8 mm : l'écart entre la plus forte et la plus faible détermination doit rester inférieur à 8 mm. Ce premier contrôle est-il satisfait ?
5. Contrôle de fermeture. On compare maintenant l'aller et le retour.
a. Calculer la moyenne des trois déterminations de l'aller, puis la moyenne des trois déterminations du retour. On donne : somme de l'aller = 7,044 m ; somme du retour = 7,038 m.
b. L'écart de fermeture est l'écart entre ces deux moyennes. Le calculer, en millimètres.
c. La tolérance de fermeture est de 4 mm. Ce second contrôle est-il satisfait ?
1. Tableau complété :
Détermination (m)Écart à la moyenne (mm)(écart)² (mm²)
2,346−11
2,349+24
2,349+24
2,345−24
2,348+11
2,345−24
Somme018

La somme des écarts vaut 0 : c'est le contrôle habituel, il confirme que la moyenne 2,347 m est bien calculée.

2. Étendue :

Plus forte détermination : 2,349 m  |  plus faible : 2,345 m.

Étendue = 2,349 − 2,345 = 0,004 m = 4 mm

3. Variance et écart-type :

Variance = \(\dfrac{18}{6} = 3\) mm²

Écart-type = \(\sqrt{3} \approx \mathbf{1{,}7}\) mm

Autrement dit, les déterminations s'écartent en moyenne d'environ 1,7 mm de la valeur retenue : c'est ce que l'on attend d'un nivellement soigné sur une courte portée.

4. Contrôle de dispersion :

L'étendue vaut 4 mm et la tolérance est de 8 mm. Or \(4 \lt 8\) : le premier contrôle est satisfait.

Aucune détermination ne s'écarte anormalement des autres. Si l'étendue avait dépassé 8 mm, il aurait fallu chercher l'erreur (mire mal calée, bulle non réglée, lecture inversée) et recommencer les déterminations.

5. Contrôle de fermeture :

a. Aller : \(\dfrac{7{,}044}{3} = \mathbf{2{,}348}\) m   |   Retour : \(\dfrac{7{,}038}{3} = \mathbf{2{,}346}\) m

b. Écart de fermeture = 2,348 − 2,346 = 0,002 m = 2 mm

c. La tolérance de fermeture est de 4 mm. Or \(2 \lt 4\) : le second contrôle est satisfait.

Pourquoi faire l'aller et le retour ? Les deux contrôles ne disent pas la même chose. L'étendue mesure la dispersion : elle repère la détermination qui part de travers. Mais si le niveau est mal réglé — sa ligne de visée n'est pas rigoureusement horizontale —, l'erreur qu'il introduit va toujours du même côté tant qu'on chemine de A vers B. Les six déterminations seraient alors toutes décalées ensemble, bien groupées, et l'étendue n'y verrait rien : répéter six fois dans le même sens n'aurait jamais permis de détecter ce défaut. En repartant de B vers A, la même erreur se reporte de l'autre côté : l'écart entre la moyenne de l'aller et celle du retour la révèle, et la moyenne des six l'annule.

Ici l'écart de fermeture est petit (2 mm) : le niveau est bien réglé, et la moyenne des six déterminations peut être retenue.

Conclusion. Les deux contrôles étant satisfaits, c'est la moyenne \(\bar{x} = 2{,}347\) m qui est retenue comme dénivelée entre A et B. C'est elle, et non l'une des six lectures, qui servira ensuite à calculer l'altitude du repère B et à implanter les niveaux du chantier.

Exercice 1-18 Mesures répétées en TP — chronométrer un pendule Sciences — Mesure au chronomètre Socle

En travaux pratiques, la classe étudie un pendule : une petite masse suspendue à un fil, qu'on écarte puis qu'on lâche. Elle va et vient toujours à la même cadence.

Chronométrer un seul aller-retour serait trop court : le temps de réaction de l'élève fausserait tout. Les 10 binômes de la classe chronomètrent donc chacun, sur le même pendule, la durée de 10 allers-retours. Voici les 10 résultats, dans l'ordre des binômes (la série n'est pas triée) :

Binôme12345678910
Durée de 10 allers-retours (s)14,214,614,014,514,314,814,114,414,314,8
Étape 1 — ranger la série. Trois valeurs sont déjà placées :

Rang12345678910
Durée (s)14,0…………14,3……………………14,8……

Étape 2 — la moyenne. On te donne la somme des 10 durées : 144,0 s.
→ \(\bar{x} = \dfrac{144{,}0}{10}\) = …… s

Étape 3 — la médiane. La série a \(n = 10\) valeurs : c'est un nombre pair.
→ Me = moyenne des valeurs de rang 5 et de rang 6 = \(\dfrac{…… + ……}{2}\) = …… s

Étape 4 — les quartiles.
→ Rang de Q1 = \(\lceil 10/4 \rceil = 3\)  →  Q1 = valeur de rang 3 = …… s
→ Rang de Q3 = \(\lceil 30/4 \rceil = 8\)  →  Q3 = valeur de rang 8 = …… s
→ IQR = Q3 − Q1 = …… − …… = …… s
1. Compléter le tableau de l'étape 1 en rangeant les 10 durées par ordre croissant.
2. Relever le minimum et le maximum, puis calculer l'étendue de la série.
3. Compléter l'étape 2 : calculer la durée moyenne des 10 allers-retours.
4. Compléter les étapes 3 et 4 : médiane, Q1, Q3 et écart interquartile.
5. La classe retient la moyenne comme durée de 10 allers-retours. En déduire la durée d'un seul aller-retour.
1. Série rangée par ordre croissant :
Rang12345678910
Durée (s)14,014,114,214,314,314,414,514,614,814,8

La valeur 14,3 s apparaît deux fois (binômes 5 et 9) et la valeur 14,8 s aussi (binômes 6 et 10) : on les écrit bien toutes les deux, la série compte toujours 10 valeurs.

2. Minimum, maximum, étendue :

Min = 14,0 s  |  Max = 14,8 s

Étendue = 14,8 − 14,0 = 0,8 s

3. Durée moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{144{,}0}{10} = \mathbf{14{,}4\ \text{s}}\)

4. Médiane et quartiles :

\(n = 10\) est pair : Me = \(\dfrac{14{,}3 + 14{,}4}{2} = \mathbf{14{,}35\ \text{s}}\) (valeurs de rang 5 et de rang 6).

Q1 = valeur de rang 3 = 14,2 s  |  Q3 = valeur de rang 8 = 14,6 s

IQR = 14,6 − 14,2 = 0,4 s : la moitié centrale des binômes tient dans 4 dixièmes de seconde.

5. Durée d'un aller-retour :

La moyenne porte sur 10 allers-retours. Un seul aller-retour dure donc :

\(\dfrac{14{,}4}{10} = \mathbf{1{,}44\ \text{s}}\)

Pourquoi chronométrer 10 allers-retours et non un seul ? Chaque binôme se trompe d'environ 2 dixièmes de seconde en déclenchant et en arrêtant le chronomètre. Sur un aller-retour de 1,44 s, cette erreur représenterait déjà plus de 10 % du résultat. En chronométrant 10 allers-retours, on commet la même erreur de 2 dixièmes… mais sur 14,4 s, et on la divise ensuite par 10 en repassant à un aller-retour. C'est exactement ce que montre la série : les binômes s'écartent de 0,8 s au maximum les uns des autres (l'étendue), soit seulement 0,08 s une fois ramené à un aller-retour.

Exercices d'application

Exercice 2-1 Calculer les indicateurs d'une série Standard

Un menuisier relève la durée (en minutes) de ses 9 dernières interventions de pose de plinthes :

35   42   28   55   38   42   31   47   42

  1. Ranger la série par ordre croissant.
  2. Déterminer l'étendue de cette série.
  3. Calculer la moyenne (arrondir au dixième).
  4. Déterminer la médiane. Justifier.
  5. Quel est le mode de cette série ?
  6. Déterminer les quartiles \(Q_1\) et \(Q_3\), puis l'écart interquartile.

1. Série triée : 28 ; 31 ; 35 ; 38 ; 42 ; 42 ; 42 ; 47 ; 55.

2. Étendue = 55 − 28 = 27 min.

3. Somme = 28 + 31 + 35 + 38 + 42 + 42 + 42 + 47 + 55 = 360. Moyenne = \(\dfrac{360}{9} = \mathbf{40{,}0}\) min.

4. 9 valeurs → la médiane est la 5e valeur : Me = 42 min.

5. Le mode est 42 (apparaît 3 fois).

6. \(N = 9\) → Rang de \(Q_1 = \lceil 9/4 \rceil = 3\) → \(Q_1\) = 3e valeur = 35 min.
Rang de \(Q_3 = \lceil 27/4 \rceil = 7\) → \(Q_3\) = 7e valeur = 42 min.
Écart interquartile : \(Q_3 - Q_1 = 42 - 35 = \mathbf{7}\) min.

Exercice 2-2 Quartiles et écart interquartile Maintenance industrielle Standard
Min Q1 Méd Q3 Max

Voici les temps de réparation (en minutes) relevés par un technicien sur 12 interventions, déjà triés :

Rang123456789101112
Durée (min)121518202325283035384250

Guide — Calculer Q1 et Q3 pour n = 12 valeurs :

1
Trouver la médiane (entre les rangs 6 et 7).
2
Q1 : valeur au rang \(\lceil N/4 \rceil\) de la série triée.
3
Q3 : valeur au rang \(\lceil 3N/4 \rceil\) de la série triée.
4
Calculer l'écart interquartile : \(\text{IQR} = Q3 - Q1\).
1. Calculer la médiane de la série.
2. Calculer Q1 et Q3.
3. Calculer l'écart interquartile (IQR). Que représente-t-il ?
4. Interpréter : 50 % des interventions ont une durée comprise entre quelles valeurs ?
1. Médiane (n = 12, pair) :

Me = moyenne des valeurs de rang 6 et 7 = \(\dfrac{25 + 28}{2} = \mathbf{26{,}5 \text{ min}}\)

2. Q1 et Q3 :

Rang de Q1 = \(\lceil 12/4 \rceil = 3\) → Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = 18 min

Rang de Q3 = \(\lceil 36/4 \rceil = 9\) → Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = 35 min

3. Écart interquartile :

\(\text{IQR} = Q3 - Q1 = 35 - 18 = \mathbf{17 \text{ min}}\)
L'IQR représente la plage de durée des 50 % d'interventions « du milieu » (ni les plus courtes, ni les plus longues). Il mesure la dispersion sans être perturbé par les valeurs extrêmes.

4. Interprétation :

50 % des interventions durent entre 18 min et 35 min.

Exercice 2-3 Comparer deux séries : régularité et performance Comparaison de techniciens Standard

Deux techniciens ont réalisé chacun 8 interventions. Voici leurs durées (en minutes) :

TechnicienInt. 1Int. 2Int. 3Int. 4Int. 5Int. 6Int. 7Int. 8
Technicien A4530603540555038
Technicien B2570208030652872
1. Calculer la moyenne de chacun des deux techniciens.
2. Trier les séries, puis trouver la médiane de chacun.
3. Calculer l'étendue de chaque série.
4. Lequel des deux techniciens est le plus régulier ? Justifier à partir des indicateurs calculés.
1. Moyennes :

Technicien A : \(\bar{x}_A = \dfrac{45+30+60+35+40+55+50+38}{8} = \dfrac{353}{8} \approx \mathbf{44{,}1 \text{ min}}\)

Technicien B : \(\bar{x}_B = \dfrac{25+70+20+80+30+65+28+72}{8} = \dfrac{390}{8} \approx \mathbf{48{,}8 \text{ min}}\)

2. Médianes (séries triées) :

A trié : 30, 35, 38, 40, 45, 50, 55, 60 → Me\(_A\) = \(\dfrac{40+45}{2} = \mathbf{42{,}5 \text{ min}}\)

B trié : 20, 25, 28, 30, 65, 70, 72, 80 → Me\(_B\) = \(\dfrac{30+65}{2} = \mathbf{47{,}5 \text{ min}}\)

3. Étendues :

Étendue A = 60 − 30 = 30 min  |  Étendue B = 80 − 20 = 60 min

4. Régularité :

Le technicien A a une étendue deux fois plus faible (30 min contre 60 min). Ses valeurs sont bien groupées autour de sa moyenne (44,1 min). Le technicien B alterne entre des interventions très courtes (20 min) et très longues (80 min) : il est beaucoup moins régulier.
Le technicien A est plus régulier.

Exercice 2-4 Moyenne pondérée à partir d'un tableau d'effectifs Suivi qualité — Équipements Standard

Un responsable de maintenance suit le nombre de pannes par équipement sur 30 jours. Voici le tableau de relevé :

Nombre de pannes (xi)012345
Nombre de jours (ni)687531
Fréquence (ni/30)
ni × xi
1. Vérifier que la somme des effectifs vaut bien 30.
2. Compléter le tableau : calculer les fréquences et les produits \(n_i \times x_i\).
3. Calculer la moyenne pondérée du nombre de pannes par jour.
4. L'objectif du service est de rester en dessous de 2 pannes par jour en moyenne. L'objectif est-il atteint ?
1. Vérification effectifs :

\(6 + 8 + 7 + 5 + 3 + 1 = \mathbf{30}\) jours. ✔

2. Tableau complété :
xi012345Total
ni68753130
Fréquence0,200,270,230,170,100,031,00
ni × xi08141512554
3. Moyenne pondérée :

\(\bar{x} = \dfrac{\sum n_i x_i}{\sum n_i} = \dfrac{54}{30} = \mathbf{1{,}8 \text{ panne/jour}}\)

4. Interprétation :

1,8 < 2 → l'objectif est atteint. En moyenne, il y a moins de 2 pannes par jour.


Exercice 2-5 Calcul et interprétation de l'écart-type Énergie — Climatisation Standard

Un technicien relève la consommation mensuelle d'un climatiseur (en kWh) sur 6 mois :

120   145   132   158   128   139
Méthode — Calculer l'écart-type : 1. Calculer la moyenne \(\bar{x}\).   2. Pour chaque valeur, calculer l'écart à la moyenne \((x_i - \bar{x})\).   3. Élever chaque écart au carré.   4. Faire la moyenne de ces carrés (variance).   5. Prendre la racine carrée.
1. Calculer la moyenne \(\bar{x}\).
2. Compléter un tableau avec les colonnes : \(x_i\), \((x_i - \bar{x})\), \((x_i - \bar{x})^2\).
3. Calculer la variance \(\sigma^2\), puis l'écart-type \(\sigma\). Arrondir à 0,1 kWh.
4. Interpréter : la consommation est-elle régulière ? Que peut-on conseiller techniquement ?
1. Moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{120 + 145 + 132 + 158 + 128 + 139}{6} = \dfrac{822}{6} = \mathbf{137 \text{ kWh}}\)

2. Tableau des écarts :
xixi − x̄(xi − x̄)²
120−17289
145+864
132−525
158+21441
128−981
139+24
Somme0904
3. Variance et écart-type :

\(\sigma^2 = \dfrac{904}{6} \approx 150{,}7 \text{ kWh}^2\)

\(\sigma = \sqrt{150{,}7} \approx \mathbf{12{,}3 \text{ kWh}}\)

4. Interprétation :

La consommation moyenne est de 137 kWh, avec un écart-type de 12,3 kWh (soit environ 9 % de la moyenne). La dispersion est modérée : la consommation varie entre les mois, probablement selon les saisons. On conseille de vérifier l'isolation du local et le réglage du thermostat pour lisser la consommation.

Exercice 2-6 Boîte à moustaches — Représenter et lire les 5 indicateurs clés Organisation du travail Standard
Rappel — repérer une valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Une valeur simplement extrême ne l’est pas forcément — c’est ce que la question 5 fait constater.

Voici les temps d'intervention (en minutes) d'un technicien sur 15 dépannages, triés par ordre croissant :

10   14   18   20   23   25   28   30   33   36   38   42   45   52   68
1. Identifier le minimum et le maximum.
2. Trouver la médiane (Me). Justifier.
3. Calculer Q1 (valeur au rang \(\lceil N/4 \rceil\)) et Q3 (valeur au rang \(\lceil 3N/4 \rceil\)).
4. Résumer les 5 indicateurs : Min, Q1, Me, Q3, Max. Décrire la boîte à moustaches correspondante en plaçant ces valeurs sur un axe gradué de 0 à 70.
5. Calculer l'écart interquartile. 68 min paraît-il une valeur inhabituelle ?
1. Min et Max :

Min = 10 min  |  Max = 68 min

2. Médiane (n = 15) :

La médiane est la valeur de rang \(\dfrac{15+1}{2} = 8\). La 8e valeur est Me = 30 min.

3. Q1 et Q3 :

Rang de Q1 = \(\lceil 15/4 \rceil = 4\) → Q1 = valeur au rang 4 de la série triée = 20 min

Rang de Q3 = \(\lceil 45/4 \rceil = 12\) → Q3 = valeur au rang 12 de la série triée = 42 min

4. Les 5 indicateurs :
MinQ1MeQ3Max
1020304268

Boîte à moustaches :

5. Valeur aberrante ? :

\(\text{IQR} = 42 - 20 = \mathbf{22 \text{ min}}\)
Seuil haut = \(Q3 + 1{,}5 \times \text{IQR} = 42 + 33 = 75 \text{ min}\)
68 < 75 → la valeur 68 n'est pas formellement aberrante selon la règle des 1,5×IQR, mais elle est nettement plus éloignée du reste du groupe. À surveiller.

