← RETOUR SOMMAIRE

Activité 4 – Évaporation des solvants en cabine de vernissage SITUATION PRO

Chapitre 12 – Changements d'état | 2nde Bac Pro MAMA | Physique-Chimie | ⏱ 30 min

Dernière mise à jour : 5 mai 2026, format manuel scolaire

Objectifs :

Situation – ventilation d'une cabine de vernissage

Yannis, vernisseur chez Mobilier Excellence à Lille, prépare son atelier pour le pulvérisateur. Il pulvérise 2 L de vernis acétate (acétate d'éthyle CH₃COOC₂H₅) en 10 minutes. Il doit vérifier que la ventilation est suffisante pour rester sous la VLEP.

Document 1 – Données sur l'acétate d'éthyle

Document 2 – Conditions de pulvérisation

Document 3 – Évaporation vs ébullition

Problématique : La ventilation de la cabine est-elle suffisante pour que la concentration en acétate d'éthyle reste sous la VLEP ?

Question 1 REA

Calculer la masse de solvant pulvérisée (60 % de 2 L de vernis, densité 0,90).

Volume de solvant : 2 × 0,60 = 1,2 L.

Masse : m = ρ × V = 0,90 × 1,2 = 1,08 kg = 1 080 g de solvant.

Question 2 REA

Calculer le débit d'évaporation (en g/min puis g/h), en supposant que tout le solvant s'évapore en 10 minutes.

Débit : 1 080 g / 10 min = 108 g/min = 6 480 g/h ≈ 6,5 kg/h.

Question 3 REA

L'extracteur évacue 2 000 m³/h. Si tout le solvant évaporé est uniformément mélangé à cet air, calculer la concentration en acétate dans l'air sortant (en mg/m³).

Concentration : 6 480 g/h / 2 000 m³/h = 3,24 g/m³ = 3 240 mg/m³.

Question 4 ANA

Comparer cette concentration à la VLEP-8h de 1 400 mg/m³. Conclure.

3 240 mg/m³ > 1 400 mg/m³ → la concentration dépasse 2,3 fois la VLEP-8h.

La ventilation est insuffisante. Yannis ne doit pas rester dans la cabine pendant la pulvérisation, ou alors il doit porter un masque cartouche A (vapeurs organiques).

Question 5 ANA

Yannis envisage 2 solutions :

Calculer la nouvelle concentration pour chaque option.

A — Extracteur 4 000 m³/h : 6 480 / 4 000 = 1 620 mg/m³. Toujours au-dessus mais beaucoup plus proche.

B — Pulvérisation en 20 min : 1 080 g / 20 min = 54 g/min = 3 240 g/h. C = 3 240 / 2 000 = 1 620 mg/m³. Même résultat que A.

Ni A ni B seuls ne suffisent. Combiner A + B donnerait : 3 240 / 4 000 = 810 mg/m³ < 1 400 → conforme.

Question 6 ANA

Yannis remarque que sur l'étiquette du vernis, il y a un pictogramme « inflammable ». Pourquoi l'évaporation augmente-t-elle ce risque ?

Les vapeurs de solvant inflammable peuvent former un mélange explosif avec l'air si leur concentration dépasse la limite inférieure d'explosivité (LIE).

Pour l'acétate d'éthyle, LIE = 2 % en volume = ≈ 70 g/m³. Sans ventilation, on pourrait facilement dépasser cette limite. Une étincelle (interrupteur, cigarette) suffirait alors à provoquer une explosion. C'est pourquoi en cabine de vernissage : ventilation obligatoire + matériel ATEX (anti-déflagrant).

Question 7 VAL

Yannis pulvérise 4 fois par jour, 220 jours par an. Calculer la masse annuelle de solvant rejetée dans l'atmosphère.

Annuel : 1 080 × 4 × 220 = 950 400 g ≈ 950 kg/an.

C'est presque 1 tonne de COV émis par an pour cette seule activité de vernissage. Cela représente une émission importante au regard de la réglementation environnementale (directive Solvants 2010/75/UE). À l'échelle d'une grosse menuiserie, des filtres à charbon actif peuvent être obligatoires.

Question 8 COM

Yannis envoie un mail au responsable HSE pour valider sa procédure. Rédiger en 5 lignes.

Procédure pulvérisation acétate d'éthyle
• Dose : 2 L de vernis (1,08 kg de solvant) en 20 min (au lieu de 10).
• Cabine 40 m³, extracteur porté à 4 000 m³/h pendant la pulvé.
• Concentration estimée : ≈ 810 mg/m³ < VLEP 1 400 mg/m³ ✔
EPI obligatoires : masque cartouche A, gants nitrile, lunettes.
• Vérifier extracteur avant chaque session, ne pas fumer ni utiliser téléphone non ATEX dans la cabine.

Pour aller plus loin (bonus)

Pour limiter les émissions, on peut remplacer le vernis solvanté par un vernis à l'eau (1-5 % de COV au lieu de 60 %). Quelle économie en émissions annuelles ?

Vernis à l'eau (estimons 3 % de solvant) : 950 kg × 3/60 = 47,5 kg/an au lieu de 950 kg.

Économie : 902,5 kg/an de COV évités, soit 95 % de réduction. Bénéfice écologique majeur. Le vernis à l'eau est aussi moins dangereux pour l'opérateur (pas de risque incendie, moins de toxicité).

Inconvénients : durée de séchage plus longue, finition légèrement différente, parfois moins résistante à l'eau et à l'usure. Conviennent surtout pour le mobilier intérieur.

À retenir

📚 Cette activité s'appuie sur §2 (Changements d'état) et §6 (Évaporation des solvants — sécurité) de la leçon Ch12.