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Activité 5 – Drone thermique inspection toiture-terrasse SITUATION PRO

Ch04 – Rayonnement thermique | Terminale ICCER | ⏱ 35 min

Dernière mise à jour : 3 juin 2026

Ce que tu vas apprendre :

🤔 Avant de commencer

Pourquoi un drone thermique vole-t-il à l'aube ou à la tombée de la nuit, jamais en plein soleil de midi ?

En plein soleil, le rayonnement solaire (visible et IR) chauffe directement la toiture et masque les vraies différences thermiques internes (l'infiltration, l'isolant manquant). Le contraste est noyé.

À l'aube ou en début de nuit, la toiture a refroidi, mais les zones isolées différemment se distinguent encore : une zone humide ou non isolée garde plus de chaleur que les autres (capacité thermique). C'est là que la caméra IR voit les défauts.

Conditions idéales : ΔT extérieur/intérieur > 10 °C, pas de vent fort, pas de pluie 24 h avant.

Situation – Sébastien, diagnostiqueur thermique chez DroneScan (Lyon)

Sébastien, opérateur drone thermique chez DroneScan 69 Lyon, est missionné par un syndic pour diagnostiquer une toiture-terrasse de 800 m² sur un immeuble R+5. Des infiltrations sont signalées dans les appartements du dernier étage. Le drone vol à 30 m d'altitude, équipé d'une caméra FLIR Vue Pro R.

Document 1 — Caméra thermique FLIR Vue Pro R

📖 Vocabulaire

Microbolomètre
Capteur IR composé de pixels à résistance variable selon la température. Chaque pixel capte le rayonnement IR émis par la surface visée. Pas besoin de refroidissement (vs détecteurs InSb refroidis à −196 °C, plus chers).
Émissivité (ε)
Capacité d'un matériau à émettre du rayonnement IR (0 à 1). Corps noir parfait : ε = 1. Alu poli : ε = 0,05. EPDM bitume : ε = 0,93. Eau : ε = 0,98.
EPDM
Caoutchouc synthétique (Ethylène Propylène Diène Monomère) utilisé en membrane étanche pour toitures-terrasses. Durée de vie 30-50 ans.

Document 2 — Image thermique drone (palette « ironbow »)

Toiture-terrasse 800 m² — vue thermique drone (30 m altitude) Zone A 8 °C Zone B 18 °C (anomalie) Zone C – 14 °C (acrotère) Zone D – 9 °C 5 °C 10 °C 14 °C 18 °C 22 °C

Mesure de nuit, T_extérieur = 5 °C, T_intérieur = 20 °C.

Q1 APP

Identifier les 4 zones et leur signification thermique.

  • Zone A (8 °C, bleu) : toiture bien isolée, faible déperdition.
  • Zone B (18 °C, orange) : anomalie majeure. Soit infiltration d'eau (humidité = forte capacité thermique), soit isolant comprimé/absent.
  • Zone C (14 °C, jaune) : pont thermique linéaire en bordure d'acrotère. Classique mais à signaler.
  • Zone D (9 °C, bleu) : toiture saine. Référence comparative.

Q2 REA

Loi de Wien : à quelle longueur d'onde émet le maximum la zone B (T = 18 °C) ?

Loi de Wien : λ_max × T = 2 898 µm·K (T en kelvin).

T = 18 + 273 = 291 K.

λ_max = 2 898 / 291 = 9,96 µm ≈ 10 µm.

Bien dans la plage de la caméra FLIR (7,5-13,5 µm). Détection optimale.

Q3 REA

Surface anomalie B : 180 × 100 pixels à 2 cm/pixel. Quelle aire au sol ?

L = 180 × 0,02 = 3,6 m. l = 100 × 0,02 = 2 m.

Aire = 3,6 × 2 = 7,2 m².

Sur 800 m² de toiture : 0,9 %. Mais cause d'infiltration dans 4-6 logements au-dessous.

Q4 ANA

Déperdition par zone B vs zone saine D. Le coefficient U mesuré sur zone D = 0,20 W/(m²·K) (isolé). Sur zone B (infiltration humide) : U = 1,10 W/(m²·K).

