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Activité 10 – TP – Électrolyse Cu²⁺/Cu et loi de Faraday TRAVAUX PRATIQUES

Ch07 – Oxydoréduction | Terminale ICCER | ⏱ 1 h (séance TP)

Dernière mise à jour : 3 juin 2026

Objectifs du TP :

🤔 Avant le TP

Si on plonge 2 plaques de cuivre dans une solution de sulfate de cuivre CuSO₄ et qu'on les relie à une pile, qu'observe-t-on ?

Du cuivre se dissout de la plaque connectée au + (anode, oxydation Cu → Cu²⁺ + 2e⁻) et se redépose sur la plaque connectée au - (cathode, réduction Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu).

Bilan : transfert de masse de la plaque anode vers la plaque cathode. La masse totale est conservée, la concentration en Cu²⁺ ne change pas (régime stationnaire).

C'est le principe industriel du raffinage électrolytique du cuivre : on dépose à la cathode du cuivre 99,99 % pur à partir d'anodes brutes 99 %. Les impuretés (Au, Ag, Pt) restent au fond du bain (« boues anodiques »), revendues séparément à fort prix.

Matériel

Schéma du montage

Générateur 0-15 V continu + Ampèremètre 0-2 A CuSO₄ 0,5 mol/L Anode + Cu se dissout Cathode − Cu se dépose Cu²⁺ Électrolyse Cu²⁺ / Cu sur électrodes de cuivre

📖 Vocabulaire

Électrolyse
Réaction d'oxydoréduction forcée par un courant électrique extérieur. Contrairement à une pile où la réaction est spontanée et fournit du courant.
Anode (en électrolyse)
Électrode reliée au pôle + du générateur. Lieu de l'oxydation. Ici : le cuivre s'oxyde et passe en solution.
Cathode (en électrolyse)
Électrode reliée au pôle − du générateur. Lieu de la réduction. Ici : Cu²⁺ devient Cu solide.
Loi de Faraday
m = M·I·t / (n·F). Permet de relier la charge électrique écoulée à la masse déposée/dissoute.

Manipulation 1 — Préparation

Peser les deux plaques de cuivre à 0,01 g près. Noter m_anode_0 et m_cathode_0.

PlaqueMasse initiale (g)
Anode (+)m_a_0 = 18,42
Cathode (−)m_c_0 = 18,58

Connecter le montage selon schéma. Régler 2,0 V au générateur pour obtenir ~ 0,5 A.

Manipulation 2 — Électrolyse 20 min

Démarrer le chronomètre + générateur. Noter l'intensité toutes les 2 min (peut varier).

t (min)02468101214161820
I (A)0,520,510,500,500,490,490,490,480,480,480,47

Arrêter le générateur. Sortir les plaques, rincer doucement à l'eau distillée, sécher à l'air ou avec papier doux. Peser.

PlaqueMasse finale (g)Δm (g)
Anode (+)18,21−0,21 (perte)
Cathode (−)18,77+0,19 (gain)

Q1 APP

Écrire les demi-équations aux deux électrodes.

Anode + : Cu(s) → Cu²⁺(aq) + 2 e⁻ (oxydation)

Cathode − : Cu²⁺(aq) + 2 e⁻ → Cu(s) (réduction)

Bilan : Cu(anode) → Cu(cathode). Transfert net de cuivre.

Conservation : Δm anode = -Δm cathode (au signe près). Idéalement : 0,21 = 0,19 ? Pas exactement → analyser le rendement.

Q2 REA

Calcul de la charge écoulée Q = I_moyen × t.

I_moyen = (0,52 + 0,51 + 0,50 + ... + 0,47) / 11 = 0,492 A ≈ 0,49 A.

t = 20 min = 1 200 s.

Q = I_moyen × t = 0,49 × 1 200 = 588 C.

Q3 REA

Masse théorique de cuivre déposé selon Faraday.

m_théorique = M × Q / (n × F).

M(Cu) = 63,5 g/mol. n = 2 électrons par Cu²⁺. F = 96 485 C/mol.

m_théorique = 63,5 × 588 / (2 × 96 485) = 37 338 / 192 970 = 0,193 g.

Soit 193 mg. Mesure cathode : 190 mg (0,19 g). Très proche !

Q4 ANA

Rendement faradique côté cathode et côté anode.

η_cathode = m_dépot / m_théorique = 0,19 / 0,193 = 98 %.

η_anode = m_dissolution / m_théorique = 0,21 / 0,193 = 109 %.

Le rendement cathode est cohérent (< 100 % à cause de pertes par dégagement H₂ parasite).

Le rendement anode > 100 % suggère une dissolution chimique supplémentaire (le Cu peut aussi se dissoudre lentement dans la solution acidifiée par CuSO₄, sans courant). Ou erreur de pesée.

