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Activité 3 – Évolutions successives du prix du chêne ÉTUDE DE CAS

Chapitre 1 – Proportionnalité et pourcentages | 2nde Bac Pro MAMA | Mathématiques | ⏱ 55 min

Dernière mise à jour : 4 mai 2026, 09:00

Objectifs :

Situation – le marché du bois pour Mehdi, ébéniste

Mehdi gère un atelier d'ébénisterie à Bordeaux. Il achète régulièrement du chêne français (planches massives) auprès de la même scierie locale. Suite aux événements géopolitiques de 2024 et à la sécheresse, le prix du chêne a fortement augmenté en 2024 puis légèrement baissé en 2025. Mehdi veut préparer son budget 2026 et a besoin de comprendre où en est le prix par rapport à 2023.

Document 1 — Historique des évolutions du prix

AnnéeÉvolutionCause principale
2023Référence (100 %)Marché stable
2024+ 30 %Sécheresse + tension géopolitique
2025− 15 %Ouverture du marché européen

Document 2 — Prix de référence et évolution graphique

Prix de la planche de chêne brut (épaisseur 27 mm) : 100 €/m³ en moyenne en 2023.

Évolution du prix du chêne (€/m³) 2023-2025 0 30 60 90 120 150 Prix (€/m³) 100 € 2023 référence 130 € 2024 +30 % 110,50 € 2025 −15 % (vs 2024) +30 % −15 % +10,5 % (2023 → 2025)

Document 3 — Outils de calcul

📚 Cette activité réinvestit les notions du cours §5 (évolutions successives) et §6 (évolution réciproque).

Problématique : Après ces 2 années de fluctuations (+ 30 % puis − 15 %), le prix du chêne en 2025 est-il revenu à celui de 2023, supérieur, ou inférieur ? De combien exactement ?

Question 1 APP

Sans calculer, donner ton intuition : après une hausse de 30 % puis une baisse de 15 %, on obtient :

  1. Le même prix qu'au départ
  2. Un prix inférieur à celui de 2023
  3. Un prix supérieur à celui de 2023

Beaucoup d'élèves choisissent (a) en se disant : « 30 − 15 = 15 % d'écart, mais je ne sais pas si c'est en plus ou en moins ». L'intuition juste est en réalité (c) : le prix est supérieur à celui de 2023. La question 2 va le démontrer mathématiquement.

L'erreur classique : ajouter ou soustraire les pourcentages. Les pourcentages NE S'ADDITIONNENT PAS lorsqu'ils s'appliquent à des bases différentes.

Question 2 REA

Calculer le prix du chêne en 2024 (après la hausse de 30 %), à partir du prix de référence 100 €/m³ de 2023.

Coefficient multiplicateur : 1 + 30/100 = 1,30.

Prix 2024 = 100 × 1,30 = 130 €/m³.

Vérification par soustraction : 30 % de 100 = 30. Donc 100 + 30 = 130 €/m³ ✓

Question 3 REA

Calculer le prix en 2025 (après la baisse de 15 % par rapport à 2024).

Attention : la baisse de 15 % s'applique au prix de 2024 (130 €/m³), pas au prix de 2023.

Coefficient multiplicateur : 1 − 15/100 = 0,85.

Prix 2025 = 130 × 0,85 = 110,50 €/m³.

Vérification : 15 % de 130 = 19,50. Donc 130 − 19,50 = 110,50 €/m³ ✓

Question 4 ANA

Calculer le coefficient global entre 2023 et 2025 (en multipliant les 2 coefficients), puis l'évolution globale en pourcentage.

Coefficient global = 1,30 × 0,85 = 1,105.

Évolution globale : (1,105 − 1) × 100 = + 10,5 %.

Vérification directe : Prix 2025 / Prix 2023 = 110,50 / 100 = 1,105 ✓

Donc le prix de 2025 est supérieur de 10,5 % au prix de 2023, malgré la baisse de 15 % en 2025. Confirme l'intuition (c) de la question 1.

Question 5 VAL

Pourquoi + 30 % puis − 15 % donne + 10,5 % et non + 15 % (comme on le calculerait en additionnant) ?

