← Retour au sommaire

Chapitre 13 – Configurations géométriques

BTS — Groupements B1, C1  |  Géométrie

Dernière mise à jour : 26 juin 2026

Objectifs du chapitre :

1. Solides usuels

1.1 Présentation des solides

Définition

Un solide est un objet géométrique à trois dimensions. On distingue :

1.2 Analyse de la forme d'un objet

Méthode

Décomposer un objet réel en solides élémentaires :

  1. Observer l'objet et repérer ses différentes parties.
  2. Associer chaque partie à un solide usuel (cylindre, parallélépipède, cône, etc.).
  3. Relever les dimensions de chaque partie.
  4. Calculer séparément puis combiner (addition ou soustraction de volumes).

Situation professionnelle — Charpentier

Un charpentier doit estimer le volume de bois d'une pièce de faîtage. La pièce est constituée d'un parallélépipède rectangle surmonté d'une portion de cylindre. Il la décompose en deux solides élémentaires pour calculer le volume total.

2. Sections de solides par un plan

Définition

La section d'un solide par un plan est l'intersection du solide avec ce plan. C'est une figure plane dont la forme dépend du solide et de l'orientation du plan de coupe.

Propriété

Sections des solides usuels :

Illustration : sections d'un cylindre

Section // base = cercle Section // axe = rectangle Section oblique = ellipse
Méthode — Déterminer une section
  1. Identifier le solide et le plan de coupe.
  2. Repérer les intersections du plan avec les arêtes ou les faces du solide.
  3. Relier les points d'intersection pour obtenir la section.
  4. Règle clé : si deux faces du solide sont parallèles, le plan les coupe selon des droites parallèles.

Situation professionnelle — Section d'une poutre en I

Un ingénieur en structures étudie la section transversale d'une poutre métallique en I (ou IPE). Cette section, obtenue en coupant la poutre perpendiculairement à son axe, est composée de trois rectangles : deux semelles horizontales et une âme verticale. La connaissance de cette section permet de calculer le moment d'inertie et la résistance à la flexion.

Mini-exercice 1
Section d'un cylindre

Un cylindre de révolution a un rayon \(r = 5\) cm et une hauteur \(h = 12\) cm.

1. Quelle est la section obtenue par un plan parallèle à la base passant à mi-hauteur ?
2. Quelle est la section obtenue par un plan contenant l'axe du cylindre ?

1. Un plan parallèle à la base coupe le cylindre selon un cercle de même rayon \(r = 5\) cm. Aire : \(\pi r^2 = 25\pi \approx 78{,}5\) cm².

2. Un plan contenant l'axe coupe le cylindre selon un rectangle de largeur \(2r = 10\) cm et de hauteur \(h = 12\) cm. Aire : \(10 \times 12 = 120\) cm².

3. Projection orthogonale — Parallélisme et orthogonalité dans l'espace

3.1 Projection orthogonale

Définition

La projection orthogonale d'un point \(M\) sur un plan \(\mathcal{P}\) est le pied \(H\) de la perpendiculaire menée de \(M\) sur \(\mathcal{P}\). On a alors \(\overrightarrow{MH} \perp \mathcal{P}\).

La projection orthogonale d'une figure sur un plan donne une représentation en vue de dessus, de face ou de profil (dessin technique).

3.2 Positions relatives dans l'espace

Propriétés

Parallélisme :

Intersection de plans :

Orthogonalité :

Situation professionnelle — Plan de coupe d'un toit

Un charpentier doit déterminer la ligne d'intersection entre deux pans de toiture. Chaque pan est modélisé par un plan. L'intersection de ces deux plans donne l'arêtier (ou la noue) du toit. Le calcul de cet angle permet de découper correctement les chevrons.

Mini-exercice 2
Intersection de plans — Toiture

Un toit à deux pans est modélisé par les plans \(\mathcal{P}_1\) et \(\mathcal{P}_2\) se coupant selon la ligne de faîtage. Le pan \(\mathcal{P}_1\) fait un angle de \(30°\) avec l'horizontale et le pan \(\mathcal{P}_2\) fait un angle de \(40°\).

Déterminer l'angle formé par les deux pans au niveau du faîtage.

Au niveau du faîtage, l'angle entre les deux pans vu en coupe transversale vaut :

\[\alpha = 180° - 30° - 40° = 110°\]

L'angle au faîtage est de 110°.

4. Surfaces de révolution

Définition

Une surface de révolution est engendrée par la rotation d'une courbe plane (la génératrice) autour d'un axe fixe (l'axe de révolution).

Propriété

Génération des surfaces de révolution usuelles :

GénératriceSurface obtenue
Droite parallèle à l'axe (distance \(r\))Cylindre de révolution (rayon \(r\))
Segment incliné passant par l'axeCône de révolution
Demi-cercle de rayon \(R\)Sphère de rayon \(R\)
Courbe quelconqueSurface de révolution quelconque (vase, balustrade, etc.)

