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Chapitre 21 – Représentation de l’espace

BTS  |  Mathématiques  |  Groupement B1

Dernière mise à jour : 21 juin 2026

Objectifs du chapitre
Situation professionnelle

Mathieu est technicien supérieur en bureau d’études mécaniques dans une société qui fabrique des équipements industriels. Son logiciel de CAO génère des pièces en 3D, mais les collègues de l’atelier ont besoin de plans en 2D avec vues de face, de dessus et de côté, ainsi que de sections transversales.

Pour valider les assemblages, Mathieu doit aussi vérifier que certaines surfaces ne se croisent pas, calculer des distances minimales entre pièces mobiles et déterminer les angles entre plans de coupe. Toutes ces opérations reposent sur la géométrie analytique de l’espace.

Axelle, architecte en bureau d’études bâtiment, utilise les mêmes outils pour modéliser des charpentes métalliques complexes, calculer des volumes de terrassement et concevoir des façades courbes.

1. Repères dans l’espace

1.1 Repère cartésien

Définition Un repère cartésien de l’espace est un triplet \((O, \vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\) où \(O\) est l’origine et \(\vec{i}, \vec{j}, \vec{k}\) sont trois vecteurs unitaires orthogonaux deux à deux formant une base directe : \[ \vec{i} \cdot \vec{j} = \vec{j} \cdot \vec{k} = \vec{k} \cdot \vec{i} = 0, \quad |\vec{i}| = |\vec{j}| = |\vec{k}| = 1, \quad \vec{i} \times \vec{j} = \vec{k}. \] Tout point \(M\) de l’espace est repéré par ses coordonnées \((x, y, z)\) telles que : \[\overrightarrow{OM} = x\,\vec{i} + y\,\vec{j} + z\,\vec{k}.\]
x y z O i⃗ j⃗ k⃗ M(x,y,z)

Repère cartésien orthonormé direct \((O,\vec{i},\vec{j},\vec{k})\).

1.2 Distance entre deux points

\[ AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2} \]
Exemple \(A(1, 2, 3)\) et \(B(4, -1, 7)\). \(AB = \sqrt{9 + 9 + 16} = \sqrt{34} \approx 5.83\).

1.3 Repère cylindrique

Définition Un point \(M\) est repéré en coordonnées cylindriques par \((r, \theta, z)\) où :
Relations cylindriques ↔ cartésiennes : \[ x = r\cos\theta, \quad y = r\sin\theta, \quad z = z \qquad \longleftrightarrow \qquad r = \sqrt{x^2+y^2},\quad \theta = \operatorname{atan2}(y,x),\quad z = z \]

Ce repère est naturel pour les pièces à symétrie de révolution (arbres, roulements, tuyaux).

1.4 Repère sphérique

Définition Un point \(M\) est repéré par \((\rho, \theta, \varphi)\) où :
Relations sphériques ↔ cartésiennes : \[ x = \rho\sin\varphi\cos\theta, \quad y = \rho\sin\varphi\sin\theta, \quad z = \rho\cos\varphi \] \[ \rho = \sqrt{x^2+y^2+z^2}, \quad \varphi = \arccos\!\left(\frac{z}{\rho}\right), \quad \theta = \operatorname{atan2}(y,x) \]

Utile en acoustique, en antennes, en géodésie (latitude/longitude) et en physique.

Exemple Convertir \(M(3, 4, 5)\) en coordonnées sphériques :
\(\rho = \sqrt{9+16+25} = \sqrt{50} = 5\sqrt{2} \approx 7.07\)
\(\varphi = \arccos(5/5\sqrt{2}) = \arccos(1/\sqrt{2}) = 45°\)
\(\theta = \arctan(4/3) \approx 53.1°\)

