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Chapitre 5 – Exercices par capacités

Minimiser les transferts thermiques pour économiser l'énergie  |  1ère Bac Pro ERA-MA  |  Physique-Chimie

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

Capacités du chapitre (codes du cours) :

Le programme s'arrête à une plaque plane d'un seul matériau : \(G = \dfrac{\lambda S}{e}\) et \(P = G\,\Delta T\). Pour aller plus loin, hors programme du groupement 3 : la résistance thermique, les parois multicouches, le coefficient \(U\) avec les résistances superficielles et les déperditions d'un bâtiment.

C1 — Comparer expérimentalement la conductivité thermique de matériaux

Rappel de cours

La conductivité thermique \(\lambda\) caractérise l'aptitude d'un matériau à transmettre de l'énergie par conduction. Unité : W/(m·K). Plus \(\lambda\) est faible, plus le matériau est isolant.

Pour comparer expérimentalement deux matériaux : des plaques de mêmes dimensions, les mêmes températures de faces, puis, une fois l'état stabilisé, la mesure de la puissance qui traverse chaque plaque. La plaque qui laisse passer le moins de puissance est la moins conductrice. Une température relevée après un même temps ne mesure pas directement \(\lambda\).

Exercice 1

Deux plaques A et B ont la même aire et la même épaisseur. Leurs faces sont maintenues aux mêmes températures. Une fois l'état stabilisé, A laisse passer 5 W et B 12 W.

  1. Quel matériau a la plus grande conductivité thermique ? Justifier.
  2. Lequel choisir pour isoler ?
  3. Pourquoi faut-il des plaques de mêmes dimensions ?

Exercice 2

Voici les conductivités de quelques matériaux utilisés en menuiserie et en isolation.

Matériau\(\lambda\) (W/(m·K))
Chêne, hêtre0,17 à 0,20
Épicéa, sapin0,12 à 0,15
Verre0,96 à 1,05
Laine de roche ou de verre0,032 à 0,040
Polystyrène expansé0,030 à 0,040
Air immobile0,026
  1. Classer le verre, le chêne, la laine de roche et le polystyrène expansé, du moins isolant au plus isolant.
  2. Ce classement suffit-il pour choisir entre deux plaques d'épaisseurs différentes ? Justifier.

Exercice 3

Un technicien compare deux panneaux isolants sur un banc d'essai. Le panneau A a 4 cm d'épaisseur, le panneau B 8 cm. Il chauffe une face de chaque panneau et relève, après 2 minutes, la température de l'autre face. Celle de B a moins augmenté. Il conclut : « Le matériau de B est plus isolant. »

  1. Relever les deux défauts du protocole.
  2. Proposer un protocole correct.

Exercice 4

Trois plaques M, N et P ont les mêmes dimensions. Leurs faces sont maintenues à 20 °C et 10 °C. Une fois l'état stabilisé, on mesure la puissance qui traverse chacune.

PlaqueMNP
Puissance mesurée1,8 W3,6 W0,9 W
  1. Classer les trois matériaux par conductivité croissante.
  2. La conductivité du matériau N est-elle le double de celle du matériau M ? Justifier.
  3. Quel matériau choisir pour isoler ?

C2 — Déterminer la conductance thermique d'une plaque homogène

Rappel de cours

Pour une plaque plane d'un seul matériau :

\(G = \dfrac{\lambda \, S}{e}\)

  • \(G\) : conductance thermique de la plaque, en W/K ;
  • \(\lambda\) : conductivité du matériau, en W/(m·K) ;
  • \(S\) : aire d'une face, en m² ; \(e\) : épaisseur, en m (convertir avant de calculer).

\(G\) est la puissance qui traverse la plaque pour un kelvin d'écart entre ses faces. Doubler \(e\) divise \(G\) par deux ; doubler \(S\) double \(G\). Plus \(G\) est petite, mieux la plaque isole.

Exercice 5

Une porte en chêne massif a une épaisseur de 40 mm et une aire de 2 m². La conductivité du chêne vaut \(\lambda = 0{,}17\) W/(m·K). Calculer la conductance thermique de la porte.

Exercice 6

Deux panneaux ont la même aire, \(S = 1\) m², et la même épaisseur, 20 mm.

PanneauMatériau\(\lambda\) (W/(m·K))
Abois0,15
Bverre1,0

Calculer la conductance de chaque panneau. Lequel laisse passer l'énergie le moins facilement ?