Q5 ANA

Que peut-on dire de la concentration de Cu²⁺ dans le bécher après électrolyse ?

Théoriquement : la concentration reste constante. Pour chaque Cu²⁺ qui devient Cu à la cathode, un nouveau Cu²⁺ apparaît à l'anode. Bilan : pas de variation.

Couleur bleue de la solution : aucune modification observable.

Si on remplaçait l'anode cuivre par une anode inerte (graphite) : l'anode ne se dissoudrait pas, et la concentration Cu²⁺ diminuerait progressivement. La couleur s'estomperait.

C'est pourquoi en raffinage industriel, on utilise toujours des anodes solubles : le bain se maintient en équilibre, peut fonctionner pendant des mois.

Q6 ANA

Pourquoi le courant diminue-t-il légèrement au cours du temps (0,52 → 0,47 A) ?

Plusieurs causes possibles :

  • Polarisation des électrodes : couche d'ions Cu²⁺ s'appauvrit à proximité de la cathode (consommée plus vite qu'elle ne diffuse). Résistance apparente augmente.
  • Échauffement du bain : la conductivité de la solution varie (mais plutôt à la baisse en chauffant ici, complexe).
  • Évolution de surface : le dépôt cathodique est rugueux, mais devrait au contraire augmenter le courant.
  • Variation de la tension du générateur (légère dérive thermique).

Variation 10 % en 20 min, raisonnable. Pour un TP rigoureux, on garderait constant en réglant la tension à intervalle régulier.

Q7 VAL

Sources d'incertitude principales.

  • Balance : ± 0,01 g sur 0,2 g de dépôt = 5 %.
  • Ampèremètre : ± 2 % typique sur ampèremètre 2 A.
  • Chronomètre : ± 1 s sur 1 200 s = 0,1 %.
  • Plaques mouillées au moment de la pesée : eau résiduelle 5-30 mg. Erreur ± 15 %.
  • Détachement de particules de Cu lors du rinçage : perte 1-3 %.

Incertitude cumulée sur η : ~ 15-20 %. Notre résultat 98 % est donc dans la fourchette acceptable (80-120 %).

Bonne pratique : sécher les plaques à l'étuve 30 min à 80 °C avant pesée.

Q8 COM

Compte rendu TP.

Compte rendu TP — Électrolyse Cu²⁺ / Cu
• Électrolyse 20 min sous 0,49 A moyen, solution CuSO₄ 0,5 mol/L.
• Anode : Cu → Cu²⁺ + 2e⁻ (perte 0,21 g). Cathode : Cu²⁺ + 2e⁻ → Cu (gain 0,19 g).
• Faraday : m_théo = M·I·t/(n·F) = 0,193 g. Mesuré : 0,19 g.
• Rendement faradique cathode : 98 %. Conforme attendu.
• Conservation matière : transfert de l'anode vers la cathode. Bain inchangé.
• Incertitude pesée + plaques humides : 5-15 %.

✅ Auto-évaluation

Bonus — Le raffinage électrolytique du cuivre, en industrie

Le cuivre extrait des mines (Chili, Pérou, Congo) est purifié à 99 % par fonderie pyrométallurgique. Mais l'industrie électrique (câbles, bobines, alternateurs) exige 99,99 % minimum pour minimiser les pertes par effet Joule.

D'où le raffinage électrolytique. Procédé :

  • Anodes : plaques de Cu brut 99 % (« blister copper »), 100 kg chacune, 1 m² de surface.
  • Cathodes : feuilles de cuivre ultra-pur 99,99 % (« mother plates »), 50 kg initialement.
  • Bain : H₂SO₄ + CuSO₄ acide, 60 °C.
  • Tension : 0,3 V (très faible, juste assez pour vaincre les pertes ohmiques).
  • Densité de courant : 200 A/m². Soit 200 A par anode.
  • Durée d'un cycle : 20-30 jours. La cathode passe de 50 à 150 kg.

À l'anode, les impuretés se comportent différemment :

  • Au, Ag, Pt, Pd : restent insoluble (potentiel + élevé) → tombent en boue.
  • Fe, Zn, Ni : se dissolvent dans le bain (potentiel < Cu), mais ne se déposent pas à la cathode (Cu²⁺ est privilégié).

Les boues anodiques sont récupérées et raffinées séparément. Sur 100 kg d'anode, on récupère typiquement 100 g d'or et 1 kg d'argent. Cette plus-value finance une bonne partie du procédé.

Capacité mondiale 2024 : 26 millions de tonnes de Cu raffiné/an. Codelco (Chili) : 1,4 Mt.

À retenir

📚 §1 (oxydoréduction) + §2 (demi-équations) de la leçon Ch07.