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Activité 10 – TP – Rendement d'un transformateur TRAVAUX PRATIQUES

Ch01 – Transport électrique | Terminale ERA | ⏱ 1 h (séance TP)

Dernière mise à jour : 4 juin 2026

Objectifs du TP :

🤔 Avant le TP

À ton avis, à quelle charge un transformateur atteint-il son rendement maximum ? À vide, à pleine charge, ou ailleurs ?

À charge intermédiaire (60-80 % de la charge nominale). Pourquoi ?

  • Pertes fer (magnétisation du noyau) : constantes à toute charge.
  • Pertes cuivre (R·I² dans les bobinages) : ∝ I² = croissent rapidement avec la charge.

À vide : seulement pertes fer (rendement nul puisque sortie nulle).

À pleine charge : pertes fer + grosses pertes cuivre → rendement légèrement moindre que mi-charge.

Maximum à l'équilibre : P_fer = P_cuivre (théorème de Maxwell). Typique 70 % charge pour gros transfo industriel.

Matériel

Manipulation 1 — Rapport de transformation à vide

Brancher le primaire sur le variac. Augmenter doucement la tension de 0 à 230 V. Pour 5 valeurs de U₁, mesurer U₂ (secondaire à vide, voltmètre haute impédance).

U₁ (V)U₂ mesurée (V)m = U₂/U₁
505,30,106
10010,60,106
15015,80,105
20021,10,106
23024,20,105

Q1 APP

Le rapport m est-il constant ? Conforme à la théorie ?

m ≈ 0,106 constant à 1 % près sur toute la plage 50-230 V.

Cohérent avec la théorie : U₂/U₁ = N₂/N₁ = constant (rapport des spires fixé par construction).

Plaque transfo : 230/24 V → m théorique = 24/230 = 0,104. Notre mesure 0,106 = écart 2 %. Cohérent (tolérance fab + chute de tension interne à vide minimale).

Conclusion : le rapport est indépendant de la tension appliquée.

Manipulation 2 — Mesure du rendement

U₁ = 230 V constant. Brancher successivement les ampoules en charge sur le secondaire. Pour chaque charge, mesurer P₁ (primaire) et P₂ (sortie, U·I sur l'ampoule).

Charge (W)I₂ (A)U₂ (V)P₂ (W)P₁ mesurée (W)η = P₂/P₁ (%)
vide024,203,0 (pertes fer)0 %
50,2124,15,18,560 %
100,4223,810,013,574 %
200,8423,519,723,883 %
351,4723,033,839,087 %
502,1022,547,354,886 %

Q2 REA

Tracer η = f(P₂). À quelle charge le rendement est-il maximum ?

η monte rapidement de 0 à 87 % puis redescend légèrement.

Maximum atteint vers 33-35 W (70 % de la charge nominale 50 W).

Au-delà (50 W = pleine charge) : η redescend légèrement à 86 % car les pertes cuivre R·I² deviennent dominantes.

Conforme à la théorie : maximum quand P_fer = P_cuivre.

Q3 REA

Mesure des pertes fer (à vide, sans charge).

À vide : P₂ = 0 (pas de courant secondaire).

Mais le primaire absorbe quand même P₁ = 3,0 W (mesuré).

Cette puissance dissipe en :

  • Hystérésis du noyau ferromagnétique (cycles d'aimantation).
  • Courants de Foucault dans la tôle (atténués par feuilletage).

P_fer = 3,0 W. Constants à toute charge (proportionnels à U² · f, mais U et f fixés).

Q4 ANA

Mesure des pertes cuivre à pleine charge (50 W). Soustraction.

Pertes totales à 50 W = P₁ - P₂ = 54,8 − 47,3 = 7,5 W.

Pertes fer constantes : 3,0 W.

Pertes cuivre : 7,5 − 3,0 = 4,5 W.

Vérification : R_bobinages mesurée à froid = R_primaire 1,5 Ω + R_secondaire 0,03 Ω.

P_cu = R₁·I₁² + R₂·I₂² = 1,5 × 0,24² + 0,03 × 2,1² = 0,086 + 0,132 = 0,22 W.

Beaucoup moins que mesurés (4,5 W). Pourquoi ? Les bobinages chauffent en service → R augmente +20-30 % à chaud. + pertes supplémentaires (Foucault dans bobinage à fil épais, harmoniques).