2. Droites dans l’espace

2.1 Représentation paramétrique

Définition Une droite passant par \(A(x_0, y_0, z_0)\) et de vecteur directeur \(\vec{u} = (a, b, c)\) est définie par la représentation paramétrique : \[ \begin{cases} x = x_0 + ta \\ y = y_0 + tb \qquad t \in \mathbb{R} \\ z = z_0 + tc \end{cases} \] ou de manière compacte : \(\overrightarrow{OM}(t) = \overrightarrow{OA} + t\,\vec{u}\).
Exemple Droite passant par \(A(1, -2, 3)\) de vecteur directeur \(\vec{u}(2, 1, -1)\) : \[ \begin{cases} x = 1 + 2t \\ y = -2 + t \\ z = 3 - t \end{cases} \]

2.2 Équations cartésiennes

Si \(a, b, c \neq 0\), on peut écrire les équations cartésiennes :

\[ \frac{x - x_0}{a} = \frac{y - y_0}{b} = \frac{z - z_0}{c} \]

Si l’un des coefficients est nul (ex. \(c=0\)), la droite est dans un plan parallèle à \(xOy\) et les équations s’adaptent en conséquence.

2.3 Positions relatives de deux droites

Sécantes : elles se croisent en un point commun ; leurs directions ne sont pas colinéaires.
Parallèles : \(\vec{u}_1 \parallel \vec{u}_2\) et elles n’ont pas de point commun.
Confondues : \(\vec{u}_1 \parallel \vec{u}_2\) et elles partagent tous leurs points.
Gauches (non coplanaires) : elles ne sont ni sécantes ni parallèles ; elles ne sont pas dans un même plan.

Pour tester si deux droites \(D_1, D_2\) sont coplanaires, on vérifie que le déterminant du triplet \((\vec{u}_1, \vec{u}_2, \overrightarrow{A_1A_2})\) est nul (critère du produit mixte).

Critère droites gauches Les droites \(D_1\) (passant par \(A_1\), directrice \(\vec{u}_1\)) et \(D_2\) (passant par \(A_2\), directrice \(\vec{u}_2\)) sont gauches si et seulement si : \[ (\vec{u}_1 \times \vec{u}_2) \cdot \overrightarrow{A_1 A_2} \neq 0 \] La distance minimale entre droites gauches est : \[ d(D_1, D_2) = \frac{|(\vec{u}_1 \times \vec{u}_2) \cdot \overrightarrow{A_1 A_2}|}{|\vec{u}_1 \times \vec{u}_2|} \]

2.4 Distance d’un point à une droite

Si \(H\) est le projeté orthogonal du point \(P\) sur la droite \(D\) : \[ d(P, D) = \frac{|\overrightarrow{AP} \times \vec{u}|}{|\vec{u}|} \qquad \text{(A point quelconque de D)} \]
Exemple Distance de \(P(2, 1, 4)\) à la droite passant par \(A(0,0,0)\) de direction \(\vec{u}(1,1,0)\) :
\(\overrightarrow{AP} = (2,1,4)\), \(\vec{u} = (1,1,0)\), \(|\vec{u}| = \sqrt{2}\).
\(\overrightarrow{AP} \times \vec{u} = \det\begin{pmatrix}\vec{i}&\vec{j}&\vec{k}\\2&1&4\\1&1&0\end{pmatrix} = (0-4)\vec{i}-(0-4)\vec{j}+(2-1)\vec{k} = (-4, 4, 1)\).
\(d = \sqrt{16+16+1}/\sqrt{2} = \sqrt{33}/\sqrt{2} = \sqrt{33/2} \approx 4.06\).

3. Plans dans l’espace

3.1 Équation générale d’un plan

Définition L’équation générale d’un plan est : \[ ax + by + cz + d = 0 \qquad (a, b, c) \neq (0, 0, 0) \] Le vecteur \(\vec{n} = (a, b, c)\) est le vecteur normal au plan.

