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🔧 Activité 6 – Consommation d'un bureau selon la température de consigne FILIÈRE MEE

Chapitre 5 — Fonctions polynômes du 2nd degré | 1ère Bac Pro | Mathématiques | ⏱ 35 min

Dernière mise à jour : 23 mai 2026

Objectifs :

Situation — bureau open-space en transition énergétique

Sophie, technicienne de maintenance énergétique chez ServiThermique 93 à Bagnolet, gère la consommation d'un bureau open-space de 500 m² (45 postes de travail). Le gestionnaire veut réduire la facture énergétique tout en gardant un confort acceptable. Sophie a établi le modèle annuel suivant à partir de l'historique de consommation :

Document 1 – Modèle de consommation annuelle

Soit \(T\) la température de consigne (en °C) du système réversible (chauffage l'hiver + climatisation l'été). La consommation annuelle \(C\) par m² est modélisée par :

\( C(T) = 2\,T^2 - 80\,T + 900 \)

(C en kWh/m²/an, T en °C, modèle valide pour \(T \in [16\,;\,28]\))

Document 2 – Pourquoi un modèle parabolique ?

Document 3 – Données économiques

Problématique : Quelle température de consigne minimise la consommation ? Quelle plage de consignes permet de respecter le plafond de 200 kWh/m²/an ?

Question 1 APP

Identifier les coefficients \(a, b, c\) du polynôme \(C(T) = a T^2 + b T + c\). En déduire l'orientation de la parabole et donc si \(C\) admet un minimum ou un maximum.

Identification : \(a = 2\), \(b = -80\), \(c = 900\).

Comme \(a = 2 > 0\), la parabole est tournée vers le haut → admet un minimum. C'est cohérent : la consommation doit être minimale pour une consigne optimale.

Question 2 REA

Calculer \(C(16)\), \(C(18)\), \(C(20)\), \(C(22)\), \(C(24)\). Présenter dans un tableau.

\(C(16) = 2 \times 256 - 80 \times 16 + 900 = 512 - 1\,280 + 900 = \mathbf{132}\) kWh/m².

\(C(18) = 2 \times 324 - 80 \times 18 + 900 = 648 - 1\,440 + 900 = \mathbf{108}\) kWh/m².

\(C(20) = 2 \times 400 - 80 \times 20 + 900 = 800 - 1\,600 + 900 = \mathbf{100}\) kWh/m².

\(C(22) = 2 \times 484 - 80 \times 22 + 900 = 968 - 1\,760 + 900 = \mathbf{108}\) kWh/m².

\(C(24) = 2 \times 576 - 80 \times 24 + 900 = 1\,152 - 1\,920 + 900 = \mathbf{132}\) kWh/m².

\(T\) (°C)1618202224
\(C(T)\) (kWh/m²)132108100108132

Symétrie nette autour de \(T = 20\) °C.

Question 3 REA

Calculer les coordonnées du sommet \(S\) de la parabole : \(T_S = -\dfrac{b}{2 a}\) puis \(C(T_S)\).

\(T_S = -\dfrac{-80}{2 \times 2} = \dfrac{80}{4} = \mathbf{20}\) °C.

\(C(20) = 100\) kWh/m² (cf. Q2).

Sommet : \(S(20\,;\,100)\). Consommation minimale : 100 kWh/m² à 20 °C de consigne.

Question 4 ANA

Pourquoi 20 °C est-elle la consigne la plus économique ? Comparer à la recommandation ADEME.

À 20 °C, il y a un équilibre entre chauffage (hivernal) et climatisation (estivale).

Plus bas (16 °C, 132 kWh/m²) : surconsommation côté climatisation et inconfort.

Plus haut (24 °C, 132 kWh/m²) : surconsommation côté chauffage et chaleur excessive en été.

20 °C est cohérent avec les recommandations ADEME / décret tertiaire. Ici, le modèle confirme par le calcul ce que la réglementation conseille empiriquement.

Question 5 ANA

Pour quelles températures la consommation est-elle ≤ 200 kWh/m² ? Résoudre l'inéquation \(C(T) \leq 200\) par discriminant.

\(C(T) \leq 200\) ⇔ \(2 T^2 - 80 T + 900 \leq 200\) ⇔ \(2 T^2 - 80 T + 700 \leq 0\) ⇔ \(T^2 - 40 T + 350 \leq 0\) (divisé par 2).

