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Activité – Identifier les transferts thermiques dans une pièce DIAGNOSTIC

Chapitre 4 | Première Bac Pro ERA-MA (Grpt 3) | Physique-Chimie | ⏱ 50 min

Dernière mise à jour : 5 mai 2026, 10:30

Objectifs :

Situation – pose d'étagères chez un client qui a froid

Julien, poseur de cuisines et de mobilier sur mesure chez Agencement Bois & Co à Grenoble, intervient chez un client pour installer des étagères murales dans un bureau. En arrivant, il constate que la pièce est inconfortable : le mur extérieur est froid au toucher, l'air semble circuler du radiateur vers la fenêtre, et le soleil qui entre par la baie vitrée chauffe fortement le parquet. Le client se plaint de factures de chauffage élevées. Julien décide d'analyser la situation pour comprendre par où et comment la chaleur s'échappe.

Document 1 — Schéma : 3 modes de transfert thermique dans la pièce

Les 3 modes de transfert thermique en jeu Conduction à travers le béton radiateur Convection air chaud monte vitre soleil Rayonnement parquet 32 °C extérieur 4 °C

Document 2 — Relevés de température de surface au thermomètre infrarouge

Julien utilise un thermomètre infrarouge pour mesurer les températures en différents points. Température extérieure : 4 °C. Chauffage réglé à 20 °C.

Zone mesuréeTsurface (°C)Observation
Mur extérieur (béton, sans isolation)12,5Froid au toucher
Mur intérieur (cloison placo)19,2Température normale
Fenêtre simple vitrage8,3Très froid, buée visible
Radiateur en fonctionnement55,0Air chaud monte au plafond
Parquet au soleil (devant baie vitrée)32,0Chaud sans contact radiateur
Plafond au-dessus du radiateur24,8Plus chaud que le reste
Sol côté mur extérieur14,0Frais

Document 3 — Conductivité thermique des matériaux présents

Matériauλ (W/m·K)Qualité isolante
Béton (mur extérieur)1,7Conducteur moyen
Verre (fenêtre)1,0Conducteur moyen
Bois de chêne (parquet)0,16Bon isolant
Placo (cloison intérieure)0,25Isolant moyen
Laine de verre0,032Excellent isolant
Polystyrène expansé0,035Excellent isolant
Air immobile0,025Excellent isolant

Document 4 — Données pour le calcul thermique

📚 Cette activité s'appuie sur §1 (modes de transfert), §2 (conductivité λ) et §3 (formule Q = mcΔθ) de la leçon Ch04.

Problématique : Par quels modes de transfert thermique la chaleur s'échappe-t-elle de cette pièce, et quelles solutions peut-on proposer pour réduire les pertes ?

Question 1 APP

À partir du document 2 :

a) Quelle zone présente la température de surface la plus élevée (hors radiateur) ? Quelle est cette température ?

b) Quelle zone présente la température la plus basse ?

c) Quelle est la différence de température Δθ entre l'intérieur (20 °C) et l'extérieur (4 °C) ?

a) Zone la plus chaude (hors radiateur) : parquet au soleil à 32,0 °C.

b) Zone la plus froide : fenêtre simple vitrage à 8,3 °C.

c) Δθ = 20 − 4 = 16 °C (ou 16 K).

Question 2 ANA

Les 3 modes de transfert thermique sont : conduction, convection, rayonnement. Pour chaque observation, identifier le mode principal et justifier.

a) Le mur extérieur en béton est froid au toucher alors que la pièce est chauffée à 20 °C.

b) L'air chaud du radiateur monte au plafond : le plafond au-dessus du radiateur est à 24,8 °C, plus chaud que le reste.

c) Le parquet devant la baie vitrée est à 32 °C alors qu'il n'est pas en contact avec le radiateur.

a) Conduction : la chaleur intérieure traverse le mur en béton de proche en proche, sans déplacement de matière. Le béton conduit (λ = 1,7 W/m·K), la chaleur passe vers l'extérieur.

b) Convection (naturelle) : l'air chauffé devient moins dense et monte vers le plafond. L'air froid descend. Mouvement de matière (air) → courant de convection.

c) Rayonnement : le soleil émet des ondes électromagnétiques (visible + infrarouge) qui traversent la vitre et chauffent le parquet sans contact direct. Pas besoin de support matériel.

Question 3 APP

Pour chaque situation, indiquer le mode de transfert :

a) Les étagères en bois semblent « chaudes » au toucher, alors que les équerres métalliques semblent « froides ». Pourtant, les deux sont à la même température ambiante.

b) L'air frais entre par les joints mal fermés de la fenêtre.

c) Julien ressent la fraîcheur de la fenêtre simple vitrage à distance, sans la toucher.

a) Conduction : le métal (bon conducteur) évacue rapidement la chaleur de la main → sensation de froid. Le bois (λ = 0,16) évacue lentement → sensation de « chaud ». La sensation dépend de la conductivité, pas de la température réelle.

b) Convection forcée par le vent : l'air froid extérieur pénètre par les joints et remplace l'air chaud intérieur. Déplacement de matière (fluide).

c) Rayonnement : le corps de Julien (chaud) émet un rayonnement infrarouge vers la vitre froide. Il perd de l'énergie par rayonnement → sensation de froid à distance, sans contact.

Question 4 REA

Pendant la nuit, le chauffage s'arrête et l'air de la pièce se refroidit de 20 °C à 14 °C. Avec Q = m × c × Δθ :

a) Identifier les valeurs de m, c et Δθ à partir du document 4.

b) Calculer l'énergie Q perdue par l'air de la pièce. Exprimer en J puis en kJ.

a) D'après le document 4 :

  • m = 54 kg (masse d'air)
  • c = 1 005 J/(kg·°C) (capacité thermique massique de l'air)
  • Δθ = 14 − 20 = −6 °C (refroidissement)

b) Q = 54 × 1 005 × (−6) = −325 620 J.