3.2 Déterminer l’équation d’un plan

Cas usuels
Exemple Plan passant par \(A(1,0,0)\), \(B(0,2,0)\), \(C(0,0,3)\).
\(\overrightarrow{AB} = (-1,2,0)\), \(\overrightarrow{AC} = (-1,0,3)\).
\(\vec{n} = \overrightarrow{AB}\times\overrightarrow{AC} = (6-0)\vec{i}-((-3)-0)\vec{j}+(0-(-2))\vec{k} = (6,3,2)\).
Équation : \(6(x-1)+3(y-0)+2(z-0)=0 \Rightarrow 6x+3y+2z-6=0\).
Vérification : \(B(0,2,0)\) : \(0+6+0-6=0\). \(C(0,0,3)\) : \(0+0+6-6=0\). ✓

3.3 Distance d’un point à un plan

\[ d(P_0, \pi) = \frac{|ax_0 + by_0 + cz_0 + d|}{\sqrt{a^2+b^2+c^2}} \quad \text{avec } P_0 = (x_0, y_0, z_0) \]
Exemple Distance de \(P_0(1,1,1)\) au plan \(2x - y + 2z - 5 = 0\).
\(d = |2\cdot1 - 1\cdot1 + 2\cdot1 - 5| / \sqrt{4+1+4} = |2-1+2-5|/3 = |-2|/3 = 2/3 \approx 0.67\).

3.4 Positions relatives

Deux plans \(\pi_1, \pi_2\) :
  • Parallèles : \(\vec{n}_1 \parallel \vec{n}_2\) et \(d_1/a_1 \neq d_2/a_2\).
  • Confondus : équations proportionnelles.
  • Sécants : droite d’intersection, angle dièdre \(\theta = \arccos\!\left(\dfrac{|\vec{n}_1\cdot\vec{n}_2|}{|\vec{n}_1||\vec{n}_2|}\right)\).
Plan et droite :
  • Droite dans le plan : \(\vec{u}\cdot\vec{n}=0\) et \(A \in \pi\).
  • Droite parallèle : \(\vec{u}\cdot\vec{n}=0\) et \(A \notin \pi\).
  • Droite sécante : \(\vec{u}\cdot\vec{n}\neq 0\) ; angle : \(\sin\alpha = \dfrac{|\vec{u}\cdot\vec{n}|}{|\vec{u}||\vec{n}|}\).

4. Solides et surfaces dans l’espace

4.1 Sphère

Définition La sphère de centre \(\Omega(a,b,c)\) et de rayon \(r\) a pour équation : \[ (x-a)^2 + (y-b)^2 + (z-c)^2 = r^2 \] Développée : \(x^2+y^2+z^2 - 2ax - 2by - 2cz + (a^2+b^2+c^2-r^2) = 0\).

L’intersection d’une sphère et d’un plan est un cercle (ou un point, ou vide). Si le plan est à distance \(d\) du centre, le cercle a pour rayon \(\rho = \sqrt{r^2-d^2}\).

4.2 Cylindre

Définition Le cylindre de révolution d’axe \((Oz)\) et de rayon \(R\) a pour équation : \[x^2 + y^2 = R^2\] Pour un cylindre d’axe \(\Delta\) de vecteur directeur \(\vec{u}\) passant par \(A\) : \[|\overrightarrow{AM} \times \vec{u}|^2 = R^2 |\vec{u}|^2\]

En CAO, les cylindres apparaissent dans les alésages, arbres, tuyauteries. En coordonnées cylindriques, l’équation s’écrit simplement \(r = R\).

4.3 Cône

Définition Le cône de révolution de sommet \(O\), d’axe \((Oz)\) et de demi-angle \(\alpha\) : \[ x^2 + y^2 = z^2 \tan^2\!\alpha \qquad \text{(ou } r = |z|\tan\alpha \text{ en cylindrique)} \]

4.4 Surfaces quadratiques (quadriques)

Les surfaces du second degré (quadriques) sont les surfaces les plus courantes en géométrie analytique de l’espace :

Ellipsoïde : \(\dfrac{x^2}{a^2}+\dfrac{y^2}{b^2}+\dfrac{z^2}{c^2}=1\)

Paraboloïde elliptique : \(z = \dfrac{x^2}{a^2}+\dfrac{y^2}{b^2}\)

Hyperboloïde à une nappe : \(\dfrac{x^2}{a^2}+\dfrac{y^2}{b^2}-\dfrac{z^2}{c^2}=1\)

