Co-intervention Maths-Sciences | Première Bac Pro ICCER | S4.7 — Électricité et protection
Dernière mise à jour : 24 août 2026, 19:24
Objectifs
Calculer le courant absorbé par un appareil à partir de sa puissance
Choisir un calibre de disjoncteur dans une série normalisée
Calculer une chute de tension en ligne et la comparer à une limite
Comprendre que le disjoncteur protège le câble, pas l'appareil
Identification de la ressource
Compétence commune : S4.7 — dimensionner et protéger un circuit électrique
Notions : \(I = P/U\), arrondi à une valeur normalisée supérieure, proportionnalité et inverse, pourcentage
Niveau : Première Bac Pro ICCER
1. Mise en situation professionnelle
Contexte professionnel — Raccordement d'une chaudière électrique
Un installateur thermique raccorde une chaudière électrique de 9 kW en monophasé 230 V. Le tableau est au sous-sol, la chaudière dans le local technique du fond : 25 m de câble.
Données fournies pour cet exercice :
calibres de disjoncteur disponibles : 16 · 20 · 25 · 32 · 40 · 63 A
chute de tension maximale admise sur un circuit de chauffage : 3 %
« Le calibre, je sais le trouver. Mais quelle section de câble je tire sur 25 mètres ? »
2. Calibre, section et chute de tension
Ce que protège un disjoncteur
Un disjoncteur ne protège pas l'appareil : il protège le câble. Son calibre doit donc être supérieur au courant que l'appareil consomme, mais inférieur à ce que le câble supporte sans chauffer.
\(I_{\text{appareil}} \le I_{\text{calibre}} \le I_{\text{admissible du câble}}\)
Le courant absorbé
En monophasé : \(I = \dfrac{P}{U}\), avec \(P\) en watts, \(U\) en volts et \(I\) en ampères.
Les calibres n'existent qu'en valeurs normalisées : 2 · 6 · 10 · 16 · 20 · 25 · 32 · 40 · 63 A. On prend toujours le premier au-dessus du courant calculé.
Attention — un câble trop fin ne déclenche rien, il chauffe
Le disjoncteur ne « voit » pas la section du câble. Un câble sous-dimensionné peut chauffer pendant des années sous un courant que le disjoncteur juge normal. C'est la chute de tension qui le trahit — et c'est pour cela qu'on la calcule.
Méthode — la chute de tension en ligne
Le câble a une résistance : le courant y perd de la tension à l'aller et au retour, d'où le facteur 2 :
\(\Delta U = \dfrac{2 \times \rho \times L \times I}{S}\)
avec \(\rho = 0{,}023\) Ω·mm²/m pour le cuivre, \(L\) en mètres, \(I\) en ampères, \(S\) en mm².
On la compare ensuite à la tension d'alimentation : la limite admise est de 3 % pour un circuit de chauffage.
3. La chaîne de protection
4. Exercices
SocleExercice 1 — Le courant absorbé
La chaudière fait 9 kW sous 230 V.
Convertir la puissance en watts : \(9 \; \text{kW} = \text{……} \; \text{W}\)
Calculer le courant : \(I = \dfrac{\text{……}}{230} = \text{……} \; \text{A}\) (arrondir au dixième)
Les calibres disponibles sont 16, 20, 25, 32, 40 et 63 A.
Quel est le premier calibre au-dessus de 39,1 A ?
Pourquoi ne prend-on pas le calibre 32 A, plus proche de 39,1 A que le 40 A ?
Le 40 A.
Parce que 32 A est inférieur au courant absorbé : le disjoncteur déclencherait dès que la chaudière tourne à pleine puissance. Un calibre se choisit toujours au-dessus, jamais au plus proche.
SocleExercice 3 — Une chaudière plus petite
Sur un autre chantier, la chaudière fait 6 kW sous 230 V.
Non : \(3{,}26 > 3\). Il dépasse la limite de 0,26 point, soit environ 9 % au-delà du seuil.
Réponse attendue : le disjoncteur protège contre la surintensité, pas contre la chute de tension. Un câble conforme au calibre peut parfaitement être trop fin pour la longueur.
