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Activité 3 – Caméra thermique infrarouge pour audit énergétique DIAGNOSTIC

Chapitre 10 – Ondes électromagnétiques | 1ère Bac Pro ICCER (Grpt 1) | Physique – Ondes | ⏱ 35 min

Dernière mise à jour : 7 mai 2026, format manuel scolaire

Objectifs :

💡 Notions centrales : leçon §III (spectre EM) et §IV (sources et détecteurs). Tout objet à T > 0 K émet de l'IR. La caméra thermique convertit ce rayonnement en image colorée.

Situation – diagnostic thermique avant rénovation

Sophie, technicienne en rénovation thermique chez « DiagThermo » à Lyon, fait un audit chez M. Petit qui se plaint de courants d'air froid dans sa maison ancienne. Sophie utilise sa caméra thermique FLIR C3-X qui détecte les ondes infrarouges émises par les murs et le toit. Les zones froides apparaissent en bleu/violet (fuites de chaleur), les zones tièdes en jaune/rouge.

Document 1 — Caractéristiques de la caméra FLIR

Document 2 — Le spectre électromagnétique (extraits)

DomaineLongueur d'onde λFréquence f (Hz)
Radio (FM)~ 3 m~ 100 × 10⁶
Micro-ondes1 mm – 30 cm10⁹ – 3 × 10¹¹
IR thermique (LWIR)7,5 – 14 μmà calculer
IR proche0,75 – 3 μm10¹⁴
Visible400 – 700 nm4-7,5 × 10¹⁴
UV10 – 400 nm> 10¹⁵
Problématique : À quelle fréquence correspond l'IR thermique détecté par la caméra de Sophie, et comment cette caméra permet-elle de visualiser les ponts thermiques d'une maison sans les ouvrir ?

Question 1 REA

Convertir 7,5 μm et 14 μm en mètres (exprimer en notation scientifique). Calculer les fréquences correspondantes.

1 μm = 10⁻⁶ m. Donc 7,5 μm = 7,5 × 10⁻⁶ m, et 14 μm = 1,4 × 10⁻⁵ m.

f₁ = c / λ₁ = (3 × 10⁸) / (7,5 × 10⁻⁶) = 4 × 10¹³ Hz = 40 THz.

f₂ = c / λ₂ = (3 × 10⁸) / (1,4 × 10⁻⁵) ≈ 2,14 × 10¹³ Hz ≈ 21 THz.

La caméra FLIR détecte l'IR dans la plage 21 à 40 THz (térahertz).

Question 2 ANA

Comparer la longueur d'onde de l'IR thermique (≈ 10 μm) à celle du visible (≈ 0,5 μm). Pourquoi la caméra peut-elle « voir » à travers le brouillard ou la fumée alors que l'œil humain ne le peut pas ?

L'IR thermique a une longueur d'onde ≈ 20 fois plus grande que la lumière visible (10 μm vs 0,5 μm).

Or, les particules de brouillard et de fumée ont typiquement des tailles de 1-5 μm. Elles sont :

  • Comparables au visible (0,5 μm) : elles diffusent et bloquent la lumière visible (l'œil ne voit plus rien).
  • Plus petites que l'IR thermique (10 μm) : elles laissent passer l'IR sans le diffuser (caméra thermique voit à travers).

C'est ce qui permet aux pompiers d'utiliser des caméras thermiques pour repérer des victimes dans une fumée épaisse, ou aux militaires pour détecter des cibles dans le brouillard.

Question 3 REA

La caméra de Sophie détecte sur la façade nord de la maison de M. Petit une zone à 10 °C tandis que le mur ambiant est à 15 °C. Calculer la différence de température et l'identifier comme un pont thermique.

Sachant qu'à 10 °C, λmax émise = 10,2 μm (loi de Wien), vérifier que cette λ est bien dans la plage de détection de la caméra.

ΔT = 15 − 10 = 5 °C de différence. Bien au-dessus de la sensibilité 0,07 °C → la caméra distingue très clairement la zone froide.

λmax à 10 °C = 10,2 μm, ce qui est dans la plage 7,5-14 μm de la caméra ✓.

Un écart de 5 °C est typique d'un pont thermique : zone où l'isolation est interrompue (poutrelle béton, joint d'isolant mal posé, ouvertures non isolées).

Question 4 ANA

D'après les notions du Ch04 (transferts thermiques), quelle est la perte d'énergie supplémentaire due au pont thermique ? Sophie a mesuré que la zone froide fait 0,5 m² sur le mur, et le coefficient surfacique est de 2 W/m²/K (au lieu de 0,3 W/m²/K pour le mur isolé).