Exercice 2-7 Moyenne pondérée avec données groupées par classes Menuiserie — Longueurs de tasseaux Standard

Un fabricant de mobilier mesure la longueur (en cm) de 40 tasseaux après découpe. Les résultats sont regroupés :

Classe (cm)[58 ; 60[[60 ; 62[[62 ; 64[[64 ; 66[Total
Effectif \(n_i\)51812540
1. Calculer le centre de chaque classe.
2. Calculer la moyenne pondérée des longueurs.
3. Quelle est la classe modale ? Interpréter.
4. La longueur nominale est 62 cm. Les tasseaux sont-ils en moyenne conformes ?
1. Centres de classes :

\(c_1 = \dfrac{58+60}{2} = 59\) ; \(c_2 = \dfrac{60+62}{2} = 61\) ; \(c_3 = \dfrac{62+64}{2} = 63\) ; \(c_4 = \dfrac{64+66}{2} = 65\)

2. Moyenne pondérée :

\(\sum n_i c_i = 5 \times 59 + 18 \times 61 + 12 \times 63 + 5 \times 65 = 295 + 1\,098 + 756 + 325 = \mathbf{2\,474}\)

\(\bar{x} = \dfrac{2\,474}{40} = \mathbf{61{,}85}\) cm

3. Classe modale :

La classe [60 ; 62[ a le plus grand effectif (18). C'est la classe modale : la majorité des tasseaux mesure entre 60 et 62 cm.

4. Conformité :

La moyenne (61,85 cm) est légèrement inférieure à 62 cm. Les tasseaux sont proches de la cible mais tendent à être un peu courts. Un léger ajustement du réglage de la scie est conseillé.

Exercice 2-8 Médiane, quartiles et interprétation médicale Santé — Tension artérielle Standard

La tension systolique (en mmHg) de 16 patients d'un cabinet médical a été mesurée :

115   128   132   140   118   135   142   125   155   130   122   138   148   120   136   145
1. Trier la série par ordre croissant.
2. Déterminer la médiane. Justifier.
3. Calculer Q1 et Q3, puis l'écart interquartile.
4. Une tension supérieure à 140 mmHg est considérée comme de l'hypertension. Quel pourcentage de patients environ est concerné ? (Utiliser les quartiles pour estimer.)
1. Série triée :

115, 118, 120, 122, 125, 128, 130, 132, 135, 136, 138, 140, 142, 145, 148, 155

2. Médiane (n = 16, pair) :

Me = moyenne des rangs 8 et 9 = \(\dfrac{132 + 135}{2} = \mathbf{133{,}5}\) mmHg

3. Q1 et Q3 :

Rang de Q1 = \(\lceil 16/4 \rceil = 4\) → Q1 = valeur au rang 4 de la série triée = 122 mmHg

Rang de Q3 = \(\lceil 48/4 \rceil = 12\) → Q3 = valeur au rang 12 de la série triée = 140 mmHg

IQR = 140 − 122 = 18 mmHg

4. Estimation de l'hypertension :

L'hypertension correspond ici à une tension strictement supérieure à 140 mmHg (la valeur 140 n'est donc pas comptée). Les patients concernés sont : 142, 145, 148, 155 → 4 patients sur 16, soit 25 %. On retrouve bien l'ordre de grandeur donné par Q3 = 140 mmHg : environ un quart des patients dépasse cette valeur.

Exercice 2-9 Comparer deux séries à l'aide des boîtes à moustaches Énergie — Consommation de chaudières Standard
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un technicien chauffagiste compare la consommation journalière (en kWh) de deux chaudières sur 20 jours. Voici les indicateurs résumés :

IndicateurChaudière AChaudière B
Minimum1825
Q12230
Médiane2835
Q33538
Maximum5242
1. Calculer l'étendue et l'IQR de chaque chaudière.
2. Quelle chaudière consomme le moins en général ? Justifier à l'aide de la médiane.
3. Quelle chaudière est la plus régulière ? Justifier à l'aide de l'IQR et de l'étendue.
4. La chaudière A a un maximum de 52 kWh. Cette valeur est-elle aberrante ? Utiliser la règle des 1,5 × IQR.
5. Quelle chaudière le technicien doit-il conseiller à un client qui souhaite une consommation prévisible ? Justifier.
1. Étendue et IQR :

Chaudière A : Étendue = 52 − 18 = 34 kWh  |  IQR = 35 − 22 = 13 kWh

Chaudière B : Étendue = 42 − 25 = 17 kWh  |  IQR = 38 − 30 = 8 kWh

2. Consommation :

La chaudière A a une médiane de 28 kWh contre 35 kWh pour B. La chaudière A consomme globalement moins.

3. Régularité :

La chaudière B a un IQR de 8 kWh (contre 13) et une étendue de 17 kWh (contre 34). La chaudière B est plus régulière.

4. Valeur aberrante :

Seuil haut pour A = Q3 + 1,5 × IQR = 35 + 1,5 × 13 = 35 + 19,5 = 54,5 kWh.
52 < 54,5 → la valeur 52 kWh n'est pas aberrante selon cette règle, mais elle est élevée.

5. Conseil :

Pour une consommation prévisible, la chaudière B est préférable : son IQR est plus faible (8 kWh) et son étendue est moitié moindre. Sa consommation est plus stable jour après jour, même si elle est un peu plus élevée en moyenne.

Exercice 2-10 Indicateurs complets d'une série avec effectifs Science — Précipitations Standard

On relève le nombre de jours de pluie par mois dans une ville sur une année :

Nb de jours de pluie35791113
Nombre de mois123321
1. Vérifier que le nombre total de mois est 12.
2. Calculer la moyenne pondérée du nombre de jours de pluie par mois.
3. Reconstituer la série ordonnée de 12 valeurs, puis déterminer la médiane.
4. Déterminer Q1 et Q3. En déduire l'IQR.
5. Cette ville reçoit-elle des précipitations de manière régulière au fil de l'année ? Justifier avec l'IQR.
1. Total :

\(1 + 2 + 3 + 3 + 2 + 1 = \mathbf{12}\) mois. ✔

2. Moyenne pondérée :

\(\sum n_i x_i = 1 \times 3 + 2 \times 5 + 3 \times 7 + 3 \times 9 + 2 \times 11 + 1 \times 13 = 3 + 10 + 21 + 27 + 22 + 13 = \mathbf{96}\)

\(\bar{x} = \dfrac{96}{12} = \mathbf{8}\) jours de pluie par mois.

3. Série ordonnée et médiane :

3 ; 5 ; 5 ; 7 ; 7 ; 7 ; 9 ; 9 ; 9 ; 11 ; 11 ; 13

n = 12 (pair) → Me = moyenne des rangs 6 et 7 = \(\dfrac{7 + 9}{2} = \mathbf{8}\) jours.

4. Q1 et Q3 :

Rang de Q1 = \(\lceil 12/4 \rceil = 3\) → Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = 5 jours.

Rang de Q3 = \(\lceil 36/4 \rceil = 9\) → Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = 9 jours.

IQR = 9 − 5 = 4 jours.

5. Interprétation :

L'IQR de 4 jours est modéré par rapport à la moyenne de 8 jours. Les précipitations sont relativement régulières au fil de l'année : 50 % des mois comptent entre 5 et 9 jours de pluie.

Exercice 2-11 Écart-type et comparaison de régularité Menuiserie — Temps de montage Standard

Deux menuisiers assemblent des meubles. Voici les temps de montage (en minutes) de 5 meubles chacun :

Meuble 1Meuble 2Meuble 3Meuble 4Meuble 5
Menuisier P4548504750
Menuisier Q3560425548
1. Calculer la moyenne de chaque menuisier.
2. Calculer l'écart-type de chaque menuisier (arrondir à 0,1 min).
3. Les deux menuisiers ont-ils la même vitesse moyenne ? Lequel est le plus régulier ? Justifier.
4. Pour un client exigeant qui veut un délai garanti, quel menuisier faut-il envoyer ? Expliquer.
1. Moyennes :

Menuisier P : \(\bar{x}_P = \dfrac{45+48+50+47+50}{5} = \dfrac{240}{5} = \mathbf{48}\) min

Menuisier Q : \(\bar{x}_Q = \dfrac{35+60+42+55+48}{5} = \dfrac{240}{5} = \mathbf{48}\) min

2. Écarts-types :

Menuisier P :
Écarts : (−3)² + (0)² + (2)² + (−1)² + (2)² = 9 + 0 + 4 + 1 + 4 = 18
\(\sigma_P = \sqrt{\dfrac{18}{5}} = \sqrt{3{,}6} \approx \mathbf{1{,}9}\) min

Menuisier Q :
Écarts : (−13)² + (12)² + (−6)² + (7)² + (0)² = 169 + 144 + 36 + 49 + 0 = 398
\(\sigma_Q = \sqrt{\dfrac{398}{5}} = \sqrt{79{,}6} \approx \mathbf{8{,}9}\) min

3. Comparaison :

Les deux menuisiers ont exactement la même moyenne (48 min), mais le menuisier P a un écart-type de 1,9 min contre 8,9 min pour Q. Le menuisier P est beaucoup plus régulier.

4. Conseil :

Pour un client exigeant un délai garanti, il faut envoyer le menuisier P : ses temps de montage sont très prévisibles (entre 45 et 50 min), alors que le menuisier Q peut prendre de 35 à 60 min, ce qui rend le planning incertain.

Exercice 2-12 Construire une boîte à moustaches à partir de relevés bruts Énergie — Ventilation Standard

Un technicien CVC mesure le débit d'air (en m³/h) aux 13 bouches d'extraction d'un immeuble de bureaux. Voici les relevés, dans l'ordre des bouches :

145   160   132   158   170   150   138   165   155   142   175   148   162
1. Ranger la série par ordre croissant.
2. Déterminer le minimum, le maximum et l'étendue.
3. Déterminer la médiane. Justifier le rang utilisé.
4. Calculer \(Q_1\) (rang \(\lceil N/4 \rceil\)) et \(Q_3\) (rang \(\lceil 3N/4 \rceil\)), puis l'écart interquartile.
5. Construire la boîte à moustaches sur un axe gradué de 130 à 180 m³/h.
6. Le cahier des charges impose un débit d'au moins 140 m³/h par bouche. Combien de bouches sont non conformes ? Quel pourcentage cela représente-t-il ?
1. Série triée :

132 ; 138 ; 142 ; 145 ; 148 ; 150 ; 155 ; 158 ; 160 ; 162 ; 165 ; 170 ; 175

2. Minimum, maximum, étendue :

Min = 132 m³/h  |  Max = 175 m³/h → Étendue = 175 − 132 = 43 m³/h

3. Médiane (N = 13, impair) :

La médiane est la valeur de rang \(\dfrac{13+1}{2} = 7\). La 7e valeur est Me = 155 m³/h.

4. Quartiles et IQR :

Rang de \(Q_1 = \lceil 13/4 \rceil = \lceil 3{,}25 \rceil = 4\) → \(Q_1\) = valeur au rang 4 = 145 m³/h

Rang de \(Q_3 = \lceil 39/4 \rceil = \lceil 9{,}75 \rceil = 10\) → \(Q_3\) = valeur au rang 10 = 162 m³/h

IQR = 162 − 145 = 17 m³/h : 50 % des bouches débitent entre 145 et 162 m³/h.

Pour information : la somme des 13 débits vaut 2 000, donc \(\bar{x} = \dfrac{2\,000}{13} \approx 153{,}8\) m³/h — très proche de la médiane, signe d'une série peu déformée par des valeurs extrêmes.

5. Boîte à moustaches :
6. Conformité :

Les bouches non conformes sont celles dont le débit est inférieur à 140 m³/h : 132 et 138, soit 2 bouches sur 13.

\(\dfrac{2}{13} \approx 0{,}154\) → environ 15,4 % des bouches sont à régler.

Exercice 2-13 Lire une boîte à moustaches et annoncer un délai Bâtiment — Approvisionnement de chantier Standard

Un conducteur de travaux a relevé le délai de livraison (en jours) des 60 dernières commandes de matériaux. Le diagramme en boîte ci-dessous résume cette série : aucune valeur n'est écrite, il faut les lire sur l'axe gradué.

1. Relever le minimum, \(Q_1\), la médiane, \(Q_3\) et le maximum.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile.
3. Quelle proportion des commandes est livrée en 10 jours au plus ? en 20 jours au plus ? entre 10 et 20 jours ?
4. Combien de commandes, sur les 60, ont mis plus de 20 jours (environ) ?
5. Le conducteur de travaux veut annoncer un délai fiable à son client. Est-il prudent d'annoncer 15 jours ? Rédiger une réponse argumentée à l'aide de la médiane et de \(Q_3\).
1. Lecture des 5 indicateurs :

Min = 4 jours ; \(Q_1\) = 10 jours ; Me = 14 jours ; \(Q_3\) = 20 jours ; Max = 28 jours.

2. Étendue et IQR :

Étendue = 28 − 4 = 24 jours  |  IQR = 20 − 10 = 10 jours

3. Proportions :

\(Q_1\) = 10 jours → au moins 25 % des commandes arrivent en 10 jours au plus (attention : le quartile se lit avec « au plus », pas « moins de »).

\(Q_3\) = 20 jours → au moins 75 % des commandes arrivent en 20 jours au plus, donc environ 25 % mettent plus de 20 jours.

Entre \(Q_1\) et \(Q_3\) → environ 50 % des commandes arrivent entre 10 et 20 jours.

4. Nombre de commandes :

25 % de 60 = \(0{,}25 \times 60 = \mathbf{15}\) commandes environ ont mis plus de 20 jours.

5. Délai à annoncer :

Annoncer 15 jours est risqué. La médiane vaut 14 jours : la moitié seulement des commandes arrive en 14 jours au plus, donc à peine plus de la moitié tient le délai de 15 jours. Surtout, \(Q_3\) = 20 jours signifie qu'un quart des commandes dépasse 20 jours, soit 5 jours de retard sur l'annonce.

Pour être fiable dans environ 3 cas sur 4, il vaut mieux annoncer un délai proche de \(Q_3\), c'est-à-dire 20 jours, quitte à livrer en avance.

Exercice 2-14 Écart-type et fidélité de deux opérateurs Bâtiment — Topographie Standard

Deux opérateurs d'un cabinet de géomètre mesurent chacun 6 fois la même distance entre deux bornes, au télémètre laser. La distance de référence est 24,000 m.

Mesure 1Mesure 2Mesure 3Mesure 4Mesure 5Mesure 6
Opérateur 123,99624,00223,99924,00124,00024,002
Opérateur 223,99024,00823,99524,00524,00024,002
Conseil de calcul : pour éviter les petits nombres, exprimer chaque écart à la moyenne en millimètres (1 mm = 0,001 m). L'écart-type obtenu sera alors en millimètres.
1. Calculer la moyenne des mesures de chaque opérateur.
2. Calculer l'étendue de chaque série, en millimètres.
3. Calculer l'écart-type de chaque série, en millimètres. Arrondir au dixième.
4. Les deux opérateurs ont-ils la même moyenne ? Lequel est le plus fidèle, c'est-à-dire le plus régulier ? Justifier.
5. Le cahier des charges impose que chaque mesure s'écarte de moins de 5 mm de la référence. Quel opérateur respecte cette exigence ?
1. Moyennes :

Opérateur 1 : somme = 23,996 + 24,002 + 23,999 + 24,001 + 24,000 + 24,002 = 144,000 → \(\bar{x}_1 = \dfrac{144{,}000}{6} = \mathbf{24{,}000}\) m

Opérateur 2 : somme = 23,990 + 24,008 + 23,995 + 24,005 + 24,000 + 24,002 = 144,000 → \(\bar{x}_2 = \dfrac{144{,}000}{6} = \mathbf{24{,}000}\) m

2. Étendues :

Opérateur 1 : 24,002 − 23,996 = 0,006 m = 6 mm

Opérateur 2 : 24,008 − 23,990 = 0,018 m = 18 mm

3. Écarts-types :

Opérateur 1 — écarts à la moyenne (en mm) : −4 ; +2 ; −1 ; +1 ; 0 ; +2 (leur somme vaut bien 0).
Carrés : 16 + 4 + 1 + 1 + 0 + 4 = 26
\(\sigma_1 = \sqrt{\dfrac{26}{6}} = \sqrt{4{,}33} \approx \mathbf{2{,}1}\) mm

Opérateur 2 — écarts à la moyenne (en mm) : −10 ; +8 ; −5 ; +5 ; 0 ; +2.
Carrés : 100 + 64 + 25 + 25 + 0 + 4 = 218
\(\sigma_2 = \sqrt{\dfrac{218}{6}} = \sqrt{36{,}33} \approx \mathbf{6{,}0}\) mm

4. Comparaison :

Les deux opérateurs ont exactement la même moyenne (24,000 m), égale à la distance de référence : en moyenne, aucun des deux ne se trompe. Mais l'opérateur 1 a un écart-type de 2,1 mm contre 6,0 mm pour l'opérateur 2 (et une étendue trois fois plus petite). L'opérateur 1 est nettement plus fidèle : ses mesures se répètent presque à l'identique.

5. Cahier des charges :

Opérateur 1 — écarts à la référence : 4 ; 2 ; 1 ; 1 ; 0 ; 2 mm. Le plus grand vaut 4 mm, donc toutes les mesures s'écartent de moins de 5 mm. Exigence respectée.

Opérateur 2 — écarts à la référence : 10 ; 8 ; 5 ; 5 ; 0 ; 2 mm. Quatre mesures ne conviennent pas :

  • 23,990 m → écart de 10 mm, supérieur à 5 mm ;
  • 24,008 m → écart de 8 mm, supérieur à 5 mm ;
  • 23,995 m → écart d'exactement 5 mm : ce n'est pas « moins de 5 mm » ;
  • 24,005 m → écart d'exactement 5 mm : même remarque.

Attention : l'exigence est une inégalité stricte (« moins de 5 mm »), donc une mesure pile à 5 mm ne convient pas non plus. Seules 2 mesures sur 6 sont acceptables. Exigence non respectée : cet opérateur doit revoir sa méthode (calage du trépied, visée de la cible).

Remarque de métier : un télémètre laser est précis à environ ± 1,5 mm. Les écarts observés ici ne viennent donc pas de l'appareil mais de l'opérateur (visée, calage, point de mesure) — c'est bien sa fidélité que l'on mesure.