Paraboloïde hyperbolique : \(z = \dfrac{x^2}{a^2}-\dfrac{y^2}{b^2}\) (selle)

4.5 Volumes et aires

Sphère (rayon \(r\)) \(V = \tfrac{4}{3}\pi r^3\), \(A = 4\pi r^2\)
Cylindre (\(R, h\)) \(V = \pi R^2 h\), \(A_{\text{lat}} = 2\pi R h\)
Cône (\(R, h\)) \(V = \tfrac{1}{3}\pi R^2 h\), \(A_{\text{lat}} = \pi R\ell\) avec \(\ell=\sqrt{R^2+h^2}\)
Tore (\(R, r\)) \(V = 2\pi^2 R r^2\), \(A = 4\pi^2 R r\)

5. Projections

5.1 Projection orthogonale sur un plan

Définition Le projeté orthogonal de \(P(x_0, y_0, z_0)\) sur le plan \(\pi: ax+by+cz+d=0\) est : \[ H = P - \frac{ax_0+by_0+cz_0+d}{a^2+b^2+c^2}\,(a,b,c) \] La droite \(PH\) est perpendiculaire à \(\pi\) (direction \(\vec{n}\)) et \(H \in \pi\).
Exemple Projeter \(P(3, 1, 2)\) sur le plan \(\pi: x + y + z = 6\). Ici \(\vec{n}=(1,1,1)\), \(d=-6\), \(|\vec{n}|^2 = 3\).
\(ax_0+by_0+cz_0+d = 3+1+2-6 = 0 \Rightarrow P \in \pi\) ! Prenons \(P(3,2,2)\) : \(3+2+2-6=1\). \(H = (3,2,2) - \tfrac{1}{3}(1,1,1) = (8/3,\, 5/3,\, 5/3)\).

5.2 Vues en coupe et dessin technique

Les trois vues standard du dessin technique correspondent aux projections orthogonales :

  • Vue de face : projection sur le plan \(xOz\) (\(y = 0\)), conserve \(x\) et \(z\).
  • Vue de dessus : projection sur le plan \(xOy\) (\(z = 0\)), conserve \(x\) et \(y\).
  • Vue de côté (gauche) : projection sur le plan \(yOz\) (\(x = 0\)), conserve \(y\) et \(z\).
Vue face Vue dessus Vue côté

5.3 Perspective isométrique

En perspective isométrique, les trois axes \(x, y, z\) sont représentés à \(120°\) l’un de l’autre et conservent tous la même échelle. La matrice de projection isométrique est :

\[ \begin{pmatrix} u \\ v \end{pmatrix} = \frac{1}{\sqrt{6}} \begin{pmatrix} \sqrt{3} & 0 & -\sqrt{3} \\ 1 & 2 & 1 \end{pmatrix} \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \end{pmatrix} \]

6. Transformations dans l’espace

6.1 Représentation matricielle en coordonnées homogènes

En CAO 3D, les transformations géométriques sont représentées par des matrices \(4 \times 4\) opérant sur les coordonnées homogènes \((x, y, z, 1)^\top\). Cette représentation unifie les rotations, translations, changements d’échelle et projections en un seul formalisme.

\[ \begin{pmatrix} x' \\ y' \\ z' \\ 1 \end{pmatrix} = \mathbf{M} \begin{pmatrix} x \\ y \\ z \\ 1 \end{pmatrix}, \qquad \mathbf{M} = \begin{pmatrix} R_{3\times3} & \mathbf{t} \\ 0\;0\;0 & 1 \end{pmatrix} \]

où \(R_{3\times3}\) est la matrice de rotation et \(\mathbf{t} = (t_x, t_y, t_z)^\top\) le vecteur de translation.

