← Retour au sommaire

Chapitre 4 – Énergie interne et transferts thermiques

Chapitre 4 | Première STI2D — spécialité Physique-chimie et mathématiques | Physique-Chimie

Dernière mise à jour : 21 octobre 2026

⏱ Durée de lecture estimée : ~20 min

Illustration : Un corps solide est placé dans un calorimètre contenant de l’eau et un thermomètre.
Observer un échange thermique entre un solide et de l’eau dans un calorimètre.
Objectifs du chapitre :
Situation. Dans un logement, un ballon d'eau chaude sanitaire doit porter 150 L d'eau de 15 °C à 60 °C. Combien d'énergie faut-il fournir ? Une fois l'eau chaude, pourquoi refroidit-elle si le ballon est mal isolé, et par quels chemins la chaleur s'échappe-t-elle ? Répondre à ces questions, c'est comprendre ce qu'est l'énergie interne d'un corps, comment elle varie quand la température change ou quand l'eau se vaporise, et comment un transfert thermique se produit toujours du corps chaud vers le corps froid. Ce chapitre donne les outils pour faire un bilan thermique dans l'habitat comme dans l'industrie.

1. Température et agitation microscopique

Définition — température La température d'un corps est une grandeur qui traduit l'agitation de ses constituants microscopiques (atomes, molécules). Plus ces particules s'agitent (se déplacent, vibrent) vite, plus la température est élevée. La température ne dépend pas de la quantité de matière : une goutte et un litre d'eau bouillante sont tous deux à 100 °C.
Ne pas confondre température et chaleur La température mesure l'agitation microscopique (état d'un corps). La chaleur (ou transfert thermique) est de l'énergie qui passe d'un corps à un autre. Dire « il fait chaud » relève de la sensation ; en physique, chaleur et température sont deux grandeurs distinctes.
Température = agitation microscopique corps froid (peu agité) corps chaud (très agité)
Mini-exercice 1. On chauffe un morceau de métal. Au niveau microscopique, qu'arrive-t-il à ses atomes ? La quantité de métal change-t-elle sa température finale si on chauffe jusqu'au même état d'agitation ?

En chauffant, on augmente l'agitation des atomes : ils vibrent plus vite autour de leur position. La quantité de métal ne change pas la température : deux morceaux dans le même état d'agitation sont à la même température (la température ne dépend pas de la masse).

2. Échelles de température : Celsius et kelvin

Définition — les deux échelles de température On utilise deux échelles :
Conversion Celsius ↔ kelvin Les deux échelles ont le même « pas » (un écart de 1 °C = un écart de 1 K), mais des origines différentes. On passe de l'une à l'autre par :
\(T(\text{K})=\theta(\text{°C})+273{,}15\)
et réciproquement \(\theta(\text{°C})=T(\text{K})-273{,}15\). En pratique on arrondit souvent à \(+273\).
Échelles kelvin et Celsius K 0 273,15 373,15 °C −273,15 0 100 zéro absolu glace fondante eau bouillante
Exemple. Une pièce est à \(\theta=20\) °C. En kelvin : \(T=20+273{,}15=293{,}15\ \text{K}\approx293\ \text{K}\). Inversement, \(T=300\) K correspond à \(\theta=300-273{,}15=26{,}85\) °C \(\approx27\) °C.
Mini-exercice 2. Convertir : (a) l'eau bouillante à 100 °C en kelvin ; (b) une température de 310 K (corps humain) en degré Celsius.

(a) \(T=100+273{,}15=373{,}15\ \text{K}\).
(b) \(\theta=310-273{,}15=36{,}85\ \text{°C}\approx37\ \text{°C}\).

3. Énergie interne d'un système

Définition — énergie interne L'énergie interne d'un système, notée \(U\) (en joule, J), est l'énergie « stockée » au niveau microscopique. Elle rassemble deux contributions :
Ce qui fait varier l'énergie interne L'énergie interne d'un corps augmente quand on le chauffe (agitation plus grande) et diminue quand il refroidit. On ne mesure pas \(U\) elle-même, mais sa variation \(\Delta U\) entre deux états. Un transfert thermique reçu par un corps augmente son énergie interne ; un transfert cédé la diminue.
Mini-exercice 3. Un radiateur chauffe l'air d'une pièce. L'énergie interne de l'air augmente-t-elle ou diminue-t-elle ? À quelle contribution microscopique est due ce changement ?

L'air reçoit un transfert thermique : son énergie interne augmente. C'est l'énergie cinétique microscopique (agitation des molécules d'air) qui augmente, ce qui se traduit par une hausse de température.