Exercice 2-15 Moyenne ou médiane ? Choisir le bon indicateur Énergie — Pompes à chaleur Standard

Un installateur de pompes à chaleur a établi 9 devis ce mois-ci. Les montants (en euros) sont déjà triés :

4 200   4 500   4 800   5 000   5 200   5 400   5 600   5 900   38 000
1. Calculer le montant moyen d'un devis. Arrondir à l'euro.
2. Déterminer la médiane des montants. Justifier le rang utilisé.
3. Calculer \(Q_1\), \(Q_3\), l'écart interquartile et l'étendue.
4. Le devis à 38 000 € correspond à une installation en petit collectif (une pompe à chaleur pour tout un immeuble), très différente des autres. Recalculer la moyenne et la médiane sans ce devis.
5. Sur son site internet, l'installateur veut afficher un « prix habituel » pour une maison individuelle. Quel indicateur doit-il utiliser ? Rédiger une réponse argumentée de 3 à 4 lignes.
1. Moyenne :

Somme = 4 200 + 4 500 + 4 800 + 5 000 + 5 200 + 5 400 + 5 600 + 5 900 + 38 000 = 78 600 €

\(\bar{x} = \dfrac{78\,600}{9} \approx \mathbf{8\,733\ \text{€}}\)

2. Médiane (N = 9, impair) :

Rang de la médiane = \(\dfrac{9+1}{2} = 5\) → Me = 5e valeur = 5 200 €

3. Quartiles, IQR et étendue :

Rang de \(Q_1 = \lceil 9/4 \rceil = 3\) → \(Q_1\) = 4 800 €

Rang de \(Q_3 = \lceil 27/4 \rceil = 7\) → \(Q_3\) = 5 600 €

IQR = 5 600 − 4 800 = 800 €  |  Étendue = 38 000 − 4 200 = 33 800 €

4. Sans le devis à 38 000 € :

Somme = 78 600 − 38 000 = 40 600 pour 8 devis → \(\bar{x}' = \dfrac{40\,600}{8} = \mathbf{5\,075\ \text{€}}\)

N = 8 (pair) → Me′ = moyenne des rangs 4 et 5 = \(\dfrac{5\,000 + 5\,200}{2} = \mathbf{5\,100\ \text{€}}\)

5. Quel indicateur afficher ?

L'installateur doit afficher la médiane, soit environ 5 200 €. En retirant le seul devis atypique, la moyenne chute de 8 733 € à 5 075 € (plus de 3 600 € d'écart) alors que la médiane bouge à peine (5 200 € → 5 100 €).

La moyenne est donc tirée vers le haut par une seule valeur qui ne correspond pas à une maison individuelle : elle donnerait au client une idée fausse du prix. La médiane, insensible aux valeurs extrêmes, décrit bien le devis « du milieu ». L'IQR (800 €) permet en plus d'annoncer une fourchette honnête : la moitié des devis se situe entre 4 800 € et 5 600 €.

Exercice 2-16 Combien dorment les élèves ? — Moyenne par classes et classe modale Santé — Sommeil Standard

Dans le cadre d'un projet santé, 60 élèves de seconde ont noté la durée de leur nuit de sommeil un soir de semaine. Les réponses ont été regroupées par classes d'une heure.

Durée de sommeil (h)[5 ; 6[[6 ; 7[[7 ; 8[[8 ; 9[[9 ; 10[Total
Nombre d'élèves \(n_i\)4142216460

Repère de santé publique : à cet âge, une nuit de 8 à 10 heures est recommandée.

1. Vérifier l'effectif total, puis calculer le centre \(c_i\) de chaque classe.
2. Calculer la durée moyenne de sommeil de ces 60 élèves. Arrondir au dixième d'heure, puis convertir le résultat exact en heures et minutes.
3. Quelle est la classe modale ? Que signifie-t-elle concrètement ?
4. Quel pourcentage des élèves dort moins de 8 heures par nuit ?
5. Avec ce tableau, peut-on connaître la durée exacte de sommeil de l'élève qui dort le moins ? Expliquer ce que le regroupement par classes fait perdre.
6. Rédiger en 3 à 4 lignes ce que cette étude dit du sommeil de la classe, en la comparant au repère de 8 à 10 heures.
1. Effectif total et centres de classes :

\(4 + 14 + 22 + 16 + 4 = \mathbf{60}\) élèves ✓

Le centre d'une classe \([a\,;\,b[\) est \(c_i = \dfrac{a+b}{2}\) :

Classe[5 ; 6[[6 ; 7[[7 ; 8[[8 ; 9[[9 ; 10[
Centre \(c_i\)5,56,57,58,59,5
\(n_i \times c_i\)229116513638
2. Durée moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{\sum n_i \times c_i}{N} = \dfrac{22 + 91 + 165 + 136 + 38}{60} = \dfrac{452}{60} \approx \mathbf{7{,}5\,\text{h}}\)

Valeur exacte : \(\dfrac{452}{60}\,\text{h} = 7{,}5333\ldots\,\text{h}\). Partie décimale en minutes : \(0{,}5333\ldots \times 60 = 32\) min.

La durée moyenne est donc de \(\mathbf{7\,\text{h}\,32\,\text{min}}\).

3. Classe modale :

C'est la classe de plus grand effectif : \([7\,;\,8[\) avec 22 élèves.

Concrètement : le créneau de sommeil le plus fréquent est « entre 7 h et 8 h », il concerne 22 élèves sur 60. Attention : les données étant regroupées, on ne peut pas donner un mode (une valeur), seulement une classe modale.

4. Élèves dormant moins de 8 heures :

Ce sont exactement les trois premières classes (elles s'arrêtent à 8 h) : \(4 + 14 + 22 = 40\) élèves.

\(\dfrac{40}{60} \times 100 \approx \mathbf{66{,}7\,\%}\) — soit environ deux élèves sur trois. À l'inverse, \(\dfrac{20}{60} \times 100 \approx 33{,}3\,\%\) atteignent 8 h ou plus.

5. Ce que le regroupement fait perdre :

Non. On sait seulement que l'élève qui dort le moins se situe dans la classe \([5\,;\,6[\) : sa durée est comprise entre 5 h et 6 h, sans plus de précision.

Le regroupement par classes remplace chaque valeur par la classe qui la contient : on gagne en lisibilité, mais on perd les valeurs individuelles. C'est aussi pourquoi la moyenne calculée avec les centres est une valeur approchée : on fait comme si les 4 élèves de \([5\,;\,6[\) dormaient tous exactement 5 h 30.

6. Bilan rédigé (proposition) :

La durée moyenne de sommeil de la classe est de 7 h 32, et le créneau le plus fréquent est \([7\,;\,8[\) : la classe dort donc en moyenne moins que les 8 à 10 heures recommandées à cet âge. Environ 66,7 % des élèves, soit deux sur trois, dorment moins de 8 heures ; seuls 4 élèves sur 60 atteignent le créneau \([9\,;\,10[\). Le déficit reste modéré (une trentaine de minutes en moyenne sous le repère bas), mais il concerne la majorité de la classe.

Exercice 2-17 Le 50 m nage libre — Qui part en compétition ? Sport Standard

Lors d'une séance du club de natation, l'entraîneur chronomètre les 12 nageurs du groupe sur un 50 m nage libre. Voici les temps relevés, en secondes, dans l'ordre des couloirs (la série n'est pas triée) :

Couloir123456789101112
Temps (s)32,829,435,131,228,633,530,736,431,934,229,833,0
Rappel des rangs — sur une série triée de \(N\) valeurs :
• \(N\) pair → la médiane est la moyenne des valeurs de rang \(\dfrac{N}{2}\) et \(\dfrac{N}{2}+1\) ;
• \(Q_1\) = valeur de rang \(\lceil N/4 \rceil\)  |  \(Q_3\) = valeur de rang \(\lceil 3N/4 \rceil\).
1. Ranger la série par ordre croissant.
2. Relever le minimum et le maximum, puis calculer l'étendue.
3. Calculer le temps moyen du groupe. Arrondir au dixième de seconde.
4. Déterminer la médiane en précisant les rangs utilisés, puis \(Q_1\), \(Q_3\) et l'écart interquartile.
5. L'entraîneur sélectionne pour la compétition les nageurs dont le temps est inférieur ou égal à \(Q_1\). Combien de nageurs sont sélectionnés ? Quels sont leurs temps ? Quel pourcentage du groupe cela représente-t-il ?
6. Construire la boîte à moustaches de la série sur un axe gradué de 28 s à 37 s, avec une graduation par seconde.
7. Le nageur du couloir 12 a fait 33,0 s. Dans quel quart de la série se situe-t-il ? Justifier à l'aide des indicateurs calculés.
8. La moyenne et la médiane sont très proches ici. Qu'est-ce que cela indique sur la série ?
1. Série triée :

28,6 · 29,4 · 29,8 · 30,7 · 31,2 · 31,9 · 32,8 · 33,0 · 33,5 · 34,2 · 35,1 · 36,4

2. Minimum, maximum, étendue :

Min = 28,6 s, Max = 36,4 s.

Étendue \(= 36{,}4 - 28{,}6 = \mathbf{7{,}8\ \text{s}}\)

3. Temps moyen :

Somme des 12 temps : \(28{,}6 + 29{,}4 + 29{,}8 + 30{,}7 + 31{,}2 + 31{,}9 + 32{,}8 + 33{,}0 + 33{,}5 + 34{,}2 + 35{,}1 + 36{,}4 = 386{,}6\) s.

\(\bar{x} = \dfrac{386{,}6}{12} \approx \mathbf{32{,}2\ \text{s}}\)

4. Médiane et quartiles :

\(N = 12\) est pair : la médiane est la moyenne des valeurs de rang 6 et de rang 7, c'est-à-dire 31,9 et 32,8.

\(Me = \dfrac{31{,}9 + 32{,}8}{2} = \mathbf{32{,}35\ \text{s}}\)

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 12/4 \rceil = 3\) → \(Q_1 =\) 3e valeur \(= \mathbf{29{,}8\ \text{s}}\)

Rang de \(Q_3\) : \(\lceil 36/4 \rceil = 9\) → \(Q_3 =\) 9e valeur \(= \mathbf{33{,}5\ \text{s}}\)

IQR \(= Q_3 - Q_1 = 33{,}5 - 29{,}8 = \mathbf{3{,}7\ \text{s}}\) : la moitié centrale du groupe tient dans 3,7 s.

5. Les nageurs sélectionnés :

Temps inférieurs ou égaux à \(Q_1 = 29{,}8\) s : 28,6 s · 29,4 s · 29,8 s, soit 3 nageurs.

\(\dfrac{3}{12} \times 100 = \mathbf{25\ \%}\) du groupe — ce qui est cohérent : par construction, au moins un quart de la série est inférieur ou égal à \(Q_1\). Le nageur à 29,8 s, qui vaut exactement \(Q_1\), fait donc partie du premier quart : un quartile se lit avec « au plus », pas avec « moins de ».

6. Boîte à moustaches :
7. Le nageur du couloir 12 (33,0 s) :

\(32{,}35 \lt 33{,}0 \leqslant 33{,}5\) : son temps est compris entre la médiane et \(Q_3\). Il se situe donc dans le troisième quart de la série.

Autrement dit : il est plus lent que la moitié du groupe, mais il fait partie des 75 % les plus rapides.

8. Moyenne et médiane très proches :

\(\bar{x} \approx 32{,}2\) s et \(Me = 32{,}35\) s : l'écart est de 0,15 s seulement.

Cela indique une série bien équilibrée, sans valeur extrême qui tirerait la moyenne d'un côté. Les temps se répartissent régulièrement autour du centre — c'est confirmé par la boîte à moustaches, dont les deux moustaches ont des longueurs comparables.

Exercice 2-18 Fidèle ou juste ? Contrôler deux instruments sur une base connue Bâtiment — Métré et relevé Standard

Avant de partir relever un pavillon pour en construire la maquette numérique, un technicien d'études contrôle son matériel. Dans la cour de l'entreprise, deux repères scellés dans le sol délimitent une base de contrôle dont la longueur exacte est connue : 20,000 m (elle a été déterminée par le géomètre-expert du cabinet).

Le technicien mesure six fois cette base, d'abord au ruban de 30 m, puis au télémètre laser.

Mesure n°123456
Ruban (m)19,99420,00519,99720,00420,00219,998
Télémètre laser (m)19,88319,88619,88419,88519,88619,886
Vocabulaire du métier — deux qualités à ne pas confondre :
  • un instrument est fidèle s'il redonne presque la même valeur quand on répète la mesure. On le mesure avec l'écart-type : plus il est petit, plus l'instrument est fidèle ;
  • un instrument est juste si la valeur qu'il donne est la vraie valeur. On le mesure en comparant la moyenne à une longueur connue : plus l'écart est petit, plus l'instrument est juste.
Un instrument peut être fidèle sans être juste, et l'inverse. Les deux cas ci-dessous existent tous les deux sur un chantier :

Cas 1 — impacts dispersés, mais centrés sur la cible :
peu fidèle, mais juste

Cas 2 — impacts groupés, mais tous décalés :
fidèle, mais faux

Le centre de la cible représente la longueur vraie ; chaque impact représente une mesure.

Conseil : tous les calculs se font plus vite en millimètres (1 mm = 0,001 m).
1. Calculer la longueur moyenne obtenue avec chaque instrument. On donne : somme au ruban = 120,000 m ; somme au télémètre = 119,310 m.
2. Comparer chaque moyenne à la longueur connue de la base : calculer, en millimètres, l'écart de chaque instrument à cette longueur.
3. Calculer l'écart-type des six mesures de chaque instrument, en millimètres. Arrondir au dixième.
4. Reproduire et compléter ce tableau en écrivant « oui » ou « non » dans chaque case, puis indiquer à quel cas de la figure correspond chaque instrument.
Fidèle ? (écart-type petit)Juste ? (moyenne proche de 20,000 m)
Ruban…………
Télémètre laser…………
5. Un stagiaire déclare : « Le télémètre donne six fois presque le même nombre, c'est donc lui qui donne la bonne longueur. » Rédiger en 3 à 4 lignes ce qu'il faut lui répondre.
6. Le décalage du télémètre est le même sur les six mesures : il s'agit d'un défaut de réglage de l'appareil, et non d'un manque de soin de l'opérateur.
a. Que doit faire le technicien de ce télémètre avant de s'en servir sur le pavillon ?
b. Une fois ce défaut corrigé, lequel des deux instruments donnera le meilleur relevé ? Justifier.
1. Moyennes :

Ruban : \(\bar{x}_{\text{R}} = \dfrac{120{,}000}{6} = \mathbf{20{,}000}\) m

Télémètre : \(\bar{x}_{\text{T}} = \dfrac{119{,}310}{6} = \mathbf{19{,}885}\) m

2. Écarts à la longueur connue (20,000 m) :

Ruban : 20,000 − 20,000 = 0 m, soit un écart de 0 mm.

Télémètre : 19,885 − 20,000 = −0,115 m, soit un écart de −115 mm (11,5 cm trop court).

3. Écarts-types :

Ruban — écarts à 20,000, en mm : −6 ; +5 ; −3 ; +4 ; +2 ; −2 (leur somme vaut bien 0).
Carrés : 36 + 25 + 9 + 16 + 4 + 4 = 94
\(\sigma_{\text{R}} = \sqrt{\dfrac{94}{6}} = \sqrt{15{,}67} \approx \mathbf{4{,}0}\) mm

Télémètre — écarts à 19,885, en mm : −2 ; +1 ; −1 ; 0 ; +1 ; +1 (somme nulle également).
Carrés : 4 + 1 + 1 + 0 + 1 + 1 = 8
\(\sigma_{\text{T}} = \sqrt{\dfrac{8}{6}} = \sqrt{1{,}33} \approx \mathbf{1{,}2}\) mm

Attention : les écarts se calculent par rapport à la moyenne de l'instrument, pas par rapport à 20,000 m. L'écart-type ne dit rien de la justesse, c'est la question 2 qui s'en charge.

4. Tableau :
Fidèle ?Juste ?Cas de la figure
RubanNon (σ = 4,0 mm)Oui (écart 0 mm)Cas 1
Télémètre laserOui (σ = 1,2 mm)Non (écart 115 mm)Cas 2

Les deux qualités sont bien indépendantes : le meilleur des deux sur la fidélité est le pire des deux sur la justesse.

5. Réponse au stagiaire :

« Non, cela ne prouve rien sur la longueur. Six mesures presque identiques montrent seulement que le télémètre est fidèle : il se répète bien. Mais sa moyenne est à 115 mm de la longueur connue de la base, alors que celle du ruban tombe exactement dessus : c'est le télémètre qui est faux. Un défaut de réglage décale toutes les mesures du même côté sans les disperser — la fidélité reste excellente pendant que la valeur est fausse. Un instrument fidèle se trompe simplement de façon très régulière. »

6. Que faire de cet appareil :

a. Le technicien ne doit surtout pas l'emporter tel quel : il doit le faire régler (ou le régler lui-même), puis refaire le contrôle sur la base pour vérifier que la moyenne retombe bien sur 20,000 m. Tant que ce n'est pas fait, il relève au ruban.

b. Une fois réglé, c'est le télémètre laser, et de loin : son écart-type de 1,2 mm est plus de trois fois plus petit que celui du ruban (4,0 mm).

C'est la leçon de fond : un décalage systématique se corrige (on règle l'appareil, ou on retranche le décalage), alors qu'une dispersion ne se corrige pas — elle ne peut que se réduire en soignant le geste, ou en changeant d'instrument. Un appareil fidèle mais déréglé vaut donc mieux qu'un appareil juste mais dispersé… à condition de s'en apercevoir, et c'est exactement à cela que sert la base de contrôle.

Remarque de métier : un décalage de 115 mm correspond à la longueur du boîtier d'un télémètre laser. La cause la plus fréquente est le point de référence de la mesure : l'appareil était réglé pour compter à partir de sa face avant, alors que le technicien l'appuyait par l'arrière contre le repère. Toutes les mesures sont alors trop courtes de la longueur du boîtier. Cela se corrige en une touche — encore faut-il l'avoir détecté. Sans le contrôle sur la base, les 11,5 cm d'erreur seraient partis directement dans la maquette numérique, donc dans les quantités et dans le devis.

Exercice 2-19 Saut en longueur — la plus régulière est-elle la mieux placée ? Sport — Athlétisme Standard

Deux athlètes du club, Léa et Amel, préparent le championnat départemental de saut en longueur. À l'entraînement, l'entraîneur mesure les six sauts de chacune, dans l'ordre où ils ont été réalisés.

