Notions mathématiques : Lecture de graphiques, soustraction, division
Niveau : Première Bac Pro ICCER
1. Mise en situation professionnelle
Contexte professionnel — Mise en service d'une climatisation
Un technicien climatisation met en service un split système au R32. Il doit vérifier les pressions et températures du circuit frigorifique et les reporter sur le diagramme enthalpique pour contrôler le bon fonctionnement du cycle.
2. Les 4 étapes du cycle frigorifique
Les 4 étapes
Étape
Composant
Ce qui se passe
État du fluide
1 → 2
Compresseur
Compression (P et T augmentent)
Gaz → gaz chaud HP
2 → 3
Condenseur
Condensation (libère Qc)
Gaz → liquide HP
3 → 4
Détendeur
Détente (P et T diminuent)
Liquide HP → mélange BP
4 → 1
Évaporateur
Évaporation (absorbe Qf)
Mélange → gaz BP
3. Le diagramme enthalpique
Définition
Le diagramme enthalpique (ou diagramme de Mollier, ou diagramme log P – h) représente le cycle du fluide frigorigène :
• Axe horizontal : enthalpie h en kJ/kg
• Axe vertical : pression P en bar (échelle logarithmique)
Le cycle se lit en lisant les enthalpies aux 4 points caractéristiques.
Formules du diagramme
Puissance frigorifique : \(q_f = h_1 - h_4\) en kJ/kg
Travail du compresseur : \(w = h_2 - h_1\) en kJ/kg
Puissance calorifique : \(q_c = h_2 - h_3\) en kJ/kg
COPchaud = qc / w COPfroid = qf / w
Vérification : \(q_c = q_f + w\)
Exemple — Cycle R32 simplifié
Points lus sur le diagramme :
h1 = 520 kJ/kg h2 = 570 kJ/kg h3 = 270 kJ/kg h4 = 270 kJ/kg
Exercice 6Lecture du diagramme — valeurs donnéesStandard
Sur le diagramme d'un R32, on lit :
Point 1 : P = 8 bar, h = 525 kJ/kg
Point 2 : P = 25 bar, h = 580 kJ/kg
Point 3 : P = 25 bar, h = 275 kJ/kg
Point 4 : P = 8 bar, h = 275 kJ/kg
Exercice 8Influence de la température de condensationApprofondissement
On compare deux régimes de fonctionnement d'une même PAC :
h1
h2
h3=h4
Régime A (condensation 35 °C)
520
555
250
Régime B (condensation 55 °C)
520
590
280
1. Calculer COPchaud pour chaque régime. 2. Quel régime est le plus efficace ? 3. Pourquoi un plancher chauffant (35 °C) est-il plus adapté à une PAC qu'un radiateur haute température (55 °C) ?
Correction : 1. A : w = 35, qc = 305 → COP = 305/35 = 8,7. B : w = 70, qc = 310 → COP = 310/70 = 4,4 2. Régime A (COP 8,7) est beaucoup plus efficace. 3. Plus la température de condensation est basse, moins le compresseur travaille (w faible) → meilleur COP. Un plancher chauffant fonctionne à basse température → idéal pour une PAC.
Exercice 9Sous-refroidissement et surchauffeApprofondissement
En pratique, le technicien mesure :
• La surchauffe à l'évaporateur : différence entre Tgaz sortie et Tévaporation (typ. 5–8 K)
• Le sous-refroidissement au condenseur : différence entre Tcondensation et Tliquide sortie (typ. 3–5 K)
1. Si Tévaporation = −5 °C et Tgaz sortie évaporateur = 2 °C, quelle est la surchauffe ? 2. Si Tcondensation = 45 °C et Tliquide sortie = 40 °C, quel est le sous-refroidissement ? 3. Si la surchauffe est de 0 K, quel risque pour le compresseur ? 4. Sur le diagramme, où se situe la surchauffe par rapport au point 1 ?
Correction : 1. Surchauffe = 2 − (−5) = 7 K → dans la plage (5–8 K) ✓ 2. Sous-refroidissement = 45 − 40 = 5 K ✓ 3. Surchauffe = 0 → du liquide risque d'entrer dans le compresseur → coup de liquide → destruction du compresseur. 4. La surchauffe se situe à droite de la courbe de saturation (zone vapeur surchauffée), entre la courbe et le point 1.
Exercice 10Problème complet — dimensionner un cycleApprofondissement
On veut dimensionner une PAC air-eau au R32 pour fournir 15 kW de chauffage. Le cycle a les points suivants (lus sur le diagramme) :
h1 = 515 kJ/kg, h2 = 575 kJ/kg, h3 = h4 = 268 kJ/kg.
1. Calculer qf, w, qc. 2. COPchaud. 3. Débit massique de fluide pour Pc = 15 kW. 4. Puissance électrique du compresseur. 5. Coût électrique annuel (1 800 h, 0,25 €/kWh).