StandardExercice 7 — Jusqu'où peut-on aller en 6 mm² ?
On garde la section de 6 mm² et le courant de 39,1 A. On cherche la longueur maximale respectant les 3 %.
Quelle chute de tension, en volts, correspond exactement à 3 % de 230 V ?
Dans la formule, isoler \(L\) : écrire \(L = \dfrac{\Delta U \times S}{2 \times \rho \times I}\), puis calculer.
Le local technique est à 25 m. Cette solution est-elle envisageable ?
\((527 - 317) \times 0{,}25 = 210 \times 0{,}25 = \mathbf{52{,}50}\) € par an.
\(65 \div 52{,}50 \approx \mathbf{1{,}2}\) an. La section supérieure se rembourse en une saison de chauffe — et le câble, lui, reste trente ans. Le surcoût du cuivre n'est pas une dépense, c'est un placement.
ApprofondissementExercice 9 — Passer la chaudière en triphasé
Le même modèle existe en triphasé 400 V. Relation fournie : en triphasé équilibré, \(I = \dfrac{P}{U \sqrt{3}}\), avec \(\sqrt{3} \approx 1{,}732\).
Calculer le courant absorbé par la chaudière de 9 kW en triphasé 400 V, arrondi au dixième.
Choisir le calibre dans la série 16, 20, 25, 32, 40, 63 A.
Par combien le courant est-il divisé par rapport au monophasé ?
Quelle chute de tension obtient-on avec du 6 mm² sur 25 m à ce courant ? Est-ce conforme aux 3 % de 400 V ?
Rédiger en deux phrases l'intérêt du triphasé pour ce raccordement.
Le premier calibre au-dessus est le 16 A, contre 40 A en monophasé.
\(39{,}1 \div 13{,}0 \approx \mathbf{3}\). Le courant est divisé par trois.
\(\Delta U = \dfrac{2 \times 0{,}023 \times 25 \times 13{,}0}{6} = \dfrac{14{,}95}{6} \approx 2{,}49\) V. Limite : \(0{,}03 \times 400 = 12\) V. \(2{,}49 \ll 12\) : largement conforme.
Réponse attendue : à puissance égale, le triphasé divise le courant par trois environ. Tout s'allège d'un coup — un disjoncteur 16 A au lieu de 40, une section de 6 mm² qui passe sans discussion là où le monophasé imposait du 10 : c'est la longueur de câble qui cesse d'être un problème.
ApprofondissementExercice 10 — La chaufferie complète
Le local reçoit aussi un ballon d'eau chaude de 3 000 W et un circulateur de 60 W, chacun sur son circuit dédié, tous en monophasé 230 V. Le disjoncteur général doit protéger l'ensemble.
Calculer le courant de chaque circuit, arrondi au dixième, et choisir son calibre.
Calculer le courant total si tout fonctionne en même temps.
Le ballon est asservi aux heures creuses, la chaudière fonctionne surtout en journée. Quel est le pire cas réaliste ?
Choisir le calibre du disjoncteur général en vous appuyant sur le pire cas.
L'installateur hésite à retenir la somme de tous les calibres (40 + 16 + 2 = 58 A) pour le général. Expliquer en deux phrases pourquoi ce raisonnement est faux.
Chaudière : 39,1 A → 40 A. Ballon : \(3\,000 \div 230 = 13{,}0\) A → 16 A. Circulateur : \(60 \div 230 = 0{,}3\) A → 2 A.
En heures creuses la chaudière tourne peu ; en journée le ballon est coupé. Le pire cas réaliste est chaudière + circulateur, soit \(39{,}1 + 0{,}3 = \mathbf{39{,}4}\) A — ou le ballon seul la nuit, 13,0 A.
Un 63 A : il couvre même le cas où tout fonctionnerait ensemble (52,4 A), ce qui peut arriver au redémarrage après une coupure.
Réponse attendue : additionner les calibres revient à additionner des marges de sécurité, pas des courants réels — chaque calibre est déjà arrondi au-dessus. C'est la somme des courants absorbés qu'il faut faire, puis choisir un calibre au-dessus de ce total.