Essai n°123456
Léa (m)4,724,804,764,784,744,76
Amel (m)4,604,924,704,884,644,82
Conseil de calcul : les sauts se ressemblent beaucoup. Exprimer les écarts à la moyenne en centimètres (1 cm = 0,01 m) évite de manipuler des nombres à quatre décimales : l'écart-type obtenu est alors en centimètres.
Rappel des rangs — sur une série triée de \(N\) valeurs : \(N\) pair → Me = moyenne des valeurs de rang \(\dfrac{N}{2}\) et \(\dfrac{N}{2}+1\) ; \(Q_1\) = valeur de rang \(\lceil N/4 \rceil\) ; \(Q_3\) = valeur de rang \(\lceil 3N/4 \rceil\).
1. Calculer la longueur moyenne des sauts de chaque athlète. On donne : somme des six sauts de Léa = 28,56 m ; somme des six sauts d'Amel = 28,56 m.
2. Calculer l'étendue de chaque série, en centimètres.
3. Calculer l'écart-type de chaque série, en centimètres. Arrondir au dixième.
4. Ranger chaque série, puis déterminer la médiane, \(Q_1\) et \(Q_3\) de chacune. Représenter les deux boîtes à moustaches sur un même axe gradué de 4,50 m à 5,00 m, avec une graduation tous les 10 cm.
5. Laquelle des deux athlètes est la plus régulière ? Justifier à l'aide de deux indicateurs différents.
6. Au championnat, chaque athlète dispose de plusieurs essais et seul son meilleur saut est retenu. Il faut atteindre 4,85 m pour se qualifier pour la finale.
a. D'après les entraînements, laquelle des deux a le plus de chances de se qualifier ? Combien de ses sauts atteignent 4,85 m ?
b. Cette réponse contredit-elle celle de la question 5 ? Expliquer en 3 à 4 lignes.
7. Amel affirme : « Nous avons la même moyenne, donc nous sautons pareil. » Que lui répondre ?
1. Longueurs moyennes :

Léa : \(\bar{x}_{\text{L}} = \dfrac{28{,}56}{6} = \mathbf{4{,}76}\) m

Amel : \(\bar{x}_{\text{A}} = \dfrac{28{,}56}{6} = \mathbf{4{,}76}\) m

Les deux athlètes ont exactement la même moyenne. La moyenne, à elle seule, ne permet donc pas de les départager.

2. Étendues :

Léa : 4,80 − 4,72 = 0,08 m = 8 cm

Amel : 4,92 − 4,60 = 0,32 m = 32 cm

L'étendue d'Amel est quatre fois plus grande.

3. Écarts-types :

Léa — écarts à la moyenne 4,76 m, en cm : −4 ; +4 ; 0 ; +2 ; −2 ; 0 (leur somme vaut bien 0).
Carrés : 16 + 16 + 0 + 4 + 4 + 0 = 40
Variance = \(\dfrac{40}{6} \approx 6{,}67\) cm²  →  \(\sigma_{\text{L}} = \sqrt{6{,}67} \approx \mathbf{2{,}6}\) cm

Amel — écarts à la moyenne 4,76 m, en cm : −16 ; +16 ; −6 ; +12 ; −12 ; +6 (somme nulle également).
Carrés : 256 + 256 + 36 + 144 + 144 + 36 = 872
Variance = \(\dfrac{872}{6} \approx 145{,}3\) cm²  →  \(\sigma_{\text{A}} = \sqrt{145{,}3} \approx \mathbf{12{,}1}\) cm

4. Séries triées, médiane et quartiles :

Léa : 4,72 · 4,74 · 4,76 · 4,76 · 4,78 · 4,80   |   Amel : 4,60 · 4,64 · 4,70 · 4,82 · 4,88 · 4,92

\(N = 6\) est pair : Me = moyenne des valeurs de rang 3 et de rang 4.

Léa : \(Me = \dfrac{4{,}76 + 4{,}76}{2} = \mathbf{4{,}76}\) m   |   Amel : \(Me = \dfrac{4{,}70 + 4{,}82}{2} = \mathbf{4{,}76}\) m

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 6/4 \rceil = 2\)  →  Léa : \(Q_1 = 4{,}74\) m ; Amel : \(Q_1 = 4{,}64\) m

Rang de \(Q_3\) : \(\lceil 18/4 \rceil = 5\)  →  Léa : \(Q_3 = 4{,}78\) m ; Amel : \(Q_3 = 4{,}88\) m

Écarts interquartiles : Léa 4 cm ; Amel 24 cm.

Les deux boîtes sont centrées au même endroit : même moyenne, même médiane. Ce qui les distingue saute aux yeux : la boîte de Léa est étroite, celle d'Amel s'étale de part et d'autre.

5. La plus régulière :

C'est Léa, et deux indicateurs le montrent :

  • son écart-type vaut 2,6 cm contre 12,1 cm pour Amel : ses sauts s'écartent en moyenne quatre à cinq fois moins de la moyenne ;
  • son étendue vaut 8 cm contre 32 cm (et son écart interquartile 4 cm contre 24 cm) : tous ses sauts tiennent dans une bande de 8 cm.

Léa saute presque toujours la même longueur ; Amel alterne les sauts courts et les sauts longs.

6. Se qualifier au meilleur saut :

a. C'est Amel. Ses sauts atteignant 4,85 m sont 4,92 m et 4,88 m, soit 2 sauts sur 6. Léa, elle, n'atteint jamais 4,85 m : son meilleur saut vaut 4,80 m, c'est-à-dire 5 cm de moins que la limite.

b. Non, il n'y a aucune contradiction : les deux questions ne portent pas sur la même chose. La question 5 compare la régularité, c'est-à-dire la dispersion autour de la moyenne. La question 6 dépend d'une règle de la compétition : puisque seul le meilleur essai compte, c'est le maximum de la série qui décide, et lui seul. Or être régulier, c'est justement ne pas avoir de saut exceptionnel. Amel se qualifie parce qu'elle est irrégulière vers le haut — mais rien ne garantit que le bon saut tombera le jour du championnat.

Conseil d'entraîneur : à Léa, il manque 5 cm — elle est si régulière que si elle les gagne, elle passera la limite à tous les coups. À Amel, il ne manque rien en performance : c'est sa régularité qu'il faut travailler, pour ne plus dépendre du hasard.

7. Réponse à Amel :

« Nous avons la même moyenne, ce n'est pas la même chose que sauter pareil. Une moyenne dit seulement autour de quelle valeur se répartissent les sauts, jamais à quel point ils s'en écartent. Tes sauts vont de 4,60 m à 4,92 m, les miens de 4,72 m à 4,80 m : ton écart-type est de 12,1 cm, le mien de 2,6 cm. Tu sautes plus loin que moi et plus court que moi ; en moyenne, cela se compense — mais nous ne sautons pas du tout de la même façon. »


Exercices d'approfondissement

Exercice 3-1 Retrouver une valeur aberrante qui fausse la moyenne Analyse critique — Valeur aberrante Approfondissement

Un technicien a réalisé 10 interventions. Le service lui communique :

On lui dit qu'une valeur aberrante (une intervention exceptionnellement longue) fausse la moyenne. Les 9 autres valeurs sont :

20   25   28   30   28   32   35   27   26
Attention : La médiane est un indicateur robuste, peu sensible aux valeurs extrêmes. Si moyenne >> médiane, c'est souvent le signe d'une valeur aberrante haute.
1. Calculer la somme totale des 10 interventions à partir de la moyenne.
2. Calculer la somme des 9 valeurs connues.
3. En déduire la valeur manquante (la 10e intervention).
4. Cette valeur justifie-t-elle l'écart entre moyenne (35 min) et médiane (28 min) ? Expliquer.
5. Recalculer la moyenne sans la valeur aberrante. Quelle image donne-t-elle mieux de l'activité habituelle du technicien ?
1. Somme totale :

\(\bar{x} = 35 \text{ et } n = 10 \Rightarrow \sum x_i = 35 \times 10 = \mathbf{350 \text{ min}}\)

2. Somme des 9 valeurs connues :

\(20 + 25 + 28 + 30 + 28 + 32 + 35 + 27 + 26 = \mathbf{251 \text{ min}}\)

3. Valeur manquante :

\(x_{10} = 350 - 251 = \mathbf{99 \text{ min}}\)
La 10e intervention a duré 99 minutes (soit près d'1h40).

4. Explication de l'écart moyenne/médiane :

Oui : la valeur 99 min est très éloignée des autres (qui sont toutes entre 20 et 35 min). Elle « tire » la moyenne vers le haut (35 min) alors que la médiane, insensible aux extrêmes, reste à 28 min. C'est un cas typique où la médiane est plus représentative que la moyenne.

5. Moyenne sans la valeur aberrante :

\(\bar{x}_{\text{sans}} = \dfrac{251}{9} \approx \mathbf{27{,}9 \text{ min}}\)
Cette valeur (~28 min) est cohérente avec la médiane et donne une image bien plus réaliste du rythme habituel de travail du technicien.

Exercice 3-2 Analyse complète : tous les indicateurs + détection des mois anormaux Bilan énergétique — Bâtiment Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un gestionnaire de bâtiment dispose des relevés de consommation d'énergie (en kWh) sur 12 mois :

MoisJanFévMarAvrMaiJunJulAoûSepOctNovDéc
Conso. (kWh)820790650520410380350360430590710980
1. Calculer la moyenne annuelle \(\bar{x}\).
2. Trier la série par ordre croissant, puis trouver la médiane, Q1 et Q3.
3. Calculer l'étendue et l'écart interquartile (IQR).
4. Calculer l'écart-type \(\sigma\) (on admet \(\sigma \approx 200\) kWh si le calcul est trop long ; sinon le calculer).
5. Identifier les mois « anormaux » selon la règle : valeur < Q1 − 1,5×IQR ou valeur > Q3 + 1,5×IQR.
6. Proposer une interprétation technique : pourquoi ces mois se distinguent-ils ? Quelles actions préventives envisager ?
1. Moyenne :

\(\bar{x} = \dfrac{820+790+650+520+410+380+350+360+430+590+710+980}{12} = \dfrac{6990}{12} = \mathbf{582{,}5 \text{ kWh}}\)

2. Série triée et indicateurs de position :

350, 360, 380, 410, 430, 520, 590, 650, 710, 790, 820, 980

Médiane (n=12) : moyenne des rangs 6 et 7 = \(\dfrac{520+590}{2} = \mathbf{555 \text{ kWh}}\)

Rang de Q1 = \(\lceil 12/4 \rceil = 3\) → Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = 380 kWh

Rang de Q3 = \(\lceil 36/4 \rceil = 9\) → Q3 = valeur au rang 9 de la série triée = 710 kWh

3. Étendue et IQR :

Étendue = 980 − 350 = 630 kWh

IQR = Q3 − Q1 = 710 − 380 = 330 kWh

4. Écart-type (calcul complet) :
Moisxixi − x̄(xi − x̄)²
Jan820+237,556 406
Fév790+207,543 056
Mar650+67,54 556
Avr520−62,53 906
Mai410−172,529 756
Jun380−202,541 006
Jul350−232,554 056
Aoû360−222,549 506
Sep430−152,523 256
Oct590+7,556
Nov710+127,516 256
Déc980+397,5158 006
Σ69900479 822

\(\sigma^2 = \dfrac{479\,822}{12} \approx 39\,985\)  →  \(\sigma = \sqrt{39\,985} \approx \mathbf{200 \text{ kWh}}\)

5. Détection des mois anormaux :

Seuil bas = \(Q1 - 1{,}5 \times \text{IQR} = 380 - 1{,}5 \times 330 = 380 - 495 = -115 \text{ kWh}\)
→ Pas de mois anormalement bas (toutes les consommations sont positives).

Seuil haut = \(Q3 + 1{,}5 \times \text{IQR} = 710 + 495 = \mathbf{1\,205 \text{ kWh}}\)
→ Aucune valeur ne dépasse 1 205 kWh. Pas de mois formellement aberrant selon cette règle.

Cependant, Décembre (980 kWh) est la valeur la plus éloignée de la médiane (+ 425 kWh) et nettement au-dessus de Q3. À surveiller.

6. Interprétation technique :

La consommation suit une logique saisonnière nette : basse en été (350–430 kWh en juillet–août), haute en hiver (820–980 kWh en janvier et décembre). L'écart-type de ~200 kWh confirme une forte variabilité annuelle.

Actions préventives conseillées :

  • Vérifier l'isolation thermique du bâtiment (mois de décembre/janvier).
  • Programmer le chauffage en mode « réduit » la nuit et les week-ends.
  • Analyser si la consommation d'été (climatisation ?) peut être optimisée.
  • Mettre en place un suivi mensuel avec alertes si une valeur dépasse le seuil haut calculé.
Exercice 3-3 Comparaison complète de deux machines de découpe Menuiserie — Contrôle qualité Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un métreur compare la précision de deux scies numériques (A et B). Il mesure l'écart (en mm) entre la longueur coupée et la longueur programmée pour 15 pièces sur chaque machine. Les résultats triés sont :

Machine A−1,2−0,8−0,5−0,3−0,10,00,10,20,30,50,60,81,01,31,8
Machine B−0,4−0,3−0,2−0,10,00,10,10,20,20,30,30,40,50,62,5
1. Pour chaque machine, déterminer les 5 indicateurs : Min, Q1, Me, Q3, Max.
2. Calculer l'IQR de chaque machine.
3. Calculer la moyenne de chaque machine. Laquelle est la plus « centrée » (moyenne la plus proche de 0) ?
4. Pour la machine B, la valeur 2,5 mm est-elle aberrante ? Utiliser la règle des 1,5 × IQR.
5. Décrire les boîtes à moustaches des deux machines sur un même axe.
6. Rédiger un rapport de 3 lignes conseillant quelle machine utiliser pour des découpes de précision, en justifiant par les indicateurs calculés.
1. Les 5 indicateurs (n = 15, médiane au rang 8) :
MinQ1MeQ3Max
Machine A−1,2−0,30,20,81,8
Machine B−0,4−0,10,20,42,5

Détail : Rang de Q1 = \(\lceil 15/4 \rceil = 4\) → Q1 = 4e valeur de la série triée. Rang de Q3 = \(\lceil 45/4 \rceil = 12\) → Q3 = 12e valeur de la série triée.

2. IQR :

IQR(A) = 0,8 − (−0,3) = 1,1 mm  |  IQR(B) = 0,4 − (−0,1) = 0,5 mm

3. Moyennes :

Machine A : \(\bar{x}_A = \dfrac{-1{,}2-0{,}8-0{,}5-0{,}3-0{,}1+0+0{,}1+0{,}2+0{,}3+0{,}5+0{,}6+0{,}8+1{,}0+1{,}3+1{,}8}{15} = \dfrac{3{,}7}{15} \approx \mathbf{0{,}25}\) mm

Machine B : \(\bar{x}_B = \dfrac{-0{,}4-0{,}3-0{,}2-0{,}1+0+0{,}1+0{,}1+0{,}2+0{,}2+0{,}3+0{,}3+0{,}4+0{,}5+0{,}6+2{,}5}{15} = \dfrac{4{,}2}{15} \approx \mathbf{0{,}28}\) mm

Les deux moyennes sont proches de 0, mais la machine A (0,25 mm) est légèrement plus centrée.

4. Valeur aberrante pour B :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 0,4 + 1,5 × 0,5 = 0,4 + 0,75 = 1,15 mm.
2,5 > 1,15 → Oui, 2,5 mm est une valeur aberrante. Cette pièce a un défaut de découpe anormal.

5. Boîtes à moustaches :

La boîte de B est beaucoup plus étroite (IQR = 0,5 mm) que celle de A (IQR = 1,1 mm), mais la moustache droite de B est très longue : elle s'étire jusqu'à la valeur aberrante 2,5 mm.

6. Rapport :

La machine B est recommandée pour les découpes de précision. En dehors de la valeur aberrante (2,5 mm, probablement un incident ponctuel), ses écarts sont concentrés dans un intervalle de seulement 0,5 mm (IQR), contre 1,1 mm pour la machine A. La machine B offre donc une meilleure reproductibilité. Il convient cependant d'identifier la cause du défaut à 2,5 mm pour l'éliminer.

Exercice 3-4 Analyse multi-indicateurs — Temps de séchage de panneaux Menuiserie — Séchage Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un artisan menuisier mesure le temps de séchage (en heures) de 15 panneaux en bois massif après vernissage. Les données triées sont :

3,5   4,0   4,2   4,5   4,8   5,0   5,2   5,5   5,8   6,0   6,2   6,5   7,0   8,5   12,0
1. Calculer la moyenne \(\bar{x}\) de la série.
2. Déterminer la médiane, Q1 et Q3.
3. Calculer l'IQR et l'étendue.
4. La moyenne et la médiane sont-elles proches ? Expliquer l'écart éventuel.
5. Identifier les valeurs aberrantes avec la règle des 1,5 × IQR.
6. Recalculer la moyenne sans les valeurs aberrantes. Quel indicateur (moyenne initiale, moyenne corrigée ou médiane) est le plus pertinent pour estimer un temps de séchage « normal » ? Justifier.
1. Moyenne :

Somme = 3,5+4,0+4,2+4,5+4,8+5,0+5,2+5,5+5,8+6,0+6,2+6,5+7,0+8,5+12,0 = 88,7

\(\bar{x} = \dfrac{88{,}7}{15} \approx \mathbf{5{,}91}\) h

2. Indicateurs de position (n = 15) :

Mediane = 8e valeur = 5,5 h

Q1 (rang \(\lceil 15/4 \rceil = 4\)) = 4,5 h  |  Q3 (rang \(\lceil 45/4 \rceil = 12\)) = 6,5 h

3. IQR et etendue :

IQR = 6,5 - 4,5 = 2 h  |  Etendue = 12,0 - 3,5 = 8,5 h

4. Comparaison moyenne/mediane :

La moyenne (5,91 h) est légèrement supérieure à la médiane (5,5 h). Les valeurs élevées (8,5 h et 12 h) tirent la moyenne vers le haut.

5. Valeurs aberrantes :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 6,5 + 3 = 9,5 h. Seuil bas = Q1 - 1,5 × IQR = 4,5 - 3 = 1,5 h.

