Le cœur des mammifères | Statistiques à deux variables | Tle Bac Pro
Dernière mise à jour : 21 octobre 2026
Le cœur d'une souris bat environ dix fois plus vite que celui d'un être humain, et vingt fois plus vite que celui d'un éléphant. Ce n'est pas un hasard : plus un animal est gros, plus son cœur bat lentement. Reste à savoir suivant quelle loi.
| Animal | Masse \(m\) (kg) | Fréquence cardiaque \(f\) (battements/min) |
|---|---|---|
| Souris | 0,020 | 600 |
| Rat | 0,30 | 350 |
| Cobaye | 0,80 | 280 |
| Lapin | 2,0 | 220 |
| Chat | 4,0 | 140 |
| Chien | 20 | 100 |
| Mouton | 60 | 75 |
| Cheval | 500 | 36 |
| Éléphant d'Afrique | 4 000 | 28 |
| Baleine bleue | 136 000 | 10 |
Fréquences au repos, valeurs moyennes usuelles en physiologie animale. Un même animal a une fréquence plus élevée à l'effort ou sous stress.
| Animal | Fréquence \(f\) (batt./min) | Durée de vie \(T\) (années) |
|---|---|---|
| Souris | 600 | 4 |
| Lapin | 220 | 13 |
| Éléphant d'Afrique | 28 | 65 |
| Baleine bleue | 10 | 110 |
| Être humain | 70 | 80 |
Durées de vie : longévité maximale observée pour les animaux (base AnAge, Human Ageing Genomic Resources) ; pour l'être humain, 80 ans, l'espérance de vie actuelle en France (INSEE). On prendra 1 an = 525 600 minutes.
Ces trois documents servent aux trois sujets.
1. APP Compléter avec les mots masse et fréquence cardiaque.
La variable \(x\) (celle que l'on choisit) est la .
La variable \(y\) (celle qui en dépend) est la .
2. APP Lire le document 1.
a. Fréquence cardiaque du chat : battements/min.
b. Animal dont le cœur bat le plus vite : .
3. ANA Observer le document 2, puis cocher et justifier.
Quand la masse augmente, la fréquence cardiaque : ☐ augmente ☐ diminue
Les points sont-ils alignés sur une droite ? ☐ oui ☐ non
Justifier la deuxième réponse en une phrase :
1. \(x\) = la masse ; \(y\) = la fréquence cardiaque.
2. a. 140 battements/min. b. La souris (600 battements/min).
3. La fréquence diminue quand la masse augmente. Les points ne sont pas alignés : les huit premiers animaux sont empilés tout à gauche, de 75 à 600 battements/min pour des masses presque identiques à l'échelle du graphique, puis la descente s'écrase. Une règle ne peut pas passer près de tous les points.
Un ajustement réalisé à la calculatrice sur les dix animaux donne le modèle suivant :
\(f = 234 \times m^{-0{,}27}\)
234 × 60 ^ ( (−) 0.27 ) =(−) du nombre négatif, pas la touche de soustraction.
4. REA Calculer la fréquence cardiaque prévue pour le mouton (\(m = 60\) kg). Arrondir à l'unité.
\(f = 234 \times 60^{-0{,}27} = \) battements/min
5. REA Calculer de même la fréquence cardiaque prévue pour un être humain de 70 kg. Arrondir à l'unité.
6. VAL On mesure en réalité environ 70 battements/min chez l'adulte au repos. Le modèle est-il acceptable ? Cocher, puis justifier en une phrase.
☐ oui ☐ non
4. \(f = 234 \times 60^{-0{,}27} \approx 234 \times 0{,}331 \approx \mathbf{78}\) battements/min.
Le document 1 donne 75 : le modèle retrouve bien la valeur mesurée.
5. \(f = 234 \times 70^{-0{,}27} \approx 234 \times 0{,}318 \approx \mathbf{74}\) battements/min.
6. VAL : oui. Le modèle prévoit 74 battements/min et on en mesure 70 : l'écart est de 4 battements/min, soit environ 6 %. C'est une bonne estimation.