Exercice 7

Une plaque a une conductance \(G = 3{,}0\) W/K. Sans refaire le calcul complet, donner sa conductance dans chaque cas, puis justifier.

  1. Seule l'épaisseur double.
  2. Seule l'aire double.
  3. L'épaisseur et l'aire doublent toutes les deux.
  4. On garde les dimensions, avec un matériau de conductivité deux fois plus faible.

Exercice 8

Pour isoler les combles d'une maison, on compare quatre isolants en plaques de 80 mm d'épaisseur. On raisonne sur une aire \(S = 1\) m².

Isolant\(\lambda\) (W/(m·K))
Laine de roche0,036
Polystyrène expansé0,035
Polyuréthane0,025
Fibre de bois0,045

Calculer la conductance de chaque plaque, puis classer les isolants du plus au moins performant.

Exercice 9

Parmi les quatre isolants de l'exercice 8, un menuisier doit en choisir un pour un panneau de porte de 1 m², avec une épaisseur maximale de 30 mm. Il veut une conductance \(G \leq 1{,}0\) W/K. Quel isolant choisir ? Justifier sur le seul critère thermique.

Exercice 10

Pour une plaque de conductivité \(\lambda = 0{,}040\) W/(m·K), d'aire 6 m² et d'épaisseur 8 cm, un élève écrit : \(G = \dfrac{0{,}040 \times 6}{8} = 0{,}03\) W/K. Trouver son erreur et donner le bon résultat.

C3 — Déterminer la puissance thermique traversant une plaque

Rappel de cours

En régime permanent, la puissance thermique qui traverse la plaque est proportionnelle à l'écart de température entre ses faces ; le coefficient est la conductance :

\(P = G \, \Delta T\)   avec   \(\Delta T = T_{\text{chaude}} - T_{\text{froide}}\)

\(P\) en watts, \(G\) en W/K, \(\Delta T\) en K. Un écart de 1 °C vaut 1 K : on n'ajoute pas 273 à un écart. Les températures sont celles des faces de la plaque, qui ne sont pas forcément celles de l'air de chaque côté. Le transfert va de la face chaude vers la face froide.

Exercice 11

Un panneau de chêne massif a une épaisseur de 40 mm et une aire de 2 m² ; \(\lambda = 0{,}17\) W/(m·K). Ses faces sont à 20 °C et à 5 °C.

  1. Calculer la conductance du panneau.
  2. Calculer la puissance thermique qui le traverse.

Exercice 12

Au laboratoire, on impose différents écarts de température entre les faces d'une même plaque et on mesure, à chaque fois, la puissance qui la traverse une fois l'état stabilisé.

\(\Delta T\) (K)5101520
\(P\) (W)12243648
  1. La puissance est-elle proportionnelle à l'écart de température ? Justifier.
  2. En déduire la conductance de la plaque.
  3. Prévoir la puissance pour un écart de 25 K.

Exercice 13

Une paroi en épicéa (\(\lambda = 0{,}13\) W/(m·K)) a une épaisseur de 60 mm et une aire de 6 m². Elle laisse passer une puissance de 78 W.

  1. Calculer la conductance de la paroi.
  2. En déduire l'écart de température entre ses deux faces.

Exercice 14

Une vitre simple de 1,5 m² a une épaisseur de 4 mm ; \(\lambda = 1{,}0\) W/(m·K). En hiver, l'air de la pièce est à 20 °C et l'air extérieur à 0 °C. Des sondes collées sur la vitre indiquent 5,2 °C sur la face intérieure et 4,7 °C sur la face extérieure.

  1. Calculer la conductance de la vitre.
  2. Calculer la puissance qui traverse la vitre.
  3. Un élève calcule avec \(\Delta T = 20 - 0 = 20\) K. Quelle puissance obtient-il ? Pourquoi son calcul est-il faux ?

Exercice 15

On veut qu'une plaque de polystyrène expansé (\(\lambda = 0{,}035\) W/(m·K)) de 12 m² laisse passer au plus 70 W, pour un écart de 20 K entre ses faces. Dans ce modèle, l'épaisseur minimale est donnée par \(e = \dfrac{\lambda \, S \, \Delta T}{P_{\max}}\).

  1. Calculer cette épaisseur minimale, en centimètres.
  2. Vérifier le résultat en calculant \(G\) puis \(P\) pour cette épaisseur.

Exercice 16

Deux plaques de même aire, \(S = 8\) m², sont soumises au même écart de 15 K entre leurs faces.

