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Activité – Diagnostiquer les pertes de chaleur d'une maison DIAGNOSTIC

Chapitre 4 | Première Bac Pro ICCER (Grpt 1) | Physique-Chimie | ⏱ 50 min

Dernière mise à jour : 5 mai 2026, 14:45

Objectifs :

Situation – diagnostic thermique d'un pavillon de 1985

Inès, technicienne en installation thermique chez DiagTherm+ à Lyon, réalise un diagnostic des pertes de chaleur d'un pavillon construit en 1985. Elle utilise une caméra thermique pour repérer les zones de déperdition. Le propriétaire se plaint de factures de chauffage élevées malgré un chauffage récent.

Document 1 — Schéma du pavillon avec zones de déperdition

Pertes thermiques d'un pavillon non isolé (1985) Toiture 30 % Murs 25 % simple vitrage 15 % double vitrage Sol 10 % Vent. 20 % 20 °C int. Tair ext = 3 °C

Document 2 — Relevés de la caméra thermique (faces extérieures)

Plus la surface est chaude à l'extérieur, plus la chaleur s'échappe de l'intérieur.

ZoneTsurface ext. (°C)Couleur caméraObservation
Mur nord (béton, sans isolation)11,5OrangeChaleur traverse
Mur sud (béton + 8 cm laine de verre)5,2BleuBien isolé ✓
Fenêtre simple vitrage (salon)14,8Rouge vifForte déperdition
Fenêtre double vitrage (chambre)6,1Bleu-vertPeu de déperdition ✓
Toiture (combles non isolés)13,2RougeAir chaud monte
Jonction mur/toiture (pont thermique)15,6Rouge vifPoint faible majeur
Sol (dalle béton sur terre-plein)4,8Bleu foncéFaible déperdition ✓

Tair ext. = 3 °C, Tair int. = 20 °C, ΔT = 17 °C.

Document 3 — Répartition des pertes (pavillon non isolé type 1985)

Zone% des pertes totales
Toiture / combles30 %
Murs25 %
Fenêtres et portes15 %
Sols10 %
Renouvellement d'air (ventilation, fuites)20 %

Document 4 — Conductivité thermique des matériaux

Matériauλ (W/m·K)Type
Cuivre390Excellent conducteur
Béton1,7Conducteur moyen
Bois0,15Isolant moyen
Laine de verre0,035Bon isolant
Polystyrène expansé0,032Bon isolant
Mousse polyuréthane0,025Excellent isolant
Air immobile0,026Excellent isolant

Document 5 — Données pour le calcul thermique

📚 Cette activité s'appuie sur §1 (modes de transfert), §2 (conductivité λ) et §3 (Q = mcΔθ) de la leçon Ch04.

Problématique : Comment identifier les principales sources de pertes de chaleur, et quelles améliorations Inès peut-elle recommander pour réduire les factures de chauffage ?

Question 1 APP

À partir du Doc 2, relever :

a) La zone avec la Tsurface ext. la plus élevée. Quelle valeur ?

b) La zone avec la Tsurface ext. la plus basse. Quelle valeur ?

c) Que signifie une Tsurface ext. élevée en hiver ?

a) Plus chaude : jonction mur/toiture (pont thermique) à 15,6 °C.

b) Plus froide : sol (dalle sur terre-plein) à 4,8 °C.

c) Une Tsurface ext. élevée en hiver = la chaleur intérieure traverse la paroi et s'échappe vers l'extérieur. Plus la surface est chaude à l'extérieur, plus les pertes de chaleur sont importantes.

Question 2 ANA

Pour chaque situation, identifier le mode de transfert thermique principal (conduction, convection, rayonnement).

a) La chaleur traverse le mur nord en béton de l'intérieur vers l'extérieur.

b) L'air chaud du salon monte vers les combles non isolés par la trappe du grenier mal fermée.

c) Devant la fenêtre simple vitrage, Inès ressent le froid à distance, sans toucher la vitre.

a) Conduction : la chaleur se transmet à travers le béton, de proche en proche, sans déplacement de matière (le mur est un solide).

b) Convection (naturelle) : l'air chaud, moins dense, monte et s'échappe par la trappe vers les combles. Déplacement de matière (fluide = air).

c) Rayonnement : le corps d'Inès (chaud) émet un rayonnement infrarouge vers la vitre froide. Elle perd de l'énergie par rayonnement → sensation de froid à distance, sans contact.

Question 3 ANA

Compléter le tableau récapitulatif des 3 modes de transfert.

ModeDéfinitionSupportDéplacement matière ?Ex. dans le pavillon
Conduction
Convection
Rayonnement
ModeDéfinitionSupportMatière ?Exemple
ConductionTransfert à travers un matériau, de proche en proche, par vibration des atomes.Solide surtoutNonMur, vitre.
ConvectionTransfert par déplacement d'un fluide. L'air chaud monte, le froid descend.Fluide (gaz, liquide)OuiAir montant vers combles.
RayonnementTransfert par ondes électromagnétiques (infrarouge), sans contact.Aucun (vide possible)NonSoleil, infrarouge fenêtre.

Question 4 REA

L'air intérieur du pavillon se refroidit de 20 °C à 17 °C à cause des fuites d'air (convection).

a) Identifier m, c, Δθ à partir du Doc 5.

b) Calculer Q avec Q = m × c × Δθ. Exprimer en J et kJ.

a) m = 300 kg ; c = 1 005 J/(kg·°C) ; Δθ = 17 − 20 = −3 °C.

b) Q = 300 × 1 005 × (−3) = −904 500 J ≈ −904,5 kJ.

Le signe négatif indique que le pavillon perd ~ 905 kJ d'énergie quand l'air intérieur se refroidit de 3 °C.