Le nombre total de battements \(N\) d'un cœur pendant toute une vie se calcule ainsi :
\(N = f \times 525\,600 \times T\) (\(f\) en battements/min, \(T\) en années)
7. REA À l'aide du document 3, compléter les deux cases vides. Donner le résultat en milliards (arrondir au centième).
| Animal | \(f\) | \(T\) | \(N\) (en milliards) |
|---|---|---|---|
| Souris | 600 | 4 | |
| Lapin | 220 | 13 | 1,50 |
| Éléphant d'Afrique | 28 | 65 | |
| Baleine bleue | 10 | 110 | 0,58 |
8. VAL La souris pèse 0,020 kg et la baleine 136 000 kg. Leurs nombres de battements sont-ils proches ? Que peut-on en conclure ?
7. Souris : \(600 \times 525\,600 \times 4 = 1\,261\,440\,000\), soit 1,26 milliard.
Éléphant : \(28 \times 525\,600 \times 65 = 956\,592\,000\), soit 0,96 milliard.
8. VAL : La baleine est près de 7 millions de fois plus lourde que la souris, et pourtant les deux cœurs battent un nombre de fois du même ordre : 1,26 milliard contre 0,58 milliard, soit à peine plus du double d'écart.
Conclusion : la souris a un cœur très rapide mais une vie courte, la baleine un cœur très lent mais une vie longue. Le nombre total de battements d'une vie est à peu près le même — environ un milliard.
1. ANA Décrire l'allure du nuage du document 2 : sens de variation, et forme (rectiligne ou non).
2. VAL La régression linéaire de \(f\) en fonction de \(m\) donne, à la calculatrice :
\(f = -0{,}00147\,m + 204{,}6\) avec \(r = -0{,}34\)
a. D'après le tableau du cours, comment qualifier cet ajustement ?
b. Calculer la fréquence prévue pour la souris (\(m = 0{,}020\) kg), puis comparer à la valeur mesurée.
c. Conclure.
1. Le nuage est décroissant : plus l'animal est lourd, plus son cœur bat lentement. Il n'est pas rectiligne : la fréquence chute très vite sur les premiers kilogrammes (de 600 à 100 battements/min entre la souris et le chien), puis diminue de plus en plus lentement. La courbe s'écrase vers l'axe horizontal.
2. a. \(|r| = 0{,}34 \leq 0{,}85\) : d'après le tableau du cours, la liaison linéaire est faible et l'ajustement affine est à rejeter.
b. \(f = -0{,}00147 \times 0{,}020 + 204{,}6 \approx \mathbf{204{,}6}\) battements/min, alors qu'on mesure 600. Le modèle se trompe d'un facteur 3.
c. La relation entre \(m\) et \(f\) existe bel et bien — le nuage est nettement décroissant — mais elle n'est pas linéaire. Il faut changer de modèle.
On cherche un modèle de la forme \(f = A \times m^{k}\). On pose \(u = \log(m)\) et \(z = \log(f)\), puis on ajuste \(z\) en fonction de \(u\).
3. REA Compléter les trois cases vides du tableau. Arrondir au centième.
| Animal | \(u = \log(m)\) | \(z = \log(f)\) |
|---|---|---|
| Souris | −1,70 | 2,78 |
| Rat | −0,52 | 2,54 |
| Cobaye | −0,10 | 2,45 |
| Lapin | 2,34 | |
| Chat | 0,60 | |
| Chien | 1,30 | 2,00 |
| Mouton | 1,78 | 1,88 |
| Cheval | 2,70 | 1,56 |
| Éléphant d'Afrique | 3,60 | 1,45 |
| Baleine bleue | 1,00 |
4. REA Entrer les listes \(u\) et \(z\) dans la calculatrice et réaliser la régression linéaire de \(z\) en fonction de \(u\). Donner l'équation obtenue et la valeur de \(r\), puis qualifier cet ajustement.
5. ANA En déduire le modèle liant \(f\) et \(m\), sous la forme \(f = A \times m^{k}\).
6. REA Estimer avec ce modèle la fréquence cardiaque d'un être humain de 70 kg. S'agit-il d'une interpolation ou d'une extrapolation ? Justifier.
3. Lapin : \(u = \log(2{,}0) \approx \mathbf{0{,}30}\) | Baleine : \(u = \log(136\,000) \approx \mathbf{5{,}13}\) | Chat : \(z = \log(140) \approx \mathbf{2{,}15}\).
4. La calculatrice donne :
\(z = -0{,}27\,u + 2{,}37\) avec \(r = -0{,}996\)
\(|r| = 0{,}996 > 0{,}95\) : la liaison est très forte et l'ajustement est excellent. Le signe négatif confirme que \(z\) diminue quand \(u\) augmente.