Plaque\(\lambda\) (W/(m·K))Épaisseur
A0,03610 cm
B0,0225 cm
  1. Calculer la puissance qui traverse chaque plaque.
  2. Le matériau B est le plus isolant. La plaque B est-elle la meilleure ? Expliquer.

Exercice 17

Une plaque de conductance \(G = 2{,}0\) W/K a ses faces à 20 °C et à −5 °C. Un élève écrit : \(\Delta T = 20 - 5 = 15\) K, donc \(P = 30\) W. Corriger son calcul.

C4 — Relier puissance et énergie transférée (réinvestissement du chapitre 1)

Rappel de cours

Si la puissance reste constante pendant une durée \(t\) : \(E = P \, t\).

  • \(P\) en W et \(t\) en s : \(E\) en joules (J).
  • \(P\) en kW et \(t\) en h : \(E\) en kilowattheures (kWh). 1 kWh = 3 600 000 J.

Ne pas confondre une puissance (W, kW) et une énergie (J, kWh). Un calcul fait à puissance constante ne donne qu'une estimation : météo, occupation et autres parois font varier les pertes réelles.

Exercice 18

Une plaque laisse passer une puissance constante de 60 W pendant 10 h.

  1. Calculer l'énergie transférée en kWh.
  2. Calculer cette énergie en joules.

Exercice 19

Les pertes thermiques d'un chalet en bois valent en moyenne 4 500 W pendant la saison de chauffage. On les suppose constantes, 24 h sur 24, pendant 120 jours.

  1. Calculer la durée de la saison de chauffage en heures.
  2. Calculer l'énergie perdue en kWh.
  3. Pourquoi ce résultat n'est-il qu'une estimation ?

Exercice 20

Après isolation, la puissance qui traverse une paroi passe de 120 W à 45 W, dans les mêmes conditions de température, pendant 1 500 h de chauffage.

  1. Calculer l'énergie économisée en kWh.
  2. Le chauffage est électrique. Calculer l'économie en euros, au prix de 0,2001 € par kWh.

Prix : Tarif Bleu d'EDF, option Base (6 kVA), 0,2001 € TTC par kWh au 1er août 2026 (Commission de régulation de l'énergie, délibération n° 2026-147).

Exercice 21

Un appareil fonctionne à 0,8 kW pendant 3 h. Un élève écrit : « \(E = 0{,}8 \times 3 = 2{,}4\) kW. » Corriger son écriture, puis donner l'énergie en joules.

Pour aller plus loin — hors programme du groupement 3

Rappel — Résistance thermique et parois multicouches

Ces notions ne sont pas au programme du groupement 3, qui s'arrête à une plaque d'un seul matériau. Elles sont proposées en complément.

  • Résistance thermique d'une plaque : \(R = \dfrac{1}{G} = \dfrac{e}{\lambda \, S}\), en K/W. Plus \(R\) est grande, mieux la plaque isole. Alors \(P = \dfrac{\Delta T}{R}\).
  • Résistance surfacique, pour 1 m² : \(R = \dfrac{e}{\lambda}\), en m²·K/W.
  • Pour des couches planes en série, les résistances s'additionnent : \(R_{\text{total}} = R_1 + R_2 + \ldots\)

Exercice 22

Un menuisier agenceur dispose d'un panneau isolant de résistance surfacique \(R = e/\lambda = 2{,}5\) m²·K/W. Quelle puissance traversera ce panneau de 4 m² pour un écart de 15 K entre ses faces ?

Exercice 23

Un artisan compare deux portes pour un chalet : la porte A a une résistance thermique \(R = 0{,}45\) K/W, la porte B \(R = 0{,}12\) K/W.

  1. Quelle porte isole le mieux ?
  2. Pour un écart de 20 K, calculer la puissance qui traverse chaque porte.

Exercice 24

Un fabricant de meubles conçoit un panneau sandwich : deux plaques de contreplaqué de 10 mm (\(\lambda = 0{,}15\) W/(m·K)) encadrent 60 mm de laine de roche (\(\lambda = 0{,}036\) W/(m·K)). Calculer la résistance surfacique totale du panneau. Quelle couche assure l'essentiel de l'isolation ?

Exercice 25

Dans un double vitrage, la lame d'air de 12 mm est modélisée comme une couche d'air immobile (\(\lambda = 0{,}026\) W/(m·K)). Calculer sa résistance surfacique et la comparer à celle d'une vitre de 4 mm (\(\lambda = 1{,}0\) W/(m·K)).