ΔT = 20 − 5 = 15 K.

Pertes zone D : Φ = U × A × ΔT = 0,20 × 7,2 × 15 = 21,6 W.

Pertes zone B : Φ = 1,10 × 7,2 × 15 = 118,8 W.

Surconsommation zone B : 97 W (× 5,5 vs sain). Sur 1 800 h chauffage/an : 175 kWh, soit 28 €/an. Sur 50 ans de durée de vie EPDM, c'est négligeable financièrement.

Mais l'enjeu n'est pas l'énergie : c'est l'eau dans la structure (béton, isolant, plafonds).

Q5 ANA

Coût de réparation. Trois options : (a) reprise locale 7,2 m², (b) couche complémentaire 50 m² autour, (c) reprise globale 800 m².

OptionSurfaceCoût HTGarantie
(a) Reprise locale7,2 m²~ 600 €2 ans (rustine)
(b) Reprise élargie50 m²~ 3 000 €5 ans
(c) Reprise globale800 m²~ 40 000 €10 ans décennale

Si EPDM âgé > 25 ans : option (c) recommandée (sinon nouvelles fuites). Si < 15 ans : option (a).

Ici : EPDM de 1998 (28 ans) → option (c) + isolation panneaux PIR si projet ITE.

Q6 ANA

Le drone consomme moins qu'une nacelle thermicienne classique. Comparer.

MéthodeTempsCoûtRisquesVue d'ensemble
Thermicien à pied + nacelle4 h + montage1 200 €Travail en hauteurPartielle
Drone thermique45 min450 €AucunComplète (800 m²)

Le drone est devenu standard pour les inspections toitures > 200 m² depuis 2020. Permet aussi des comparaisons annuelles pour suivre l'évolution.

Q7 VAL

Limites et précautions de la méthode caméra thermique drone.

  • Pas en plein soleil : le rayonnement solaire masque les anomalies.
  • Pas par pluie ni vent > 30 km/h : vent refroidit uniformément + interfère drone.
  • ΔT intérieur/extérieur minimum 10 K, idéalement 15 K. En hiver : OK. En été : difficile (sauf bâtiment climatisé).
  • Émissivité variable : zinc verdégrisé (ε = 0,2) trompe les mesures absolues, mais les contrastes restent valides.
  • Autorisation vol drone : déclaration AlphaTango si zone peuplée (catégorie A2 ou A3).
  • Diagnostic complémentaire obligatoire : sondage carotte + endoscope sur la zone détectée avant travaux.

Q8 COM

Rapport au syndic.

Rapport — Diagnostic thermique toiture-terrasse — Sébastien (DroneScan 69 Lyon)
• Vol drone FLIR Vue Pro R, conditions optimales (nuit, ΔT 15 K).
• Anomalie B : zone 7,2 m² à 18 °C (infiltration probable). U ≈ 1,10 W/(m²·K).
• Pont thermique acrotère C : normal, à signaler.
• Préconisation : sondage destructif sur B + reprise globale EPDM 800 m² (membrane 1998 fin de vie). Budget ~ 40 000 € HT.
• Drone : 450 € vs 1 200 € nacelle thermicien, gain 60 %.

✅ Auto-évaluation

Bonus — Pourquoi l'eau apparaît-elle « chaude » sur image thermique ?

L'eau a une capacité thermique massique très élevée (c = 4 180 J/(kg·K), soit 4× celle du béton). Quand l'intérieur du bâtiment est chauffé, l'eau dans l'isolant absorbe et stocke beaucoup d'énergie.

La nuit, alors que la toiture sèche refroidit rapidement, l'eau continue à émettre le rayonnement IR longtemps (effet « ballon d'eau chaude »). D'où le contraste qui apparaît sur la caméra.

De plus, l'émissivité de l'eau (ε = 0,98) est proche du corps noir, donc elle émet plus efficacement que les matériaux secs. Tout converge pour rendre visible la moindre infiltration.

À retenir

📚 §1 (rayonnement) + §4 (caméra thermique) de la leçon Ch04.