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Activité 3 – Choisir un traitement pour bois extérieur FICHE TECHNIQUE

Chapitre 5 – Oxydoréduction et corrosion | Terminale Bac Pro ERA-MA | Physique-Chimie | ⏱ 50 min

Dernière mise à jour : 4 mai 2026, 13:30

Objectifs :

Situation – terrasse en mélèze à protéger

Léo, menuisier d'agencement extérieur, vient de poser une terrasse en mélèze de 30 m². Il doit conseiller le client sur le traitement à appliquer pour préserver le bois face aux UV, à la pluie et aux champignons. Le mélèze est un bois moyennement durable (classe 3) — sans traitement, il vieillit en 5-8 ans.

Document 1 — Les 3 agressions du bois extérieur

Note : la « rouille » du bois n'existe pas (pas d'oxydoréduction du fer), mais on a un phénomène analogue : oxydation des lignines + biodégradation.

Document 2 — 3 traitements de surface possibles

TraitementPrincipeAspectDuréePrix/m²
A — Saturateur naturel à l'huilePénètre dans le bois et le nourritMat, naturel1-2 ans4 €
B — Lasure microporeuseFilm semi-transparent qui laisse respirerSatiné, teinté3-5 ans8 €
C — Peinture spéciale extérieurFilm opaque imperméableCouleur, masque le bois8-10 ans15 €

Document 3 — Schéma : action des 3 traitements

Action des 3 traitements (vue en coupe) A : Saturateur huile bois → pénètre, nourrit B : Lasure bois visible → film mince teinté C : Peinture bois caché → film opaque épais Plus le film est épais, plus la protection est durable mais l'aspect du bois disparaît

📚 Cette activité réinvestit les notions du cours §3 (corrosion = oxydation), §5 (protection des matériaux) et fait le lien avec la classe d'emploi du bois.

Problématique : Quel traitement Léo doit-il recommander pour la terrasse en mélèze, et selon quels critères ?

Question 1 APP

Citer les 3 agressions principales subies par un bois extérieur et leur effet visible.

  • UV : grisaillement, perte de couleur, fibres en surface qui s'effritent.
  • Humidité : taches noires de moisissure, champignons (pourriture cubique brune ou blanche), si chronique.
  • Insectes (capricornes, vrillettes, termites) : trous (1-3 mm), galeries internes, sciure (vermoulure).

Question 2 APP

Quelle est la différence fondamentale entre un saturateur, une lasure et une peinture ?

  • Saturateur : pénètre dans le bois (capillarité). Pas de film en surface. Bois reste « brut » au toucher.
  • Lasure : forme un film mince semi-transparent en surface. Le bois reste visible mais teinté.
  • Peinture : forme un film épais opaque. Bois totalement masqué, on voit la couleur du film.

Plus le film est épais, plus la protection dure, mais plus l'aspect bois disparaît.

Question 3 ANA

Pour une terrasse (sol horizontal exposé à la pluie et au soleil), quel critère est prioritaire : durée de protection ou aspect esthétique ?

Pour une terrasse, l'aspect esthétique est généralement dominant : on veut « voir le bois » (sa teinte chaleureuse, ses veines). La peinture est donc exclue.

Reste à choisir entre saturateur (1-2 ans, mat naturel) et lasure (3-5 ans, satiné teinté).

La lasure dure plus longtemps mais s'écaille en bout de vie (besoin de poncer pour reprise). Le saturateur ne s'écaille pas : on le ré-applique simplement quand le bois ternit.

Question 4 REA

Calculer le coût total sur 10 ans pour les 30 m² de terrasse, avec chaque traitement (renouvellements compris).

  • A — Saturateur : tous les 1,5 ans → 7 applications sur 10 ans → 30 × 4 × 7 = 840 €.
  • B — Lasure : tous les 4 ans → 3 applications → 30 × 8 × 3 = 720 €.
  • C — Peinture : tous les 9 ans → 2 applications → 30 × 15 × 2 = 900 €.

Coûts assez proches sur 10 ans (720 à 900 €). Le critère décisif est plutôt la fréquence d'intervention et l'aspect.