5. \(z = \log(f)\) et \(u = \log(m)\), donc \(\log(f) = -0{,}27\log(m) + 2{,}37\), d'où
\(f = 10^{-0{,}27\log(m) + 2{,}37} = 10^{2{,}37} \times m^{-0{,}27}\), et \(10^{2{,}37} \approx 234\) :
\(f \approx 234 \times m^{-0{,}27}\)
L'exposant est négatif : c'est bien une fonction décroissante de la masse.
6. \(f = 234 \times 70^{-0{,}27} \approx \mathbf{74}\) battements/min. On mesure environ 70 chez l'adulte au repos : l'estimation est bonne.
C'est une interpolation : 70 kg est compris entre le mouton (60 kg) et le cheval (500 kg), donc à l'intérieur de l'intervalle des masses du tableau \([0{,}020\;;\;136\,000]\).
Le nombre total de battements d'un cœur pendant toute une vie vaut \(N = f \times 525\,600 \times T\).
7. REA À l'aide du document 3, compléter les trois cases vides (résultat en milliards, arrondi au centième).
| Animal | \(f\) | \(T\) | \(N\) (en milliards) |
|---|---|---|---|
| Souris | 600 | 4 | 1,26 |
| Lapin | 220 | 13 | |
| Éléphant d'Afrique | 28 | 65 | |
| Baleine bleue | 10 | 110 | 0,58 |
| Être humain | 70 | 80 |
8. COM Rédiger une conclusion en quelques lignes : que remarque-t-on sur les quatre animaux ? l'être humain fait-il exception ?
7. Lapin : \(220 \times 525\,600 \times 13 = 1\,503\,216\,000\), soit 1,50 milliard.
Éléphant : \(28 \times 525\,600 \times 65 = 956\,592\,000\), soit 0,96 milliard.
Être humain : \(70 \times 525\,600 \times 80 = 2\,943\,360\,000\), soit 2,94 milliards.
8. COM : exemple de rédaction attendue.
« Les quatre animaux ont des masses très différentes — la baleine est près de 7 millions de fois plus lourde que la souris — et des fréquences cardiaques dans un rapport de 60. Pourtant leurs nombres de battements sur une vie entière restent tous entre 0,58 et 1,50 milliard. Un cœur rapide va avec une vie courte, un cœur lent avec une vie longue, et le produit des deux se compense.
L'être humain fait exception : 2,94 milliards de battements, soit environ trois fois plus que les autres. Nous vivons bien plus longtemps que ce que notre fréquence cardiaque laisserait attendre. »
1. ANA Réaliser à la calculatrice la régression linéaire de \(f\) en fonction de \(m\) sur les dix animaux du document 1. Donner l'équation et le coefficient \(r\), puis expliquer pourquoi ce modèle doit être rejeté — en s'appuyant à la fois sur \(r\) et sur une valeur prévue.
2. REA On cherche un modèle de la forme \(f = A \times m^{k}\). Réaliser le changement de variable adapté, puis la régression correspondante. Donner l'équation obtenue et \(r\).
3. ANA En déduire le modèle liant \(f\) et \(m\). Les physiologistes utilisent la loi de référence \(f = 241 \times m^{-0{,}25}\). Comparer les deux modèles : écart relatif sur le coefficient, écart sur l'exposant. Conclure.
1. \(f = -0{,}00147\,m + 204{,}6\) avec \(r = -0{,}34\).
\(|r| = 0{,}34 \leq 0{,}85\) : la liaison linéaire est faible, l'ajustement est à rejeter. La valeur prévue le confirme : pour la souris, \(-0{,}00147 \times 0{,}020 + 204{,}6 \approx 204{,}6\) battements/min, contre 600 mesurés. La relation existe (le nuage est nettement décroissant) mais elle n'est pas affine.
2. On pose \(u = \log(m)\) et \(z = \log(f)\). La régression de \(z\) en \(u\) donne :
\(z = -0{,}27\,u + 2{,}37\) avec \(r = -0{,}996\)
\(|r| > 0{,}95\) : l'ajustement est excellent.
3. \(\log(f) = -0{,}27\log(m) + 2{,}37\) donne \(f = 10^{2{,}37} \times m^{-0{,}27}\), soit \(f \approx 234 \times m^{-0{,}27}\).
