← Retour au sommaire

Chapitre 7 – Synthèse organique et spectroscopie IR

Thème 1 : Constitution et transformations de la matière | Physique-Chimie | Première générale (spécialité)

Dernière mise à jour : 22 juin 2026, 17:30

Objectifs du chapitre :
Situation. Une entreprise de parfumerie fabrique un arôme de banane : l'acétate d'isoamyle, un ester. Au laboratoire, on chauffe les réactifs, on récupère le produit, on le purifie, puis on vérifie sa nature avant de le commercialiser. Comment mesure-t-on l'efficacité de cette fabrication et comment s'assure-t-on d'avoir bien obtenu la bonne molécule ?

1. Les étapes d'une synthèse organique

Définition Une synthèse organique est la fabrication d'une molécule organique à partir d'autres molécules. Elle se déroule en quatre grandes étapes :
  1. Transformation : on mélange les réactifs et on les fait réagir, souvent par chauffage à reflux.
  2. Isolement (extraction) : on sépare le produit du mélange réactionnel (par exemple par extraction liquide-liquide à l'ampoule à décanter).
  3. Purification : on élimine les impuretés (par recristallisation pour un solide, ou distillation pour un liquide).
  4. Identification : on vérifie la nature et la pureté du produit (CCM, température de fusion, spectroscopie IR).
Chauffage à reflux Le chauffage à reflux accélère la réaction (la chaleur augmente la vitesse) sans perte de matière : un réfrigérant placé au-dessus du ballon condense les vapeurs, qui retombent dans le mélange. Le contenu peut bouillir longtemps sans s'évaporer.
sortie eau entrée eau mélange chauffe-ballon réfrigérant
Mini-exercice 1. Pourquoi chauffe-t-on « à reflux » plutôt que dans un ballon ouvert ?

Le chauffage accélère la réaction, mais en ballon ouvert les réactifs volatils s'évaporeraient et on perdrait de la matière. Le réfrigérant condense les vapeurs qui retombent dans le ballon : on chauffe fort sans rien perdre.

2. Le rendement d'une synthèse

Définition Le rendement \(\eta\) d'une synthèse compare la quantité de produit réellement obtenue à la quantité attendue (théorique) : \[\eta=\dfrac{n_{\text{obtenue}}}{n_{\text{théorique}}}=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}\] Il s'exprime en pourcentage et reste toujours \(\le 100\,\%\) : on ne peut pas obtenir plus que ce que prévoit la réaction.
Méthode — calculer un rendement
  1. Déterminer le réactif limitant et l'avancement maximal \(x_{max}\).
  2. En déduire la quantité de produit attendue : \(n_{\text{théorique}}\).
  3. Calculer la masse théorique : \(m_{\text{théorique}}=n_{\text{théorique}}\times M\).
  4. Appliquer \(\eta=\dfrac{m_{\text{obtenue}}}{m_{\text{théorique}}}\times 100\).
Exemple (synthèse de l'aspirine). On part de 0,050 mol d'acide salicylique (réactif limitant). La réaction donne 1 mol d'aspirine par mol d'acide salicylique. On obtient 6,3 g d'aspirine (\(M=180\) g/mol).
Mini-exercice 2. Une synthèse d'un arôme (ester) prévoit \(m_{\text{théorique}}=12{,}0\) g. On récupère 9,0 g de produit pur. Quel est le rendement ?

\(\eta=\dfrac{9{,}0}{12{,}0}\times 100=75\,\%\).

Mini-exercice 3. Un élève annonce un rendement de 115 %. Que peut-on en conclure ?

C'est impossible : \(\eta\le 100\,\%\). Le produit n'est sans doute pas pur (il reste du solvant ou des impuretés qui alourdissent la masse), ou il y a une erreur de calcul.

3. La spectroscopie infrarouge (IR)

Définition La spectroscopie infrarouge permet d'identifier les groupes caractéristiques d'une molécule. Un spectre IR représente la transmittance (en %) en fonction du nombre d'onde (en cm\(^{-1}\)), porté en abscisse de façon décroissante. Chaque liaison absorbe à un nombre d'onde précis : cela crée des bandes d'absorption (creux vers le bas).
Bandes caractéristiques (table de données)
Liaison / groupeNombre d'onde (cm\(^{-1}\))Allure
O–H (alcool)3200 – 3400large
O–H (acide carboxylique)2500 – 3300très large
C=O (carbonyle)≈ 1700forte, fine
C–H2800 – 3000moyenne
Transmittance (%) Nombre d'onde (cm⁻¹) — décroissant → 3500 2500 1700 600 O–H (large) C=O (fine)
Méthode — lire un spectre IR avec la table
  1. Repérer les bandes d'absorption (les creux les plus marqués vers le bas).
  2. Lire leur nombre d'onde en abscisse (attention : l'axe est décroissant de gauche à droite).
  3. Comparer chaque nombre d'onde et l'allure (large / fine) à la table de données pour associer une liaison.
  4. En déduire le ou les groupes caractéristiques présents, donc la famille de la molécule.

Aide à la décision : bande vers 1700 → un \(C=O\) (carbonyle). Avec en plus une O–H très large (2500–3300) → acide carboxylique. Une O–H large vers 3200–3400 sans C=O → alcool.

Exemple (lecture d'un spectre). Un spectre présente une bande forte et fine vers 1700 cm\(^{-1}\). D'après la table, cette bande correspond à la liaison C=O : la molécule contient un groupe carbonyle (présent dans les esters, acides, aldéhydes, cétones). Si en plus une bande très large apparaît vers 2500–3300 cm\(^{-1}\), c'est un acide carboxylique.
Mini-exercice 4. Un spectre montre une bande large vers 3300 cm\(^{-1}\) et aucune bande nette vers 1700 cm\(^{-1}\). Quel groupe est présent ?

Bande large vers 3300 cm\(^{-1}\) sans C=O : c'est un groupe O–H d'alcool. La molécule est un alcool (pas un acide, car pas de C=O).

Mini-exercice 5. Deux flacons contiennent l'un de l'éthanol (un alcool), l'autre de l'acide éthanoïque (un acide carboxylique). Leurs spectres IR montrent : spectre A → une bande forte et fine vers 1700 cm\(^{-1}\) + une bande très large de 2500 à 3300 cm\(^{-1}\) ; spectre B → une bande large vers 3300 cm\(^{-1}\), pas de bande vers 1700. Associe chaque spectre à sa molécule.

Spectre A : présence d'un \(C=O\) (1700) et d'une O–H très large (2500–3300) → groupe \(-COOH\) → acide éthanoïque. Spectre B : O–H large sans C=O → groupe \(-OH\) seul → éthanol.

4. Applications

Autour de nous.
Erreurs fréquentes
À retenir