6.2 Translation

\[ \mathbf{T}(t_x,t_y,t_z) = \begin{pmatrix} 1&0&0&t_x \\ 0&1&0&t_y \\ 0&0&1&t_z \\ 0&0&0&1 \end{pmatrix} \]

6.3 Rotations autour des axes

Rotation d’angle \(\theta\) autour de l’axe \((Oz)\) :

\[ \mathbf{R}_z(\theta) = \begin{pmatrix} \cos\theta & -\sin\theta & 0 & 0 \\ \sin\theta & \cos\theta & 0 & 0 \\ 0 & 0 & 1 & 0 \\ 0 & 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} \]

De même pour \(\mathbf{R}_x(\theta)\) (autour de \(Ox\)) et \(\mathbf{R}_y(\theta)\) (autour de \(Oy\)).

\[ \mathbf{R}_x(\theta) = \begin{pmatrix} 1 & 0 & 0 & 0 \\ 0 & \cos\theta & -\sin\theta & 0 \\ 0 & \sin\theta & \cos\theta & 0 \\ 0 & 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} \qquad \mathbf{R}_y(\theta) = \begin{pmatrix} \cos\theta & 0 & \sin\theta & 0 \\ 0 & 1 & 0 & 0 \\ -\sin\theta & 0 & \cos\theta & 0 \\ 0 & 0 & 0 & 1 \end{pmatrix} \]
Attention L’ordre des rotations est important : en général, \(\mathbf{R}_x\mathbf{R}_y \neq \mathbf{R}_y\mathbf{R}_x\). Les matrices de rotation ne commutent pas. Pour composer des transformations successives, on multiplie les matrices de droite à gauche : \(\mathbf{M}_{\text{total}} = \mathbf{M}_n \cdots \mathbf{M}_2 \mathbf{M}_1\).

6.4 Rotation autour d’un axe quelconque

Complément hors-programme La formule de Rodrigues ci-dessous dépasse le programme du BTS (culture / poursuite d'études). Le programme demande de connaître les rotations autour des axes \(Ox\), \(Oy\), \(Oz\) (paragraphe 6.3) ; la rotation autour d'un axe quelconque n'est pas exigible.

Pour une rotation d’angle \(\theta\) autour d’un axe unitaire \(\hat{u} = (u_x, u_y, u_z)\), la formule de Rodrigues donne :

\[ \mathbf{R}(\hat{u}, \theta) = \cos\theta\,\mathbf{I} + (1-\cos\theta)\,\hat{u}\hat{u}^\top + \sin\theta\,[\hat{u}]_\times \] où \([\hat{u}]_\times = \begin{pmatrix}0&-u_z&u_y\\u_z&0&-u_x\\-u_y&u_x&0\end{pmatrix}\) est la matrice antisymétrique de \(\hat{u}\).

6.5 Symétrie par rapport à un plan

La symétrie par rapport au plan \(\pi: \vec{n}\cdot\vec{x} = d\) (avec \(|\vec{n}|=1\)) est :

\[ \mathbf{S}_\pi = \mathbf{I} - 2\vec{n}\vec{n}^\top \qquad \text{(en coordonnées centrées)} \]

Exemple : symétrie par rapport au plan \(xOy\) (\(\vec{n} = \vec{k}\)) : \((x,y,z) \mapsto (x,y,-z)\).

6.6 Homothétie

\[ \mathbf{H}(s_x, s_y, s_z) = \begin{pmatrix} s_x&0&0&0 \\ 0&s_y&0&0 \\ 0&0&s_z&0 \\ 0&0&0&1 \end{pmatrix} \]

Homothétie uniforme de rapport \(k\) : \(s_x = s_y = s_z = k\). Changement d’échelle non uniforme (déformation) si les rapports diffèrent.

7. Introduction à la géométrie différentielle

Complément hors-programme Cette section relève de la culture mathématique / poursuite d'études (écoles d'ingénieurs, licence). Le trièdre de Frenet, la courbure et la torsion ne figurent pas au programme de mathématiques du BTS : ils ne sont pas exigibles à l'examen. Le module « Représentations de l'espace » se limite à la perspective, au repérage, au produit scalaire et à l'équation d'un plan ; les courbes paramétrées du programme se restreignent aux fonctions polynomiales (degré ≤ 2) avec le seul vecteur tangent. Vous pouvez ignorer cette section sans incidence sur votre préparation.