Illustration : génération d'un cône par rotation

axe génératrice rotation S

Situation professionnelle — Pièce de bois tournée

Un tourneur sur bois réalise un pied de table en faisant tourner un profil (la génératrice) autour de l'axe du tour. Le profil définit complètement la forme de la pièce : une combinaison de portions de cylindre, de cône et de courbes (moulures). Chaque section perpendiculaire à l'axe est un cercle.

Mini-exercice 3
Surface latérale d'un cône

Un cône de révolution a un rayon de base \(r = 6\) cm et une hauteur \(h = 8\) cm.

1. Calculer l'apothème (génératrice) \(\ell\) du cône.
2. En déduire l'aire latérale du cône.

1. Par le théorème de Pythagore dans le triangle rectangle formé par \(r\), \(h\) et \(\ell\) :

\[\ell = \sqrt{r^2 + h^2} = \sqrt{36 + 64} = \sqrt{100} = 10 \text{ cm}\]

2. Aire latérale : \(\mathcal{A}_{\text{lat}} = \pi r \ell = \pi \times 6 \times 10 = 60\pi \approx 188{,}5\) cm².

5. Calculs géométriques : longueurs, aires, volumes

5.1 Formules des aires et volumes

Formulaire des solides usuels

SolideVolumeAire latérale
Cube (arête \(a\))\(a^3\)\(4a^2\) (sans bases : \(6a^2\) total)
Pavé droit (\(L \times l \times h\))\(L \times l \times h\)\(2(Ll + Lh + lh)\) (totale)
Prisme droit (base \(\mathcal{B}\), hauteur \(h\))\(\mathcal{B} \times h\)Périmètre base \(\times h\)
Pyramide (base \(\mathcal{B}\), hauteur \(h\))\(\dfrac{1}{3}\mathcal{B} \times h\)Somme des faces latérales
Cylindre (rayon \(r\), hauteur \(h\))\(\pi r^2 h\)\(2\pi r h\)
Cône (rayon \(r\), hauteur \(h\), apothème \(\ell\))\(\dfrac{1}{3}\pi r^2 h\)\(\pi r \ell\)
Sphère (rayon \(R\))\(\dfrac{4}{3}\pi R^3\)\(4\pi R^2\) (aire totale)
Attention

Ne pas confondre aire latérale (sans les bases) et aire totale (latérale + bases). Pour le cylindre : \(\mathcal{A}_{\text{totale}} = 2\pi r h + 2\pi r^2\).

5.2 Longueurs et angles — Théorème d'Al-Kashi

Propriété — Théorème d'Al-Kashi (loi des cosinus)

Dans un triangle \(ABC\) quelconque, avec \(a = BC\), \(b = AC\), \(c = AB\) :

\[a^2 = b^2 + c^2 - 2bc \cos(\widehat{A})\]

Ce théorème généralise le théorème de Pythagore (cas \(\widehat{A} = 90°\)).

Utilisation : calculer un côté connaissant deux côtés et l'angle compris, ou calculer un angle connaissant les trois côtés.

Mini-exercice 4
Al-Kashi — Ferme de charpente

Dans une ferme de charpente triangulaire \(ABC\), on donne : \(AB = 6{,}0\) m, \(AC = 5{,}2\) m et \(\widehat{A} = 50°\).

Calculer la longueur de l'entrait \(BC\) en utilisant le théorème d'Al-Kashi.

On applique la loi des cosinus :

\[BC^2 = AB^2 + AC^2 - 2 \times AB \times AC \times \cos(\widehat{A})\]

\[BC^2 = 6{,}0^2 + 5{,}2^2 - 2 \times 6{,}0 \times 5{,}2 \times \cos(50°)\]

\[BC^2 = 36 + 27{,}04 - 62{,}4 \times 0{,}6428 \approx 63{,}04 - 40{,}11 = 22{,}93\]

\[BC = \sqrt{22{,}93} \approx 4{,}79 \text{ m}\]

L'entrait mesure environ 4,79 m.

5.3 Effet d'un agrandissement / réduction

Propriété

Lorsqu'on multiplie toutes les dimensions d'un solide par un facteur \(k > 0\) :

  • Les longueurs sont multipliées par \(k\)
  • Les aires sont multipliées par \(k^2\)
  • Les volumes sont multipliés par \(k^3\)
Exemple

Un modèle réduit de silo cylindrique est à l'échelle \(\frac{1}{50}\) (donc \(k = 50\) pour passer du modèle au réel).

Mini-exercice 5
Agrandissement — Silo

Un silo à grains est modélisé par un cylindre surmonté d'un cône. Le cylindre a un rayon \(r = 3\) m et une hauteur \(h_c = 8\) m. Le cône a la même base et une hauteur \(h_p = 2\) m.

