Terminale générale · Mathématiques · Analyse
La fonction \(f\) est continue en \(a\) si :
\[\lim_{x \to a} f(x) = f(a)\]Autrement dit, la limite de \(f\) en \(a\) existe, est finie, et est égale à la valeur de \(f\) en \(a\).
Toute fonction dérivable en \(a\) est continue en \(a\). La réciproque est fausse : une fonction peut être continue sans être dérivable (exemple : \(|x|\) en 0).
Les fonctions suivantes sont continues sur leur domaine de définition :
La somme, le produit, le quotient (quand le dénominateur ne s'annule pas) et la composée de fonctions continues sont des fonctions continues.
La fonction \(f\) définie par \(f(x) = \frac{x^2-4}{x-2}\) pour \(x\neq 2\) et \(f(2) = 3\) est-elle continue en 2 ?
Pour \(x\neq 2\) : \(f(x)=\frac{(x-2)(x+2)}{x-2}=x+2\). Donc \(\lim_{x\to 2}f(x)=4\).
Or \(f(2)=3\neq 4\). La fonction n'est pas continue en 2.
Pour qu'elle le soit, il faudrait poser \(f(2)=4\).
\(f\) est continue sur un intervalle \(I\) si elle est continue en tout point de \(I\).
L'image d'un intervalle par une fonction continue est un intervalle.
En particulier, l'image d'un segment \([a;b]\) par une fonction continue est un segment \([m;M]\) où \(m\) et \(M\) sont le minimum et le maximum de \(f\) sur \([a;b]\).
Si \(f\) est continue sur \([a;b]\), alors pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), il existe au moins un réel \(c \in [a;b]\) tel que \(f(c) = k\).
La courbe d'une fonction continue ne peut pas « sauter » d'une valeur à une autre sans passer par toutes les valeurs intermédiaires. Toute droite horizontale \(y=k\) située entre \(f(a)\) et \(f(b)\) coupe la courbe au moins une fois.
Théorème des valeurs intermédiaires : la droite \(y = k\) coupe la courbe continue en au moins un point \(c \in [a\,;b]\).
Si \(f\) est continue sur \([a;b]\) et si \(f(a)\) et \(f(b)\) sont de signes contraires, alors il existe au moins un \(c \in ]a;b[\) tel que \(f(c) = 0\).
Soit \(f(x) = x^3 + x - 1\). \(f(0) = -1 < 0\) et \(f(1) = 1 > 0\). La fonction \(f\) est continue (polynôme) et change de signe sur \([0;1]\). Par le TVI, l'équation \(f(x) = 0\) admet au moins une solution dans \(]0;1[\).
Montrer que l'équation \(e^x = 3-x\) admet au moins une solution dans \([0;2]\).
On pose \(g(x) = e^x - 3 + x\). \(g\) est continue sur \([0;2]\) (somme de fonctions continues).
\(g(0) = 1-3+0 = -2 < 0\). \(g(2) = e^2-3+2 = e^2-1 \approx 6{,}39 > 0\).
\(g\) change de signe sur \([0;2]\) : par le TVI, il existe \(c \in ]0;2[\) tel que \(g(c)=0\), soit \(e^c = 3-c\). □
Si \(f\) est continue et strictement monotone sur \([a;b]\), alors pour tout réel \(k\) compris entre \(f(a)\) et \(f(b)\), l'équation \(f(x) = k\) admet une unique solution dans \([a;b]\).
Soit \(f(x) = x^3 + x - 1\). Montrer que l'équation \(f(x) = 0\) admet une unique solution \(\alpha\) dans \(\mathbb{R}\), et encadrer \(\alpha\) à \(0{,}1\) près.
\(f'(x) = 3x^2+1 > 0\) pour tout \(x\). Donc \(f\) est strictement croissante sur \(\mathbb{R}\).
\(\lim_{-\infty}f = -\infty\), \(\lim_{+\infty}f = +\infty\). Par le TVI (version bijection), l'équation \(f(x)=0\) admet une unique solution \(\alpha \in \mathbb{R}\).
Encadrement : \(f(0)=-1<0\), \(f(1)=1>0\), donc \(\alpha \in ]0;1[\).
\(f(0{,}6) = 0{,}216+0{,}6-1=-0{,}184<0\). \(f(0{,}7) = 0{,}343+0{,}7-1=0{,}043>0\).
Donc \(\alpha \in ]0{,}6;\ 0{,}7[\), soit \(\alpha \approx 0{,}68\).
Montrer que l'équation \(\ln x = 2-x\) admet exactement une solution sur \(]0;+\infty[\).
On pose \(g(x) = \ln x - 2 + x\). \(g\) est continue sur \(]0;+\infty[\).
\(g'(x) = \frac{1}{x}+1 > 0\) pour tout \(x>0\). \(g\) est strictement croissante.
\(\lim_{0^+}g = -\infty\), \(\lim_{+\infty}g = +\infty\). Par le TVI, \(g(x)=0\) admet une unique solution.
Vérification : \(g(1) = 0-2+1=-1<0\), \(g(2)=\ln 2 \approx 0{,}69>0\). La solution est dans \(]1;2[\).
Pour approcher la solution \(\alpha\) de \(f(x)=0\) sur \([a;b]\) (avec \(f\) continue et \(f(a)\cdot f(b)<0\)) :
À chaque étape, l'intervalle est divisé par 2. Après \(n\) étapes, la précision est \(\frac{b-a}{2^n}\).
Appliquer 4 étapes de dichotomie pour approcher la solution de \(x^3+x-1=0\) dans \([0;1]\).
Étape 1 : \(c=0{,}5\), \(f(0{,}5)=0{,}125+0{,}5-1=-0{,}375<0\). \(\alpha \in [0{,}5;1]\).
Étape 2 : \(c=0{,}75\), \(f(0{,}75)=0{,}422+0{,}75-1=0{,}172>0\). \(\alpha \in [0{,}5;0{,}75]\).
Étape 3 : \(c=0{,}625\), \(f(0{,}625)=0{,}244+0{,}625-1=-0{,}131<0\). \(\alpha \in [0{,}625;0{,}75]\).
Étape 4 : \(c=0{,}6875\), \(f(0{,}6875)\approx 0{,}013>0\). \(\alpha \in [0{,}625;0{,}6875]\).
Après 4 étapes : \(\alpha \approx 0{,}68\) à \(0{,}0625\) près.
Visualiser la convergence de la dichotomie vers la solution de \(f(x)=0\).
Si la suite \((u_n)\) définie par \(u_{n+1} = f(u_n)\) converge vers \(\ell\) et si \(f\) est continue en \(\ell\), alors \(\ell\) est solution de l'équation \(f(\ell) = \ell\) (point fixe).
Construction en escalier : à partir de \(u_0\), on alterne entre la courbe \(y = f(x)\) et la droite \(y = x\) pour visualiser la convergence vers le point fixe \(\ell\).
Soit \(f(x) = \sqrt{x+2}\) et la suite \((u_n)\) définie par \(u_0 = 0\) et \(u_{n+1} = f(u_n)\).
Problème de synthèse
Soit \(f(x) = x - \frac{x^3}{6}\).