7.1 Courbes gauches

Une courbe gauche (ou courbe dans l’espace) est une courbe qui ne peut pas être tracée dans un plan. Elle est paramétrée par \(\mathbf{r}(t) = (x(t), y(t), z(t))\).

Trièdre de Frenet Le repère mobile le long d’une courbe est constitué de trois vecteurs unitaires :

7.2 Courbure et torsion

Courbure : \[ \kappa = \frac{|\mathbf{r}' \times \mathbf{r}''|}{|\mathbf{r}'|^3} \] Le rayon de courbure est \(\rho = 1/\kappa\).
Torsion : mesure le degré de vrillage de la courbe hors de son plan osculateur. \[ \tau = \frac{(\mathbf{r}' \times \mathbf{r}'') \cdot \mathbf{r}'''}{|\mathbf{r}' \times \mathbf{r}''|^2} \]

Une droite a \(\kappa = 0\). Un cercle a \(\kappa = 1/R = \text{const}\) et \(\tau = 0\). Une hélice a \(\kappa\) et \(\tau\) constants.

Exemple — Hélice \(\mathbf{r}(t) = (R\cos t,\; R\sin t,\; ht)\). \(\mathbf{r}' = (-R\sin t, R\cos t, h)\), \(|\mathbf{r}'| = \sqrt{R^2+h^2}\).
Courbure : \(\kappa = R/(R^2+h^2)\). Torsion : \(\tau = h/(R^2+h^2)\).

8. Applications — sections et intersections

8.1 Section d’un solide par un plan

La section d’un cylindre \(x^2+y^2=R^2\) par un plan oblique \(ax+by+cz+d=0\) est une ellipse (si le plan n’est pas parallèle à l’axe). Les dimensions de l’ellipse dépendent de l’angle d’inclinaison du plan par rapport à l’axe.

Exemple professionnel Un tuyau circulaire de rayon \(R = 50\,\text{mm}\) est coupé en biais à \(45°\). La coupe a la forme d’une ellipse de demi-axes \(R = 50\,\text{mm}\) et \(R/\cos 45° = 50\sqrt{2} \approx 70.7\,\text{mm}\). Le technicien doit préparer un gabarit de découpe en traçant cette ellipse.

8.2 Intersection de deux plans

L’intersection de deux plans non parallèles est une droite. Pour \(\pi_1: a_1x+b_1y+c_1z+d_1=0\) et \(\pi_2: a_2x+b_2y+c_2z+d_2=0\) :

Exemple \(\pi_1: x + y + z = 6\) et \(\pi_2: 2x - y + z = 3\).
\(\vec{n}_1 = (1,1,1)\), \(\vec{n}_2 = (2,-1,1)\).
\(\vec{u} = \vec{n}_1 \times \vec{n}_2 = (1\cdot1-1\cdot(-1),\; 1\cdot2-1\cdot1,\; 1\cdot(-1)-1\cdot2) = (2, 1, -3)\).
Point (fixer \(z=0\)) : \(\begin{cases}x+y=6\\2x-y=3\end{cases} \Rightarrow 3x=9 \Rightarrow x=3, y=3\).
Droite : \((x,y,z) = (3,3,0) + t(2,1,-3)\).

8.3 Intersection d’une droite et d’une sphère

Pour trouver les points d’intersection de la droite \(\mathbf{r}(t) = \mathbf{A} + t\,\vec{u}\) et de la sphère \(|\mathbf{r}-\mathbf{C}|^2 = R^2\) :