Coefficient supplémentaire dû au pont : 2 − 0,3 = 1,7 W/m²/K.

Si l'écart intérieur/extérieur moyen sur la saison de chauffe est de 12 °C :

Perte supplémentaire : Φ = K × S × ΔT = 1,7 × 0,5 × 12 = 10,2 W en continu.

Sur 5 000 h/an de chauffe : E = 10,2 × 5 000 / 1 000 ≈ 51 kWh/an perdus par ce seul pont thermique. Sur 100 ponts identiques (maison ancienne mal isolée) : 5 100 kWh/an, soit 1 280 € de chauffage gaspillé.

Question 5 ANA

La caméra FLIR fonctionne grâce à un détecteur appelé microbolomètre. Quel autre composant électronique (rencontré au Ch01) joue un rôle similaire en convertissant un signal de température en signal électrique ?

Le microbolomètre = un mini-thermomètre par pixel. Quand l'IR le frappe, il chauffe légèrement, et sa résistance électrique change. Cette variation de résistance est mesurée pour chaque pixel.

Composant analogue rencontré : la thermistance CTN (sonde de température en plomberie / chauffage). Même principe physique : T → R → courant.

Différence : la thermistance mesure une T au point de contact, le microbolomètre mesure le rayonnement IR à distance.

Question 6 VAL

Sophie veut faire l'audit en hiver de préférence et tôt le matin. Pourquoi ces conditions sont-elles importantes ?

  • Hiver : écart de température intérieur (chauffé) / extérieur (froid) maximal → ponts thermiques bien plus visibles.
  • Tôt le matin : les murs n'ont pas encore été chauffés par le soleil → image thermique « pure » (sinon, le sud apparaît rouge à cause du soleil, et masque les défauts d'isolation).
  • Sans pluie : l'eau perturbe les mesures (évaporation, rayonnement, reflets).

Conditions idéales : 6h-9h en hiver, ciel couvert, ΔT ≥ 10 °C entre intérieur et extérieur.

Question 7 ANA

Un défaut courant : la caméra montre une zone qui semble très chaude alors qu'elle est en réalité plus froide. Que peut révéler cette anomalie ?

Plusieurs origines possibles :

  • Émissivité différente : un matériau réfléchissant (vitre, métal poli) reflète le rayonnement IR ambiant comme un miroir → la caméra mesure la T de ce qui se reflète, pas du matériau.
  • Reflet du Soleil sur une vitre : la vitre apparaît brûlante alors qu'elle est froide.
  • Zone humide qui s'évapore : refroidit la surface localement.

Compétence du technicien : interpréter ces faux positifs en couplant la thermographie à une inspection visuelle. Une caméra thermique ne remplace pas l'œil expert.

Question 8 COM

Rédiger en 5 lignes le rapport d'audit thermique que Sophie remet à M. Petit :

DiagThermo — Audit thermographique · M. Petit (Lyon) — 7 mai 2026
Méthode : caméra FLIR C3-X (LWIR, 7,5-14 μm). Audit réalisé à 7h00, ΔT 12 °C.
Défauts identifiés : 8 ponts thermiques sur la façade nord (poutrelles béton mal isolées), 3 fuites de chaleur autour des fenêtres (joints), 1 zone froide sur le toit (isolation tassée).
Pertes estimées : ~ 3 500 kWh/an liés à ces défauts → 880 € de chauffage gaspillé annuellement.
Recommandations : isolation extérieure 15 cm laine de verre (façade nord, 12 000 € HT après aides), remplacement joints fenêtres (200 €).
• Retour sur investissement : 14 ans (sans aides) / 5 ans avec MaPrimeRénov'. Photos thermographiques jointes.

Pour aller plus loin (bonus)

La loi de Wien dit que la longueur d'onde du maximum d'émission d'un corps noir est : λmax = 2 898 / T (en μm si T en K). Calculer λmax pour le corps humain (T ≈ 36 °C). À quel domaine du spectre cela appartient-il ?

T = 36 + 273 = 309 K.

λmax = 2 898 / 309 ≈ 9,4 μm.

9,4 μm est dans la plage 7,5-14 μm → infrarouge thermique LWIR. C'est exactement la plage de la caméra FLIR.

C'est pour cela qu'une caméra thermique « voit » très bien les humains : leur émission maximale est pile dans la zone détectée. C'est aussi pour cela que les serpents (vision IR) chassent dans la nuit en détectant les proies à sang chaud.

À retenir

📚 Cette activité s'appuie sur §III (Spectre EM) et §IV (Sources et détecteurs) de la leçon Ch10.