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Activité – Choisir le vitrage d'un showroom économe en énergie FICHE TECHNIQUE

Chapitre 3 – Rayonnement thermique | Terminale Bac Pro ERA-MA | Physique-Chimie | ⏱ 50 min

Dernière mise à jour : 5 mai 2026, 19:15

Objectifs :

Situation – aménager un showroom de meubles haut de gamme

Antoine est concepteur de mobilier chez Espace Design Intérieur à Toulouse. Son client veut aménager un showroom de 120 m² avec de grandes baies vitrées (40 m² de vitrage) pour exposer ses créations en lumière naturelle. Mais le client veut aussi limiter la surchauffe en été et les pertes de chaleur en hiver. Antoine doit choisir entre 3 types de vitrages.

Document 1 — Schéma de l'effet de serre dans un vitrage

Effet de serre dans un vitrage 5 800 K vitrage Showroom 20 °C meubles visible (500 nm) traverse le vitrage IR (10 µm) bloqué ! Loi de Wien : λmax = b / T

Document 2 — Sources de rayonnement et constantes

SourceTempératureRayonnement principal
Soleil5 800 KVisible + IR proche + UV
Mur intérieur showroom20 °C = 293 KInfrarouge lointain
Sol asphalté en été60 °C = 333 KInfrarouge lointain

Constante de Wien : b = 2,898 × 10⁻³ m·K.

Document 3 — Comparatif des 3 vitrages

CaractéristiqueSimpleDouble standardDouble contrôle solaire
Facteur solaire g0,850,650,35
Transmission lumineuse90 %80 %60 %
Émissivité (Low-E)0,890,150,10
Coefficient U (W/m²·K)5,81,41,1
Prix (€/m²)40120180

Document 4 — Données showroom

📚 Cette activité s'appuie sur §1 (rayonnement et loi de Wien), §2 (effet de serre) et §3 (vitrage et performances thermiques) de la leçon Ch03.

Problématique : Comment choisir le vitrage du showroom pour limiter la surchauffe en été tout en maintenant l'éclairage naturel ?

Question 1 APP

a) Quelle est la température du Soleil ? Et celle du mur intérieur du showroom ?

b) Le rayonnement du Soleil est-il principalement visible ou infrarouge ? Et celui du mur ?

a) Soleil : T = 5 800 K. Mur : T = 20 °C = 293 K.

b) Soleil : visible (+ IR proche + UV). Mur : infrarouge lointain, invisible à l'œil.

Question 2 REA

Appliquer la loi de Wien : λmax = b / T.

a) λmax du Soleil (T = 5 800 K). Exprimer en nm.

b) λmax du mur (T = 293 K). Exprimer en µm.

a) λmax = (2,898 × 10⁻³) / 5 800 = 5,0 × 10⁻⁷ m = 500 nm. Domaine visible (jaune-vert).

b) λmax = (2,898 × 10⁻³) / 293 = 9,9 × 10⁻⁶ m ≈ 10 µm. Domaine infrarouge lointain, bien au-delà du visible (700 nm).

Question 3 ANA

a) Le sol asphalté en été (T = 333 K) émet-il un rayonnement visible ou IR ? Calcul.

b) Pourquoi ne « voit-on » pas le rayonnement thermique d'un bâtiment, alors qu'une caméra thermique le détecte ?

a) λmax = (2,898 × 10⁻³) / 333 = 8,7 × 10⁻⁶ m = 8,7 µm → IR. Le sol même chaud émet un rayonnement invisible à l'œil.

b) Les bâtiments émettent dans l'IR lointain (~ 10 µm). L'œil humain ne perçoit que 400 à 700 nm → on ne voit pas. La caméra thermique a un capteur spécial (microbolomètre) qui détecte les IR et les traduit en image colorée.

Question 4 ANA

Compléter l'explication de l'effet de serre :

  1. Le rayonnement solaire (principalement visible) traverse le vitrage et entre dans le showroom.
  2. Il est absorbé par le sol, les murs et les meubles, qui …
  3. Ces surfaces réchauffées (~ 20-30 °C) ré-émettent de l'énergie sous forme de …
  4. Le vitrage est … à ce rayonnement IR lointain : il le bloque et le renvoie vers l'intérieur.
  5. Résultat : la chaleur est … à l'intérieur.
  1. Le rayonnement solaire (visible) traverse le vitrage.
  2. Absorbé par sol/murs/meubles → ils s'échauffent.
  3. Ces surfaces (~ 20-30 °C) ré-émettent en infrarouge lointain (λ ~ 10 µm).
  4. Le vitrage est opaque à l'IR lointain → il bloque et renvoie.
  5. La chaleur est piégée à l'intérieur (effet de serre).