12,0 h > 9,5 h → valeur aberrante. 8,5 h < 9,5 h → pas aberrante mais elevee.

Convention utilisée ici : les moustaches vont du minimum au maximum de la série. La valeur 12 h, repérée comme aberrante à la question 5, est donc bien le bout de la moustache droite — c'est sa longueur inhabituelle qui la signale.

6. Moyenne corrigee :

Sans 12,0 : somme = 76,7 pour 14 valeurs → \(\bar{x}_{\text{corr}} = \dfrac{76{,}7}{14} \approx \mathbf{5{,}48}\) h

La mediane (5,5 h) reste le meilleur indicateur : insensible aux extremes, elle represente le temps de sechage typique. Le panneau a 12 h a probablement ete verni dans des conditions particulieres (humidite, temperature basse).

Exercice 3-5 Comparer deux fournisseurs — Boites a moustaches Menuiserie — Fournisseurs Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un artisan menuisier commande des planches de longueur nominale 2 500 mm aupres de deux fournisseurs. Il mesure 20 planches de chaque lot. Voici les indicateurs resumes, en millimetres :

Indicateur (mm)Fournisseur XFournisseur Y
Minimum2 4962 498
Q12 4982 499
Mediane2 5002 501
Q32 5032 502
Maximum2 5082 504
Moyenne2 500,82 500,6
1. Calculer l'IQR et l'etendue de chaque fournisseur.
2. Quel fournisseur est le plus regulier ? Justifier avec l'IQR et l'etendue.
3. La tolerance de l'artisan est de ± 3 mm (soit [2 497 ; 2 503]). En observant les indicateurs, quel fournisseur risque le plus de livrer des planches hors tolerance ?
4. Verifier si le maximum du fournisseur X (2 508 mm) est une valeur aberrante (regle des 1,5 × IQR).
5. Rediger un avis argumente de 4 a 5 lignes pour aider l'artisan a choisir son fournisseur, en utilisant tous les indicateurs calcules.
1. IQR et etendue :

X : IQR = 2 503 - 2 498 = 5 mm  |  Etendue = 2 508 - 2 496 = 12 mm

Y : IQR = 2 502 - 2 499 = 3 mm  |  Etendue = 2 504 - 2 498 = 6 mm

2. Regularite :

Le fournisseur Y est nettement plus regulier : IQR de 3 mm (contre 5) et etendue de 6 mm (contre 12).

3. Planches hors tolerance [2 497 ; 2 503] :

Fournisseur X : Min = 2 496 < 2 497 et Max = 2 508 > 2 503. De plus, Q3 = 2 503 : environ 25 % des planches mesurent 2 503 mm ou plus, donc juste a la limite de la tolerance ou au-dela. X a plus de risques de livrer des planches hors tolerance.

Fournisseur Y : Min = 2 498 ≥ 2 497 et Max = 2 504 > 2 503. Seules quelques planches (au-dela de Q3 = 2 502) depassent 2 503 mm.

4. Valeur aberrante (X) :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 2 503 + 7,5 = 2 510,5 mm. 2 508 < 2 510,5 → pas formellement aberrante, mais tres eloignee.

5. Avis :

Le fournisseur Y est recommande. Ses planches sont plus regulieres (IQR = 3 mm contre 5 mm pour X), avec une etendue deux fois plus faible (6 mm contre 12 mm). Bien que sa mediane soit legerement au-dessus de la cible (2 501 contre 2 500 mm), la quasi-totalite de ses planches reste dans l'intervalle de tolerance [2 497 ; 2 503]. Le fournisseur X presente un risque plus eleve de planches hors tolerance, avec un minimum a 2 496 mm et un maximum a 2 508 mm : sur un agencement, 8 mm de trop se voient et obligent a recouper.

Exercice 3-6 Detection de relevés anormaux — Consommation de chauffage Chauffage — Consommation Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un technicien chauffagiste releve la consommation journaliere (en kWh) d'une chaudiere sur 20 jours. Les données triées sont :

18   22   24   25   26   27   28   29   30   31   32   33   34   35   36   38   40   42   55   72
1. Calculer la mediane, Q1 et Q3 de la serie.
2. Calculer l'IQR et les seuils de detection des valeurs aberrantes (regle des 1,5 × IQR).
3. Identifier les valeurs aberrantes. Combien y en a-t-il ?
4. Calculer la moyenne avec et sans les valeurs aberrantes. Quel est l'ecart ?
5. Proposer une interpretation technique : quelles causes possibles pour ces consommations anormales ? Quelles actions le technicien doit-il mener ?
1. Indicateurs (n = 20) :

Me = moyenne des rangs 10 et 11 = \(\dfrac{31+32}{2} = \mathbf{31{,}5}\) kWh

Rang de Q1 = \(\lceil 20/4 \rceil = 5\) → Q1 = valeur au rang 5 de la série triée = 26 kWh

Rang de Q3 = \(\lceil 60/4 \rceil = 15\) → Q3 = valeur au rang 15 de la série triée = 36 kWh

2. IQR et seuils :

IQR = 36 - 26 = 10 kWh

Seuil bas = 26 - 1,5 × 10 = 26 - 15 = 11 kWh

Seuil haut = 36 + 1,5 × 10 = 36 + 15 = 51 kWh

3. Valeurs aberrantes :

55 kWh > 51 → aberrante. 72 kWh > 51 → aberrante. Il y a 2 valeurs aberrantes.

4. Moyennes :

Somme totale = 677 → \(\bar{x} = \dfrac{677}{20} = \mathbf{33{,}85}\) kWh

Sans aberrantes : somme = 677 - 55 - 72 = 550 pour 18 valeurs → \(\bar{x}_{\text{corr}} = \dfrac{550}{18} \approx \mathbf{30{,}56}\) kWh

Ecart : 33,85 - 30,56 = 3,29 kWh (les 2 valeurs aberrantes augmentent la moyenne d'environ 10 %).

5. Interpretation technique :

Les journees a 55 et 72 kWh sont anormales. Causes possibles : vague de froid exceptionnelle, dysfonctionnement du thermostat, porte ou fenetre restee ouverte, ou panne du systeme de regulation. Le technicien doit : verifier le thermostat, controler l'isolation du batiment, et mettre en place une alerte automatique si la consommation depasse le seuil de 51 kWh.

Exercice 3-7 Comparaison de trois equipes de pose — Investigation Signalétique — Pose Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Un chef de chantier compare les temps de pose (en minutes) de panneaux de signaletique par trois equipes. Voici les resultats resumes :

Equipe AEquipe BEquipe C
Min152510
Q1202818
Mediane253230
Q3303545
Max384062
Moyenne25,232,031,5
Effectif121212
1. Calculer l'IQR et l'etendue de chaque equipe.
2. Quelle equipe est la plus rapide en mediane ? En moyenne ?
3. Quelle equipe est la plus reguliere ? La moins reguliere ? Justifier.
4. Pour l'equipe C, le max de 62 min est-il aberrant ? (Regle des 1,5 × IQR.)
5. Le chef de chantier veut garantir au client que chaque pose prend moins de 40 minutes. Quelle equipe peut-il envoyer en toute confiance ? Argumenter.
6. Rediger une synthese de 5 lignes comparant les trois equipes et formulant une recommandation pour le chef de chantier.
1. IQR et etendue :
ABC
IQR10 min7 min27 min
Etendue23 min15 min52 min
2. Rapidite :

En mediane : A (25 min) est la plus rapide. En moyenne : A (25,2 min) est aussi la plus rapide.

3. Regularite :

B est la plus reguliere (IQR = 7, etendue = 15). C est la moins reguliere (IQR = 27, etendue = 52) : elle alterne entre des poses tres rapides (10 min) et tres longues (62 min).

4. Valeur aberrante (C) :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 45 + 40,5 = 85,5 min. 62 < 85,5 → pas aberrante formellement, mais tres elevee.

5. Garantie < 40 min :

L'equipe A est la seule dont le maximum (38 min) est inferieur a 40 min. L'equipe B a un max de 40 min (juste la limite). L'equipe C depasse largement.

6. Synthese :

L'equipe A est la meilleure option. Elle est la plus rapide (mediane de 25 min, moyenne de 25,2 min), avec une regularite correcte (IQR de 10 min) et un maximum de 38 min qui respecte la garantie de 40 minutes. L'equipe B est reguliere mais plus lente en moyenne (32 min). L'equipe C est a eviter pour les chantiers a delai garanti en raison de sa forte variabilite (IQR de 27 min).

Exercice 3-8 Investigation ouverte — Quel indicateur pour quel usage ? Vie quotidienne — Salaires Approfondissement
Rappel — valeur aberrante (au-delà du programme, voir le cours §3.2). Une valeur est dite aberrante si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\) ou si elle est inférieure à \(Q_1 - 1{,}5 \times \text{IQR}\). Ce critère n’est pas exigible : il sert de repère.

Une petite entreprise de menuiserie emploie 10 personnes. Voici les salaires mensuels nets (en euros) :

PosteSalaireEffectif
Ouvrier1 500 €5
Chef d'equipe1 800 €2
Comptable2 200 €1
Responsable commercial2 500 €1
Dirigeant6 000 €1
1. Calculer la moyenne ponderee des salaires.
2. Reconstituer la serie ordonnee de 10 valeurs et determiner la mediane.
3. Calculer Q1 et Q3, puis l'IQR.
4. Le salaire du dirigeant est-il une valeur aberrante selon la regle des 1,5 × IQR ?
5. Un syndicaliste affirme : « Le salaire moyen dans cette entreprise est de 2 200 euros. » Un ouvrier repond : « La majorite d'entre nous gagne 1 500 euros. » Qui a raison ? Quel indicateur chacun utilise-t-il ? Lequel est le plus representatif et pourquoi ?
6. Si le dirigeant se verse un salaire de 4 000 € au lieu de 6 000 €, recalculer la moyenne. La mediane change-t-elle ? Commenter.
1. Moyenne ponderee :

\(\bar{x} = \dfrac{5 \times 1500 + 2 \times 1800 + 1 \times 2200 + 1 \times 2500 + 1 \times 6000}{10} = \dfrac{7500+3600+2200+2500+6000}{10} = \dfrac{21\,800}{10} = \mathbf{2\,180\,\text{€}}\)

2. Serie ordonnee et mediane :

1500 ; 1500 ; 1500 ; 1500 ; 1500 ; 1800 ; 1800 ; 2200 ; 2500 ; 6000

n = 10 (pair) → Me = \(\dfrac{1500+1800}{2} = \mathbf{1\,650\,\text{€}}\)

3. Q1 et Q3 :

Rang de Q1 = \(\lceil 10/4 \rceil = 3\) → Q1 = valeur au rang 3 de la série triée = 1 500 €

Rang de Q3 = \(\lceil 30/4 \rceil = 8\) → Q3 = valeur au rang 8 de la série triée = 2 200 €

IQR = 2200 - 1500 = 700 €

4. Valeur aberrante :

Seuil haut = Q3 + 1,5 × IQR = 2200 + 1050 = 3 250 €. 6000 > 3250 → oui, le salaire du dirigeant est aberrant.

5. Analyse :

Le syndicaliste utilise la moyenne (2 180 €, qu'il arrondit a 2 200 €). L'ouvrier utilise le mode (1 500 €, le salaire le plus frequent). Les deux ont raison mathematiquement, mais la mediane (1 650 €) est l'indicateur le plus representatif. La moyenne est tiree vers le haut par le salaire du dirigeant. La moitie des salaries — 5 sur 10 — gagne 1 500 €, donc 1 650 € au plus ; l'autre moitie gagne davantage.

6. Impact d'une baisse de salaire du dirigeant :

Nouvelle moyenne : \(\dfrac{21\,800 - 6000 + 4000}{10} = \dfrac{19\,800}{10} = \mathbf{1\,980\,\text{€}}\)

La moyenne baisse de 200 € (de 2 180 a 1 980). La mediane reste inchangee a 1 650 € : elle ne depend pas des valeurs extremes. Cela illustre la robustesse de la mediane.

Exercice 3-9 Comparer deux ateliers — médiane, écart interquartile et boîtes à moustaches Menuiserie — Délais de fabrication Approfondissement

Un responsable de production compare le délai de fabrication (en jours) d'une commande de meubles dans deux ateliers. Il relève 11 délais dans chaque atelier. Les séries déjà triées sont :

Atelier 189101112131415161718
Atelier 24791112131517192227
Délais de fabrication (jours) — axe à compléter Atelier 1 Atelier 2 0 5 10 15 20 25 30
Axe gradué fourni : tracer les deux boîtes à moustaches après calcul des indicateurs
1. Pour chaque atelier, déterminer la médiane, Q1 et Q3.
2. Calculer l'écart interquartile (IQR) et l'étendue de chaque atelier.
3. Tracer les deux boîtes à moustaches sur l'axe gradué fourni.
4. Les deux ateliers ont-ils le même délai « typique » ? Justifier à l'aide de la médiane.
5. Quel atelier est le plus régulier ? Justifier à l'aide de l'IQR et de l'étendue.
6. Un client veut un délai le plus prévisible possible. Quel atelier le responsable doit-il choisir ? Rédiger un avis argumenté de 3 à 4 lignes en utilisant les indicateurs calculés.
1. Indicateurs de position (n = 11, médiane au rang 6) :

Atelier 1 : Me = 6e valeur = 13 jours. Rang de Q1 = \(\lceil 11/4 \rceil = 3\) → Q1 = 3e valeur = 10 jours. Rang de Q3 = \(\lceil 33/4 \rceil = 9\) → Q3 = 9e valeur = 16 jours.

Atelier 2 : Me = 6e valeur = 13 jours. Q1 = 3e valeur = 9 jours. Q3 = 9e valeur = 19 jours.

2. IQR et étendue :

Atelier 1 : IQR = 16 − 10 = 6 jours  |  Étendue = 18 − 8 = 10 jours.

Atelier 2 : IQR = 19 − 9 = 10 jours  |  Étendue = 27 − 4 = 23 jours.

3. Boîtes à moustaches :
4. Délai typique :

Les deux ateliers ont la même médiane (13 jours) : le délai « typique » est identique. La médiane seule ne permet donc pas de les départager.

5. Régularité :

L'atelier 1 a un IQR de 6 jours (contre 10) et une étendue de 10 jours (contre 23). L'atelier 1 est nettement plus régulier : ses délais sont resserrés autour de la médiane, alors que l'atelier 2 s'étale de 4 à 27 jours.

6. Avis argumenté :

Le responsable doit choisir l'atelier 1. Bien que les deux ateliers livrent en 13 jours « en moyenne » (même médiane), l'atelier 1 est beaucoup plus prévisible : son IQR de 6 jours et son étendue de 10 jours sont environ deux fois plus faibles que ceux de l'atelier 2 (10 et 23 jours). Le client a ainsi la garantie d'un délai resserré, sans risque de commande livrée très en retard (jusqu'à 27 jours pour l'atelier 2).

Exercice 3-10 Rendement ou régularité ? Deux installations photovoltaïques Énergie — Photovoltaïque Approfondissement

Un technicien en énergies renouvelables compare la production journalière (en kWh) de deux installations photovoltaïques posées sur le même bâtiment : l'une orientée plein sud, l'autre en est-ouest. Les relevés portent sur 11 jours consécutifs et sont déjà triés :

Orientation sud1214151618192021222426
Orientation est-ouest1415161717181819192021
1. Pour chaque installation, calculer la moyenne (au dixième) et déterminer la médiane, \(Q_1\) et \(Q_3\).
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de chaque installation.
3. Construire les deux boîtes à moustaches sur un même axe gradué de 10 à 30 kWh.
4. Quelle installation produit le plus ? Laquelle est la plus régulière ? Justifier par les indicateurs.
5. Quelle proportion des jours l'installation sud produit-elle au moins 22 kWh ? Répondre d'abord à l'aide de \(Q_3\), puis vérifier en comptant les valeurs.
6. Le propriétaire veut autoconsommer sa production : il a besoin d'une production stable, prévisible d'un jour sur l'autre. Rédiger un avis argumenté de 4 à 5 lignes.
1. Indicateurs de position (N = 11 pour chaque série) :

Sud : somme = 207 → \(\bar{x} = \dfrac{207}{11} \approx \mathbf{18{,}8}\) kWh. Médiane = valeur de rang \(\dfrac{11+1}{2} = 6\) = 19 kWh. Rang de \(Q_1 = \lceil 11/4 \rceil = 3\) → \(Q_1\) = 15 kWh. Rang de \(Q_3 = \lceil 33/4 \rceil = 9\) → \(Q_3\) = 22 kWh.

Est-ouest : somme = 194 → \(\bar{x} = \dfrac{194}{11} \approx \mathbf{17{,}6}\) kWh. Médiane = 6e valeur = 18 kWh. \(Q_1\) = 3e valeur = 16 kWh. \(Q_3\) = 9e valeur = 19 kWh.

2. Étendue et IQR :
ÉtendueIQR
Sud26 − 12 = 14 kWh22 − 15 = 7 kWh
Est-ouest21 − 14 = 7 kWh19 − 16 = 3 kWh
3. Boîtes à moustaches :
4. Production et régularité :

L'installation sud produit davantage : sa moyenne (18,8 kWh) et sa médiane (19 kWh) sont supérieures à celles de l'est-ouest (17,6 et 18 kWh).

Mais l'installation est-ouest est bien plus régulière : son IQR vaut 3 kWh contre 7 kWh, et son étendue 7 kWh contre 14 kWh. Sa boîte est deux fois plus étroite.

5. Jours à au moins 22 kWh (installation sud) :

\(Q_3 = 22\) kWh : par définition, au moins 75 % des jours sont au plus à 22 kWh, donc environ 25 % des jours atteignent ou dépassent 22 kWh.

Vérification : les valeurs ≥ 22 sont 22 ; 24 ; 26, soit 3 jours sur 11 → \(\dfrac{3}{11} \approx 27{,}3\ \%\). On trouve un peu plus de 25 % : c'est normal, car le jour à exactement 22 kWh est compté ici alors que \(Q_3\) fait partie des 75 % du bas. L'estimation par \(Q_3\) est bien confirmée.