Ordre de grandeur cohérent : 1-10 W de pertes cuivre.

Q5 ANA

Pour un transformateur industriel 100 kVA, ratio P_fer / P_pleine_charge typique 1-2 %. Comparer avec notre transfo TP.

Notre transfo TP : P_fer = 3 W / S_nom = 50 VA = 6 %. Plus élevé que les industriels.

Pourquoi un transfo industriel est plus efficace ?

  • Noyau en alliage de haute qualité (M4 grain orienté, perte spécifique 1 W/kg vs 4-5 W/kg fer ordinaire).
  • Feuilletage fin (0,2 mm) pour limiter les courants de Foucault.
  • Section bobinage importante : faible densité de courant, peu d'effet Joule.
  • Refroidissement : bain d'huile minérale + radiateurs, dissipe efficacement la chaleur.

Rendement transfo industriel typique : 97-99 % (vs 86 % notre transfo TP). Sur 1 MW transité, 10-30 kW dissipés en pertes (10-30 W/kVA).

Q6 ANA

Chute de tension secondaire en charge.

À vide : U₂ = 24,2 V. À pleine charge (50 W) : U₂ = 22,5 V.

Chute : ΔU = 24,2 − 22,5 = 1,7 V = 7 % de chute.

Causes :

  • Résistance interne bobinage secondaire (R_2 = 0,03 Ω × I₂ = 2,1 A = 0,06 V).
  • Réactance de fuite (X_2 → chute inductive importante).
  • Chute dans bobinage primaire ramenée au secondaire.

Note : un bon transfo industriel a typiquement 3-5 % de chute en pleine charge.

Si la charge est sensible à la tension (LED) : on installe un régulateur en aval (Vienna rectifier ou Buck).

Q7 VAL

Incertitudes principales du TP.

  • Watt-mètre : ±2 % typique. Sur 50 W = ±1 W.
  • Voltmètre : ±0,5 % sur 24 V = ±0,12 V.
  • Stabilité tension réseau : ±2 % sur 230 V.
  • Échauffement des bobinages : R varie +1 % par 5 °C. Influence sur P_cu.
  • Charges non identiques : ampoules halogènes vieillissent, P réelle ≠ P nominale.

Incertitude finale sur η : ±2-3 %. Notre 86 % est donc dans 83-89 %. Cohérent avec attente.

Q8 COM

Compte rendu TP.

Compte rendu TP — Transformateur 230/24 V 50 VA
• Rapport de transformation : m = 0,106 constant sur 50-230 V (théorie 0,104).
• Rendement max : 87 % à 35 W (70 % de la charge nominale).
• Pertes fer : 3 W (à vide). Pertes cuivre à pleine charge : 4,5 W.
• Chute de tension secondaire : 7 % entre vide et pleine charge.
• Cohérent avec la théorie (P_fer ≈ P_cu à charge optimale).
• Transfo industriel atteint 97-99 % grâce au noyau M4 et grosses sections cuivre.

✅ Auto-évaluation

Bonus — Pourquoi le noyau est-il en tôle feuilletée et pas en bloc massif ?

Loi de Faraday : le champ magnétique alternatif dans le noyau induit des tensions perpendiculaires qui font circuler des courants de Foucault dans le métal.

Ces courants dissipent de l'énergie en chaleur, exactement comme un court-circuit.

Si le noyau est massif : courants de Foucault énormes, pertes 100 W/kg, échauffement énorme.

Solution : feuilleter le noyau en tôles fines (0,3-0,5 mm) isolées entre elles par un vernis. Les courants de Foucault ne peuvent traverser l'isolant, sont confinés à chaque feuille → divisés par 100-1 000.

Aujourd'hui : tôles à grains orientés (« GO ») fabriquées avec une orientation cristalline qui maximise la perméabilité dans la direction du flux. Perte ramenée à 1 W/kg.

Évolution future : noyaux en ferrite amorphe ou nanocristalline (pertes < 0,5 W/kg, mais 5× plus cher). Adoptés en SMPS haute fréquence et transformateurs verts.

Curiosité : un transformateur 100 MVA EDF a un noyau de 50 tonnes en plusieurs millions de tôles. La fabrication est ultra-mécanisée (assemblage robotisé).

À retenir

📚 §7 (transformateur) + §10 (mini-exos) de la leçon Ch01.