1. Calculer le volume total du silo.
2. On construit un second silo dont toutes les dimensions sont multipliées par 1,5. Quel est son volume ?

1. Volume du cylindre : \(V_c = \pi r^2 h_c = \pi \times 9 \times 8 = 72\pi\) m³.

Volume du cône : \(V_p = \frac{1}{3}\pi r^2 h_p = \frac{1}{3}\pi \times 9 \times 2 = 6\pi\) m³.

Volume total : \(V = 72\pi + 6\pi = 78\pi \approx 245{,}0\) m³.

2. Facteur \(k = 1{,}5\). Le volume est multiplié par \(k^3 = 1{,}5^3 = 3{,}375\).

\(V' = 78\pi \times 3{,}375 = 263{,}25\pi \approx 827{,}0\) m³.

6. Repérage d'un point

6.1 Coordonnées cartésiennes

Définition

Dans le plan : un point \(M\) est repéré par ses coordonnées \((x, y)\) dans un repère orthonormé \((O, \vec{i}, \vec{j})\).

Dans l'espace : un point \(M\) est repéré par ses coordonnées \((x, y, z)\) dans un repère \((O, \vec{i}, \vec{j}, \vec{k})\).

Distance entre deux points dans l'espace : \(A(x_A, y_A, z_A)\) et \(B(x_B, y_B, z_B)\)

\[AB = \sqrt{(x_B - x_A)^2 + (y_B - y_A)^2 + (z_B - z_A)^2}\]

6.2 Coordonnées polaires (dans le plan)

Définition

Un point \(M\) du plan est repéré par \((r, \theta)\) où :

Passage cartésiennes → polaires :

\[r = \sqrt{x^2 + y^2} \qquad \tan(\theta) = \frac{y}{x} \; (x \neq 0)\]

Passage polaires → cartésiennes :

\[x = r\cos(\theta) \qquad y = r\sin(\theta)\]

Illustration : coordonnées polaires

x y O M(r, θ) r θ x = r cos θ y = r sin θ

6.3 Coordonnées cylindriques

Définition

Dans l'espace, un point \(M\) est repéré en coordonnées cylindriques par \((r, \theta, z)\) où :

Passage cylindriques → cartésiennes :

\[x = r\cos\theta, \quad y = r\sin\theta, \quad z = z\]

6.4 Coordonnées sphériques

Définition

Un point \(M\) de l'espace est repéré en coordonnées sphériques par \((\rho, \theta, \varphi)\) où :

Passage sphériques → cartésiennes :

\[x = \rho \sin\varphi \cos\theta, \quad y = \rho \sin\varphi \sin\theta, \quad z = \rho \cos\varphi\]
Propriété — Résumé des systèmes
SystèmeCoordonnéesEspaceUsage typique
Cartésiennes\((x, y)\) ou \((x, y, z)\)Plan / EspaceGénéral
Polaires\((r, \theta)\)PlanCercles, spirales
Cylindriques\((r, \theta, z)\)EspaceCylindres, tuyaux, silos
Sphériques\((\rho, \theta, \varphi)\)EspaceSphères, antennes, GPS

Situation professionnelle — Repérage topographique

Un géomètre-topographe utilise un théodolite pour repérer des points sur un chantier. L'appareil mesure un angle horizontal \(\theta\) et un angle vertical \(\varphi\), ainsi qu'une distance \(\rho\). Ce sont exactement des coordonnées sphériques ! Le passage en coordonnées cartésiennes permet de placer les points sur un plan.

Mini-exercice 6
Conversion de coordonnées

Un point \(M\) a pour coordonnées cartésiennes \((3, 3\sqrt{3})\) dans le plan.

1. Déterminer les coordonnées polaires \((r, \theta)\) de \(M\).
2. Un point \(N\) a pour coordonnées polaires \((8, \frac{5\pi}{6})\). Déterminer ses coordonnées cartésiennes.

1. \(r = \sqrt{3^2 + (3\sqrt{3})^2} = \sqrt{9 + 27} = \sqrt{36} = 6\)

\(\tan\theta = \frac{3\sqrt{3}}{3} = \sqrt{3}\), et \(x > 0, y > 0\) (premier quadrant), donc \(\theta = \frac{\pi}{3}\).

Coordonnées polaires : \(\boxed{(6, \frac{\pi}{3})}\)

2. \(x = 8\cos\frac{5\pi}{6} = 8 \times \left(-\frac{\sqrt{3}}{2}\right) = -4\sqrt{3}\)

\(y = 8\sin\frac{5\pi}{6} = 8 \times \frac{1}{2} = 4\)

Coordonnées cartésiennes : \(\boxed{(-4\sqrt{3},\; 4)}\)

7. Synthèse

L'essentiel à retenir