6. Avis argumenté :

Pour de l'autoconsommation, c'est l'installation est-ouest qu'il faut privilégier. Elle produit un peu moins (médiane 18 kWh contre 19 kWh, soit environ 1 kWh de moins par jour), mais sa production est beaucoup plus prévisible : la moitié centrale de ses journées tient dans 3 kWh (IQR) contre 7 kWh pour l'installation sud, et l'écart entre son meilleur et son pire jour n'est que de 7 kWh contre 14 kWh.

L'installation sud offre des pointes plus élevées (jusqu'à 26 kWh), mais ces pointes ne sont utiles que si elles sont consommées au moment où elles sont produites — sinon elles sont revendues à bas prix. Une production régulière se consomme mieux : l'est-ouest est donc le meilleur choix ici.

Exercice 3-11 Problème inverse — retrouver une série à partir de ses indicateurs Bâtiment — Planning de travaux Approfondissement

Un conducteur de travaux a perdu le détail d'une série de 7 durées de tâches (en jours, toutes entières). Il ne lui reste que le résumé statistique :

Minimum\(Q_1\)Médiane\(Q_3\)MaximumMoyenne
35811158
1. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de cette série.
2. Pour \(N = 7\), préciser le rang de \(Q_1\), celui de la médiane et celui de \(Q_3\).
3. En déduire 5 des 7 valeurs de la série triée \(x_1 \leqslant x_2 \leqslant \dots \leqslant x_7\).
4. Calculer la somme des 7 durées, puis en déduire la somme des deux valeurs encore inconnues.
5. Montrer qu'il existe plusieurs séries possibles, et en donner deux. Vérifier que chacune redonne bien tous les indicateurs du tableau.
6. Le conducteur affirme : « aucune tâche n'a duré plus de 12 jours ». A-t-il raison ? Justifier.
1. Étendue et IQR :

Étendue = 15 − 3 = 12 jours  |  IQR = 11 − 5 = 6 jours

2. Les rangs pour N = 7 :

Rang de \(Q_1 = \lceil 7/4 \rceil = \lceil 1{,}75 \rceil = \mathbf{2}\)

Rang de la médiane = \(\dfrac{7+1}{2} = \mathbf{4}\)

Rang de \(Q_3 = \lceil 21/4 \rceil = \lceil 5{,}25 \rceil = \mathbf{6}\)

3. Cinq valeurs connues :

\(x_1 = 3\) (minimum) ; \(x_2 = 5\) (\(Q_1\)) ; \(x_4 = 8\) (médiane) ; \(x_6 = 11\) (\(Q_3\)) ; \(x_7 = 15\) (maximum).

Il reste à trouver \(x_3\) et \(x_5\).

4. Somme des durées :

\(\bar{x} = 8\) et \(N = 7\) → somme totale = \(8 \times 7 = \mathbf{56}\) jours.

Somme des 5 valeurs connues = 3 + 5 + 8 + 11 + 15 = 42.

Donc \(x_3 + x_5 = 56 - 42 = \mathbf{14}\).

5. Plusieurs séries possibles :

La série étant triée : \(5 \leqslant x_3 \leqslant 8\) et \(8 \leqslant x_5 \leqslant 11\), avec \(x_3\) et \(x_5\) entiers et \(x_3 + x_5 = 14\).

On teste les possibilités : \(x_3 = 5 \Rightarrow x_5 = 9\) ✔ ; \(x_3 = 6 \Rightarrow x_5 = 8\) ✔ ; \(x_3 = 7 \Rightarrow x_5 = 7 < 8\) ✘ ; \(x_3 = 8 \Rightarrow x_5 = 6 < 8\) ✘.

Il y a donc deux séries entières possibles :

Série A : 3 ; 5 ; 5 ; 8 ; 9 ; 11 ; 15  — somme 56, moyenne 8, \(x_2 = 5\), \(x_4 = 8\), \(x_6 = 11\) ✔

Série B : 3 ; 5 ; 6 ; 8 ; 8 ; 11 ; 15  — somme 56, moyenne 8, \(x_2 = 5\), \(x_4 = 8\), \(x_6 = 11\) ✔

Conclusion importante : les indicateurs ne suffisent pas à reconstituer une série. Ils résument l'information, mais ils en perdent une partie.

6. L'affirmation du conducteur :

Non, il a tort : le maximum de la série vaut 15 jours, donc au moins une tâche a duré 15 jours, ce qui est bien supérieur à 12. Il confond sans doute le maximum avec \(Q_3\) (11 jours), qui indique seulement que 75 % des tâches durent 11 jours ou moins.

Exercice 3-12 Contrôle du béton — écart-type et critère de conformité Bâtiment — Contrôle qualité Approfondissement

Sur un chantier, 10 éprouvettes de béton sont écrasées à 28 jours pour mesurer leur résistance à la compression (en MPa). Les résultats triés sont :

26   28   29   30   31   31   32   33   34   36
1. Calculer la moyenne \(\bar{x}\) de la série.
2. Calculer la variance puis l'écart-type \(\sigma\). Arrondir à 0,1 MPa.
3. Déterminer la médiane, \(Q_1\), \(Q_3\), l'écart interquartile et l'étendue.
4. Le critère de sécurité du chantier impose \(\bar{x} - \sigma \geqslant 25\) MPa. Le lot est-il conforme ?
5. Combien d'éprouvettes se situent dans l'intervalle \([\bar{x} - \sigma \ ; \ \bar{x} + \sigma]\) ? Quel pourcentage du lot cela représente-t-il ?
6. Un second lot, coulé le lendemain, donne \(\bar{x} = 31\) MPa et \(\sigma = 5{,}4\) MPa. Ce lot a exactement la même moyenne. Est-il aussi sûr que le premier ? Argumenter en 3 à 4 lignes.
1. Moyenne :

Somme = 26 + 28 + 29 + 30 + 31 + 31 + 32 + 33 + 34 + 36 = 310

\(\bar{x} = \dfrac{310}{10} = \mathbf{31{,}0}\) MPa

2. Variance et écart-type :
xi26282930313132333436
xi − x̄−5−3−2−100+1+2+3+5
(xi − x̄)²259410014925

Somme des carrés = 25 + 9 + 4 + 1 + 0 + 0 + 1 + 4 + 9 + 25 = 78

\(\sigma^2 = \dfrac{78}{10} = 7{,}8\) MPa²  →  \(\sigma = \sqrt{7{,}8} \approx \mathbf{2{,}8}\) MPa

3. Indicateurs de position et de dispersion :

N = 10 (pair) → Me = moyenne des rangs 5 et 6 = \(\dfrac{31 + 31}{2} = \mathbf{31}\) MPa

Rang de \(Q_1 = \lceil 10/4 \rceil = 3\) → \(Q_1\) = 29 MPa  |  Rang de \(Q_3 = \lceil 30/4 \rceil = 8\) → \(Q_3\) = 33 MPa

IQR = 33 − 29 = 4 MPa  |  Étendue = 36 − 26 = 10 MPa

4. Critère de sécurité :

\(\bar{x} - \sigma = 31{,}0 - 2{,}8 = \mathbf{28{,}2}\) MPa.

28,2 ≥ 25 → le lot est conforme, avec même une marge confortable de 3,2 MPa.

5. Éprouvettes dans l'intervalle :

\([\bar{x} - \sigma \ ; \ \bar{x} + \sigma] = [28{,}2 \ ; \ 33{,}8]\).

Les valeurs comprises dans cet intervalle sont 29 ; 30 ; 31 ; 31 ; 32 ; 33 → 6 éprouvettes sur 10, soit 60 % du lot. (26 ; 28 ; 34 et 36 sont en dehors.)

6. Comparaison des deux lots :

Pour le second lot : \(\bar{x} - \sigma = 31 - 5{,}4 = 25{,}6\) MPa. Le critère est tout juste respecté (25,6 ≥ 25), avec seulement 0,6 MPa de marge contre 3,2 MPa pour le premier lot.

Surtout, un écart-type presque deux fois plus grand signifie que les résistances individuelles s'éloignent beaucoup plus de 31 MPa : le risque qu'une éprouvette descende sous 25 MPa est bien plus élevé. À moyenne égale, le premier lot est nettement plus sûr : sa fabrication est mieux maîtrisée (dosage, malaxage, cure).

Exercice 3-13 Problème ouvert — faire baisser la moyenne ou la médiane ? Chauffage — Service de dépannage Approfondissement

Le responsable d'un service de dépannage chauffage relève le temps d'intervention (en minutes) de 12 dépannages réalisés dans la semaine. La série triée est :

28   30   32   35   36   38   40   42   45   48   52   74
1. Calculer la moyenne (au dixième) et déterminer la médiane.
2. Déterminer \(Q_1\), \(Q_3\), l'écart interquartile et l'étendue.
Pour aller plus loin (au-delà du programme) : il existe un critère, non exigible au lycée professionnel, qui considère une valeur comme « aberrante » si elle dépasse \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\). On l'utilise ici uniquement comme repère pour situer une valeur très éloignée du reste de la série.
3. La valeur 74 min est-elle inhabituelle ? Utiliser le repère \(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR}\).
4. Le responsable veut ramener la moyenne à 40 min au maximum. De combien de minutes au minimum doit-il réduire l'intervention la plus longue ? À quelle durée doit-elle passer ?
5. Si cette intervention passe de 74 min à 54 min, la médiane change-t-elle ? Expliquer pourquoi.
6. Que faudrait-il modifier pour abaisser la médiane à 38 min ? Proposer une solution et la vérifier.
7. Rédiger une recommandation de 3 à 4 lignes pour le responsable.
1. Moyenne et médiane :

Somme = 28 + 30 + 32 + 35 + 36 + 38 + 40 + 42 + 45 + 48 + 52 + 74 = 500 min

\(\bar{x} = \dfrac{500}{12} \approx \mathbf{41{,}7}\) min

N = 12 (pair) → Me = moyenne des rangs 6 et 7 = \(\dfrac{38 + 40}{2} = \mathbf{39}\) min

2. Quartiles, IQR, étendue :

Rang de \(Q_1 = \lceil 12/4 \rceil = 3\) → \(Q_1\) = 32 min  |  Rang de \(Q_3 = \lceil 36/4 \rceil = 9\) → \(Q_3\) = 45 min

IQR = 45 − 32 = 13 min  |  Étendue = 74 − 28 = 46 min

3. La valeur 74 min (repère au-delà du programme) :

\(Q_3 + 1{,}5 \times \text{IQR} = 45 + 1{,}5 \times 13 = 45 + 19{,}5 = \mathbf{64{,}5}\) min.

74 > 64,5 → selon ce repère hors-programme, cette intervention est nettement hors du lot : elle mérite d'être analysée à part (pièce à commander, déplacement lointain, panne complexe…).

4. Ramener la moyenne à 40 min :

Pour que \(\bar{x} \leqslant 40\) avec 12 valeurs, il faut une somme d'au plus \(40 \times 12 = 480\) min.

La somme actuelle est 500 min, il faut donc retirer au moins \(500 - 480 = \mathbf{20}\) min.

L'intervention la plus longue doit passer de 74 min à 54 min au maximum.

5. Effet sur la médiane :

Non, la médiane ne change pas : elle reste à 39 min. En passant de 74 à 54 min, cette valeur reste la plus grande de la série, donc l'ordre des valeurs est inchangé. Or la médiane ne dépend que des valeurs de rang 6 et 7 (38 et 40), qui n'ont pas bougé.

C'est exactement la robustesse de la médiane : elle ignore ce qui se passe aux extrémités.

6. Abaisser la médiane à 38 min :

Il faut agir sur les valeurs centrales (rangs 6 et 7), et non sur les extrêmes. Par exemple, ramener la 7e valeur de 40 min à 38 min.

Vérification : la série devient 28 ; 30 ; 32 ; 35 ; 36 ; 38 ; 38 ; 42 ; 45 ; 48 ; 52 ; 74 → Me = \(\dfrac{38 + 38}{2} = \mathbf{38}\) min. ✔

7. Recommandation :

Les deux leviers ne sont pas les mêmes. Pour faire baisser la moyenne, il suffit de traiter le cas extrême (74 min) : c'est lui qui pèse le plus, et 20 minutes gagnées sur cette seule intervention suffisent à atteindre l'objectif de 40 min.

Mais pour améliorer réellement le service pour la majorité des clients, c'est la médiane qu'il faut viser : il faut alors gagner quelques minutes sur les interventions « ordinaires » (organisation du véhicule, stock de pièces courantes). Suivre uniquement la moyenne donnerait l'illusion d'un progrès alors que rien n'aurait changé pour la plupart des dépannages.

Exercice 3-14 Avant / après rénovation énergétique — bilan d'un parc de logements Bâtiment — Rénovation énergétique Approfondissement

Un gestionnaire de patrimoine suit la consommation d'énergie (en kWh par m² et par an) de 40 logements, avant puis après un programme de rénovation (isolation et changement des menuiseries). Les deux séries sont résumées par les diagrammes en boîte ci-dessous, tracés sur le même axe. Aucune valeur n'est écrite : il faut les lire sur l'axe gradué.

1. Relever les 5 indicateurs de chaque série.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de chaque série.
3. De combien la médiane a-t-elle baissé ? Exprimer cette baisse en pourcentage (arrondir à 0,1 %).
4. L'objectif du programme est de passer sous 150 kWh/m²/an. Quelle proportion des logements atteignait cet objectif avant la rénovation ? après ? Justifier à l'aide des quartiles.
5. L'écart interquartile est le même avant et après. Qu'est-ce que cela indique sur l'effet de la rénovation ? L'étendue dit-elle la même chose ?
6. Rédiger pour le conseil d'administration un bilan de 4 à 5 lignes, chiffré et argumenté.
1. Lecture des indicateurs :
Min\(Q_1\)Me\(Q_3\)Max
Avant100150175200250
Après75100125150175

(en kWh/m²/an)

2. Étendue et IQR :

Avant : Étendue = 250 − 100 = 150  |  IQR = 200 − 150 = 50

Après : Étendue = 175 − 75 = 100  |  IQR = 150 − 100 = 50

3. Baisse de la médiane :

Baisse = 175 − 125 = 50 kWh/m²/an

En pourcentage : \(\dfrac{50}{175} \approx 0{,}2857\) → une baisse d'environ 28,6 % de la consommation médiane.

4. Logements sous 150 kWh/m²/an :

Avant : \(Q_1 = 150\) → environ 25 % des logements seulement étaient sous 150 kWh/m²/an.

Après : \(Q_3 = 150\) → environ 75 % des logements sont sous 150 kWh/m²/an.

La proportion de logements atteignant l'objectif a donc été multipliée par 3 (soit environ 10 logements avant, contre 30 après, sur les 40 du parc).

5. Ce que disent IQR et étendue :

L'IQR est identique (50 avant et après) : la moitié centrale du parc reste aussi dispersée qu'avant. La rénovation a donc surtout déplacé l'ensemble de la distribution vers le bas, sans homogénéiser les logements entre eux.

L'étendue, elle, passe de 150 à 100 : les cas extrêmes se sont rapprochés. Les logements les plus énergivores (250 kWh/m²/an) ont été les plus améliorés — ce sont eux qui avaient le plus à gagner.

6. Bilan pour le conseil d'administration :

La rénovation est un succès mesurable. La consommation médiane du parc passe de 175 à 125 kWh/m²/an, soit une baisse d'environ 28,6 %. Surtout, la part des logements sous l'objectif de 150 kWh/m²/an passe d'environ 25 % à environ 75 % : trois logements sur quatre sont désormais conformes, contre un sur quatre auparavant. Le logement le plus énergivore est passé de 250 à 175 kWh/m²/an et l'étendue a été réduite d'un tiers.

Un point de vigilance demeure : l'écart interquartile est inchangé (50 kWh/m²/an). Le parc reste hétérogène, et un quart des logements dépasse encore 150 kWh/m²/an. Une seconde phase ciblée sur ces logements-là serait la plus rentable.

Exercice 3-15 Comment réagissent les indicateurs quand toute la série change ? Énergie — Parc de chaudières Approfondissement

Un technicien de maintenance énergétique relève la consommation de gaz (en m³) de 8 chaudières identiques pendant une semaine. La série triée est :

20   24   26   28   30   32   36   44
1. Calculer la moyenne, la médiane, \(Q_1\), \(Q_3\), l'écart interquartile, l'étendue et l'écart-type de cette série. (L'écart-type tombe sur un nombre entier.)
2. L'hiver suivant est plus froid : chaque chaudière consomme 5 m³ de plus. Prévoir d'abord, sans tout recalculer, ce que deviennent les sept indicateurs. Vérifier ensuite par le calcul.
3. Autre scénario : toutes les consommations augmentent de 10 % (elles sont multipliées par 1,1). Reprendre la même question.
4. Formuler une règle générale : quels indicateurs sont modifiés par un ajout constant ? par une multiplication ?
5. Le technicien affirme : « une hausse de 10 % rend le parc moins régulier ». A-t-il raison ? Comparer le rapport \(\dfrac{\sigma}{\bar{x}}\) avant et après (ouverture BTS).
1. Indicateurs de la série de départ :

Somme = 20 + 24 + 26 + 28 + 30 + 32 + 36 + 44 = 240 → \(\bar{x} = \dfrac{240}{8} = \mathbf{30}\) m³

N = 8 (pair) → Me = \(\dfrac{28 + 30}{2} = \mathbf{29}\) m³

Rang de \(Q_1 = \lceil 8/4 \rceil = 2\) → \(Q_1\) = 24 m³  |  Rang de \(Q_3 = \lceil 24/4 \rceil = 6\) → \(Q_3\) = 32 m³

IQR = 32 − 24 = 8 m³  |  Étendue = 44 − 20 = 24 m³

Écarts à la moyenne : −10 ; −6 ; −4 ; −2 ; 0 ; +2 ; +6 ; +14. Carrés : 100 + 36 + 16 + 4 + 0 + 4 + 36 + 196 = 392.