4. Capacité thermique massique et variation d'énergie interne

Définition — capacité thermique massique La capacité thermique massique \(c\) d'un corps est l'énergie qu'il faut fournir à 1 kg de ce corps pour élever sa température de 1 °C (soit 1 K). Elle s'exprime en joule par kilogramme et par kelvin (J·kg\(^{-1}\)·K\(^{-1}\)). Plus \(c\) est grande, plus il faut d'énergie pour chauffer le corps.
Corps\(c\) (J·kg\(^{-1}\)·K\(^{-1}\))
Eau liquide4185
Air1005
Aluminium900
Acier / fer450
Cuivre385
L'eau a une très grande capacité thermique : elle emmagasine beaucoup d'énergie, ce qui la rend précieuse comme fluide caloporteur (chauffage central).
Variation d'énergie interne d'un solide ou d'un liquide Quand un corps de masse \(m\) passe d'une température \(\theta_1\) à une température \(\theta_2\) sans changer d'état, la variation de son énergie interne (l'énergie \(Q\) échangée) vaut :
\(Q=m\,c\,\Delta T\quad\text{avec}\quad \Delta T=\theta_2-\theta_1\)
Méthode — calculer une énergie \(Q=mc\Delta T\)
  1. Repérer la masse \(m\) (en kg — attention aux volumes d'eau : \(1\ \text{L}=1\ \text{kg}\)).
  2. Lire \(c\) du corps dans un tableau.
  3. Calculer \(\Delta T=\theta_{final}-\theta_{initial}\) (le signe indique si le corps reçoit ou cède).
  4. Appliquer \(Q=mc\Delta T\), donner le résultat en J (ou kJ), avec le bon nombre de chiffres significatifs.
Exemple travaillé — chauffer de l'eau. On chauffe \(m=2{,}0\) kg d'eau de \(\theta_1=15\) °C à \(\theta_2=60\) °C. Capacité thermique de l'eau : \(c=4185\) J·kg\(^{-1}\)·K\(^{-1}\).
\(\Delta T=60-15=45\) °C (soit 45 K).
\(Q=m\,c\,\Delta T=2{,}0\times4185\times45=3{,}77\times10^{5}\ \text{J}\approx377\ \text{kJ}\)
\(Q\gt0\) : l'eau reçoit environ 377 kJ.
Mini-exercice 4. On chauffe \(m=0{,}50\) kg d'aluminium (\(c=900\) J·kg\(^{-1}\)·K\(^{-1}\)) de 20 °C à 120 °C. Calculer l'énergie \(Q\) à fournir.

\(\Delta T=120-20=100\) K. \(Q=mc\Delta T=0{,}50\times900\times100=45\,000\ \text{J}=45\ \text{kJ}\).

Mini-exercice 5. Un bloc d'acier de \(m=1{,}5\) kg (\(c=450\) J·kg\(^{-1}\)·K\(^{-1}\)) se refroidit de 200 °C à 25 °C. Calculer \(Q\). Que signifie le signe obtenu ?

\(\Delta T=25-200=-175\) K. \(Q=1{,}5\times450\times(-175)=-1{,}18\times10^{5}\ \text{J}\approx-118\ \text{kJ}\). Le signe négatif indique que le bloc cède de l'énergie en refroidissant.

5. Énergie massique de changement d'état

Définition — changement d'état à température constante Lorsqu'un corps change d'état (fusion, vaporisation…), sa température reste constante pendant toute la transformation : c'est un palier. L'énergie fournie ne sert pas à augmenter l'agitation (donc pas la température) mais à modifier les liaisons entre particules (énergie potentielle d'interaction).
Palier de changement d'état (chauffage) temps θ (°C) fusion vaporisation solide liquide gaz
Définition — énergie massique de changement d'état L'énergie massique de changement d'état \(L\) est l'énergie qu'il faut fournir (ou qui est libérée) pour faire changer d'état 1 kg d'une espèce chimique, sans variation de température. Elle s'exprime en joule par kilogramme (J·kg\(^{-1}\)). L'énergie échangée pour une masse \(m\) vaut :
\(Q=m\,L\)
Par exemple pour l'eau : énergie massique de fusion \(L_{f}\approx3{,}34\times10^{5}\) J·kg\(^{-1}\) ; énergie massique de vaporisation \(L_{v}\approx2{,}26\times10^{6}\) J·kg\(^{-1}\).
Deux formules à ne pas mélanger \(Q=mc\Delta T\) sert quand la température change (sans changement d'état). \(Q=mL\) sert pendant un changement d'état (température constante, palier). Pour chauffer de la glace à −10 °C jusqu'à de la vapeur, on enchaîne plusieurs étapes : \(mc\Delta T\) (glace) puis \(mL_f\) (fusion) puis \(mc\Delta T\) (eau liquide) puis \(mL_v\) (vaporisation)…
Exemple travaillé — faire fondre de la glace. Quelle énergie faut-il pour faire fondre \(m=0{,}20\) kg de glace déjà à 0 °C ? \(L_f=3{,}34\times10^{5}\) J·kg\(^{-1}\).
\(Q=m\,L_f=0{,}20\times3{,}34\times10^{5}=6{,}7\times10^{4}\ \text{J}=67\ \text{kJ}\)
La température reste à 0 °C pendant toute la fusion.
Mini-exercice 6. Quelle énergie faut-il pour vaporiser \(m=0{,}50\) kg d'eau déjà à 100 °C ? (\(L_v=2{,}26\times10^{6}\) J·kg\(^{-1}\).)