Le verre laisse passer le visible mais bloque l'IR : c'est ce qui crée l'effet de serre dans une véranda et explique le réchauffement climatique (CO₂ joue le rôle du verre dans l'atmosphère).

Question 5 APP

Relever dans le Doc 3 le facteur solaire g et l'émissivité de chaque vitrage.

VitragegÉmissivité
Simple0,850,89
Double standard0,650,15
Double contrôle solaire0,350,10

Question 6 REA

Calculer la puissance solaire entrante pour chaque vitrage : P = g × E × S (E = 600 W/m², S = 40 m²).

  • Simple : P = 0,85 × 600 × 40 = 20 400 W = 20,4 kW.
  • Double standard : P = 0,65 × 600 × 40 = 15 600 W = 15,6 kW.
  • Double contrôle solaire : P = 0,35 × 600 × 40 = 8 400 W = 8,4 kW.

Le contrôle solaire divise par 2,4 la puissance entrante par rapport au simple vitrage.

Question 7 VAL

Le client veut un showroom lumineux mais sans surchauffe.

a) Quel vitrage limite le plus la surchauffe ? Inconvénient pour l'éclairage ?

b) Le simple vitrage est-il envisageable ? Justifier (au moins 2 arguments).

a) Le double contrôle solaire (g = 0,35, 8,4 kW). Inconvénient : transmission lumineuse réduite à 60 % (vs 80-90 % pour les autres) → éclairage naturel un peu moins intense.

b) Simple vitrage : impossible.

  • 20,4 kW de surchauffe en été.
  • Émissivité 0,89 = pertes massives en hiver (mur froid → IR rayonné vers l'extérieur).
  • U = 5,8 W/m²·K : très mauvais isolant.
  • Non conforme à la réglementation thermique RT2012 / RE2020.

Question 8 COM

Rédiger une recommandation (5 lignes) pour Antoine. Quel vitrage choisir ? Justifier avec rayonnement, g, émissivité.

Recommandation — vitrage showroom 40 m²

Choix : double vitrage à contrôle solaire (180 €/m²).

Faible facteur solaire (g = 0,35) → seulement 8,4 kW d'apport solaire en été (vs 20,4 kW en simple vitrage), réduisant fortement la surchauffe et les coûts de climatisation.

Très faible émissivité (0,10) grâce à la couche Low-E → empêche le rayonnement IR intérieur de s'échapper en hiver, gardant la chaleur à l'intérieur.

Transmission lumineuse 60 % suffisante avec un éclairage LED d'appoint. Surcoût (180 vs 40 €/m² = 5 600 € sur 40 m²) amorti en 3-5 ans par les économies d'énergie.

🚀 Pour aller plus loin ANA

Comment fonctionne le vitrage à contrôle solaire à l'échelle moléculaire ? Pourquoi peut-il bloquer l'IR sans bloquer le visible ?

Le verre standard est composé de SiO₂ (silice). Il est transparent au visible (400-700 nm) car les électrons de la silice n'absorbent pas dans cette gamme. En revanche, il absorbe l'IR lointain (> 5 µm) car les vibrations moléculaires Si-O résonnent dans cette gamme.

Pour le contrôle solaire, on dépose sur le verre une couche métallique ultra-fine (typiquement argent ou oxyde d'étain, épaisseur ~ 10 nm). Effets :

  • Cette couche est si fine qu'elle reste transparente au visible (60 % de transmission).
  • Mais elle réfléchit l'IR proche du soleil (responsable de la chauffe) → moins d'apport solaire.
  • Et elle a une très faible émissivité (0,10) → bloque aussi l'IR intérieur en hiver.

Le vitrage à contrôle solaire est donc un compromis subtil entre transmission (visible nécessaire pour la lumière) et réflexion (IR bloqué). C'est la même idée pour les vitres teintées des voitures (couche métallique réfléchissante).

Évolutions récentes :

  • Vitrage thermochrome : devient opaque au-dessus de 25 °C (en cours de commercialisation 2024-2026).
  • Vitrage électrochrome (SmartGlass) : transparence pilotable à la demande par tension électrique. Utilisé sur l'A380, dans l'hôtellerie de luxe.

Pour Antoine : la technologie de vitrage évolue rapidement. Préconiser systématiquement aux clients d'opter pour la dernière norme (RE2020) et les solutions Low-E avec couche métallique pour optimiser confort + économies.

À retenir