\(\sigma^2 = \dfrac{392}{8} = 49\) → \(\sigma = \sqrt{49} = \mathbf{7}\) m³

2. Chaque chaudière consomme 5 m³ de plus :

Prévision : toute la série est décalée de +5. Les indicateurs de position (moyenne, médiane, quartiles) augmentent de 5 ; les indicateurs de dispersion (étendue, IQR, écart-type) ne changent pas, car les écarts entre les valeurs sont identiques.

Vérification : nouvelle série 25 ; 29 ; 31 ; 33 ; 35 ; 37 ; 41 ; 49.

Somme = 280 → \(\bar{x} = 35\) m³ (30 + 5 ✔) ; Me = \(\dfrac{33 + 35}{2} = 34\) m³ (29 + 5 ✔) ; \(Q_1 = 29\) (24 + 5 ✔) ; \(Q_3 = 37\) (32 + 5 ✔).

IQR = 37 − 29 = 8 m³ (inchangé ✔) ; étendue = 49 − 25 = 24 m³ (inchangée ✔).

Écarts à la nouvelle moyenne : −10 ; −6 ; −4 ; −2 ; 0 ; +2 ; +6 ; +14 — exactement les mêmes qu'avant → \(\sigma = \mathbf{7}\) m³ (inchangé ✔).

3. Toutes les consommations augmentent de 10 % :

Prévision : chaque valeur est multipliée par 1,1, donc tous les indicateurs (position et dispersion) sont multipliés par 1,1.

Vérification : nouvelle série 22 ; 26,4 ; 28,6 ; 30,8 ; 33 ; 35,2 ; 39,6 ; 48,4.

Somme = 264 → \(\bar{x} = 33\) m³ (30 × 1,1 ✔) ; Me = \(\dfrac{30{,}8 + 33}{2} = 31{,}9\) m³ (29 × 1,1 ✔) ; \(Q_1 = 26{,}4\) (24 × 1,1 ✔) ; \(Q_3 = 35{,}2\) (32 × 1,1 ✔).

IQR = 35,2 − 26,4 = 8,8 m³ (8 × 1,1 ✔) ; étendue = 48,4 − 22 = 26,4 m³ (24 × 1,1 ✔).

\(\sigma^2 = 49 \times 1{,}1^2 = 49 \times 1{,}21 = 59{,}29\) → \(\sigma = \sqrt{59{,}29} = \mathbf{7{,}7}\) m³ (7 × 1,1 ✔).

4. Règle générale :

Ajout d'une constante \(b\) : moyenne, médiane et quartiles augmentent de \(b\) ; étendue, IQR et écart-type ne changent pas. Ajouter la même quantité à tout le monde déplace la série sans l'étaler.

Multiplication par un nombre \(k > 0\) : tous les indicateurs sont multipliés par \(k\), aussi bien la position que la dispersion. Multiplier étale (ou resserre) la série.

5. Le parc est-il « moins régulier » ? (ouverture BTS)

Avant : \(\dfrac{\sigma}{\bar{x}} = \dfrac{7}{30} \approx 0{,}233\), soit 23,3 %.

Après la hausse de 10 % : \(\dfrac{\sigma}{\bar{x}} = \dfrac{7{,}7}{33} \approx 0{,}233\), soit 23,3 % également.

Le technicien a tort. En valeur absolue l'écart-type augmente bien (7 → 7,7 m³), mais rapporté à la moyenne la dispersion est exactement la même. Le parc n'est pas devenu moins régulier : il consomme simplement plus. C'est ce rapport \(\sigma / \bar{x}\), utilisé en BTS, qui permet de comparer la dispersion de séries qui n'ont ni le même ordre de grandeur ni la même unité.

Exercice 3-16 Qualité de l'air — Une moyenne plus basse suffit-elle à conclure ? Développement durable — Pollution de l'air Approfondissement

Une agence de surveillance de la qualité de l'air mesure chaque jour la concentration en particules fines PM10 (en microgrammes par mètre cube, µg/m³) dans deux communes, pendant 15 jours d'hiver. La commune A est au fond d'une vallée (l'air y stagne certains jours), la commune B est en plaine ventée. Les deux séries sont déjà triées :

Commune A (fond de vallée) :

8   10   12   14   16   18   20   22   26   30   52   58   64   70   80

Commune B (plaine ventée) :

26   28   30   31   32   33   34   35   36   38   39   40   42   44   47

Réglementation française pour les PM10 : le seuil d'information et de recommandation est fixé à 50 µg/m³ en moyenne sur 24 heures, et le seuil d'alerte à 80 µg/m³.

1. Pour chaque commune, calculer la moyenne (arrondir au dixième) et déterminer la médiane, \(Q_1\) et \(Q_3\). Préciser à chaque fois le rang utilisé.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de chaque commune.
3. Construire les deux boîtes à moustaches sur un même axe gradué de 0 à 90 µg/m³, avec une graduation tous les 10 µg/m³.
4. Combien de jours chaque commune a-t-elle dépassé le seuil de 50 µg/m³ ? Quel pourcentage des 15 jours cela représente-t-il ? Un seuil d'alerte a-t-il été atteint ?
5. Le maire de la commune A déclare : « notre air est meilleur que celui de B : notre moyenne et notre médiane sont plus basses. » Cette conclusion est-elle recevable ? Répondre en utilisant les indicateurs de dispersion et le nombre de dépassements.
6. Rédiger en 4 à 5 lignes un avis argumenté pour l'agence : quelle commune faut-il placer en priorité sous surveillance, et quels indicateurs faut-il publier à côté de la moyenne pour que l'information soit honnête ?
1. Indicateurs de position (\(N = 15\) pour chaque commune) :

Commune A — Somme \(= 8+10+12+14+16+18+20+22+26+30+52+58+64+70+80 = 500\) → \(\bar{x}_A = \dfrac{500}{15} \approx \mathbf{33{,}3}\) µg/m³.

\(N = 15\) est impair : Me est la valeur de rang \(\dfrac{15+1}{2} = 8\) → \(Me_A = \mathbf{22}\) µg/m³.

Rang de \(Q_1 = \lceil 15/4 \rceil = \lceil 3{,}75 \rceil = 4\) → \(Q_{1A} = \mathbf{14}\) µg/m³. Rang de \(Q_3 = \lceil 45/4 \rceil = \lceil 11{,}25 \rceil = 12\) → \(Q_{3A} = \mathbf{58}\) µg/m³.

Commune B — Somme \(= 26+28+30+31+32+33+34+35+36+38+39+40+42+44+47 = 535\) → \(\bar{x}_B = \dfrac{535}{15} \approx \mathbf{35{,}7}\) µg/m³.

Rang 8 → \(Me_B = \mathbf{35}\) µg/m³. Rang 4 → \(Q_{1B} = \mathbf{31}\) µg/m³. Rang 12 → \(Q_{3B} = \mathbf{40}\) µg/m³.

2. Indicateurs de dispersion :
Min\(Q_1\)Me\(Q_3\)MaxÉtendueIQRMoyenne
Commune A814225880724433,3
Commune B263135404721935,7

Commune A : étendue \(= 80 - 8 = 72\) µg/m³ et IQR \(= 58 - 14 = 44\) µg/m³.
Commune B : étendue \(= 47 - 26 = 21\) µg/m³ et IQR \(= 40 - 31 = 9\) µg/m³.

La commune A est près de 5 fois plus dispersée que la commune B (44 contre 9).

3. Les deux boîtes à moustaches :

La lecture est immédiate : la boîte de A est très large et sa moustache droite très longue ; celle de B tient dans un mouchoir de poche.

4. Dépassements du seuil de 50 µg/m³ :

Commune A : les valeurs 52, 58, 64, 70 et 80 dépassent 50 → 5 jours, soit \(\dfrac{5}{15} \times 100 \approx \mathbf{33{,}3\,\%}\) des jours.

Commune B : la valeur maximale est 47 < 50 → 0 jour, soit \(\mathbf{0\,\%}\).

De plus, la valeur maximale de A, 80 µg/m³, atteint le seuil d'alerte. Aucun seuil n'est atteint en B.

5. La déclaration du maire est-elle recevable ?

Non. Les deux chiffres qu'il cite sont exacts (\(\bar{x}_A = 33{,}3 \lt \bar{x}_B = 35{,}7\) et \(Me_A = 22 \lt Me_B = 35\)), mais ils ne décrivent que le centre de la série et passent à côté de l'essentiel.

Trois arguments le contredisent :

Dispersion : IQR de 44 contre 9, étendue de 72 contre 21. À A, un jour ne ressemble pas au suivant ; à B, l'air est stable.

Dépassements : A dépasse le seuil de 50 µg/m³ un jour sur trois et atteint même le seuil d'alerte à 80 ; B ne le dépasse jamais.

Enjeu sanitaire : la réglementation porte sur des pics journaliers, pas sur une moyenne. Une moyenne basse obtenue en alternant 10 jours très propres et 5 jours de pic n'expose pas moins les habitants — au contraire, ce sont ces jours de pic qui déclenchent les recommandations sanitaires.

La moyenne basse de A vient précisément de ses 10 jours à faible concentration ; c'est un cas d'école où la moyenne masque le risque.

6. Avis argumenté (proposition) :

C'est la commune A qu'il faut placer en priorité sous surveillance. Sa moyenne (33,3 µg/m³) et sa médiane (22 µg/m³) sont pourtant plus basses que celles de B (35,7 et 35), mais elle a dépassé le seuil d'information de 50 µg/m³ pendant 5 jours sur 15, soit un tiers de la période, et a atteint le seuil d'alerte de 80 µg/m³, ce que B n'a jamais fait. Son écart interquartile (44 µg/m³) et son étendue (72 µg/m³) confirment une situation très instable, cohérente avec un fond de vallée où l'air stagne certains jours.

Pour que l'information publiée soit honnête, la moyenne doit être accompagnée d'au moins : le nombre de jours de dépassement des seuils, le maximum, et un indicateur de dispersion (étendue ou écart interquartile) — idéalement la boîte à moustaches, qui donne les cinq à la fois.

Exercice 3-17 Temps de réaction — Ce que la dispersion révèle Sciences Approfondissement

En classe, on mesure le temps de réaction avec le protocole de la règle qui tombe : un camarade lâche une règle sans prévenir, on la rattrape le plus vite possible, et la hauteur de chute permet de calculer le temps écoulé.

Un élève réalise 15 mesures dans deux conditions : d'abord concentré sur la règle, puis en regardant son téléphone. Les deux séries sont données déjà triées, en millisecondes (ms) :

Série 1 — sans distraction (15 mesures, en ms) :

180   190   195   200   205   210   215   220   225   230   235   240   250   260   285

Série 2 — en regardant son téléphone (15 mesures, en ms) :

240   255   265   275   285   295   300   310   320   330   340   355   370   400   460
1. Pour chaque série, calculer la moyenne (arrondir au dixième de ms) et déterminer la médiane, \(Q_1\) et \(Q_3\). Préciser à chaque fois le rang utilisé.
2. Calculer l'étendue et l'écart interquartile de chaque série.
3. Construire les deux boîtes à moustaches sur un même axe gradué de 150 à 500 ms, avec une graduation tous les 50 ms.
4. De combien la médiane augmente-t-elle entre les deux conditions ? Exprimer cette hausse en pourcentage, arrondi à 0,1 %.
5. Le téléphone allonge le temps de réaction — mais il fait aussi autre chose. Montrer, à l'aide de l'IQR et de l'étendue, que les réactions deviennent en plus beaucoup moins régulières.
6. Application routière. À 50 km/h, un véhicule parcourt environ 13,9 m par seconde. Calculer la distance parcourue pendant le temps de réaction médian dans chacune des deux conditions (arrondir au dixième de mètre), puis l'écart entre les deux.
7. Rédiger en 3 à 4 lignes une conclusion chiffrée destinée à une affiche de prévention, en utilisant à la fois un indicateur de position et un indicateur de dispersion.
1. Moyennes, médianes et quartiles :

Sans distraction — Somme \(= 3\,340\) ms, donc \(\bar{x} = \dfrac{3\,340}{15} \approx \mathbf{222{,}7\ \text{ms}}\).

\(N = 15\) est impair : la médiane est la valeur de rang \(\dfrac{15+1}{2} = 8\) → \(Me = \mathbf{220\ \text{ms}}\).

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 15/4 \rceil = \lceil 3{,}75 \rceil = 4\) → \(Q_1 = \mathbf{200\ \text{ms}}\).

Rang de \(Q_3\) : \(\lceil 45/4 \rceil = \lceil 11{,}25 \rceil = 12\) → \(Q_3 = \mathbf{240\ \text{ms}}\).

Avec téléphone — Somme \(= 4\,800\) ms, donc \(\bar{x} = \dfrac{4\,800}{15} = \mathbf{320{,}0\ \text{ms}}\).

Rang 8 → \(Me = \mathbf{310\ \text{ms}}\)  |  rang 4 → \(Q_1 = \mathbf{275\ \text{ms}}\)  |  rang 12 → \(Q_3 = \mathbf{355\ \text{ms}}\).

2. Étendue et écart interquartile :
SérieÉtendueIQR
Sans distraction\(285 - 180 = \) 105 ms\(240 - 200 = \) 40 ms
Avec téléphone\(460 - 240 = \) 220 ms\(355 - 275 = \) 80 ms
3. Les deux boîtes à moustaches :

Série 1 : sans distraction (en bleu)  ·  Série 2 : en regardant son téléphone (en rouge).

Les deux boîtes ne se chevauchent presque pas : le \(Q_1\) de la série « avec téléphone » (275 ms) est déjà supérieur au \(Q_3\) de la série « sans distraction » (240 ms). Autrement dit, les trois quarts des réactions avec téléphone sont plus lentes que les trois quarts des réactions sans distraction.

4. Hausse de la médiane :

Hausse absolue : \(310 - 220 = \mathbf{90\ \text{ms}}\).

Taux d'évolution : \(t = \dfrac{310 - 220}{220} \times 100 = \dfrac{90}{220} \times 100 \approx \mathbf{+40{,}9\ \%}\)

5. La régularité se dégrade aussi :

IQR : de 40 ms à 80 ms → il est multiplié par 2.

Étendue : de 105 ms à 220 ms → elle est elle aussi plus que doublée.

Conclusion : avec le téléphone, on ne réagit pas seulement plus lentement en moyenne ; on réagit surtout de façon imprévisible. Certaines fois presque normalement (240 ms), d'autres fois très tard (460 ms). C'est cette imprévisibilité qui est dangereuse : on ne peut plus compter sur son propre temps de réaction.

6. Application routière :

220 ms \(= 0{,}220\) s → \(0{,}220 \times 13{,}9 \approx \mathbf{3{,}1\ \text{m}}\)

310 ms \(= 0{,}310\) s → \(0{,}310 \times 13{,}9 \approx \mathbf{4{,}3\ \text{m}}\)

Écart : \(4{,}3 - 3{,}1 = \mathbf{1{,}2\ \text{m}}\) — soit environ une largeur de passage piéton parcourue en plus avant même d'avoir commencé à freiner.

Remarque : avec le pire temps mesuré (460 ms), la distance devient \(0{,}460 \times 13{,}9 \approx 6{,}4\) m.

7. Conclusion pour l'affiche (proposition) :

« Sans distraction, notre temps de réaction médian est de 220 ms, et la moitié centrale des mesures tient dans 40 ms. Avec le téléphone, la médiane monte à 310 ms (+ 40,9 %) et l'écart interquartile double, à 80 ms. On réagit donc plus tard et de façon beaucoup moins régulière : à 50 km/h, cela représente en moyenne 1,2 m parcourus en plus avant de freiner, et jusqu'à 6,4 m dans le pire cas mesuré. »

Exercice 3-18 Retards du train — La moyenne dit-elle la vérité ? Vie courante Approfondissement

Un voyageur note chaque jour, pendant 20 jours, le retard de son train à l'arrivée. Un retard de 0 minute signifie que le train est arrivé à l'heure. La série est déjà triée :

0   0   0   0   1   1   1   2   2   2   3   3   4   5   6   8   12   18   35   47

On peut aussi la présenter sous forme de tableau d'effectifs, plus commode pour compter :

Retard (min)0123456812183547
Nombre de jours433211111111
1. Calculer le retard moyen, puis déterminer la médiane en précisant les rangs utilisés.
2. Déterminer \(Q_1\) et \(Q_3\) (préciser les rangs), puis calculer l'écart interquartile et l'étendue.
3. Construire la boîte à moustaches sur un axe gradué de 0 à 50 min, avec une graduation toutes les 5 minutes.
4. Le transporteur communique : « le retard moyen sur cette ligne est de 7,5 minutes ». Un usager répond : « chez moi, la plupart du temps, c'est moins de 3 minutes ». Les deux affirmations sont-elles compatibles ? Sur quel indicateur chacun s'appuie-t-il ?
5. Expliquer, en revenant aux données, pourquoi la moyenne est ici trois fois plus grande que la médiane.
6. Combien de jours le train a-t-il eu au moins 5 minutes de retard ? Quel pourcentage des jours cela représente-t-il ?
7. Le contrat de service prévoit qu'au moins 90 % des trains arrivent avec moins de 15 minutes de retard. L'engagement est-il tenu sur ces 20 jours ? Justifier par le calcul.
8. Rédiger en 3 à 4 lignes ce que le transporteur devrait publier pour donner une image honnête de sa ponctualité. Justifier le choix des indicateurs.
1. Moyenne et médiane :

Somme des 20 retards : \(0 \times 4 + 1 \times 3 + 2 \times 3 + 3 \times 2 + 4 + 5 + 6 + 8 + 12 + 18 + 35 + 47 = 150\) min.

\(\bar{x} = \dfrac{150}{20} = \mathbf{7{,}5\ \text{min}}\)

\(N = 20\) est pair : la médiane est la moyenne des valeurs de rang 10 et de rang 11, soit 2 et 3.

\(Me = \dfrac{2 + 3}{2} = \mathbf{2{,}5\ \text{min}}\)

2. Quartiles, IQR, étendue :

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 20/4 \rceil = 5\) → \(Q_1 = \mathbf{1\ \text{min}}\).

Rang de \(Q_3\) : \(\lceil 60/4 \rceil = 15\) → \(Q_3 = \mathbf{6\ \text{min}}\).