Rappel — Coefficient U et déperditions d'un bâtiment

Hors programme du groupement 3. Le coefficient de transmission thermique \(U\), en W/(m²·K), donne la puissance perdue par mètre carré de paroi et par kelvin d'écart entre l'air intérieur et l'air extérieur. Plus \(U\) est faible, mieux la paroi isole.

\(U = \dfrac{1}{R_T}\) avec \(R_T = R_{si} + \sum \dfrac{e_i}{\lambda_i} + R_{se}\). Pour un mur vertical, on prend \(R_{si} = 0{,}13\) m²·K/W côté intérieur et \(R_{se} = 0{,}04\) m²·K/W côté extérieur : ces résistances superficielles traduisent les échanges entre l'air et les faces.

Déperditions d'une paroi : \(P = U \, S \, \Delta T\) ; pour un bâtiment, on additionne les parois.

Exercice 26

Calculer le coefficient \(U\) d'une paroi composée de panneaux de bois (\(e = 20\) mm, \(\lambda = 0{,}15\) W/(m·K)) et de laine de roche (\(e = 100\) mm, \(\lambda = 0{,}036\) W/(m·K)), avec \(R_{si} = 0{,}13\) et \(R_{se} = 0{,}04\) m²·K/W.

Exercice 27

Calculer le coefficient \(U\) d'un simple vitrage (\(e = 4\) mm, \(\lambda = 1{,}0\) W/(m·K)), avec les mêmes résistances superficielles.

Exercice 28

Dans un modèle simplifié de conduction pure, un double vitrage comprend : verre 4 mm (\(\lambda = 1{,}0\)), lame d'argon 16 mm (\(\lambda = 0{,}018\)), verre 4 mm (\(\lambda = 1{,}0\)). Calculer le coefficient \(U\) du modèle avec les résistances superficielles. Peut-on l'assimiler au coefficient certifié d'une fenêtre réelle ?

Exercice 29

Un atelier de menuiserie est chauffé à 18 °C quand il fait −2 °C dehors.

ParoiAire (m²)\(U\) (W/(m²·K))
Murs800,40
Toiture600,22
Fenêtres121,2

Calculer les déperditions de chaque paroi, puis le total.

Exercice 30

Un artisan remplace des fenêtres en simple vitrage (\(U = 5{,}7\) W/(m²·K)) par du double vitrage (\(U = 1{,}1\) W/(m²·K)). Aire totale des fenêtres : 8 m² ; écart moyen de température : 18 K.

  1. Calculer les déperditions des fenêtres avant et après.
  2. Calculer l'énergie économisée sur 2 000 h de chauffage.
  3. Le chauffage est électrique. Calculer l'économie, au prix de 0,2001 € par kWh (exercice 20).

Exercice 31

Avant isolation, un mur de 40 m² perd 1 200 W. Après pose de 120 mm de laine de roche, son coefficient vaut \(U = 0{,}28\) W/(m²·K).

  1. Calculer les déperditions du mur après isolation, pour \(\Delta T = 20\) K.
  2. Calculer la baisse des pertes en pourcentage.

Exercice 32

Un technicien compare deux scénarios d'isolation des murs d'un chalet de 120 m² de murs : 80 mm de polystyrène expansé, avec \(U = 0{,}38\) W/(m²·K), ou 160 mm, avec \(U = 0{,}20\) W/(m²·K). Pour \(\Delta T = 20\) K, 2 200 h de chauffage électrique et 0,2001 € par kWh (exercice 20), calculer la différence de coût entre les deux scénarios sur une saison.

Exercice 33

Le cahier des charges d'un chantier impose des fenêtres de coefficient \(U \leq 1{,}3\) W/(m²·K). Laquelle des trois fenêtres suivantes le respecte ?

FenêtreVitrage\(U\) (W/(m²·K))
Asimple vitrage5,7
Bdouble vitrage, lame d'air2,8
Cdouble vitrage, argon, faible émissivité1,1

Exercice 34

Un menuisier agenceur compare deux panneaux de cloison : le panneau A a une résistance surfacique totale \(R_T = 1{,}8\) m²·K/W, le panneau B \(R_T = 0{,}6\) m²·K/W.

  1. Calculer \(U_A\) et \(U_B\).
  2. Lequel isole le mieux ?
  3. Pour la même aire et le même écart de température, combien de fois plus de puissance le panneau B laisse-t-il passer ?