\(Q=mL_v=0{,}50\times2{,}26\times10^{6}=1{,}13\times10^{6}\ \text{J}=1130\ \text{kJ}\). C'est bien plus que pour la fusion : vaporiser demande beaucoup d'énergie.

6. Sens d'un transfert thermique et état final

Sens spontané d'un transfert thermique Lorsqu'on met en contact deux corps de températures différentes, un transfert thermique se produit spontanément du corps le plus chaud vers le corps le plus froid, jamais l'inverse. Le corps chaud cède de l'énergie (il refroidit), le corps froid en reçoit (il se réchauffe). Le transfert s'arrête quand les deux corps atteignent la même température finale : c'est l'équilibre thermique.
Le transfert va du chaud vers le froid 80 °C corps chaud 20 °C corps froid énergie À l'équilibre : même température finale
Méthode — trouver la température finale (bilan) Quand un corps chaud et un corps froid sont isolés du reste (calorimètre), le corps chaud cède exactement l'énergie que le corps froid reçoit :
\(Q_{cédée\ par\ le\ chaud}+Q_{reçue\ par\ le\ froid}=0\)
On écrit \(m_1 c_1(\theta_f-\theta_1)+m_2 c_2(\theta_f-\theta_2)=0\) et on résout pour trouver la température finale commune \(\theta_f\).
Exemple travaillé — équilibre thermique. On verse \(m_1=0{,}30\) kg d'eau à \(\theta_1=80\) °C dans \(m_2=0{,}30\) kg d'eau à \(\theta_2=20\) °C (même \(c\), pertes négligées). Comme les masses et \(c\) sont égales, la température finale est la moyenne :
\(\theta_f=\dfrac{\theta_1+\theta_2}{2}=\dfrac{80+20}{2}=50\ \text{°C}\)
L'eau chaude a cédé \(Q_1=0{,}30\times4185\times(50-80)\approx-3{,}77\times10^{4}\) J, l'eau froide a reçu \(Q_2=+3{,}77\times10^{4}\) J : la somme est nulle.
Mini-exercice 7. On plonge une cuillère métallique froide dans un café chaud. Dans quel sens l'énergie se transfère-t-elle ? Que se passe-t-il quand l'équilibre est atteint ?

L'énergie va du café chaud vers la cuillère froide (chaud → froid). Le café refroidit un peu, la cuillère se réchauffe. À l'équilibre, café et cuillère sont à la même température et le transfert s'arrête.

7. Les trois modes de transfert thermique

Définition — conduction, convection, rayonnement L'énergie thermique peut se propager de trois manières :
Trois modes de transfert thermique Conduction chaud froid solide, sans déplacement de matière Convection fluide en mouvement Rayonnement ondes, même dans le vide
Reconnaître le mode dominant Souvent les trois coexistent : un radiateur chauffe la pièce par convection (air), rayonne vers les murs, et conduit la chaleur dans sa propre paroi.
Mini-exercice 8. Identifier le mode de transfert dominant : (a) la poignée métallique d'une porte de four devient chaude ; (b) on sent la chaleur d'un feu de cheminée à 2 m ; (c) l'eau d'une casserole chauffée par le bas se met à bouillonner et à tourner.

(a) Conduction (dans le métal solide). (b) Rayonnement (chaleur reçue à distance). (c) Convection (l'eau chaude monte, la froide descend, mouvement du fluide).

Erreurs fréquentes
À retenir