IQR \(= 6 - 1 = \mathbf{5\ \text{min}}\)  |  Étendue \(= 47 - 0 = \mathbf{47\ \text{min}}\).

3. Boîte à moustaches :

La boîte est écrasée à gauche et la moustache de droite est très longue : la série est fortement déséquilibrée. La croix ✕ marque la moyenne (7,5 min) — elle tombe à l'extérieur de la boîte, au-delà de \(Q_3\).

4. Deux affirmations, deux indicateurs :

Les deux sont exactes — elles ne parlent simplement pas du même indicateur.

Le transporteur utilise la moyenne : \(\bar{x} = 7{,}5\) min. C'est vrai.

L'usager décrit ce qu'il vit habituellement, c'est-à-dire la médiane : \(Me = 2{,}5\) min. La moitié des jours, le retard est inférieur ou égal à 2,5 min ; avec \(Q_3 = 6\) min, on peut même dire que 75 % des jours le retard ne dépasse pas 6 minutes.

5. Pourquoi la moyenne est trois fois la médiane :

Les deux jours de très gros retard (35 min et 47 min) totalisent à eux seuls \(35 + 47 = 82\) min, soit plus de la moitié des 150 minutes de retard cumulé — pour seulement 2 jours sur 20.

La moyenne répartit ces 82 minutes sur les 20 jours, ce qui gonfle le résultat. La médiane, elle, ne dépend que du rang des valeurs : déplacer 47 min à 200 min ne la changerait pas. La médiane est donc un indicateur robuste, la moyenne non.

6. Jours à au moins 5 minutes de retard :

Valeurs supérieures ou égales à 5 : 5 · 6 · 8 · 12 · 18 · 35 · 47, soit 7 jours.

\(\dfrac{7}{20} \times 100 = \mathbf{35\ \%}\) des jours.

7. L'engagement des 90 % :

Retards de 15 min ou plus : 18 · 35 · 47, soit 3 jours. Il reste donc \(20 - 3 = 17\) jours avec moins de 15 min de retard.

\(\dfrac{17}{20} \times 100 = \mathbf{85\ \%}\).

\(85\ \% \lt 90\ \%\) : l'engagement n'est pas tenu sur cette période. Il aurait fallu au moins \(0{,}90 \times 20 = 18\) jours conformes, soit un jour de plus.

8. Ce qu'il faudrait publier (proposition) :

« Sur 20 jours, le retard médian est de 2,5 minutes et 75 % des trains arrivent avec 6 minutes de retard au plus (\(Q_3\)). Mais 2 jours sur 20 ont connu des retards de 35 et 47 minutes, ce qui porte la moyenne à 7,5 minutes et fait chuter le taux de trains à l'heure à 15 minutes près à 85 %, en dessous de l'engagement de 90 %. »

Publier la médiane et \(Q_3\) décrit le trajet ordinaire ; publier le pourcentage de trains sous un seuil et l'étendue rend compte des mauvais jours. Un seul chiffre — quel qu'il soit — ne peut pas dire les deux.

Exercice 3-19 Deux restaurants notés 3,8/5 — La note moyenne suffit-elle ? Vie courante Approfondissement

Sur un site d'avis, chaque client attribue une note entière de 1 à 5 étoiles. Deux restaurants d'un même quartier ont reçu chacun 80 avis. Voici la répartition des notes :

Note \(x_i\) (étoiles)12345Total
Restaurant A — nombre d'avis2616381880
Restaurant B — nombre d'avis202265080

Les deux fiches affichent la même chose : « 3,8 / 5 — 80 avis ».

1. Vérifier que chaque restaurant totalise bien 80 avis, puis calculer la note moyenne de chacun (moyenne pondérée). Retrouve-t-on 3,8 dans les deux cas ?
2. Déterminer le mode de chaque série. Que signifie-t-il concrètement ici ?
Rappel — l'effectif cumulé

On additionne les effectifs de gauche à droite : l'effectif cumulé d'une note, c'est le nombre d'avis qui ont cette note ou une note plus basse (le dernier cumul vaut donc \(N = 80\), c'est le contrôle des additions). Il donne directement les rangs occupés par chaque note dans la série triée — on trouve alors la médiane et les quartiles sans écrire les 80 valeurs, comme dans l'exercice 1-13.

Exemple sur 10 avis — effectifs 3 ; 2 ; 5 → cumuls 3 ; 5 ; 10 → la 1re note occupe les rangs 1 à 3, la 2e les rangs 4 à 5, la 3e les rangs 6 à 10. Il reste à chercher dans quelle plage tombe le rang de la médiane, de \(Q_1\) ou de \(Q_3\).

3. Construire, pour chaque restaurant, la ligne des effectifs cumulés, puis en déduire les rangs occupés par chaque note dans la série triée des 80 avis.
4. Déterminer la médiane de chaque série (\(N = 80\) : préciser les rangs utilisés).
5. Déterminer \(Q_1\) et \(Q_3\) de chaque série, puis l'écart interquartile.
6. Calculer l'étendue de chaque série. Cet indicateur permet-il de distinguer les deux restaurants ?
7. Calculer, pour chaque restaurant, le pourcentage d'avis à 1 ou 2 étoiles, puis le pourcentage d'avis à 4 ou 5 étoiles. Commenter.
8. Un client hésite entre les deux restaurants et ne dispose que de la note « 3,8 / 5 ». Rédiger en 4 à 5 lignes ce que cette note unique lui cache, et quels indicateurs le site devrait afficher à la place (ou en plus).
1. Effectifs et notes moyennes :

Restaurant A : \(2 + 6 + 16 + 38 + 18 = 80\) ✓  |  Restaurant B : \(20 + 2 + 2 + 6 + 50 = 80\) ✓

A : \(\bar{x} = \dfrac{2 \times 1 + 6 \times 2 + 16 \times 3 + 38 \times 4 + 18 \times 5}{80} = \dfrac{2 + 12 + 48 + 152 + 90}{80} = \dfrac{304}{80} = \mathbf{3{,}8}\)

B : \(\bar{x} = \dfrac{20 \times 1 + 2 \times 2 + 2 \times 3 + 6 \times 4 + 50 \times 5}{80} = \dfrac{20 + 4 + 6 + 24 + 250}{80} = \dfrac{304}{80} = \mathbf{3{,}8}\)

Les deux moyennes sont rigoureusement égales. Le site ne ment pas.

2. Modes :

A : l'effectif le plus grand est 38, pour la note 4 → mode \(= \mathbf{4}\) étoiles.

B : l'effectif le plus grand est 50, pour la note 5 → mode \(= \mathbf{5}\) étoiles.

Le mode est la note la plus souvent donnée : chez A c'est « bien », chez B c'est « excellent ».

3. Effectifs cumulés et rangs occupés :
Note12345
A — effectif cumulé28246280
A — rangs occupés1 à 23 à 89 à 2425 à 6263 à 80
B — effectif cumulé2022243080
B — rangs occupés1 à 2021 à 2223 à 2425 à 3031 à 80
4. Médianes :

\(N = 80\) est pair : la médiane est la moyenne des valeurs de rang 40 et de rang 41.

A : les rangs 40 et 41 sont dans la plage « 25 à 62 », occupée par la note 4 → \(Me = \mathbf{4}\).

B : les rangs 40 et 41 sont dans la plage « 31 à 80 », occupée par la note 5 → \(Me = \mathbf{5}\).

5. Quartiles et écart interquartile :

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 80/4 \rceil = 20\)  |  rang de \(Q_3\) : \(\lceil 240/4 \rceil = 60\).

A : le rang 20 est dans « 9 à 24 » → \(Q_1 = \mathbf{3}\) ; le rang 60 est dans « 25 à 62 » → \(Q_3 = \mathbf{4}\). IQR \(= 4 - 3 = \mathbf{1}\).

B : le rang 20 est dans « 1 à 20 » → \(Q_1 = \mathbf{1}\) ; le rang 60 est dans « 31 à 80 » → \(Q_3 = \mathbf{5}\). IQR \(= 5 - 1 = \mathbf{4}\).

Voilà la différence : chez A, la moitié centrale des avis tient entre 3 et 4 étoiles (IQR = 1) ; chez B, elle s'étale de 1 à 5 étoiles (IQR = 4), c'est-à-dire sur toute l'échelle.

6. Étendues :

A : \(5 - 1 = \mathbf{4}\)  |  B : \(5 - 1 = \mathbf{4}\).

Les deux étendues sont identiques : l'étendue ne distingue pas les deux restaurants. C'est sa limite bien connue — elle ne regarde que les deux valeurs extrêmes, et il suffit d'un seul avis à 1 étoile pour l'atteindre. L'écart interquartile, lui, regarde la moitié centrale : c'est lui qui sépare A de B.

7. Pourcentages d'avis extrêmes :
Restaurant1 ou 2 étoiles4 ou 5 étoiles
A\(\dfrac{2+6}{80} \times 100 = \) 10 %\(\dfrac{38+18}{80} \times 100 = \) 70 %
B\(\dfrac{20+2}{80} \times 100 = \) 27,5 %\(\dfrac{6+50}{80} \times 100 = \) 70 %

Fait remarquable : les deux restaurants ont exactement 70 % d'avis positifs. Même ce pourcentage-là ne les distingue pas. En revanche, un client sur quatre environ met 1 ou 2 étoiles chez B (27,5 %), contre un sur dix chez A (10 %).

8. Ce que la note unique cache (proposition) :

« Les deux restaurants affichent 3,8/5, ont la même étendue et le même taux d'avis positifs (70 %). Pourtant ils ne se ressemblent pas. Chez A, les avis sont groupés : la moitié centrale se situe entre 3 et 4 étoiles (IQR = 1) et seulement 10 % des clients sont mécontents ; l'expérience est prévisible. Chez B, les avis sont polarisés : la médiane vaut 5 mais \(Q_1\) vaut 1, l'IQR atteint 4, et 27,5 % des clients mettent 1 ou 2 étoiles ; on adore ou on déteste. »

Le site devrait donc afficher, en plus de la moyenne : la répartition des notes (les cinq effectifs), la médiane et le pourcentage d'avis à 1 ou 2 étoiles. Une moyenne seule résume 80 avis en un nombre — et un nombre unique ne peut pas dire à la fois où sont les avis et à quel point ils sont dispersés.

Exercice 3-20 Deux classes, la même moyenne de pas — laquelle bouge le moins ? Santé — Activité physique Approfondissement

Dans le cadre d'un projet « bouger plus », l'infirmière du lycée prête un podomètre aux élèves de deux classes pendant une semaine. Pour chaque élève, on retient son nombre moyen de pas par jour, arrondi à la centaine. Les deux classes comptent 11 élèves. Les séries sont données rangées par ordre croissant.

Rang1234567891011
Classe A5 2006 1006 8007 3007 6007 9008 2008 6009 1009 80011 400
Classe B5 3005 5005 8006 0006 2006 4006 8007 20012 10012 90013 800

Après avoir saisi les données, l'infirmière écrit dans son compte rendu : « Les deux classes bougent autant : elles ont la même moyenne. »

Rappel des rangs — sur une série triée de \(N\) valeurs : \(N\) impair → la médiane est la valeur de rang \(\dfrac{N+1}{2}\) ; \(Q_1\) = valeur de rang \(\lceil N/4 \rceil\) ; \(Q_3\) = valeur de rang \(\lceil 3N/4 \rceil\).
1. Vérifier l'affirmation de l'infirmière : calculer la moyenne de chaque classe.
2. Déterminer, pour chaque classe, la médiane, \(Q_1\), \(Q_3\), l'écart interquartile et l'étendue. Représenter les deux boîtes à moustaches sur un même axe gradué de 5 000 à 14 000 pas.
3. Sans calculer les écarts-types, indiquer quelle classe a le plus grand. Justifier à partir des données et des indicateurs déjà obtenus.
4. Dans chaque classe, combien d'élèves atteignent au moins 8 000 pas par jour ? Donner aussi le pourcentage, arrondi à l'unité.
5. Dans chaque classe, comparer la médiane à la moyenne. Que révèle cet écart sur la répartition des élèves ?
6. Problème ouvert. L'infirmière ne peut animer son atelier « bouger plus » que dans une seule des deux classes, et elle souhaite toucher le plus grand nombre d'élèves peu actifs. Rédiger, en 5 à 8 lignes, un argumentaire qui répond à sa phrase de compte rendu et lui recommande une classe. Chaque affirmation devra s'appuyer sur un indicateur calculé.
1. Moyennes :

Classe A : somme = 5 200 + 6 100 + 6 800 + 7 300 + 7 600 + 7 900 + 8 200 + 8 600 + 9 100 + 9 800 + 11 400 = 88 000 pas.

\(\bar{x}_{\text{A}} = \dfrac{88\,000}{11} = \mathbf{8\,000}\) pas par jour.

Classe B : somme = 5 300 + 5 500 + 5 800 + 6 000 + 6 200 + 6 400 + 6 800 + 7 200 + 12 100 + 12 900 + 13 800 = 88 000 pas.

\(\bar{x}_{\text{B}} = \dfrac{88\,000}{11} = \mathbf{8\,000}\) pas par jour.

L'infirmière a raison sur un point : les moyennes sont bien identiques. Toute la question est de savoir ce que cela prouve.

2. Médiane, quartiles, dispersion :

\(N = 11\) est impair : la médiane est la valeur de rang \(\dfrac{11+1}{2} = 6\).

Rang de \(Q_1\) : \(\lceil 11/4 \rceil = \lceil 2{,}75 \rceil = 3\)  |  rang de \(Q_3\) : \(\lceil 33/4 \rceil = \lceil 8{,}25 \rceil = 9\).

Minimum\(Q_1\)Médiane\(Q_3\)MaximumIQRÉtendue
Classe A5 2006 8007 9009 10011 4002 3006 200
Classe B5 3005 8006 40012 10013 8006 3008 500

Les deux boîtes ne se ressemblent pas du tout. Celle de A est étroite et sa médiane est presque au milieu. Celle de B est très large, et sa médiane est collée au bord gauche : la moitié centrale des élèves de B s'étale de 5 800 à 12 100 pas, mais l'essentiel de l'effectif est massé en bas.

3. Quelle classe a le plus grand écart-type ?

C'est la classe B, sans avoir besoin de le calculer. Trois arguments concordent :

  • son étendue est plus grande : 8 500 pas contre 6 200 ;
  • son écart interquartile est près de trois fois plus grand : 6 300 pas contre 2 300 ;
  • surtout, l'écart-type mesure l'écart à la moyenne : en B, huit élèves sont entre 5 300 et 7 200 pas (soit 800 à 2 700 pas sous la moyenne) et trois sont entre 12 100 et 13 800 pas (soit 4 100 à 5 800 pas au-dessus). Presque personne n'est proche de 8 000. En A au contraire, six élèves sur onze sont à moins de 1 200 pas de la moyenne.

Vérification à la calculatrice : \(\sigma_{\text{A}} \approx 1\,650\) pas et \(\sigma_{\text{B}} \approx 3\,085\) pas — presque le double, comme annoncé.

4. Élèves atteignant 8 000 pas :

Classe A : 8 200 ; 8 600 ; 9 100 ; 9 800 ; 11 400 → 5 élèves sur 11, soit \(\dfrac{5}{11} \times 100 \approx \mathbf{45\ \%}\).

Classe B : 12 100 ; 12 900 ; 13 800 → 3 élèves sur 11, soit \(\dfrac{3}{11} \times 100 \approx \mathbf{27\ \%}\).

Avec la même moyenne de 8 000 pas, la classe A compte donc presque deux fois plus d'élèves qui atteignent réellement ce niveau. Et en B, aucun élève ne se situe entre 7 200 et 12 100 pas : la moyenne de 8 000 pas ne décrit aucun élève de cette classe.

5. Médiane comparée à la moyenne :

Classe A : Me = 7 900 et \(\bar{x} = 8\,000\), soit 100 pas d'écart seulement. La série est équilibrée : les élèves se répartissent régulièrement autour du centre, la moyenne est un bon résumé de la classe.

Classe B : Me = 6 400 et \(\bar{x} = 8\,000\), soit 1 600 pas d'écart. La moyenne est très supérieure à la médiane : c'est la signature d'une série tirée vers le haut par quelques valeurs élevées. Ici, trois élèves très actifs (12 100 à 13 800 pas — sans doute une pratique sportive quotidienne) suffisent à relever la moyenne de toute la classe. Huit élèves sur onze, soit 73 %, sont en dessous de cette moyenne.

6. Argumentaire (proposition) :

« Les deux classes ont bien la même moyenne, 8 000 pas par jour, mais cette moyenne ne dit pas la même chose dans les deux cas — et c'est justement pour cela qu'elle ne suffit pas à conclure que les deux classes bougent autant.

En classe A, la médiane (7 900 pas) est presque égale à la moyenne et l'écart interquartile ne vaut que 2 300 pas : les élèves sont groupés autour de 8 000 pas, et 45 % d'entre eux atteignent ce niveau.

En classe B, la médiane tombe à 6 400 pas, soit 1 600 pas sous la moyenne, et l'écart interquartile atteint 6 300 pas. Trois élèves marchent plus de 12 000 pas par jour et tirent à eux seuls la moyenne vers le haut : 8 élèves sur 11 restent sous 7 200 pas, et seuls 27 % atteignent 8 000 pas. La moyenne de la classe B ne décrit en réalité aucun de ses élèves.

C'est donc la classe B qu'il faut retenir pour l'atelier : elle concentre le plus grand nombre d'élèves peu actifs, alors même que sa moyenne la fait passer pour aussi active que l'autre. »

Remarque de santé : le fameux objectif des « 10 000 pas » n'a rien d'un seuil médical — il vient du nom commercial d'un podomètre japonais lancé en 1965. Les travaux récents montrent que l'essentiel du bénéfice pour la santé est déjà obtenu autour de 7 000 à 8 000 pas par jour. Pour les adolescents, le repère officiel n'est d'ailleurs pas un nombre de pas mais une durée : au moins 60 minutes d'activité physique modérée à soutenue par jour. Le podomètre reste un bon outil de sensibilisation — à condition, comme ici, de regarder la répartition et pas seulement la moyenne.