  1. Substituer : \(|\mathbf{A}+t\vec{u}-\mathbf{C}|^2 = R^2\).
  2. Poser \(\mathbf{m} = \mathbf{A}-\mathbf{C}\). Développer : \(|\vec{u}|^2 t^2 + 2(\mathbf{m}\cdot\vec{u})t + |\mathbf{m}|^2 - R^2 = 0\).
  3. Discriminant : \(\Delta = (\mathbf{m}\cdot\vec{u})^2 - |\vec{u}|^2(|\mathbf{m}|^2-R^2)\).
  4. Si \(\Delta > 0\) : 2 points. \(\Delta = 0\) : tangence. \(\Delta < 0\) : pas d’intersection.
Méthode — Trouver l’intersection d’une droite et d’un plan
  1. Écrire la droite sous forme paramétrique : \(\begin{cases}x=x_0+ta\\y=y_0+tb\\z=z_0+tc\end{cases}\)
  2. Substituer dans l’équation du plan \(ax+by+cz+d=0\).
  3. Résoudre en \(t\) (équation du premier degré en \(t\)).
  4. Calculer les coordonnées du point d’intersection en remplaçant \(t\) dans les équations paramétriques.
  5. Vérifier en substituant le point obtenu dans l’équation du plan.

Cas particuliers : si \(a\alpha+b\beta+c\gamma=0\) (i.e. \(\vec{u}\cdot\vec{n}=0\)), la droite est parallèle au plan (ou incluse si le point appartient au plan).

Application de la méthode Droite \(D: (x,y,z)=(1,2,-1)+t(1,-1,2)\) ; Plan \(\pi: 2x+y-z=7\).
  1. Paramétrique : \(x=1+t\), \(y=2-t\), \(z=-1+2t\).
  2. Substitution : \(2(1+t)+(2-t)-(-1+2t)=7\).
  3. Développement : \(2+2t+2-t+1-2t=7 \Rightarrow 5-t=7 \Rightarrow t=-2\).
  4. Point : \(x=1+(-2)=-1\), \(y=2-(-2)=4\), \(z=-1+2(-2)=-5\). Intersection en \((-1,4,-5)\).
  5. Vérification : \(2(-1)+4-(-5)=-2+4+5=7\). ✓
À retenir

Exercices

Exercice 1 — Conversions de coordonnées
  1. Convertir \(M(3, 3, 4)\) en coordonnées cylindriques.
  2. Convertir \(N(r=5, \theta=60°, z=2)\) en coordonnées cartésiennes.
  3. Convertir \(P(\rho=6, \theta=30°, \varphi=60°)\) en coordonnées cartésiennes.
  1. \(r = \sqrt{9+9} = 3\sqrt{2} \approx 4.24\) ; \(\theta = \arctan(3/3) = 45°\) ; \(z = 4\).
    Coordonnées cylindriques : \((3\sqrt{2},\, 45°,\, 4)\).
  2. \(x = 5\cos60° = 2.5\) ; \(y = 5\sin60° = 5\sqrt{3}/2 \approx 4.33\) ; \(z = 2\).
    Coordonnées cartésiennes : \((2.5;\; 4.33;\; 2)\).
  3. \(x = 6\sin60°\cos30° = 6\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}\cdot\frac{\sqrt{3}}{2} = 6\cdot\frac{3}{4} = 4.5\)
    \(y = 6\sin60°\sin30° = 6\cdot\frac{\sqrt{3}}{2}\cdot\frac{1}{2} = \frac{3\sqrt{3}}{2} \approx 2.60\)
    \(z = 6\cos60° = 6\cdot 0.5 = 3\).
    Coordonnées cartésiennes : \((4.5;\; 2.60;\; 3)\).
Exercice 2 — Équation d’un plan

Trouver l’équation du plan passant par \(A(2, 0, 1)\), \(B(0, 3, 0)\) et \(C(1, 1, 2)\).

\(\overrightarrow{AB} = (-2, 3, -1)\), \(\overrightarrow{AC} = (-1, 1, 1)\).
\(\vec{n} = \overrightarrow{AB}\times\overrightarrow{AC} = (3\cdot1-(-1)\cdot1,\; (-1)(-1)-(-2)(1),\; (-2)(1)-3(-1)) = (4,\; 3,\; 1)\).
Équation : \(4(x-2)+3(y-0)+1(z-1)=0 \Rightarrow 4x+3y+z-9=0\).
Vérification avec \(B(0,3,0)\) : \(0+9+0-9=0\). ✓
Vérification avec \(C(1,1,2)\) : \(4+3+2-9=0\). ✓

Exercice 3 — Distance point-plan

Dans une charpente métallique, deux poutres définissent un plan d’appui \(\pi: 3x+4y-12z=24\). Un boulon de fixation est situé au point \(P(2, 1, 3)\). Calculer la distance du boulon au plan pour vérifier que le jeu de montage est supérieur à \(5\,\text{mm}\) (les coordonnées sont en décimètres).