Question 5 ANA

Comparer les matériaux isolants du Doc 4.

a) Classer les 3 isolants synthétiques (laine de verre, polystyrène, mousse PU) du moins au plus performant.

b) Calculer λbéton / λlaine de verre. Interpréter.

c) Pourquoi le double vitrage est-il plus isolant que le simple vitrage ?

a) Du moins au plus performant (plus λ petit, mieux isolant) :

  1. Laine de verre : λ = 0,035 W/(m·K)
  2. Polystyrène expansé : λ = 0,032
  3. Mousse polyuréthane : λ = 0,025 (le meilleur)

b) λbéton / λlaine de verre = 1,7 / 0,035 ≈ 49. Le béton conduit la chaleur ~ 49 fois mieux que la laine de verre. Sans isolation, énormément de chaleur passe par le mur.

c) Le double vitrage emprisonne une lame d'air immobile entre les 2 vitres. L'air immobile est un excellent isolant (λ = 0,026). Cette couche d'air freine la conduction → réduit fortement les pertes.

Question 6 VAL

Pertes annuelles totales : 15 000 kWh/an.

a) Calculer les pertes par toiture et par murs.

b) Après isolation des combles (laine de verre 30 cm), les pertes toiture passent à 5 % du total. Calculer l'économie en kWh/an.

c) Au tarif gaz 0,10 €/kWh, quelle économie €/an ?

a) Toiture : 15 000 × 0,30 = 4 500 kWh/an. Murs : 15 000 × 0,25 = 3 750 kWh/an.

b) Après isolation : 15 000 × 0,05 = 750 kWh/an. Économie : 4 500 − 750 = 3 750 kWh/an.

c) Économie financière : 3 750 × 0,10 = 375 €/an.

L'isolation des combles est rentable : coût pose ~ 2 500 € → retour ~ 7 ans, puis bénéfice net pendant 30 ans (durée de vie isolant).

Question 7 ANA

Le renouvellement d'air représente 20 % des pertes.

a) Par quel mode de transfert principal ?

b) Pourquoi la toiture (30 %) perd-elle plus que le sol (10 %) ?

a) Les pertes par renouvellement d'air sont par convection : l'air chaud intérieur est remplacé par de l'air froid extérieur (ventilation, infiltrations par joints).

b) Par convection naturelle, l'air chaud (moins dense) monte vers le plafond et la toiture. L'air chaud s'accumule sous le toit → augmente la différence de T et donc les pertes au niveau de la toiture.

Inversement, l'air froid descend → le sol est en contact avec l'air le plus frais de la pièce → moins d'écart, moins de pertes.

C'est aussi pourquoi un faux plafond et une isolation des combles sont plus efficaces qu'une isolation du sol pour le confort thermique.

Question 8 COM

Inès rédige son rapport de diagnostic thermique. Rédiger 4 recommandations en précisant pour chacune :

Rapport de diagnostic thermique — Pavillon 1985, propriétaire X

  1. Isolation des combles (toiture, 30 % des pertes) : poser 30 cm de laine de verre dans les combles → réduire la conduction à travers la toiture. Priorité n°1, gain ~ 375 €/an.
  2. Isolation du mur nord (Tsurface 11,5 °C) : ITE (Isolation Thermique Extérieure) 12 cm de laine de roche → freiner la conduction à travers le béton.
  3. Remplacement de la fenêtre simple vitrage (Tsurface 14,8 °C) : double vitrage Low-E à argon → réduire la conduction et le rayonnement infrarouge.
  4. Traitement du pont thermique jonction mur/toiture (Tsurface 15,6 °C, le pire point) : ajout d'isolant en jonction → supprimer cette zone de fuite par conduction.

🚀 Pour aller plus loin ANA

Comment fonctionne concrètement une caméra thermique comme celle d'Inès ? Pourquoi peut-elle « voir » la chaleur dans le noir ?

Tout corps émet un rayonnement infrarouge dont l'intensité augmente avec sa température (loi de Planck / Stefan-Boltzmann).

Pour les températures de la vie courante (0 à 100 °C), ce rayonnement est dans l'infrarouge lointain, longueurs d'onde 8-14 µm. Invisible à l'œil humain (qui voit 400-700 nm), mais détectable par un capteur spécial.

Une caméra thermique :

  1. Capteur microbolométrique (matrice de 320×240 ou 640×480 pixels) : chaque pixel est un mini-thermomètre détectant l'IR.
  2. Le capteur mesure la température de chaque point du champ de vision.
  3. Le logiciel attribue une fausse couleur à chaque T (bleu = froid, rouge = chaud).
  4. L'image affichée est une « carte thermique » de la scène.

Différence avec la vision nocturne classique :

  • Vision nocturne (caméra IR proche) : amplifie la lumière visible faible (et un peu d'IR proche). A besoin d'un peu de lumière ambiante. Voir aussi infrarouge à LED actives.
  • Caméra thermique : détecte la chaleur émise par les objets eux-mêmes. Fonctionne dans le noir total, dans la fumée, ne peut pas voir à travers le verre (le verre bloque l'IR lointain).

Applications professionnelles :

  • Diagnostic thermique de bâtiment (Inès) : 200-2 000 € la caméra.
  • Pompiers : voir à travers la fumée pour localiser les victimes.
  • Maintenance industrielle : détecter un roulement qui chauffe avant la panne.
  • Médecine : détection de cancer, inflammations.
  • Astronomie : télescopes IR (James Webb).
  • Militaire : vision de nuit, détection de troupes.

Pour Inès : un diagnostic thermique professionnel à la caméra coûte 200-500 € au client, et permet d'identifier précisément les zones à isoler en priorité — investissement très rentable.

À retenir