Les pourcentages s'appliquent à des bases différentes :

  • + 30 % de 2023 → 30 % de 100 = 30 €. Nouvelle base : 130 €.
  • − 15 % de 2024 → 15 % de 130 = 19,50 €. La base a changé.

Si on additionnait simplement (+ 30 − 15 = + 15 %), on ferait l'erreur d'appliquer les 2 pourcentages à la même base. Or la baisse de 15 % s'applique à 130 €, pas à 100 €.

Différence de calcul :

  • Méthode fausse (addition) : 100 + 15 = 115 €
  • Méthode correcte (multiplication des coefficients) : 100 × 1,30 × 0,85 = 110,50 €

L'écart de 4,50 € (~ 4 %) est non négligeable, et croît avec l'amplitude des évolutions.

Question 6 REA

Mehdi se demande : si le prix avait baissé de 30 % en 2024 puis augmenté de 15 % en 2025, quel serait le prix final ?

Coefficient global = (1 − 0,30) × (1 + 0,15) = 0,70 × 1,15 = 0,805.

Prix 2025 = 100 × 0,805 = 80,50 €/m³.

Évolution globale : (0,805 − 1) × 100 = − 19,5 %.

Encore une fois, ce n'est pas − 15 % comme on pourrait le penser en additionnant (− 30 + 15 = − 15). C'est − 19,5 %.

Cette dissymétrie est importante en finance et en commerce.

Question 7 ANA

Pour ramener le prix exactement à celui de 2023 (100 €/m³), il aurait fallu une baisse de combien de % en 2025 (au lieu de 15 %) ?

On cherche le coefficient k tel que 130 × k = 100, donc k = 100 / 130 ≈ 0,769.

Soit une baisse de 1 − 0,769 = 0,231 = 23,1 %.

Pour annuler une hausse de 30 %, il faut baisser non pas de 30 % mais de 23,1 %.

Règle générale : pour annuler une hausse de p %, il faut baisser de p / (100 + p) × 100 %.

Exemples :

  • + 10 % → annulé par − 9,1 %
  • + 50 % → annulé par − 33,3 %
  • + 100 % (×2) → annulé par − 50 %

Question 8 REA

Pour son budget 2026, Mehdi prévoit que le prix va encore baisser de 8 % en 2026 par rapport à 2025. Quel serait alors le prix final, et quelle serait l'évolution globale 2023 → 2026 ?

Prix 2026 = Prix 2025 × 0,92 = 110,50 × 0,92 ≈ 101,66 €/m³.

Coefficient global 2023 → 2026 : 1,30 × 0,85 × 0,92 = 1,017, soit + 1,7 %.

Mehdi peut anticiper que son chêne reviendra quasi au prix de 2023 fin 2026, avec un léger surcoût de 1,7 %.

Pour un atelier qui consomme 5 m³/an, le surcoût annuel par rapport à 2023 sera : 5 × (101,66 − 100) = ~ 8,30 €. Modeste.

Question 9 COM

Rédiger en 5 lignes une note de synthèse que Mehdi peut joindre à son budget prévisionnel 2026, en expliquant l'évolution réelle des prix par rapport à 2023.

Note Budget Bois 2026 — Atelier Mehdi Ébénisterie.

Le prix du chêne brut a évolué de la façon suivante depuis notre référence 2023 (100 €/m³) : + 30 % en 2024 (130 €/m³ — sécheresse + géopolitique), puis − 15 % en 2025 (110,50 €/m³ — détente du marché européen). Contrairement à l'intuition, ces 2 évolutions ne s'annulent pas : le prix de 2025 reste supérieur de 10,5 % à 2023.

Pour 2026, en supposant une nouvelle baisse de 8 %, le prix devrait revenir autour de 102 €/m³, soit + 1,7 % par rapport à 2023. Sur notre consommation moyenne de 5 m³/an, cela représente un surcoût budgétaire d'environ 8 €/an, négligeable. Je propose donc de maintenir notre budget « bois » 2026 au niveau 2023, avec une marge de sécurité de 10 % pour absorber les fluctuations.

À retenir