\(d = |3(2)+4(1)-12(3)-24|/\sqrt{9+16+144}\)
\(= |6+4-36-24|/\sqrt{169}\)
\(= |-50|/13 = 50/13 \approx 3.85\,\text{dm} = 385\,\text{mm}\).

Le jeu est de \(385\,\text{mm}\), bien supérieur à \(5\,\text{mm}\). (Exemple fictif pour illustrer le calcul — les dimensions seraient différentes en réalité.)

Exercice 4 — Intersection droite-plan

La trajectoire d’un rayon lumineux en simulation optique suit la droite \(D: (x,y,z) = (0,0,1) + t(1,2,1)\). Trouver le point d’intersection avec le plan miroir \(\pi: x + 2y - 2z + 4 = 0\).

Paramétrique : \(x=t\), \(y=2t\), \(z=1+t\).

Substitution dans \(\pi\) : \(t + 2(2t) - 2(1+t) + 4 = 0\)
\(t + 4t - 2 - 2t + 4 = 0\)
\(3t + 2 = 0 \Rightarrow t = -2/3\).

Point d’intersection : \(x = -2/3\), \(y = -4/3\), \(z = 1-2/3 = 1/3\).
\(I\!\left(-\dfrac{2}{3}, -\dfrac{4}{3}, \dfrac{1}{3}\right)\).

Vérification : \(-2/3 + 2(-4/3) - 2(1/3) + 4 = -2/3 - 8/3 - 2/3 + 4 = -12/3 + 4 = -4+4 = 0\). ✓

Exercice 5 — Rotation d’un point

On effectue une rotation de \(90°\) autour de l’axe \((Oz)\) sur le point \(P(3, 0, 2)\). Trouver les coordonnées du point transformé \(P'\).

\(\cos 90° = 0\), \(\sin 90° = 1\).

\[\mathbf{R}_z(90°)\begin{pmatrix}3\\0\\2\\1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0&-1&0&0\\1&0&0&0\\0&0&1&0\\0&0&0&1\end{pmatrix}\begin{pmatrix}3\\0\\2\\1\end{pmatrix} = \begin{pmatrix}0\\3\\2\\1\end{pmatrix}\]

Le point transformé est \(P'(0, 3, 2)\).

Vérification géométrique : dans le plan \(xOy\), le point \((3,0)\) tourne de \(90°\) pour aller en \((0,3)\). La coordonnée \(z\) ne change pas. ✓

Exercice 6 — Section d’un cylindre

Un tuyau de ventilation de rayon \(R = 80\,\text{mm}\) d’axe \((Oz)\) est coupé par le plan incliné \(\pi: z = x\tan 30°\) (coupe à \(30°\) de l’horizontale). Montrer que la section est une ellipse et calculer ses demi-axes.

Le cylindre a pour équation \(x^2+y^2=R^2\). Sur le plan \(z = x\tan30°\), un point du cylindre vérifie : \(x = R\cos\phi\), \(y = R\sin\phi\), \(z = R\cos\phi\cdot\tan30°\) pour \(\phi \in [0,2\pi]\).

Les coordonnées dans le plan de coupe (en choisissant un repère local) : la direction \(y\) reste identique avec amplitude \(R\), et la direction perpendiculaire dans le plan de coupe a une amplitude \(R/\cos30°\).

La section est une ellipse de demi-axes :
\(b = R = 80\,\text{mm}\) (petit axe, direction \(y\))
\(a = R/\cos30° = 80/(\sqrt{3}/2) = 160/\sqrt{3} \approx 92.4\,\text{mm}\) (grand axe, direction oblique).