\(\Delta = (-40)^2 - 4 \times 1 \times 350 = 1\,600 - 1\,400 = 200\). \(\sqrt{\Delta} = 10\sqrt{2} \approx 14{,}14\).

Racines : \(T = \dfrac{40 \pm 14{,}14}{2}\) → \(T_1 \approx \mathbf{12{,}9}\) °C et \(T_2 \approx \mathbf{27{,}1}\) °C.

La parabole \(T^2 - 40 T + 350\) (vers le haut) est \(\leq 0\) entre les racines : \(T \in [12{,}9\,;\,27{,}1]\).

Conclusion : la plage de consigne acceptable est très large, de 13 à 27 °C. La contrainte de 200 kWh/m² n'est donc pas restrictive — il faut viser plus bas (objectif 120 kWh/m² par exemple) pour vraiment optimiser.

Question 6 ANA

Sur 500 m² de bureaux, quelle économie annuelle entre une consigne optimale (20 °C) et une consigne mal réglée (24 °C) ? À 0,18 €/kWh.

Écart par m² : \(C(24) - C(20) = 132 - 100 = \mathbf{32}\) kWh/m²/an.

Sur 500 m² : \(32 \times 500 = \mathbf{16\,000}\) kWh/an d'écart.

Économie monétaire : \(16\,000 \times 0{,}18 = \mathbf{2\,880\,€}\) par an.

Sur 5 ans : ≈ 14 400 €. Sur la durée d'amortissement d'une rénovation énergétique, c'est significatif.

Question 7 VAL

Sophie envisage un nouveau système plus moderne, modélisé par \(C_2(T) = 1{,}5 T^2 - 60 T + 700\). Calculer son minimum et comparer la courbure avec le modèle initial. Quel système est le plus tolérant ?

Sommet de \(C_2\) : \(T_S = -\dfrac{-60}{2 \times 1{,}5} = \dfrac{60}{3} = \mathbf{20}\) °C.

\(C_2(20) = 1{,}5 \times 400 - 60 \times 20 + 700 = 600 - 1\,200 + 700 = \mathbf{100}\) kWh/m². Même minimum !

Mais le coefficient \(a = 1{,}5 < 2\) : la parabole est moins « creuse », donc moins sensible aux variations de température. Exemple à 24 °C : \(C_2(24) = 1{,}5 \times 576 - 60 \times 24 + 700 = 864 - 1\,440 + 700 = 124\) kWh/m² (vs 132 pour le premier modèle).

Système plus tolérant aux écarts de réglage = plus de marge sans surconsommation. Utile dans les bureaux où la consigne change selon les occupants.

Question 8 COM

Rédiger un mémo de Sophie au gestionnaire (6 lignes).

Mémo — Plan de sobriété énergétique bureau open-space
• Modèle de consommation : \(C(T) = 2 T^2 - 80 T + 900\) kWh/m²/an.
Consigne optimale : 20 °C → 100 kWh/m² (sommet de la parabole).
• Plage acceptable (≤ 200 kWh/m²) : 12,9 à 27,1 °C — très large.
• Sur 500 m², chauffer/climatiser à 20 °C plutôt qu'à 24 °C économise 2 880 €/an.
• Le décret tertiaire 2020 impose -40 % en 2030 — il faut viser 120 kWh/m².
• Recommandation : verrouiller la consigne à 20 °C + remplacer le système actuel par un modèle plus tolérant (courbe \(C_2\), \(a = 1{,}5\)).

Pour aller plus loin (bonus)

Si on baisse la consigne à 19 °C (l'hiver, recommandation ADEME), quelle conso ? Combien gagne-t-on sur 500 m² par rapport à 20 °C ?

\(C(19) = 2 \times 361 - 80 \times 19 + 900 = 722 - 1\,520 + 900 = \mathbf{102}\) kWh/m².

Écart par rapport au minimum (20 °C, 100 kWh/m²) : +2 kWh/m².

Sur 500 m² : \(2 \times 500 = 1\,000\) kWh/an, soit 180 €/an de surcoût.

À noter : le modèle est annuel — il intègre déjà hiver + été. La recommandation ADEME 19 °C est saisonnière (hiver seul). Pour une analyse fine, il faudrait des modèles séparés hiver/été.

À retenir

📚 Cette activité s'appuie sur §II (Sommet) et §III (Inéquations 2nd degré) de la leçon Ch05 + filière MEE.