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Les trous noirs

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Un trou noir est une région de l'espace-temps délimitée par un horizon des événements : au-delà de cet horizon, aucun signal, pas même la lumière, ne peut atteindre un observateur extérieur. Le trou noir lui-même n'émet pas directement de lumière ; la matière qui l'entoure peut en revanche être très lumineuse. Longtemps considérés comme des solutions théoriques des équations de la relativité générale d'Einstein, les trous noirs sont aujourd'hui étudiés grâce à leurs effets et aux observations de leur environnement.

Chiffres clés

Au centre de notre galaxie
Sagittarius A* ≈ 4 millions de masses solaires
Vitesse de libération
dans le modèle newtonien : peut dépasser la vitesse de la lumière
Première image
2019 : ombre de M87*
Ondes gravitationnelles
LIGO : 2015 ; LIGO–Virgo : 2017

Une gravité poussée à l'extrême

Pour quitter la Terre, une fusée doit dépasser environ 11 km/s : c'est la vitesse de libération. Plus un astre est massif et compact, plus cette vitesse est élevée. Sur la Lune, il suffit de 2,4 km/s ; à la surface du Soleil, il faut 600 km/s.

On peut poursuivre l'analogie : si l'on concentre suffisamment de masse dans un volume suffisamment petit, la vitesse de libération calculée avec la gravitation newtonienne finit par dépasser la vitesse de la lumière (300 000 km/s). Cette image aide à comprendre le point de non-retour, mais la description rigoureuse relève de la relativité générale : un trou noir est une région de l'espace-temps délimitée par un horizon des événements.

L'horizon des événements : le point de non-retour

La frontière d'un trou noir s'appelle l'horizon des événements. Ce n'est pas une paroi solide, mais une limite invisible : dans la description classique de la relativité générale, tout ce qui la franchit — matière, lumière ou autre signal — ne peut plus atteindre l'extérieur.

Rayons lumineux près d'un trou noir Deux rayons éloignés sont déviés et s'échappent ; un rayon passant trop près est capturé par l'horizon des événements. rayon lointain : peu dévié rayon proche : dévié, puis échappé rayon trop proche : capturé horizon des événements
Schéma simplifié : deux rayons s'échappent après avoir été déviés, tandis qu'un rayon passant trop près est capturé. À l'intérieur de l'horizon, aucun rayon lumineux ne peut atteindre l'extérieur.

À l'intérieur de l'horizon, aucun signal ne peut revenir vers l'extérieur. Selon la relativité générale, la matière poursuit sa chute vers une singularité, une région où la théorie classique ne suffit plus à décrire la physique.

Comment se forment les trous noirs

Les trous noirs stellaires peuvent se former lors de l'effondrement du cœur de certaines étoiles massives. En fin de vie, lorsque les réactions nucléaires ne suffisent plus à soutenir le cœur, celui-ci peut s'effondrer brutalement sur lui-même. Selon les caractéristiques de l'étoile, le résidu peut devenir une étoile à neutrons ou un trou noir.

Il existe aussi des trous noirs supermassifs, dont la masse va de millions à des milliards de fois celle du Soleil, situés au centre de nombreuses galaxies. Le nôtre, au cœur de la Voie lactée, s'appelle Sagittarius A* et possède une masse d'environ 4 millions de fois celle du Soleil. La manière dont ces objets ont atteint une telle masse reste une question de recherche active.

Là où le temps ralentit

La relativité générale prévoit un effet spectaculaire : par rapport à un observateur très éloigné, une horloge située dans un champ gravitationnel intense paraît ralentir. Près d'un horizon, un observateur lointain verrait une horloge tombant vers le trou noir ralentir de plus en plus, jusqu'à sembler figée.

Pour l'objet qui tombe, le temps s'écoule normalement localement et il franchit l'horizon en un temps propre fini. Un objet qui s'approcherait pourrait aussi être étiré par les forces de marée, dues à la différence d'attraction entre ses pieds et sa tête — un effet que les physiciens ont surnommé, non sans humour, la « spaghettification ».

Comment on « voit » l'invisible

Puisqu'un trou noir n'émet pas directement de lumière, on l'étudie par ses effets sur son environnement. Certains trous noirs sont entourés d'un disque d'accrétion : la matière qui tombe vers eux peut s'y échauffer et briller intensément avant de franchir l'horizon.

Trou noir entouré d'un disque d'accrétion Un trou noir sombre est entouré d'un disque de matière chaude et brillante, avec deux jets éventuels de particules orientés selon son axe. jets éventuels disque d'accrétion matière chaude et brillante horizon des événements
Schéma simplifié : la matière chaude du disque d'accrétion peut rendre l'environnement du trou noir lumineux, alors que le trou noir lui-même reste invisible. Dans certains systèmes, des jets de particules sont aussi observés le long de l'axe du système.
Première image de l'ombre du trou noir supermassif M87*, représentée par une région sombre entourée d'un anneau lumineux orange
Observation radio de l'ombre associée au trou noir supermassif M87* par l'Event Horizon Telescope (2019), à une longueur d'onde de 1,3 mm. Crédit : EHT Collaboration, image diffusée par l'ESO — source de l'image · conditions de réutilisation.

Halte aux idées reçues

Un trou noir n'est pas un « aspirateur cosmique » qui engloutirait tout autour de lui. Si le Soleil était remplacé par un trou noir de même masse, la Terre continuerait tranquillement son orbite : à une même distance de son centre, l'attraction serait la même. En revanche, la Terre ne recevrait plus la lumière ni la chaleur du Soleil. Il faut s'approcher très près de l'horizon pour que les effets du trou noir deviennent décisifs.

La vitesse de libération est une analogie utile ; la description rigoureuse d'un trou noir relève de la relativité générale et de la courbure de l'espace-temps.
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