Question 5 VAL

Quel traitement nécessite le moins de travail à long terme ? (Pour un client qui n'aime pas faire d'entretien)

Sur 10 ans :

  • A : 7 interventions (~ 1 chaque 18 mois)
  • B : 3 interventions (~ 1 chaque 4 ans)
  • C : 2 interventions (~ 1 chaque 5 ans)

La peinture (C) demande le moins d'interventions (2), mais nécessite ponçage profond et 2 couches à chaque fois (gros travail).

La lasure (B) est un bon compromis : 3 interventions, ponçage léger, 2 couches.

Le saturateur (A) est rapide à appliquer (1 couche au pinceau, sans ponçage), mais fréquent.

Pour un client qui n'aime pas l'entretien : lasure (B) = meilleur compromis « peu d'interventions × travail raisonnable ».

Question 6 ANA

Le mélèze est dit « classe 3 ». Citer les autres classes d'emploi du bois et leur signification.

Norme NF EN 335 — classes d'emploi des bois :

ClasseConditionsExemples
1Intérieur secMobilier, parquet d'appartement
2Intérieur humidifié occasionnellementCharpente, structure cachée
3Extérieur sans contact avec le solBardage, menuiseries, terrasse sur lambourdes
4Extérieur en contact direct avec le sol ou eau doucePoteaux plantés, palissades, pontons
5Eau de merPieux marins, jetées

Pour la terrasse de Léo, c'est classe 3 : OK pour mélèze, douglas, chêne, robinier. Pour pin classique, il faut un traitement autoclave (imprégnation profonde).

Question 7 VAL

Citer 3 bois naturellement durables (classe 3 sans traitement) et leurs avantages écologiques.

  • Chêne : classe 3-4, très durable. Local (France), prix élevé. Coloration naturelle qui patine en gris argenté.
  • Châtaignier : classe 3, riche en tanins (insecticides naturels). Local, prix raisonnable. Reste utilisé pour les piquets de vigne.
  • Douglas (sapin) : classe 3, pousse vite. Local (Massif Central). Bon rapport qualité/prix.
  • Mélèze : classe 3, fonce avec le temps (gris-noir). Pousse en altitude. Local mais peu disponible.
  • Robinier (acacia) : classe 4 ! Très durable, pousse comme du chiendent. Local, écologique.

Avantages écologiques : locaux (transport limité), renouvelables, sans traitement chimique, stockent le carbone. À privilégier face aux bois exotiques (déforestation).

Question 8 COM

Rédiger en 5 lignes la recommandation finale de Léo au client.

Recommandation terrasse mélèze (30 m²)

Pour conserver l'aspect naturel du bois, je préconise un saturateur à l'huile (option A) ou une lasure microporeuse (option B).

  • Saturateur : application annuelle simple (1 couche au pinceau, pas de ponçage). Bois conserve sa teinte chaleureuse, ne s'écaille jamais. 4 €/m² × 30 m² = 120 €/an.
  • Lasure : intervention tous les 4 ans, mais nécessite un léger ponçage avant reprise. 8 €/m² × 30 m² = 240 € chaque 4 ans.

Peinture (C) déconseillée : masque la beauté du mélèze. Si vous laissez vieillir sans traitement : grisaillement progressif (5-8 ans), durabilité réduite mais aspect « patiné » apprécié de certains.

🚀 Pour aller plus loin ANA

Le bois autoclave (CL4) est imprégné sous pression avec des sels de cuivre. Pourquoi ce traitement protège-t-il le bois, et quelles précautions ?

Les sels de cuivre (Cu²⁺) sont fongicides et insecticides : ils empoisonnent les champignons et les insectes xylophages.

L'imprégnation se fait sous vide puis en pression dans un autoclave → le sel pénètre profondément (5-15 mm), pas seulement en surface.

Avantages :

  • Transforme un pin classique (classe 3) en classe 4 (contact sol et eau).
  • Durabilité 25-50 ans (poteaux de clôture, pontons).

Inconvénients :

  • Couleur verte (parfois marron) caractéristique → moins esthétique.
  • Toxique : déchet dangereux en fin de vie (pas d'incinération domestique, pas de compostage).
  • L'ancienne génération (CCA, avec arsenic et chrome) est interdite depuis 2003 — vérifier la mention « sans CCA » à l'achat.
À retenir