Le signe négatif indique que l'air a perdu de l'énergie.

|Q| = 325 620 J ≈ 326 kJ.

L'air de la pièce a perdu environ 326 kJ d'énergie thermique en se refroidissant de 6 °C.

Question 5 ANA

À l'aide du document 3, comparer les matériaux.

a) Classer les matériaux du meilleur conducteur au meilleur isolant : béton, verre, bois de chêne, laine de verre.

b) Calculer le rapport λbéton / λlaine de verre. Interpréter.

c) Pourquoi le bois donne-t-il une sensation plus chaude que le béton au toucher, à même température ?

a) Du plus conducteur au plus isolant (du plus grand λ au plus petit) :

  1. Béton : λ = 1,7 W/(m·K) (meilleur conducteur)
  2. Verre : λ = 1,0
  3. Bois de chêne : λ = 0,16
  4. Laine de verre : λ = 0,032 (meilleur isolant)

b) Rapport = 1,7 / 0,032 ≈ 53. Le béton conduit la chaleur 53 fois mieux que la laine de verre. Sans isolation, un mur en béton laisse passer énormément de chaleur.

c) Le bois (λ = 0,16) conduit beaucoup moins la chaleur que le béton (λ = 1,7). Au toucher, le béton évacue rapidement la chaleur de la main → sensation de froid. Le bois l'évacue lentement → sensation de « chaud ». La sensation dépend de la conductivité, pas de la température.

Question 6 REA

Julien souhaite calculer l'énergie nécessaire pour réchauffer le mur extérieur de 12,5 °C à 18 °C (après isolation). Mur : surface S = 8 m², épaisseur e = 20 cm, masse volumique du béton ρ = 2 300 kg/m³.

a) Calculer le volume V du mur (m³), puis la masse m (kg).

b) Avec cbéton = 880 J/(kg·°C) et Q = m × c × Δθ, calculer l'énergie nécessaire. Exprimer en kJ et MJ.

a) Volume : V = S × e = 8 × 0,20 = 1,6 m³.

Masse : m = ρ × V = 2 300 × 1,6 = 3 680 kg.

b) Δθ = 18 − 12,5 = 5,5 °C.

Q = 3 680 × 880 × 5,5 = 17 811 200 J ≈ 17 811 kJ ≈ 17,8 MJ.

Il faut environ 17,8 MJ pour réchauffer ce mur de 5,5 °C. Cette énergie considérable montre l'inertie thermique du béton : il stocke beaucoup mais met longtemps à se réchauffer.

Question 7 VAL

En comparant les résultats des questions 4 (air) et 6 (mur) :

a) L'énergie perdue par l'air est-elle du même ordre de grandeur que celle stockée dans le mur ? Quel élément stocke le plus ?

b) Vérifier que les ordres de grandeur sont cohérents. Pourquoi le mur stocke-t-il beaucoup plus d'énergie que l'air ?

a) Air : 326 kJ. Mur : 17 811 kJ. Le mur stocke environ 55 fois plus d'énergie que l'air.

b) C'est cohérent. Le mur est beaucoup plus massif (3 680 kg vs 54 kg) et le béton a une capacité thermique massique élevée (880 J/(kg·°C)). Les matériaux lourds comme le béton ont une forte inertie thermique : ils mettent longtemps à se réchauffer mais restituent la chaleur lentement.

C'est pourquoi un bâtiment en béton garde la fraîcheur en été et met du temps à chauffer en hiver.

Question 8 COM

Julien souhaite conseiller son client. Rédiger 3 recommandations, en précisant pour chacune :

  1. Isoler le mur extérieur (béton, 12,5 °C en surface) : ajouter un doublage en laine de verre (λ = 0,032) ou polystyrène pour réduire les pertes par conduction. Priorité car principale source de déperdition.
  2. Remplacer la fenêtre simple vitrage (8,3 °C) : installer du double vitrage avec lame d'argon. La lame réduit la conduction et empêche la convection. Un vitrage Low-E limite aussi le rayonnement infrarouge.
  3. Étanchéifier les joints de fenêtre : remplacer les joints usés pour limiter les infiltrations d'air froid → réduit les pertes par convection forcée.

🚀 Pour aller plus loin ANA

Pourquoi remplit-on le double-vitrage avec du gaz argon plutôt que de l'air ? Quel gain thermique attendre ?

Conductivités thermiques (W/m·K) :

  • Air immobile : 0,025
  • Argon : 0,016 (~ 36 % moins conducteur que l'air)
  • Krypton : 0,0095 (~ 62 % moins conducteur, mais cher)

L'argon est un gaz noble, plus dense que l'air, qui se déplace moins facilement (la convection dans la lame est réduite). Un double-vitrage à l'argon est 30 à 40 % plus isolant qu'à l'air, pour ~ 30 €/m² de surcoût.

Performances comparées (coefficient Ug du vitrage) :

  • Simple vitrage : 5,8 W/m²·K (très mauvais).
  • Double vitrage standard à l'air : 2,8 W/m²·K.
  • Double vitrage Low-E à l'argon : 1,1 W/m²·K (5× mieux que simple).
  • Triple vitrage Low-E argon : 0,6 W/m²·K (10× mieux).

Le revêtement Low-E (Low Emissivity) est une couche métallique transparente qui réfléchit le rayonnement infrarouge → réduit aussi les pertes par rayonnement. Argon + Low-E = standard moderne RT2012 / RE2020.

Pour Julien : recommandation systématique du double vitrage Low-E argon en rénovation.

À retenir