Comparaison avec \(f = 241 \times m^{-0{,}25}\) :
Les deux modèles sont donc très proches. Un ajustement mené sur dix animaux en une heure retrouve, à 3 % près, une loi établie sur plusieurs centaines d'espèces. L'exposant \(-0{,}25\) de la loi de référence est exactement \(-\frac{1}{4}\), ce qui n'est pas un hasard : c'est une constante de l'allométrie des mammifères.
La musaraigne carrelet est l'un des plus petits mammifères d'Europe : elle pèse 9 g, soit 0,009 kg.
4. REA Estimer sa fréquence cardiaque avec le modèle \(f = 234 \times m^{-0{,}27}\). S'agit-il d'une interpolation ou d'une extrapolation ? Justifier.
5. VAL Le résultat vous paraît-il crédible pour un être vivant ? Quelles réserves faut-il poser sur cette estimation ?
4. \(f = 234 \times 0{,}009^{-0{,}27} \approx 234 \times 3{,}57 \approx \mathbf{835}\) battements/min.
C'est une extrapolation : 0,009 kg est en dessous de la plus petite masse du tableau (la souris, 0,020 kg).
5. VAL : le résultat est crédible. Les musaraignes ont effectivement les fréquences cardiaques les plus élevées connues chez les mammifères, de l'ordre de 800 à 1 000 battements par minute — soit plus de 13 battements par seconde.
Réserves à poser :
Une étude menée sur les mêmes espèces relie la durée de vie \(T\) (en années) à la masse :
\(T \approx 9{,}8 \times m^{0{,}22}\)
Le nombre total de battements d'une vie vaut \(N = f \times 525\,600 \times T\).
On rappelle la règle de calcul : \(m^{a} \times m^{b} = m^{a+b}\).
6. REA En utilisant les deux modèles, montrer que \(N\) s'écrit \(N \approx 1{,}21 \times 10^{9} \times m^{-0{,}05}\).
7. REA Calculer \(N\) pour la souris (\(m = 0{,}020\) kg) et pour la baleine bleue (\(m = 136\,000\) kg).
8. COM Interpréter l'exposant \(-0{,}05\). Que devient cette conclusion pour l'être humain, dont le cœur bat 70 fois par minute pendant 80 ans ?
6. \(N = f \times 525\,600 \times T = \left(234 \times m^{-0{,}27}\right) \times 525\,600 \times \left(9{,}8 \times m^{0{,}22}\right)\).
On regroupe les nombres d'un côté, les puissances de \(m\) de l'autre :
\(N = 234 \times 9{,}8 \times 525\,600 \times m^{-0{,}27} \times m^{0{,}22}\)
\(234 \times 9{,}8 \times 525\,600 = 1\,205\,305\,920 \approx 1{,}21 \times 10^{9}\), et \(m^{-0{,}27} \times m^{0{,}22} = m^{-0{,}27 + 0{,}22} = m^{-0{,}05}\).
\(N \approx 1{,}21 \times 10^{9} \times m^{-0{,}05}\)
7. Souris : \(N = 1{,}21 \times 10^{9} \times 0{,}020^{-0{,}05} \approx 1{,}21 \times 10^{9} \times 1{,}22 \approx \mathbf{1{,}5 \times 10^{9}}\) battements.
Baleine bleue : \(N = 1{,}21 \times 10^{9} \times 136\,000^{-0{,}05} \approx 1{,}21 \times 10^{9} \times 0{,}554 \approx \mathbf{0{,}67 \times 10^{9}}\) battements.
8. COM : l'exposant \(-0{,}05\) est très proche de 0, et \(m^{0} = 1\) : le nombre de battements d'une vie ne dépend donc presque pas de la masse. Le calcul le confirme — entre la souris et la baleine, la masse est multipliée par près de 7 millions et \(N\) est seulement divisé par 2,2.
La fréquence décroît en \(m^{-0{,}27}\), la durée de vie croît en \(m^{0{,}22}\) : les deux effets se compensent presque exactement. C'est la raison mathématique du « milliard de battements » commun à tous les mammifères.
Pour l'être humain, le modèle prévoit \(1{,}21 \times 10^{9} \times 70^{-0{,}05} \approx 0{,}98 \times 10^{9}\) battements, soit environ un milliard. Or le calcul direct donne \(70 \times 525\,600 \times 80 = 2{,}94 \times 10^{9}\) battements, soit trois fois plus. L'être humain est hors du modèle : ce n'est pas son cœur qui est particulier — 70 battements/min pour 70 kg correspond bien à la loi — mais sa durée de vie, très supérieure à celle que sa masse laisserait attendre.